Partisans du oui, un défi à relever !
Michel-Edouard Leclerc nous propose sur son site un papier "à la manière de Jean de La Fontaine" de William Abitbol, partisan du non à la constitution.
Quoi qu'on puisse en penser sur le fond, il faut lui reconnaître beaucoup de talent. Partisans du oui, à vos plumes, voilà un défi de taille qu'il faut relever !
Les animaux et la Constitution
Quinze grands-ducs sennuyaient. Sans penser à malice,
Ils en convièrent dix autres à faire une grande Suisse.
Les nouveaux invités ne se le firent pas dire
Et voulurent aussitôt leur morceau de lEmpire.
Las ! De morceau ou dEmpire, il ny en avait plus guère
Et ce qui prospérait cétait bien la misère
Le labeur désertait les champs comme les villes,
Largent devenait rare et de plus en plus vil.
LEmpire faisait pitié, devenu famélique
Tandis que sengraissaient la Chine et lAmérique
Personne ne comprenait.
Ne sétait-on doté de la même monnaie
Leuro, qui rayonnait du Tage à la Baltique
Répandant ses bienfaits jusquà lAdriatique ?
Et davoir sur le Main
Un bel aréopage
Pour veiller sur nos gains
Nétait-ce pas plus sage
Que de laisser chacun
Libre de son usage ?
Il y eut conciliabule.
On y vint de partout et même dIstanbul.
Pour mener le débat, on prit un vieux babouin
Qui depuis vingt cinq ans sennuyait dans son coin.
Un Aigle, cest bien le moins, eut lidée qui fit mouche
Ce fut un mot magique qui sortit de sa bouche.
« Constitution » dit-il. Aussitôt effacés
Furent tous les soucis jusqualors ressassés.
« Constitution, bien sûr, ne lai -je toujours dit »
Se rengorgea le Coq. Même le Lion sy rendit.
On se congratula munis dun tel viatique,
Où tout était prévu y compris la musique
Chacun rentra chez soi répandre la nouvelle.
Les marquis en tous lieux célébraient la libelle
Dansaient sur les estrades, trônaient dans les gazettes.
On conviât les manants à être de la fête.
« Ma foi dit le Lapin., mais où est ma luzerne ? »
Il vous faut sur ce point éclairer ma lanterne.
« Constitution ? fort bien » avança le Renard,
« Mais qui me fournira les poules et le canard ? »
Là haut on sesbaudit devant tant dignorance.
« Les pauvres, se dit-on, se croient toujours en France.
Nous traitons en ce lieu dune Constitution
Et non point de leurs maux la moindre solution. »
On fit venir lAgneau, réputé plus docile
Qui plutôt que loups choisit les imbéciles
Les grenouilles jurèrent ne plus vouloir de grue,
Le corbeau rappela quon ne ly prendrait plus.
La question appartient à celui qui la pose
La réponse, bien souvent, à ceux qui sy opposent.
Jean de la Fontaine
Pcc William Abitbol
1ère tentative de réponse :
Comme des enfants qui refuseraient de grandir
Devant ce qu'ils considéraient comme un affreux sabir
A leurs yeux, nul comportement plus responsable
Que celui, paraît-il courageux, de rejeter les nouvelles Tables.
L'entreprise leur paraissait folle, on leur rejouait le coup des Espagnols !
Cette fois, il y aurait plus qu'une simple réclamation,
La facteur, rouge de colère, en appellerait à la Révolution !
Et puisque dans tout duel, seul le résultat compte,
On mélangerait allègrement le réel et le conte,
Surtout, ne pas séparer le bon grain de l'ivraie
Puisque la victoire est à ce prix,
Craindre les lendemains, plutôt que dire vrai
Tuer les espoirs, pour mieux conquérir Paris !