Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Mardi 13 mai 2008
Des détails qui passent inaperçus et qui en disent beaucoup sur le mode de gouvernement de la France. Je vous en soumets deux pour l'exemple :

1) Par décret, le Gouvernement a décidé la mise en place de passeports biométriques, qui prévoient le prise d'empreintes de 8 doigts, quand, au maximum, on en exploite deux seulement à l'étranger. La CNIL, autorité administrative indépendante, consultée sur ce texte, comme le prévoit la loi dès lors que l'on crée un nouvelle base de données personnelles centralisée, rend un avis négatif : elle considère que rien ne justifie une telle entrave aux libertés individuelles. La chose est rare. Que croyez-vous que le Gouvernement fît ? D'un revers de main, il écarte cet avis négatif et il prend son décret comme si de rien n'était. La presse, comme d'habitude, dort. Circulez, il n'y a rien à voir. A quoi servent donc ces autorités si l'on décide de ne pas tenir compte de leurs avis quand ils sont négatifs ?

2) M. Teullé, ancien tête de liste à Neuilly, perdu en rase campagne, a été nommé inspecteur général de l'éducation nationale au tour extérieur. Après la nomination du consul de Los Angeles ... En Sarkozie, comme en Chiraquie et en Mitterrandie autrefois, on recase à tout va. L'avis de l'opposition sur les nominations attendra. Et, pendant ce temps-là, la presse continue de dormir. C'est vrai qu'il y a tant de choses à raconter entre les beaux jours revenus, les bouchons du 1er mai et la relégation du Petit Saint Germain en Ligue 2 ... !

 
par sébastien publié dans : Politique-France
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Dimanche 6 mai 2007
Evidemment, la vie est une chose difficile, dans laquelle nous avons été projetés sans que personne ne nous demande notre avis et au terme de laquelle, seule certitude, nous nous séparons de ce qui nous est le plus cher. Mais ce n'est pas une raison de se lamenter !

Pourquoi ? Je vais vous le dire ... (hommage au héros de ce soir !).

Oui, il y a une petite lumière, malgré tout. La revue "Philosophie Magazine" a fait un petit carnet sur Montaigne, dans sa dernière édition. A son époque, le XVI ème siècle, Montaigne fait partie de ce que l'on appellerait aujourd'hui l'élite. Il est magistrat, conseiller à la cour des aides de Périgueux. Il deviendra maire de Bordeaux en 1581.

N'empêche. Son meilleur ami, La Boétie, meurt de la peste en 1563. Et 5 de ses 6 enfants mourront en bas âge.

Qu'un membre de l'élite soit confronté aux affres de la peste et à la mortalité infantile, voilà qui est inconcevable aujourd'hui. L'homme n'est pas que mauvais, c'est pourquoi je garde espoir.

Y compris ce soir !
par sébastien publié dans : Politique-France
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Samedi 5 mai 2007
Bon, c'est demain que tout se joue. Pour ceux qui hésiteraient encore, je les invite à prendre en compte l'entourage de chacun des candidats. Car, aucun des deux ne gouvernera seul. L'entourage ne fait pas une politique mais il y contribue et, en cela, fournit un indicateur utile.

Depuis très longtemps, dans l'entourage de Sarkozy il y a Balkany, maire de Levallois-Perret. Voici ce qu'il disait lors d'une interview avec les Yes Men, qui se sont fait passer pour des journalistes américains en direct de Washington :

"Il n'y a pas de pauvreté en France"
"Les SDF ont fait un choix de vie".

Balkany est aux premières loges des meetings de Sarkozy ... Je n'ai pas entendu la moindre critique de sa part suite à ces propos ... Voilà qui fait réfléchir ...
par sébastien publié dans : Politique-France
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Jeudi 3 mai 2007
Autant en 1995, le débat était à fleurets mouchetés entre Chirac et Jospin, autant celui qui s'est déroulé ce soir, entre Sarkozy et Royal, m'a paru vif, animé, dynamique, comme s'il traduisait à sa façon la revitalisation de la démocratie, dont témoignait déjà le faible taux d'abstention au 1er tour.

