Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Politique-France

Mercredi 16 février 2005

Ces derniers jours, plusieurs informations m'amènent à penser que certaines pratiques, au sommet de l'Etat, n'ont rien à envier à celles qui font le quotidien des républiques bananières :

- c'est la nouvelle, aujourd'hui développée par le Canard Enchaîné, selon laquelle le ministre de l'économie, son épouse et ses 8 enfants partagent un appartement de 600m2, aux frais du contribuable, pour un loyer de 14000 euros par mois ;

http://fr.news.yahoo.com/050215/5/49xu8.html

- c'est la proposition de loi émanant de plusieurs sénateurs qui visent à faire de tout ancien Président de la République un sénateur à vie :

http://www.senat.fr/leg/ppl04-163.html

- c'est, aussi, la proposition de loi visant, en cas de litige entre un chanteur et sa maison de production, à rendre le catalogue au premier (ah que coucou !) :

http://www.lefigaro.fr/entreprises/20050214.ENT0026.html

- ce sont, enfin, les dernières nominations au Conseil économique et social, qui sont l'occasion de recaser les perdants des dernières campagnes électorales et les ministres victimes des derniers remaniements (Ferry, Aillagon, ...) :

http://www.ces.fr/ces_dat2/1-3membr/memb.htm

Des dépenses somptuaires pour un ministre qui milite pour une "désintoxication de la dépense publique" a de quoi révolter.

Des lois sur mesure ne peuvent que scandaliser.

Des pratiques, qu'on espèrerait d'un autre âge, perdurent. La confiance de l'opinion dans les politiques ne peut qu'être entamée. Et les discours extrémistes, sur la "république des copains et des coquins", recevoir l'assentiment d'un plus grand nombre encore.

S'il est vrai que les membres de la tribu prennent pour modèle leur chef, on ne peut s'étonner de pareils comportements.

 

 

 

 

Par sébastien
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Vendredi 18 février 2005

Souvent, dans l'exercice de mon travail, des dirigeants d'entreprises m'appellent lorsqu'ils ont un litige avec un concurrent ou avec l'Administration.

Ils pensent que l'Etat peut, en dernier recours, résoudre leur problème. De la sorte, ils se méprennent sur la véritable étendue du pouvoir de l'Etat et sur sa réelle influence. Ils croient en l'existence d'un Etat fort, héritier des rois et des empereurs. Ils ne voient pas que la réalité est autre. Citons quelques exemples pris dans l'actualité récente :

- l'Etat doit céder devant un procureur américain et verser 600 millions de dollars ;

- l'Etat retire un projet de loi parce que 50 000 adolescents sont dans la rue ;

- l'Etat n'a plus d'influence sur son pré carré africain (Togo, Côte d'Ivoire) ;

- Il n'en a pas davantage vis-à-vis de ses partenaires européens lorsqu'il s'agit de défendre l'idée d'une taxe nouvelle pour renforcer l'aide au développement ;

- Il n'arrive pas à sortir des geôles indonésiennes un jeune français qui y est emprisonné depuis plus de 4 ans pour possession de haschich.

Il est vain dans ces conditions de poursuivre l'illusion selon laquelle nous serions un grand pays, capable à lui seul de changer le cours des choses. La mondialisation est passée par là.

Mais, il serait vain aussi de penser, a contrario, que plus personne ne nous prête attention.

Si l'homme qui vieillit ne peut plus soulever les montagnes, il devient aussi plus sage et on fait davantage cas de ces rares propos.

La force de la France, c'est sa voix. On se rappelle d'ailleurs avec quel enthousiasme avait été reçu de par le monde le discours de Villepin à l'ONU au sujet de la guerre en Irak. 

Dès lors, il nous faut construire l'Europe pour atteindre une taille critique. Il nous faut aussi rester fidèle à nous-même pour que notre voix continue de porter.

 

Par sébastien
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Jeudi 10 mars 2005

Le choix de Thierry Breton de quitter France Telecom pour Bercy révèle, je crois, que contrairement à ce que prétendent certains Cassandre, l'Etat n'est pas encore mort et qu'au contraire il exerce toujours une certaine fascination, y compris sur les esprits les moins naïfs.

