Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Mardi 20 juin 2006

Lu "Père comme les autres" de Christophe Girard.

Christophe Girard, qui est adjoint à la Mairie de Paris et par ailleurs conseiller en stratégie du groupe LVMH, raconte dans ce petit livre sa propre expérience de père. De père homosexuel.

Christophe Girard a eu un enfant lors d'une aventure avec une femme. La paternité, pour lui, était inattendue et il a choisi de la vivre pleinement. Naturellement, la structure familiale est originale : un père qui vit avec un autre homme, une mère qui refait sa vie avec un autre. Mais, ce schéma là, désormais, est-il si différent, si "anormal", alors même que familles recomposées ou monoparentales deviennent plus nombreuses ?

Christophe partage les mêmes angoisses et les mêmes bonheurs que tout autre parent. Le plaisir de transmettre connaissances et amour lui font prendre son rôle à coeur.

Un livre-expérience qui démontre qu'il n'y a pas de structure familiale meilleure que les autres. L'essentiel, n'est pas le cadre d'exercice de la parentalité, c'est son contenu.

Un livre engagé, en faveur de l'homoparentalité, que je vous conseille. Les situations sont tour à tour drôles et émouvantes.

Je soutiens Christophe Girard dans son combat en faveur de l'homoparentalité. Pourquoi accorderait-on des droits aux familles recomposées ou monoparentales et aucun aux familles homoparentales ? Pourquoi exiger des couples homosexuels - un référent féminin et un référent masculin -, alors que l'on n'exige cela de personne d'autre ?

Et, en quoi une sexualité différente interdirait de transmettre l'expérience, la connaissance et l'affection, qui sont les seuls critères à l'aune desquels on devrait juger de la qualité du "métier" de parent ?

par sébastien publié dans : vie gay
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Jeudi 19 janvier 2006

Avant-hier, le Parlement européen a voté une résolution contre l'homophobie, invitant les Etats membres à agir contre toute forme de discrimination liée à l'orientation sexuelle.

Lors du vote de la résolution, la droite européenne s'est divisée. Une partie y était favorable. Une autre y était opposée (149 députés).

Concernant le vote des députés français, 8 députés UMP sur 17 ont voté contre cette résolution. C'est le cas, par exemple, d'Alain Lamassoure, de Nicole Fontaine, ou encore de Tokia Saïfi.

Ce vote démontre, à la suite du manifeste des députés UMP et UDF sur l'homoparentalité, que la droite est divisée sur ces questions, les uns étant plutôt ouverts, tandis que d'autres, hélas encore très nombreux, sont particulièrement agressifs sur ces sujets.

On ne sera pas particulièrement surpris d'apprendre que les plus violents soient les droites polonaise et italienne.

Cet épisode est particulièrement bien expliqué sur ce blog, qui rend régulièrement compte des travaux bruxellois.

par sébastien publié dans : vie gay
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Mercredi 18 janvier 2006

Après les parlementaires qui écrivent l'histoire officielle, voici les parlementaires qui pétitionnent ! Plus d'une centaine de parlementaires UMP et UDF ont ainsi rédigé un manifeste dans lequel ils condamnent l'homoparentalité. La famille, c'est un homme et une femme. Point barre.

Sur la forme, c'est curieux. On n'attend pas de représentants du peuple qu'ils usent des armes de celui-ci. La pétition est réservée à ceux qui ne légifèrent pas. Faut-il que le sujet soit sérieux à leurs yeux, pour qu'aux textes qu'ils votent, ils éprouvent le besoin d'ajouter des textes qui condamnent.

Sur le fond, évidemment, je suis contre. Si, une famille, c'est un homme et une femme, que n'interdisent-ils pas le divorce, que ne condamnent-ils pas les familles recomposées ou monoparentales ? Pourquoi exiger des couples homosexuels ce que l'on n'exige de personne ?

