Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Mercredi 16 janvier 2008
Une nouvelle danse  est à la mode parmi les ados : la tektonik.

Mais un bon tektonikeur ne  doit pas seulement savoir danser la tektonik. Il doit avoir le look approprié : habits, marques , coupes de cheveux ...

La nouveauté ne réside pas dans le fait que naît ainsi une nouvelle danse et un nouveau style, qui crée une nouvelle tribu.

Non, la nouveauté, c'est que la tektonik n'est pas une danse, mais une marque déposée. Quiconque crée un produit avec cette marque devrait, en toute logique, payer des royalties. S'imagine-t-on la salsa, le rock ou le reggae comme une marque déposée dont l'emploi obligerait le paiement de royalties ?

Voilà la force du marketing : les ados, cultivent l'illusion de la rébellion, de la marginalité, du sentiment valorisant d'être à part, alors même qu'ils sont au coeur d'une politique marketing dont ils sont le coeur de cible. Là où ils se pensent en avant-gardistes, ils sont, en réalité, les cibles d'une stratégie spécialement conçue à leur endroit.

Le teknonikeur, qui se pense à part, est en réalité le consommateur banal d'un produit qui le vise spécialement lui. Le tektonikeur est un tektoniké !
par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mardi 30 octobre 2007
La Commission Balladur a rendu son rapport aujourd'hui à Nicolas Sarkozy. Les principales mesures, à mon sens, portent sur l'organisation du débat parlementaire. En particulier, le texte discuté en séance sera celui voté en commission et non le projet du gouvernement. Cela modifiera sensiblement le rôle du Gouvernement, qui sera amené à se prononcer contre un texte voté en commission par sa majorité. Evidemment, ce point que je trouve fondamental n'est pas souligné par la presse, mais je pense que l'on en mesurera vite la nouveauté et l'importance. Pour le reste, le rapport, fait par des sages, ne peut qu'être sage lui-même. Pas de régime présidentiel, un rééquilibre entre exécutif et législatif, de nouveaux droits pour les citoyens.

Je trouve cela très bien car je ne vois ni l'urgence ni la pertinence d'une "révolution" en matière constitutionnelle.

Certains prétendent que cette révolution légale est urgente parce qu'elle constituerait un préalable pour réformer le pays : mais, enfin, en quoi les règles actuelles interdisent-elles à un gouvernement de réformer ? En quoi un changement de régime, qu'il soit présidentiel à l'américaine, ou parlementaire à l'allemande, aurait-il plus de chances de convaincre syndicats et autres "révolutionnaires du statu quo" d'accepter demain les réformes qu'ils refusent aujourd'hui ?

Et, à bien y réfléchir, la Vème République, à l'inverse des régimes qui l'ont précédée, a plutôt fait preuve de solidité et de souplesse. Ni la guerre d'Algérie, ni mai 68, ni la cohabitation n'ont empêché en fin de compte l'Etat de poursuivre sa tâche.

En outre, un système dyarchique, dans lequel l'un s'occupe de politique étrangère et l'autre se concentre sur la politique intérieure, est de nature à mon sens à répartir des tâches qui, circonscrites dans les mains d'un seul, paraissent difficiles à assumer pleinement.

Bien sûr, des aménagements sont possibles : davantage de représentativité à l'Assemblée nationale, une réforme du Sénat indispensable, des précisions sur le statut du chef de l'Etat.

Mais rien de tout cela n'est impossible. Loin d'être condamnée à mourir, la Vème République peut s'améliorer par aménagements successifs et bien compris.

En réalité, cette "révolution légale" que certains appellent de leurs voeux, n'est ni plus ni moins que la version légitimiste de cette passion française pour la table rase, cette idée bien ancrée que rien de nouveau ne peut se faire sur ce qui a déjà été construit. La révolution plutôt que la réforme !

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Jeudi 19 avril 2007
Deux propos récents de Sarkozy ont retenu mon attention. Chacun pose la question de la morale en politique.