Les projets s'opposent et les deux fortes personnalités qui les incarnent également. Ce qui suscite l'intérêt et la curiosité. C'est très bien ainsi. Et, peut-être faut-il le reconnaître, doit-on d'abord cela au candidat de la droite qui, en ayant un projet clair sur la forme et sur le fond, invite sa concurrente à se positionner en contrepoint de manière assez systématique, ce qui réhabilite un clivage droite / gauche que l'on pensait perdu.

Y a-t-il un vainqueur ? Difficile à dire ! On pourrait dire que le fait que Royal n'est pas perdue constitue en quelque sorte une victoire, tant la maîtrise par Sarkozy de son projet et de l'outil de communication qu'est la télé le plaçaient en favori logique. Quand le favori ne s'impose pas avec évidence, c'est donc qu'il a perdu un peu ... Et puis les médias risquent de retenir la "colère saine" de Royal, qui, en passant en boucle, va lui attirer la sympathie.

Sinon, sur le fond, quelques observations :

- il a fallu attendre deux heures de débat pour parler de l'Europe et de l'international, c'est-à-dire des sujets dont aura directement en charge le futur présdient, ce qui ne paraît pas très logique, mais est un bon résumé de cette campagne qui s'est menée en vase clos, comme si le monde n'existait pas en dehors de nous ;

- pas un mot sur le mariage gay : l'égalité des droits pour 5 à 10 % de la population ne constitue donc pas vraiment encore une priorité telle qu'on puisse l'évoquer dans un débat de 2 heures et demie ;

- la droite a un projet, elle sait ce qu'elle veut, parle clair sur les institutions, la Turquie, les 35h, les retraites, la gauche n'a pas de projet, elle sait ce qu'elle ne peut pas faire, pas encore ce qu'elle veut. Nouveau plaidoyer pour une synthèse lib-lib que j'appelle de mes voeux et pour que la gauche cesse le grand écart idéologique qui contraint sa représentante au flou quant aux objectifs et à se retourner vers les partenaires sociaux quant à la méthode ;

- au total, j'aurais presque préféré qu'il y ait moins d'opposition, trouvant chez l'un et chez l'autre des propositions qui m'attirent et d'autres qui me navrent.

- enfin, il ne me semble pas qu'on ait eu droit à des formules qui resteront dans l'histoire. Plutôt à des passes d'armes. On reverra la "colère saine" de Ségolène. Y verra-t-on une capacité de révolte à son avantage ou une absence de sang-froid préjudiciable ?

Pour ma part, ces deux candidats n'étaient pas mes préférés. Mes doutes n'ont jamais été levés. Je pense que la gauche aurait gagné avec DSK ou Fabius. Mais, puisqu'il faut choisir ...
par sébastien publié dans : Politique-France
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Jeudi 19 avril 2007
Comme aucun des différents candidats en lice à la présidentielle ne procure en moi d'adhésion immédiate et fusionnelle, je suis telle la majorité des français, indécis par la force des choses et condamnés au vote par défaut. Je me suis gardé de faire l'éloge de l'un ou la critique de l'autre. Je crois que chacun des trois présidentiables a le souci de la France, dispose de certaines compétences et respecte, disons, les valeurs fondamentales de la France, à savoir les valeurs de la République.

Donc, je ne me sens pas effrayé à l'idée que ce soit l'un des trois qui siège sur le trône. Les peurs véhiculées ici ou là, à l'idée qu'un Sarkozy devienne le futur président, me paraissent tactiquement utiles, sans doute, mais, dans le fond, probablement injustes.

Cette campagne permet quelques constats :

1) La synthèse lib-lib reste à faire : libéral en économie et libéral sur les sujets de société. Un Strauss-Kahn aurait pu incarner cette option, absente du débat.

2) La presse ne reflète pas l'opinion, elle fait l'opinion. En choisissant de lancer Royal à l'automne, en retenant les thèmes supposés correspondre aux attentes de l'opinion, en entretenant lorsque c'est nécessaire la polémique ou le suspense, afin de faire de l'audience, la presse joue un rôle moteur dans la fabrication de l'opinion.