Comment expliquer, en effet, ce sacrifice financier et ce choix d'une mission si difficile, autrement que par le désir de reconnaissance ?

Le service de l'intérêt général est ainsi vécu comme une consécration symbolique pour des gens qui, a priori, ont déjà tout.

Preuve que l'Etat n'est toujours pas perçu comme une organisation "comme" les autres mais qu'elle demeure encore "au-dessus" des autres.

Ne faut-il pas comprendre, justement, l'affaire Gaymard, comme la manifestation par l'opinion et la presse du refus d'une certaine morale, d'un certain comportement, de la part de serviteurs de l'Etat. Ils ne sauraient être comme tout le monde, c'est-à-dire user pleinement de tous leurs droits. La frontière en ce qui les concerne, ce n'est pas la loi, c'est la morale.

On ne prend soin qu'aux jouets qu'on aime bien. On n'est jaloux, envieux ou triste que parce qu'on est d'abord amoureux.

Malgré la mondialisation, ou plus sûrement à cause d'elle, "l'attente d'Etat" reste forte.

Par sébastien
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Mardi 22 mars 2005

A en croire les brillantes études qui font la une des quotidiens de l'après-midi, la France serait aujourd'hui le pays de la sinistrose. Les Français n'auraient pas le moral. Et les patrons, les plus petits d'entre eux en tout cas, pas davantage.

Cette morosité ambiante s'explique d'abord, semble-t-il, par les incertitudes de l'avenir. De quoi demain sera-t-il fait ? On ne sait pas trop : les retraites seront-elles payées ? Les salaires vont-ils augmenter ? Les délocalisations continuer ? Les Français n'ont jamais autant épargné. Et il faut faire preuve d'imagination pour qu'ils remettent des liquidités dans le circuit (déblocage anticipé de la participation, franchise sur les donations, ...).

Les Français s'interrogent. Et lorsqu'on a plus de questions que de réponses, on finit par angoisser.

Comment modifier cette attitude ? Quelle traitement collectif appliquer d'abord ?

Et si, à la manière du patient qui va voir son psy, on commençait par dire la vérité ?

N'est-il d'abord pas là le rôle du Gouvernement et du Premier ministre que d'éclairer l'opinion sur ce qui va et ne va pas, plutôt que de lui adresser des slogans formatés ? N'est-il pas temps, d'en finir, en un mot, avec la "politique du non-dit" ?

La Turquie dans l'Europe ? Peut-être ben que oui, peut-être ben que non, à vous de voir : non-dit.

L'Europe-puissance, rêve ou réalité ? Difficile à dire, tout est jouable, peut-être ben que c'est possible, peut-être pas : non-dit.

Les frontières, on va jusqu'où ? Ukraine, Maghreb, Russie, Caucase. Difficile à dire, on verra plus tard : non-dit.

La réforme de l'Etat ? Réduire le train de vie, oui mais comment ? Baisser le nombre de fonctionnaires ? Peut-être mais surtout ne pas le dire. Non-dit.

Les choix économiques ? La croissance, ça c'est sûr. Pour le reste, comment on fait, quelle politique on suit ? Non-dit.

Et quand on ne dit pas ce qu'on fait, il arrive qu'en plus on tente des coups en douce : les amendements de nuit auxquels on n'a pas fait attention, la réforme des 35 heures qu'on laisse le soin aux députés de proposer ...Le Gouvernement ajoute alors l'hypocrisie au mensonge.

A force de ne pas dire ce qu'on fait, de prononcer les mots creux et de s'évertuer à caresser dans le sens du poil, on finit par endormir.

N'attendons-nous pas d'abord d'un gouvernement qu'il propose et qu'il fasse ? Imagine-t-on les Français définitivement incapables d'entendre un langage de vérité ? 

Et si le Gouvernement décidait d'avoir une politique et de le dire haut et fort ? De précéder l'opinion plutôt que de la suivre ? D'agir plutôt que de réagir ? 

Par sébastien
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Mercredi 30 mars 2005

Dans un précédent article, j'avais dit ce que m'inspiraient les propos tenus par Dieudonné à Alger. En particulier, j'estimais que la technique de l'amalgame et le sens de la provocation rapprochaient finalement sa rhétorique de celle des leaders d'extrême-droite.