1) Le premier concernait la place de l'inné dans l'acte pédophile. Selon Sarkozy, la pédophilie pourrait très vraisemblablement s'expliquer par un déterminisme génétique. Que n'a-t-il pas dit ! Des cris d'orfraie ont été poussés un peu partout. Sarkozy, en faisant un tel constat, laissait deviner, à n'en pas douter, les promesses eugénistes de ses futures politiques sociales !

Au même moment, je lisais avec plaisir "Les 7 savoirs nécessaires à l'éducation du futur" d'Edgar Morin (Ed. du Seuil). Et, page 108, je tombai sur cette citation de Clément Rosset qui m'a semblé très opportune au moment où la polémique commençait d'enfler : "La disqualification pour raisons d'ordre moral permet d'éviter tout effort d'intelligence de l'objet disqualifié, en sorte qu'un jugement moral traduit toujours un refus d'analyser et même un refus de penser."

Et bien, c'est cela : les critiques de Sarkozy, en l'espèce, ont utilisé l'argument moral pour éviter de penser. Car, il y a la place pour un débat : comment ne pas faire l'hypothèse, a minima, que l'homme qui cède à une pulsion pédophile, en dépit de la condamnation par la loi et par la morale, comment cet homme, qui prend le risque de la prison et la déconsidération à jamais de ses frères en humanité, décide-t-il malgré tout, de céder ? A-t-il vraiment le choix, cet homme ? Comme je l'écrivais à Lionel Jospin dans ma lettre de 2004, on ne choisit pas d'être homosexuel, pas plus qu'on ne choisit d'être noir ou gaucher. Bref, il y a un débat envisageable. Et puisque ces propos figuraient dans un magazine philosophique, reconnaissons qu'il y avait effectivement de la place pour la philosophie.

Mais, non, au lieu de cela, au lieu de dire que ce débat est vieux comme le monde, on a eu un déversement de propos politiquement correct, parés de bons sentiments et riches en procès d'intention.  Le degré zéro  de la réflexion politique, celle qui s'interdit de penser au nom de principes moraux supposés supérieurs.

Expliquer un phénomène, proposer un diagnostic, ne dit rien des conclusions qu'on en tire, du remède qu'on prescrit. La Gauche morale a condamné un remède qui n'existait pas. Quand la morale fixe des limites au questionnement, ce n'est pas forcément l'apanage de la droite ... !

2) Le second propos de Sarkozy qui a retenu mon attention était celui concernant les électeurs du front national, qu'il estime "normal de vouloir récupérerer".

Une autre citation m'est venue à l'esprit. Elle est tirée du livre de Tzvetan Todorov, "le nouveau désordre mondial", qui portait sur l'aventure américaine en Irak. Liant les objectifs respectables de l'Administration Bush consistant à installer la démocratie dans le Grand Moyen-Orient avec le désastre que provoque cette guerre, Todorov concluait : "une fin noble ne justifie pas des moyens ignobles".

Et bien je pense la même chose des propos de Sarkozy qui visent à flatter l'électorat lepéniste : une fin noble ne justifie pas des moyens ignobles. En reprenant les thématiques du FN (la France on l'aime ou on la quitte), Sarkozy utilise le même discours que Le Pen et son action alors est inopportune. Si récupérer les électeurs du FN consiste à copier le discours de Le Pen, alors l'objectif louable se meut en initiative malheureuse.

