Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

politique-monde

Mercredi 1 juin 2005 3 01 /06 /2005 00:00

Dans un article du Weekly Standard, intitulé "une nouvelle Europe ?" le néo-conservateur William Cristol fait part de sa satisfaction suite à la montée du non au référendum en France (l'article a été écrit peu avant le jour du vote si bien qu'il ne parle pas encore de victoire).

J'ai un peu de mal à saisir les raisons de sa satisfaction. Soit parce que mon anglais est réellement basic, soit parce qu'il s'exprime mal.

Mais, en gros, je crois qu'il est content de la remise en cause des élites, qu'elles soient politiques et médiatiques, réalisée par la poussée du non. Il estime qu'elle ouvre la voie à des changements dans un sens, selon lui, plus favorable à l'Amérique.

On peut évidemment douter de son analyse.

Mais, le résultat est là : les néoconservateurs sont satisfaits !

Par sébastien - Publié dans : politique-monde
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Lundi 6 juin 2005 1 06 /06 /2005 00:00

La lecture des dépêches AFP apporte son lot d'émotions.

Aujourd'hui, deux colères :

1) La Cour suprême américaine qui interdit l'utilisation de la marijuana dans les traitements médicaux.

On connaît pourtant les vertus médicales de ces plantes. Elles sont régulièrement utilisées, en particulier pour les malades du sida.

En interdisant ces produits, la Cour supprime des traitements qui ont le mérite de réduire la souffrance de certains patients.

Pour la Cour, de tels traitements favorisent la mise en place d'un marché dont on aurait du mal à maîtriser les effets pervers.

Je trouve curieux qu'un Etat comme l'Amérique puisse ne pas concevoir de mécanismes qui assurent la diffusion de ces produits sans craindre leur exploitation criminelle. Douter à ce point de son propre peuple, voilà un sentiment auquel nous n'étions pas habitués de leur part ! Y aurait-il des convictions cachées derrière de tels prétextes, qui valideraient par exemple les discours conservateurs de l'Administration en place ? Je ne voudrais pas y croire !

Avez-vous un avis sur le sujet ?

2) Ariel Sharon qui affirme "que Jérusalem est à nous pour l'éternité".

La poursuite de la construction de colonies, au mépris des dispositions de la feuille de route, et l'annexion de certains territoires en Cisjordanie par le biais du tracé, défini unilatéralement, du "mur de sécurité" laissent présager des négociations finales difficiles pour les Palestiniens, placés devant multitude de faits accomplis.

En quittant Gaza, Sharon doit donner des gages. Faut-il pour autant prendre le risque, de la sorte, de nourrir les discours les plus extrémistes du camp d'en face ?

3) Enfin, une satisfaction : le rapport du CIO sur les différentes candidatures pour l'organisation des JO de 2012.

Paris semble avoir un léger avantage sur ses concurrents. Souhaitons que ça aille au bout !

Par sébastien - Publié dans : politique-monde
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Jeudi 9 juin 2005 4 09 /06 /2005 00:00

Chaque peuple a, généralement, sa victime favorite sur laquelle il exerce un humour qui n'est pas toujours des plus fins.

Ainsi, les Français ont leurs histoires belges et suisses. Les Turcs se moquent des lazes, ces paysans de la mer Noire. Les Brésiliens exercent leurs talents sur leurs compatriotes du Nordeste. Et, à peu près tout le monde dispose de blagues sur les Juifs, à commencer par les Juifs eux-mêmes.

Et de qui se moquent les Américains ? Et bien ils ont leur french jokes.

Exemples :

- le général Schwartzkopf : "Partir en guerre sans les Français, c'est comme aller à la chasse au chevreuil sans son accordéon."

- le général Patton : "Je préfère avoir une division allemande devant moi qu'une division française dans mon dos !".

- la seule bataille navale jamais remportée par la France fut celle contre le Rainbow Warrior en Nouvelle-Zélande.

- Pourquoi la France doit-elle être à nos côtés dans la guerre menée contre Saddam et Al-Qaïda ? Parce qu'elle pourra leur montrer comment on fait pour se rendre.

- les Français exigent des preuves supplémentaires établissant que Michael Jackson a pratiqué de la chirurgie esthétique.

