Faut-il chanter la Marseillaise à l'école ?
Lors de la discussion en 1ère lecture à l'Assemblée nationale du projet de loi d'orientation sur l'avenir de l'école, un amendement du député UMP Jérôme Rivière a été adopté.
Il s'agit d'introduire "l'apprentissage de l'hymne national dans les établissements du premier degré".
Deux objectifs sont évoqués : d'abord, faire en sorte que chacun apprenne et s'approprie ce qui est un symbole de la République, ensuite, permettre de mieux assimiler les populations "extérieures".
Cet amendement est, à mon sens, une réaction face au monde tel qu'il va qui fabrique soit des "citoyens du monde" qui vivent à fond la mondialisation, soit des "membres de tribu" qui ne se sentent bien qu'avec ceux qui leur ressemblent. Comment faire dès lors pour maintenir un sentiment d'appartenance nationale ?
Cet amendement s'inscrit dans la logique même du débat l'année dernière sur le voile : à l'heure des migrations, des sociétés métissées, de la mondialisation et de la construction européenne, il s'agit de rappeler, avec force de loi s'il le faut, ce qui fonde et caractérise la nation française.
Je note avec curiosité que le même débat existe au Japon.
Pour ma part, je suggère trois idées :
1) Oui, apprenons la Marseillaise mais changeons les paroles. Appeler les citoyens à prendre les armes ou à abreuver de sang les sillons est-il vraiment d'actualité ?
2) Apprenons aussi l'hymne européen, car si nous sommes français, notre avenir, c'est aussi l'Europe.
3) Enfin, proposons à l'ONU de lancer un concours pour créer un hymne mondial, qui serait chanté dans chaque pays à la même date.
Nous sommes français et nous ne sommes pas que cela. Il faut construire l'idée d'une appartenance multiple. Les identités ne s'annulent pas, elle s'ajoutent.
Qu'en pensez-vous ? Faut-il chanter la Marseillaise à l'école ?