Dans le  premier exemple, le débat souffrait d'un excès de morale. Dans le second, il pêche par insuffisance. 
par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Jeudi 4 janvier 2007

La pendaison de Saddam Hussein nous a été dévoilé, par écrans interposés, en deux temps :

- un premier temps, officiel, où l'image, transmise par le filtre du gouvernement irakien et, très certainement, des Américains, laisse supposer une exécution "dans les règles de l'art", soucieuse de la dignité du condamné à mort, auquel on prend soin d'expliquer ce qui l'attend, dans un silence respectueux ; image travaillée à des fins précises, permettant au "leader du monde libre" d'assurer que cet épisode marque un pas important dans la démocratisation du pays ;

- un second temps, non contrôlé, où l'image, transportée par Internet, est brute, sans retouche, transmettant sans fard la vérité dans toute sa crudité ; où l'on comprend que les bourreaux n'auront pas laissé le temps au condamné à mort de terminer sa prière, et où les cris de certains acteurs, rendant hommage à des leaders chiites, marque, de manière symbolique, la division du pays, plongé, pour qui en doutait encore, dans une véritable guerre civile.

Deux images d'un même épisode et des conclusions totalement opposées, qui appellent  trois remarques :

1) La vérité en Histoire ne s'impose pas d'elle-même : elle est écrite par ceux qui la font. Histoire et Vérité sont deux choses différentes qui ne se superposent pas toujours. Dès lors, la vérité doit être recherchée dans l'amoncellement de sources contradictoires : les lectures simples sont probablement aussi des lectures fausses : message pour tous ceux qui voudraient réécrire l'Histoire à coup de lois et de décrets ;

2) On peut espérer des nouvelles technologies, par leur simplicité d'emploi et leur capacité de diffusion, qu'elles participeront à l'avenir à une écriture de l'Histoire plus proche de la vérité ;

3) Les Etats-Unis poursuivent la guerre en Irak comme ils l'ont commencée : en mentant à l'opinion. Or, comme l'explique le philosophe Tzvetan Todorov dans une tribune publiée dans Libération le 19 décembre dernier, les fondements de la démocratie sont en péril dès lors qu'un pays accepte le mensonge ou l'illusion. Un régime démocratique doit avoir le "souci de la vérité".

Certes, il faut condamner ceux qui ont capté et diffusé ces images vidéo parce qu'ils n'ont pas respecté la dignité d'un homme qui allait être condamné à mort. Mais il faut condamner aussi et surtout ceux qui ont maquillé la vérité, cet acte annonciateur du pire dans l'Histoire.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Samedi 16 septembre 2006

D'Espagne ou j'ecris aujourd'hui ce papier (ce qui explique les problemes d'accent), j'apprends que le gouvernement espagnol va punir de severes amendes les parents dont les enfants mineurs achetent de l'alcool. On considere qu'il est temps de lutter contre les exces de beuverie des jeunes. C'est devenu un probleme de sante publique.

Le diagnostic est le meme partout en Europe : les jeunes boivent plus et se droguent plus que par le passe. Partout le meme constat et les memes reponses : plus de severite et de prevention.

Je comprends que l'on s'inquiete de cette question.

Pourtant, nulle part je ne trouve d'explication a ce phenomene. On a des chiffres et des plans pour les faire diminuer mais, nulle part, on nous explique pourquoi on en est la. Pourquoi tant de jeunes decident-ils de se mettre la tete a l'envers ?

Et pour cause, s'interroger sur ce phenomene, ce serait s'interroger sur notre societe elle meme, sur son projet collectif. Or, observer de telles extremites oblige a reconnaitre que notre societe, qui recherche partout la plus grande efficacite, qui est une promesse de competition permanente, cette societe n'a rien a proposer de confortable pour ceux qui vont y entrer. Peut-on avouer cela ? Il vaut mieux dans ces conditions parler du probleme et de ses solutions que de s'interroger sur ses causes.

Les adultes stressent et les enfants trinquent !

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mardi 5 septembre 2006

Nombreux sont ceux qui, aujourd'hui, décident d'explorer le monde.

Que ce soit à vélo en Chine, en auto-stop, en course à pied de Paris à Tokyo, ou à la rame, de plus en plus de personnes, souvent jeunes mais pas toujours, principalement originaires de pays développés occidentaux, s'organisent des périples originaux.