La plupart de ces "blagues" mettent l'accent sur notre supposée couardise, notre manque de courage, notre vénération de l'Etat et d'une certaine qualité de vie qui, aux yeux des Américains, confine à une paresse coupable.

Une façon cruelle d'observer la manière dont nous sommes perçus de l'autre côté de l'Atlantique.

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Samedi 18 juin 2005 6 18 /06 /2005 00:00

Deux statistiques simples, faciles à se rappeler, et qui invitent à tout sauf à l'acceptation du monde tel qu'il va. Je la tire de l'article de Jérémy Rifkin, "I have a dream", dans le Nouvel Observateur de mercredi dernier :

- la fortune globale des 356 familles les plus riches du monde dépasse le revenu annuel total de 40% des habitants de la planète ;

- celle des trois foyers les plus riches (Bill Gates, warren Buffet et la famille walton, propriétaire des magasins Wal-Mart), le revenu annuel total des 940 millions de personnes les plus pauvres.

Cette dernière stat est hallucinante.

Que pouvons-nous faire devant le spectacle de cette inégalité ?

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Mardi 21 juin 2005 2 21 /06 /2005 00:00

Intéressant reportage d'une jeune journaliste française qui vit à Lima au Pérou. Elle a rendu visite à plusieurs femmes qui ont migré vers la capitale, en raison des menaces exercées dans les campagnes par le Sentier Lumineux et également par les militaires.

Elle raconte le quotidien difficile de ces habitants.

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Mercredi 22 juin 2005 3 22 /06 /2005 00:00

John Mica, président républicain de la sous-commission sur l'aviation à la Chambre des Représentants, a demandé le 15 juin dernier aux autorités américaines de l'aviation civile d'exiger des équipements de protection contre les missiles sol-air pour l'A380.

Celui-ci, en effet, en pouvant transporter 800 personnes, constituerait une "cible terroriste potentiellement irrésistible".

On se souvient combien, en leur temps, les décibels du Concorde avaient eu raison de sa commercialisation aux Etats-Unis.

Le prétexte terroriste, aujourd'hui, aura-t-il les mêmes effets que les décibels d'hier ?

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Mardi 23 août 2005 2 23 /08 /2005 00:00

La prophétie prêtée à Malraux, selon laquelle le XXIème siècle serait religieux ou ne serait pas, prophétie, qui selon l'enquête de Claude Tannery, n'a jamais été prononcée par Malraux, semble avérée : le religieux, en ce début de siècle, progresse partout.

Entre d'un côté l'Islam et les évangélistes qui semblent engagés dans un prosélytisme de tout instant, et de l'autre, les classes aisées d'Occident qui s'amourachent des philosophies orientales, l'attrait du religieux semble universel.

Comment expliquer cette progression ?

Il y a naturellement la "quête de sens" que poursuit tout un chacun :

- aussi bien les pauvres, pour qui l'espoir placé en l'existence d'un autre monde est devenu une condition de survie ;

- que les riches, pour qui l'accumulation de biens ne saurait constituer une philosophie de l'existence.

Au-delà de cette quête de sens, qui n'est pas nouvelle, il existe aussi, je crois, une autre cause à la progression du religieux : la faiblesse des Etats, qui, encouragée par la mondialisation, est une caractéristique de ce début de siècle.

En effet, là où l'Etat se désengage, le religieux s'investit :

- en Amérique latine, les évangélistes remplissent souvent des tâches, en matière d'éducation ou de santé, normalement dévolues à l'Etat ;

- au Proche-Orient, les organisations islamiques s'investissent également dans le champ social délaissé par les structures gouvernementales. Le Hamas ou le Hezbollah sont d'abord populaires parce qu'ils ont mis en place un réseau d'entraide structuré et efficace ;

- c'est aux Etats-Unis, pays d'Occident où l'Etat est le moins présent dans le champ social, que les communautés religieuses sont les plus investies ;

- il est intéressant de noter, enfin, que c'est le leader français du courant libéral de droite, Nicolas Sarkozy, qui prend soin ces dernières années de rappeler l'importance des religions, le même qui prône moins d'Etat.

Ainsi, avec la mondialisation, le religieux tend à devenir la "béquille sociale" de l'Etat.