3) De sorte que la politique ne devient que communication, et la campagne un spectacle. Il faut des rebondissements, des images, de l'émotion.

4) Les mass-médias sont à droite. Il y a plus de violence faite aux personnes aujourd'hui qu'il y a 5 ans, personne ne s'en émeut et la presse estime que c'est désormais un thème mineur. Il y a 5 ans, l'agression ignoble d'un "pépé Voise" faisait la une. Aujourd'hui, le meurtre, éventuellement accidentel, d'un policier à la Foire du Trône, l'agression mortelle d'un père de famille pakistanais à Clichy, le viol et l'assassinat d'une jeune fille à Nantes, dans la même semaine, n'imposent pas le thème de l'insécurité en tête des préoccupations médiatiques. Pas plus que la presse n'a relayé une affaire immobilière douteuse. Cachez ces sujets que le candidat de la droite ne saurait voir ...

5) Le populisme gagne du terrain. La gauche anti-libérale surreprésentée, la gauche de gouvernement en suiviste sur l'identité nationale, l'extrême droite doublement présente, le centrisme qui se meut en extrême, pourfendeur de l'Etablissement, et la droite qui multiplie les appels du pied à l'électorat FN. La campagne est marquée par le repli sur le village gaulois. Les politiques ont décidé de suivre l'opinion, plutôt que de faire appel à son intelligence.

Ces observations sont générales et doivent être corrigées : certains leaders ont aussi choisi de parler vrai, ce qui est à leur honneur ; les mass-médias voient leur influence contre-balancée par les nouveaux médias ; des think tanks proposent des débats de fond, à charge pour chacun de faire l'effort d'y voir de plus près. Mais, au final, ces impressions me semblent globalement fidèles à la réalité, ce que Alain Duhamel nomme "la droitisation de la société", me paraît un élément marquant de cette campagne. Quand la crainte de l'avenir et la peur du monde se meuvent en repli sur soi. Retrouver ses racines est une bonne chose, mais à condition d'en tirer parti pour aller de l'avant et non pour s'y plonger pour fermer les yeux devant les enjeux qui sont devant nous.
par sébastien publié dans : Politique-France
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Vendredi 23 février 2007
Trois salariés du site Renault à Guyancourt ont décidé de mettre fin à leurs jours, en octobre, janvier et février. Ces suicides à intervalles rapprochés posent de manière légitime la part prise dans cette décision ultime par les difficultés intervenant sur leur lieu de travail. Le dernier des 3 suicidés a d'ailleurs laissé une lettre dans laquelle il explique son geste par les conditions de travail insupportables qu'il était amené à subir.

Ce sont là des évènements tragiques qui rappellent que derrière les chiffres il y a des hommes. Derrière la froideur des objectifs, il y a la sensibilité des êtres.

L'économie marchande fonctionne un peu sur l'idée que ce qui est bon pour l'entreprise ne l'est pas pour les hommes, que la réduction des coûts, bénéfique pour l'économie, est difficile à vivre pour l'employé. Bref, s'affirme le sentiment, à l'inverse de ce que les penseurs libéraux n'ont de cesse d'écrire, que l'intérêt général, mesuré à l'aune du seul PIB, croît en même temps que diminue la satisfaction des individus.

Sinon, comment expliquer, l'importance des suicides, le recours grandissant aux drogues et autres distractions, plus ou moins fortes, en somme la progression du mal-être dans des sociétés qui, par ailleurs, s'enrichissent ?

Ces évènements de Guyancourt posent finalement la question de notre mode de développement, fondé sur le "toujours plus", réclamé par les marchés, plutôt que sur la recherche du "mieux-être" auquel aspirent plus sûrement les hommes.
par sébastien publié dans : Politique-France
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Vendredi 23 février 2007
Le journaliste Alain Duhamel a indiqué en novembre dernier devant un un public de jeunes étudiants de Sciences Po qu'il voterait pour François Bayrou à la prochaine présidentielle. C'est une annonce qui n'avait rien de solennel, qui était dite en passant, au milieu d'un discours qui se voulait par ailleurs volontiers critique à l'égard du représentant de l'UDF. Apparemment, pas de quoi fouetter un chat !