D'ailleurs, le commerce autour des "backpackers", les porteurs de sacs à dos, se développent comme jamais : possibilité de prendre un billet d'avion "tour du monde", hôtels spécifiquement dédiés, création, grâce à Internet, de communautés où les membres sont prêts à s'héberger les uns les autres. L'économie ne se trompe jamais : la tendance est forte et le phénomène s'amplifie.

Comment expliquer une telle frénésie de découvertes et d'exploits ?

Il y a probablement la volonté de sortir du quotidien routinier. L'aventure, c'est d'abord la rupture avec l'habitude. Le refus de la modernité qui est signe d'ennui.

Il y a aussi la volonté de se découvrir soi-même. Il n'y a plus de terres inconnues. Les seules zones d'ombre sont celles que l'on porte en nous-mêmes. De quoi sommes-nous réellement capables ? L'exploit sportif ou l'exil au loin permettent de se connaître au plus intime. Faire le tour du monde pour faire le tour de soi.

Ces désirs d'ailleurs sont donc probablement marqués par cette double volonté de découverte : celle des autres et celle de soi.

En quoi ce phénomène est, je crois, l'occasion de faire revivre la notion d'hospitalité, qui se perd bien souvent dans "les villes de grande solitude". L'hôte est celui qui reçoit. C'est aussi celui qui arrive. L'hospitalité est ce qui permet aux hommes de se retrouver pour le seul plaisir de la rencontre, d'être ensemble.

C'est pourquoi je regarde cette tendance, non pas avec la tristesse de ceux qui ne voient dans ces périples que des désirs de fuite, mais, bien plutôt comme l'occasion de rappeler que l'aventure humaine est d'abord faite de rencontres.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Jeudi 6 juillet 2006

Au regard des autres formes de gouvernement qui ont jalonné l'histoire du monde, la démocratie paraît encore relativement jeune. Née avec le suffrage universel, élevée dans l'alternance des régimes, la démocratie semble désormais bien établie en Occident et s'impose peu à peu de par le monde, à la faveur de la chute du communisme et de l'affirmation un peu partout des identités nationales.

Pourtant, la démocratie semble aujourd'hui connaître des difficultés. Paradoxalement, à mesure qu'elle se propage sur la planète, elle paraît également se vider de sa substance. Comme si son extension se faisait au prix de sa consistance. Le retour des nationalismes, un peu partout, semble annoncer un repli du jeu démocratique. Ou, à tout le moins, de vraies menaces.

Il semble que deux phénomènes se conjuguent pour affaiblir ainsi la démocratie :

D'abord, l'extension du marché, par la mondialisation du modèle libre-échangiste, modèle désormais partagé par la grande majorité des Etats du monde, se fait au prix d'une suppression progressive des frontières. La multiplication des acteurs internationaux, firmes, ONG, médias, opinion, est telle que les marges de manoeuvre des dirigeants, se réduit comme peau de chagrin. La démocratie, qui se vit sur un territoire, perd de sa superbe devant le marché, que l'absence de frontières enivre.

En second lieu, la prédominance d'un modèle unique réduit les choix pour le citoyen. L'absence d'alternative conduit à l'absence d'alternance, laquelle est pourtant à la base de la démocratie. C'est Royal qui fait du Sarkozy et Sarkozy qui fait du Royal. L'opinion se réfugie alors dans l'abstention ou les extrêmes, ces autres symptômes d'une démocratie malade.

Dès lors, la démocratie relève de plus en plus de l'artifice. Elle se joue, plus qu'elle ne se vit. A la manière de l'acteur raté qui surjoue pour donner l'illusion d'exister, mais en qui aucun spectateur ne croit plus, la démocratie joue à son tour des moulinets, à coup de tables rondes, livres blancs et autres assises, comme pour se donner l'illusion d'agir. Mais chacun pressent bien que l'essentiel est ailleurs.