Cela n'est pas sans risque : là où l'Etat soignait ou éduquait, sans préjugés et sans volonté de dicter des règles spécifiques de comportement, le religieux impose, quant à lui, ses propres critères d'action.

Ce sont les évangélistes qui prônent l'abstinence ou le créationnisme. Ce sont les islamistes qui imposent leur vision du monde dans les écoles coraniques.

L'Etat est neutre quand les religions, sous couvert de bonnes actions, sont d'abord soucieuses d'imposer leurs croyances.

Réhabiliter le rôle de l'Etat dans le champ social, ce n'est alors pas instaurer un frein au développement. C'est, au contraire, assurer une forme de sécurité sans laquelle aucun développement n'est durablement possible.

Ce que même un ancien néo-conservateur comme Francis Fukuyama reconnaît, avec un certain art du contre-pied, dans son dernier ouvrage "State Building".

Par sébastien - Publié dans : politique-monde
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Lundi 29 août 2005 1 29 /08 /2005 00:00

Je me rappelle l'argument avec lequel Bill Clinton avait accepté l'entrée de la Chine à l'OMC : la libéralisation du commerce entraînerait inéluctablement une amélioration sur le plan des droits de l'homme. Comment accepter, en effet, la liberté au travail et son absence en dehors ?

Le calcul était-il vraiment le bon ? Il ne semble pas, malheureusement, que l'exceptionnelle croissance chinoise soit aujourd'hui suivie d'une amélioration sur le plan des libertés publiques.

Cette question est malgré tout fondamentale : soit la Chine adoptera le libéralisme "à l'occidentale", soit elle développera un modèle de capitalisme autoritaire, qui lui sera propre, et qui pourrait être copié, en raison de son succès, ailleurs et, peut-être, plus tard, jusque chez nous.

Besoin alors d'en savoir plus.

C'est ainsi que je tombe sur le numéro juillet-août de la Nouvelle revue d'Histoire dont un cahier spécial est consacré aux relations entre l'Occident et la Chine.

Je vous invite à lire l'entretien très précieux de Léon Vandermeersch. C'est un des maîtres de la sinologie, reconnu comme tel par ses pairs et ses disciples. Il a une connaissance exceptionnelle du terrain, ayant enseigné et étudié pendant une quinzaine d'années dans divers pays sinisés d'Asie orientale.

Je rédige in extenso un extrait de cet entretien, relatif à la question qui nous préoccupe dans cette note :

"On estime généralement que l'essor de l'économie de marché ne peut se faire que dans un cadre social de démocratie libérale. Mais, déjà dans le Japon de Meiji et d'entre les deux guerres, et encore, par exemple, dans l'Etat singapourien de Lee Kuan Yew, l'économie de marché s'est fort bien développée dans un contexte assez peu démocratique. Surtout, on assiste actuellement à un formidable développement économique de la Chine dans le cadre d'un régime fort éloigné de la démocratie libérale. Cela démontre que l'économie de marché n'a besoin, pour se développer, que d'un environnement juridique suffisamment normalisé seulement au niveau des rapports économiques - droit des obligations, droit des contrats, droit des sociétés commerciales -, qui sont précisément les domaines où la législation chinoise, inexistante pendant le maoïsme, s'est le plus développée depuis 1980. La démocratie n'est que subsidiairement une condition de succès pour l'économie de marché : seulement dans le cas où, le pouvoir politique divaguant, l'absence de contrôle démocratique laisse les citoyens sans garantie contre les pires catastrophes, comme on l'a vu dans la Chine du "grand bond en avant". Aujourd'hui, la réussité économique chinoise est liée à l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle génération de technocrates parfaitement au fait des questions économiques. C'est d'ailleurs cette réussite qui est invoquée pour légitimer les restrictions à la démocratie, dont les désordres sont représentés comme des risques pouvant mettre cette réussite économique en péril."

En somme, pour ce grand spécialiste de la question chinoise, Clinton a fait un mauvais calcul.

Qu'est-ce que vous en pensez ?

Par sébastien - Publié dans : politique-monde
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Mardi 30 août 2005 2 30 /08 /2005 00:00

J'ai vécu un an et demi en Turquie, un temps suffisant pour constater, finalement, que ce pays n'est pas, à mes yeux, "européen".