Sauf que cette réunion était filmée et a été référencée sur YouTube il y a une quinzaine de jours. Dès lors, le professionnalisme, jusqu'alors reconnu de Duhamel, était remis en cause. Son impartialité, mise en doute. Dans ce contexte, il a été mis en congé de France Télévisions. Le président de cette dernière, Patrick de Carolis, considérant que Duhamel avait manqué à son devoir d'indépendance.

Pourquoi pas ? Le raisonnement se tient. Puisque Duhamel n'aurait pas respecté le code de déontologie attaché à sa fonction, il n'est pas injuste, qu'il soit mis sur la touche le temps de la campagne.  Il a d'ailleurs assez bien accepté la sanction.

Mais, je ne peux m'empêcher de faire le lien entre cette histoire et celle sur Jean-Luc Delarue dans l'avion le menant à Johannesburg mi-février. Apparemment mal à l'aise en avion, Delarue a pris quelques médicaments, qui, additionnés à pas mal d'alcool, lui ont fait péter les plombs. Il a fini par se promener à poil dans l'avion, à insulter un peu tout le monde et autres menus divertissements qui lui ont valu, au final, plusieurs plaintes du personnel naviguant.

Evidemment, Delarue ne sera pas sanctionné par sa chaîne. Il ne sera pas mis en congé de France Télévisions.

Et pourtant ... Qu'y a-t-il de plus dévalorisant pour une entreprise : le salarié qui exprime une opinion ou celui qui se ridiculise dans la violence et l'insulte ? Faut-il sanctionner celui qui se comporte bien mais s'écarte d'un code de déontologie assez vague, ou celui qui se comporte mal en société ? Et quel est, finalement, le plus honnête : celui qui dit ce qu'il pense, ou celui qui devient à la ville le contraire de ce qu'il présente à l'écran ?

 
par sébastien publié dans : Politique-France
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Samedi 28 octobre 2006

Ségolène Royal a suscité l'intérêt des médias et semble-t-il l'approbation de l'opinion en évoquant la création de "jurys citoyens" qui auraient pour tâche d'évaluer les politiques publiques.

Sur la forme, il faut saluer l'habileté de Royal et de son staff qui ont su capter une fois de plus l'air du temps en lançant une formule, suffisamment claire pour répondre à une demande de l'électorat, et suffisamment floue pour éviter de se lier les mains et de se perdre dans les détails.

Certains disent que c'est du populisme. Je ne suis pas loin de le penser et j'en ai déjà parlé ici . La confiance aveugle au peuple que l'on croit plus compétent que n'importe quel expert rappelle effectivement une dialectique démagogique ou populiste, comme on voudra.

Mais le fait est que ça prend. De sorte que je ne suis pas loin de penser qu'aujourd'hui il y a une prime à la démagogie, au populisme, surtout quand il a le visage de la nouveauté. Bref, pour être un bon politique, il faut faire de la mauvaise politique.

Je serais curieux de savoir si la candidate socialiste qui répète qu'il "ne faut pas avoir peur du peuple" tiendra compte, quand elle sera présidente, du résultat du référendum sur la Constitution européenne ...

Sur le fond, trois remarques :

1) D'abord, je ne crois pas que le pays souffre d'un manque de démocratie, il souffre d'abord d'un manque de résultats. Si, demain, le plein-emploi est atteint, la croissance progresse, et le pouvoir d'achat augmente, les Français seront contents de leurs élus et l'appel à la constitution de "jurys citoyens" apparaîtra comme un gadget de campagne.