 Deux réactions sont alors possibles :

- la mise en avant d'une démocratie d'opinion : c'est le retour de la démocratie par le bas. Par le terrain, l'expérience vécue,

- ou le retour des nationalismes, c'est-à-dire la réaffirmation des frontières.

Dans les deux cas, l'affirmation que "la terre ne ment pas". Que face aux élites déligitimées, il faut réaffirmer la force des idées simples. La faillite de la démocratie ?

 

 

 

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mercredi 5 juillet 2006

Au moment où l'équipe de France s'apprête à jouer les demi-finales de la coupe du monde de football, il peut être intéressant de s'interroger sur la vague d'émotion qui submerge chaque pays, après une victoire comme après une défaite.

D'où vient que le football, qui n'est qu'un sport et un jeu, crée aussi de tels phénomènes de masse ?

Je crois qu'il y a des raisons intrinsèques à ce sport et d'autres qui le dépassent :

1) Parmi les raisons intrinsèques, il y a la simplicité des règles. Deux équipes, un ballon, deux buts. L'objectif est clair. Et le jeu est universel. Partout, quelles que soient les cultures, on s'amuse avec des objets ronds qu'on essaie de faire avancer, par jeu.

Autre raison d'un succès : l'universalité des règles. Un même langage pour tous. Et, à ceux qui considèrent que cette compétition n'est qu'un substitut à la guerre, il faut préciser qu'ici, à la différence d'un champ de bataille, il y a un arbitre et des règles. La violence est contenue. Canalisée.

Et puis, autre raison de son succès, la pratique de ce sport n'implique pas de physique particulier, à la différence du rugby ou, surtout, du basket. Chacun peut se faire remarquer, avec ses propres atouts, qu'il soit rapide, puissant ou malin.

Un jeu universel et des règles communes. Pas étonnant dès lors que le football soit le sport mondialisé par excellence.

2) Mais, cela ne suffit pas pour expliquer les phénomènes de communion que l'on observe partout. Il y faut aussi des explications qui dépassent le strict cadre du jeu.

C'est là qu'intervient la machine économique. Conscients que le produit est alléchant, parce qu'il est mondial, marques et médias entretiennent le phénomène et développent à force de messages l'intérêt de l'opinion pour le produit.

Mais, au-delà, le football satisfait un besoin : le désir de communion. Il ne s'agit pas seulement de voir les matchs, il faut aussi les voir avec les autres. Les fêter avec les autres. On va au stade comme on va à l'église, pour être ensemble. Désir de communion d'autant plus recherché que tout pousse à l'individualisme, et que donc chacun sait de plus en plus rares ces moments où l'on ne fait qu'un avec les autres.

La communion opère parce qu'il existe une croyance partagée. Croyance en la victoire, en un potentiel triomphe.  Il y a communion lorsqu'il y a foi en un tiers qui fait consensus. Pas de meilleur consensus que la victoire. Ou même l'échec. Communion dans les larmes de joie, comme dans les pleurs de défaite. Mais communion parce que partage d'une même émotion.

Mais tout cela ne peut pas durer. Lorsque le tiers consensuel s'éloigne, la communion s'évanouit. La communion ne dure que le temps où la victoire produit encore ses effets. La communion est le temps de l'émotion. Quand cela cesse, quand la croyance en ce tiers consensuel s'évanouit, on passe de la communion, où l'on n'est qu'un, à la communication où l'on est plusieurs.  Revient le temps des 60 millions de sélectionneurs !

Voilà pourquoi le phénomène "black blanc beur" peut difficilement durer. Parce qu'il est de l'ordre de la communion, c'est-à-dire de l'émotion, du temps limité. Phénomène qui ne peut durer plus que ne durent les effets de la victoire.

"Le football est ma religion, le stade du Borussia mon église".

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Vendredi 16 juin 2006

A l'occasion des 20 ans de la mort de Coluche, est publié un livre qui revient sur les conditions de l'accident qui a causé le décès du célèbre humoriste.

