Emeutes et médias

Publié le par sébastien

J'ai suffisamment détesté le rôle des médias, lors de la présidentielle de 2002, pour pouvoir aujourd'hui saluer leur comportement lors des dernières émeutes.

Là où autrefois ils faisaient primer le sensationnel sur l'information, ils ont traité ces derniers jours l'actualité avec la distance nécessaire, conscients que leur rôle est d'informer et non d'attiser la haine. Conscients que le droit à l'information doit aussi se concilier avec un devoir de citoyen. Le journaliste, par ses mots, et surtout ses images, a une capacité d'influence sur l'opinion et donc sur son action. Ici comme ailleurs, la liberté doit se conjuguer avec la responsabilité.

Autre différence avec les élections de 2002 : le désir de montrer du "positif". Hier, aussi bien sur France 2 que sur TF1, on a pu voir des actions de solidarité mises en place par des associations de jeunes, développant un discours de générosité. Cela existe aussi et, cette fois, la presse a décidé de le montrer. Bravo.

Seule exception notable, Marianne qui titre sur "l'intifada des banlieues". Un titre qui fait référence aux violences en Palestine, comme s'il y avait un lien entre ces évènements. Non seulement c'est absurde : les émeutes des banlieues se font contre l'autorité (l'Etat, l'Ecole, la police, les pompiers, ...) et non entre communautés. Mais en plus, c'est un titre irresponsable, parce que justement il tend à faire croire que ce qui guette la France ce sont des violences interethniques. Et on sait qu'à force de le répéter, ce message finit par être intégré par tous ceux qui cherchent une idéologie, prétexte à leur défoulement. Couvrir l'action nihliste par une pensée qui tienne la route. Marianne a donc faux sur le fond et est irresponsable sur la forme.

 

Publié dans Politique-France

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