Qu'est-ce que cela veut dire ? Le pire, c'est que je ne sais pas vraiment. Je ne sais pas véritablement définir ce que c'est "qu'être européen" et, pourtant, j'avais le sentiment que ce pays ne l'était pas. Cette conclusion n'est pas à proprement parler le produit d'une réflexion approfondie. C'est davantage un sentiment. Une impression lorsque je me baladais dans le pays. Une sensation plus qu'un raisonnement.

A bien y réfléchir, je crois qu'il y a deux éléments qui expliquent cette perception : la langue et la religion, l'une et l'autre si "autres" qu'elles ne permettent pas cette affinité que l'on peut éprouver au contact des autres pays européens.

En Italie, en Espagne, au Portugal, vous trouverez rapidement une complicité dans l'expression, qu'elle soit parlée ou gestuelle.

En Allemagne, en Scandinavie, au Royaume-Uni, en Europe centrale, la complicité se fera au travers des églises, des monuments, en un mot de l'histoire.

Histoire des mots d'un côté, histoire des pierres de l'autre, partout une affinité possible, une complicité en marche.

Rien de cela véritablement en Turquie. Un sentiment d'altérité, davantage qu'une impression de complicité.

Question : l'Europe doit-elle alors être ou non identitaire ?

L'identité est-elle un socle indispensable ? Le primat de tout progrès collectif ? La garantie contre tout risque de dissolution ?

Je crois que c'est le seul argument qui pourrait me convaincre de s'opposer à l'entrée de la Turquie dans l'Union. C'est aussi le seul que l'on n'évoque jamais véritablement, ou entre les lignes, de manière subliminale. Le seul qui ne fasse pas vraiment l'objet de débats.

A l'ère de la mondialisation, des échanges, et de la volonté de l'Occident à vouloir partout démocratie et droits de l'homme, comment évoquer, sans se faire traiter de culturaliste rétrograde, l'argument identitaire dans le débat pour ou contre l'entrée de la Turquie dans l'Union ? On fuit le débat pour éviter de passer pour un extrémiste.

Et pourtant c'est bien de cela qu'il s'agit. Et puisque c'est la principale question, il faut cesser de l'envisager à mots couverts. Il faut être clair. Cesser d'évoquer l'argument de la géographie qui n'est qu'un prétexte : Chypre est au large du Liban et de la Syrie et cela ne pose pas de problème. Cesser de parler des retards de l'économie ou des droits des minorités : la Bulgarie est plus pauvre et le sort des Roms n'est guère plus enviable que celui des kurdes.

Non, la vraie question, c'est celle de l'identité européenne.

L'identité est-elle ce socle sans lequel toute fondation est impossible ou est-ce au contraire une chimère, nullement indispensable à l'essor de l'Union et au rayonnement de son projet politique ?

Vos avis sont les bienvenus.

PS : Agoravox, le journal citoyen, ayant eu la gentillesse de reprendre cette note sur leur site, je vous invite à suivre le débat - parfois virulent et inattendu (on me reproche d'avoir choisi comme illustration une photo de la maginifique mosquée d'Ortaköy !) - qui s'y déroule.

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Mardi 20 décembre 2005 2 20 /12 /2005 11:35

Ce matin, a commencé une grève des transports publics à New York. Le syndicat des travailleurs du transport considère que les employés ne sont pas suffisamment considérés par la direction. Il souhaite négocier une revalorisation des salaires.

Cette grève en rappelle d'autres chez nous. Il est intéressant de voir les différences de réaction.

Le maire de New-York, Michael bloomberg, choisit clairement son camp : "les syndicalistes considèrent que leurs revendications égoïstes sont plus importantes que le service de la ville et des citoyens".

Le Gouverneur Pataki approuve Bloomberg et considère que la grève est illégale, en vertu de la loi Taylor qui interdit aux agents publics de faire grève.

La réglementation est ainsi beaucoup plus contraignante aux Etats-Unis que chez nous. La compréhension des politiques paraît plus limitée.

Il faut donc que le syndicat ait de bonnes raisons pour oser un tel mouvement.

Par sébastien - Publié dans : politique-monde
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