Cet article a fait l'objet de commentaires qui désapprouvaient mon propos.

Après le dernier commentaire de Makia du 19 mars, je souhaite refaire un article sur ce thème pour poursuivre le débat. D'autant plus que "l'appel des indigènes de la République" a, depuis, relancé la question.

Le commentaire de Makia appelle en ce qui me concerne 3 remarques :

D'abord, je ne vois pas pourquoi il faudrait critiquer les commémorations de la Shoah, que Makia juge trop répétées, pour mieux mettre en lumière les autres affres de l'histoire qu'il déplore, et que nous déplorons avec lui. Pourquoi faudrait-il minorer un crime pour mieux en révéler un autre ?

En second lieu, je ne crois pas que l'amalgame entre évènements et périodes diverses de l'Histoire, qui est une constante du discours de Dieudonné, soit le moyen le plus efficace pour faire émerger la vérité. Comparaison n'est pas raison.

Enfin, Makia semble mettre les malheurs actuels de l'Afrique sur le seul compte de la colonisation. C'est faire fi des responsabilités des gouvernements qui sont en place depuis l'Indépendance. Sur ce sujet, je conseille la lecture de "Négrologie", l'essai de Stephen Smith, spécialiste de l'Afrique et correspondant du "Monde", dans lequel l'auteur s'étend longuement sur cette posture de victime adoptée par la majorité des gouvernants, et qui leur permet de mieux fuir leurs propres responsabilités.

L'exemple de la Côte d'Ivoire est parlant. Les auteurs de "l'appel des indigènes de la République", entre autres sujets, accusent l'Armée française "de se conduire en Côte d'Ivoire comme en pays conquis".  

Faut-il rappeler cette vérité première que si la France ne s'était pas interposée, il y aurait eu une guerre civile dans ce pays. Et il y en aurait sûrement une si on se retirait. A coup sûr, les mêmes, qui aujourd'hui accusent la France pour son implication, lui auraient volontiers fait porter la responsabilité de massacres si elle avait décidé de ne pas intervenir.

Faut-il rappeler que les malheurs de ce pays sont nés en réalité avec l'émergence du concept d'ivoirité sous Konan Bédié. Si Gbagbo a été légalement élu, il reste que son élection est entachée d'un vice de légitimité originel, en raison de l'interdiction qui était faite à Ouattara de se présenter, alors même qu'il était ancien Premier ministre. C'est ainsi une large partie de la population qui ne s'est pas reconnue dans cette élection. Est-ce la faute aux Français ?

L'indignation que l'on peut comprendre sur tel ou tel sujet perd de sa force lorsqu'elle permet de confondre dans une même dialectique, qui oppose victimes et bourreaux, des évènements qui n'ont rien à voir les uns avec les autres.

"L'appel des indigènes de la République" apparaît dès lors comme un projet "fourre-tout" qui ne sert pas la vérité. La technique employée, qui pose sur le même plan des sujets différents et qui poursuit en cela la "méthode" Dieudonné, nuit à la pertinence du discours, alors même que certaines revendications peuvent, sur tel ou tel point, paraître fondées.

 

Par sébastien
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Mercredi 30 mars 2005
Surtout ne pas faire du référendum un raffarindum !
Par sébastien
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Lundi 4 avril 2005

Les dernières nouvelles de Côte d'Ivoire ne sont pas bonnes.

Chaque partie campe sur ses positions, en dépit des efforts de l'Afrique du Sud, mandatée par l'ONU pour servir de médiateur :

- Le Président Gbagbo ne veut modifier la Constitution, dans un sens qui permette à son opposant Ouattara de participer aux prochaines élections, que par voie de référendum ;

- les Forces Nouvelles ne veulent pas désarmer tant qu'elles n'auront pas l'assurance de pouvoir participer aux élections.

En un mot, c'est l'impasse.

Pendant ce temps-là, chaque camp s'arme et engage des milices provenant des pays frontaliers.

Chacun veut en découdre.

Il est temps de prendre une initiative pour sortir de ce scénario terrible qui conduit tout droit à la guerre.