Et tous les arguments convergent vers une seule fin : instiller le doute dans l'esprit du lecteur quant aux véritables raisons du drame. Non, il ne peut s'agir d'un accident malheureusement banal, le camion a fait une embardée étrange, le comportement lointain du chauffeur après l'accident est curieux, Coluche allait dire des choses dans son prochain spectacle, des barbouzes forcément anonymes font part de leurs doutes, etc ...

Bref, Coluche, ce personnage adoré des Français, ce comique hors-normes, ne peut être mort d'un accident banal qui peut toucher tout un chacun. Un tel destin ne peut être foudroyé que par une volonté supérieure, machiavélique, experte en barbouzerie.

Idem pour Diana. La princesse admirée pouvait-elle finir sa vie contre un poteau sous le pont de l'Alma par la faute d'un chauffeur ivre ? Pas digne d'une princesse, tout cela. En revanche, un bon complot qui mêle les divers intérêts proche-orientaux, voilà qui vous relève un accident de soirée trop arrosée au rang de mythe éternel.

L'opinion ne peut se résoudre à ce que des personnalités extraordinaires terminent leur vie dans des conditions ordinaires. La porte est alors ouverte à toutes les supercheries au rang desquelles les "enquêtes" publiées à des dates bien choisies font partie.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mercredi 14 juin 2006

Il est d'assez bon ton de dire que les Français sont atteints par le virus de la sinistrose, un mot qui paraît même avoir été créé à leur seule intention.

Le moral des ménages s'établit ainsi à - 30 points en mai 2006, ce qui, d'après les spécialistes, serait le signe d'une assez faible confiance en l'avenir. Les ménages continuent à penser qu'il est opportun d'épargner, ce qui n'est pas non plus le gage d'une confiance absolue en des jours meilleurs !

Et puis, comme si cela ne suffisait pas, des publications régulières assurent du déclin de la France, de sorte que l'on ne sait plus qui du moral des ménages ou du déclin de l'économie nourrit l'autre, mais il semble effectivement que l'on ait connu des situations plus euphoriques.

Quel contraste avec l'étranger ! Revenu il y a peu de deux voyages à Madrid, j'y ai constaté un vrai "bonheur de la prospérité" pour reprendre la formule de VGE entendue hier soir. Les pays émergents semblent eux-assi contaminés par une quête de la réussite, qui se manifeste dans des comportements davantage teintés d'optimisme et une certaine foi en l'avenir.

Des situations brossées à grands traits, il est vrai, tant les disparités peuvent être fortes au sein de chaque pays, mais je crois cependant que cette peinture des sentiments de par le monde recouvre une certaine réalité.

Pourquoi une telle différence ?

Je me demande si cela n'a pas trait, quelque part, à l'esprit de système des Français. Nourris par la pensée cartésienne et le souci de replacer les évènements dans un contexte, les Français ont sûrement tendance, plus que d'autres, à penser le monde dans sa globalité, à s'attarder moins sur les moyens du présent que sur les fins du futur. Là où d'autres se veulent pragmatiques et essaient de tirer parti des opportunités de l'heure, les Français, plus avides de concepts, s'interrogent probablement davantage sur le sens des choses.

Or, que nous propose la mondialisation ? Vers quelle fin nous conduit-elle ? Aujourd'hui, comme hier, les rapports entre les Etats sont des rapports de puissance et, sur ce point, la mondialisation n'a rien changé. Les affres d'hier ne peuvent disparaître simplement parce que le monde est globalement plus riche. Ce à quoi s'ajoutent, entre autres, les risques pour l'environnement, les menaces sanitaires et la progression des inégalités.

Gagner plus oui, mais à quelle fin et à quel prix ? Voilà probablement la question que se posent davantage les Français que les autres et qui pourrait expliquer, d'une part une certaine forme de fatalisme et, d'autre part, un refus d'entrer dans un monde si plein de menaces.

Les Français plus malheureux, parce que plus réfléchis ?

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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