Pire, je crois que le pays souffre d'une certaine manière d'un excès de démocratie, où à force de vouloir contenter des lobbys divers et variés, la politique aboutit à des compromis mous, des décisions faibles, des horizons confus. Ce dont la politique a besoin, c'est moins de voix divergentes qui affaiblissent les décisions que d'un projet fort qui sache repérer et promouvoir l'intérêt général.

Juste un exemple : le projet des Halles à Paris. C'est finalement le choix le plus banal qui a été fait alors qu'une nouvelle oeuvre moderne aurait pu voir le jour. La raison de cette timidité ? L'attention excessive portée aux associations de riverains qui miliaient pour la verdure et le silence. Trop de démocratie a contraint à trop de prudence.

2) Il y a les candidats du parti et il y a la candidate de l'opinion. Les candidats des appareils politiques et la candidate des appareils photos ! Il est un peu paradoxal que la candidate de l'opinion, forgée par les médias et les sondages, soit celle qui plaide pour plus de démocratie. L'hommage du vice à la vertu en quelque sorte !

3) Cela étant, Ségolène Royal a, je crois, raison de dire que la démocratie doit évoluer. Mais là comme ailleurs il ne faut pas juger sur l'idée, qui est quasi soutenue par tous, que sur les modalités de son application, sur lesquelles Mme Royal est plutôt évasive, revenant le lendemain sur ce qu'elle préconisait la veille.

Les idées sont nombreuses et certaines sont déjà en vigueur : droit de pétition, séances publiques télévisées, référendums d'initiative populaire ...

Là comme sur d'autres sujets, Ségolène Royal et la presse se contentent de mots bien choisis qui, comme les slogans publicitaires, ont une valeur subliminale qui cache bien souvent le vide du produit.

par sébastien publié dans : Politique-France
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Jeudi 12 octobre 2006

Ce serait drôle si ce n'était pas sérieux !

Par deux fois ces derniers jours, Ségolène Royal a atteint les sommets :

- d'abord, elle refuse d'avoir une opinion sur l'entrée de la Turquie dans l'Europe, considérant que son avis sera celui exprimé par les Français à l'issue d'un référendum, que ce soit dans un sens ou dans l'autre ;

- ensuite, en menaçant de ne pas participer à tous les débats internes au parti socialiste en vue de la désignation du candidat.

Ainsi va la politique façon Ségolène Royal : mon avis est le vôtre, et, par conséquent, inutile de débattre !

par sébastien publié dans : Politique-France
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Jeudi 12 octobre 2006

Cet après-midi, l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à sanctionner toute négation du génocide arménien par les Turcs, lequel avait été reconnu par une première loi en 2001.

Cette loi me semble inutile et dangereuse.

Inutile, parce que ce n'est pas, d'un point de vue juridique, à la loi, c'est-à-dire, aux politiques, de qualifier de génocide tel ou tel évènement. La loi doit dire ce qu'est un génocide. Mais c'est aux juges de qualifier si telle ou telle tragédie doit être qualifiée de la sorte.

Inutile, en second lieu, parce que cette histoire n'est pas la nôtre. En vertu de quelle prérogative d'intérêt général, le législateur français croit-il bon pour son pays de qualifier les évènements historiques qui ont eu lieu loin de chez lui, à près d'un siècle de là ? Accepterions-nous nous-mêmes qu'un autre pays, et pourquoi pas la Turquie, décide de qualifier les comportements que nous avons pu avoir aux heures noires de notre propre histoire ?

D'où le danger de ce type de loi, que l'on appelle plus généralement des "lois mémorielles" : en fixant comme norme indiscutable la qualification de tel ou tel crime collectif, on limite exagérément le droit à l'étude et à la critique, ce qui justifie la colère des historiens.

Ce faisant, on prend le risque d'encourager une guerre des mémoires, où à la recherche indispensable d'une identité commune à tous les Français, viendra se substituer peu à peu une juxtapoistion de communautés en quête de leurs propres intérêts.

Etonnant, dans ces conditions, que cette proposition de loi ait été portée par le parti socialiste, traditionnellement plus attaché à la défense du modèle républicain.

 

par sébastien publié dans : Politique-France
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