Initiative d'autant plus nécessaire que chaque journée passée coûte un million d'euros à l'armée française.

Que faire ?

- Fixer un ultimatum : plus le temps passe, plus la France est prise à partie par les belligérants. Les uns pour dénoncer son intervention, les autres pour réclamer son appui. Cette situation n'est pas tenable.

- Rappeler les parties à leurs engagements. Ils ont signé un accord. Ils doivent l'appliquer.

- Voter une résolution à l'ONU, "couvrant" notre désengagement au lendemain de l'ultimatum si rien n'est fait.

Compte tenu des hommes en place à Abidjan, la guerre est aujourd'hui l'issue la plus probable. Notre politique doit désormais prendre en compte ce fait. Sauf à risquer l'enlisement, à dépenser l'argent en vain et à courir le risque de nouvelles pertes.

Cruelle décision, mais vraisemblablement la moins pire. En tout cas, il est temps d'agir. Demain, il sera trop tard.

La morale de cette histoire ? Peut-être qu'en toutes circonstances, il vaut mieux défendre la légalité que la légitimité, en l'espèce la défense du président mal élu, plutôt que le soutien de rebelles aux revendications légitimes.

Sur ce dossier, la Realpolitik était peut-être la moins pire des solutions.

Par sébastien
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Lundi 4 avril 2005
RTL propose ce soir un débat entre Hollande et Sarkozy. Est-ce vraiment l'affiche la plus judicieuse à moins de deux mois du référendum ?
Par sébastien
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Mercredi 6 avril 2005

Parmi ses grandes priorités diplomatiques, la France entend lever l'embargo sur les armes à destination de la Chine. Elle a convaincu l'Allemagne, puis la Grande-Bretagne, de la justesse de ce grand dessein. La levée devait être décidée par l'Union européenne en juin.

Oui, mais voilà, les Etats-Unis ont rappelé quelques broutilles :

- la Chine est une dictature et rien n'amène à penser ces dernières années qu'elle serait en voie de démocratisation : est-ce moral d'armer une dictature ?

- la Chine est un ennemi potentiel, qui ne cache pas ses intentions de "réunification" totale et complète : est-ce pertinent d'armer un ennemi potentiel ?

Puisque les interrogations ne suffisaient pas, les Américains passent à la vitesse supérieure. Ils menacent de réviser les liens qui unissent sociétés européennes et américaines dans diverses entreprises d'armement et envisagent, le cas échéant, des représailles économiques.

Voilà qui a suffi à désolidariser la Grande-Bretagne du couple franco-allemand. Voilà qui provoque une division au sein du Gouvernement Schroeder. Voilà qui amène l'Union à reconsidérer sa position. Voilà qui amène la France à l'isolement. Et de nouveau à la confrontation avec les Etats-Unis.

Le sujet en valait-il la peine ?

Et pourquoi la Gauche n'évoque-t-elle pas ce dossier, qui pointe pourtant les faiblesses de notre diplomatie ? La crainte de démontrer qu'une politique européenne de défense réellement autonome n'est déjà plus possible ?

Par sébastien
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Vendredi 15 avril 2005

J'ai pratiqué pendant pas mal de temps le football. Et il y avait toujours dans mes diverses équipes un joueur qui s'affirmait rapidement comme un leader en dépit d'un jeu qui n'avait jamais rien d'extraordinaire.

Il s'imposait au groupe par son énergie, sa "grande gueule" à la mi-temps, un physique supérieur, des coups de colère impressionnants. Rarement par son jeu. Dans le jargon, on appelle ces footballeurs particuliers les "joueurs de vestiaires", puisqu'ils s'expriment davantage et mieux dans les coulisses qu'à la lumière.

Et bien, c'est exactement à ces joueurs-là que je pensais en regardant Chirac hier à la télévision. Comment l'homme assis devant PPDA, qui avait manifestement mal préparé son intervention, aux réponses longues comme des jours sans fin, à l'argumentation limitée, comment cet homme avait-il pu s'imposer depuis plus de 30 ans à tant d'hommes, et parmi les plus intelligents.

Chirac doit être un formidable joueur de vestiaires !

Par sébastien
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