Enfin, c'est un texte qui est loin des réalités. Beaucoup d'homosexuels ont eu des enfants dans une précédente vie hétérosexuelle. 200.000 enfants sont élevés par des couples homosexuels. Beaucoup d'homosexuels jouent les célibataires pour adopter. N'attend-on pas justement des représentants du peuple qu'ils se coltinent avec la réalité, plutôt qu'ils ne se bercent d'illusions à coup de manifestes ?

par sébastien publié dans : vie gay
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Mardi 16 août 2005

Discuté ce weekend avec un ami gay de son projet d'enfant.

Il a beaucoup réfléchi, envisagé toutes les formules et, désormais, il se sent prêt.

Il a une amie lesbienne qui veut elle-aussi un enfant. Ils vont concevoir le bébé de "manière naturelle" parce que c'est le désir de la future maman, qui préfère cette méthode à celle de la seringue.

Je lui demande si, "techniquement", cela ne lui pose pas un problème. Il me répond par la négative : "tu sais, avant, j'ai eu une vie hétéro, j'ai même failli me marier !".

Ensuite, ils se sont mis d'accord pour partager la garde de l'enfant : la semaine chez maman, le weekend chez "papa".

Mon ami me rappelle que sa situation est fragile : la mère peut exiger quand elle le veut la garde pleine et entière de l'enfant et elle peut demander également une pension alimentaire.

Devant un tel risque, je demande ce qui le pousse à tenter l'aventure : "Le désir de transmettre. J'ai bien profité de la vie, à mon tour maintenant de faire profiter, de mon savoir, de mon expérience, de mon argent".

Une bonne définition du métier de père, finalement.

 
par sébastien publié dans : vie gay
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Vendredi 8 juillet 2005

Le 16 juin dernier, j'évoquais l'histoire de Camille et Monica qui s'aiment et qui veulent se marier.

Camille était un homme. Elle a décidé de devenir une femme en se faisant opérer. Monica "se sent" femme, mais elle n'est pas opérée. Aux yeux de l'état-civil, c'est toujours un homme.

Dès lors, rien ne s'oppose à leur mariage. Une femme et un homme.

La cour d'appel de Versailles a confirmé aujourd'hui la décision prise en premier ressort : le mariage est impossible, car l'intention matrimoniale n'existerait pas. Le juge condamne un "acte militant".

Après l'affaire Girbaud, me voilà à nouveau dégoûté par la justice.

Deux hommes veulent se marier, ils n'y ont pas droit. Question de sexe.

Un homme et une femme veulent se marier. Ils n'y ont pas droit. Question de genre.

La justice analyse de manière différente à chaque fois le cas qui lui est présenté, soit sous l'angle de la biologie (sexe), soit sous l'angle de la culture (genre), mais pour aboutir à chaque fois à la même conclusion. Hypocrisie.

Il ne suffit plus d'être un homme et une femme pour se marier. Encore faut-il correspondre à un modèle. Que les genres soient assumés.

Difficile de faire plus conservateur.

 

par sébastien publié dans : vie gay
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Vendredi 17 juin 2005

On entend beaucoup de récriminations au sujet de la Gay Pride. Elle serait dépassée pour les uns, contre-productive pour les autres, inutilement provocante.

Pour avoir le pot-pourri de tous les reproches qui lui sont faits, il suffit de se reporter aux propos de Paul-Marie Couteaux dans VSD de cette semaine, à l'occasion du duel qui l'oppose à Jean-Luc Roméro. Rarement lu autant de propos révoltants en si peu de lignes.

Pour moi, la Gay Pride a deux bonnes raisons d'exister :

1) La première est évidente : les gays ont toujours moins de droits que les hétéros. Ils sont victimes de discriminations premières. Le combat est légitime.

Je ne peux m'empêcher, chaque jour, de regretter que je ne puisse me marier avec mon ami. Si elle était brésilienne, elle serait déjà en France, travaillerait peut-être et serait soignée. Puisque c'est un homme, il ne peut venir et travailler. Il souffre à 10000 kilomètres d'ici, parce que c'est un homme.

2) En second lieu, la Gay Pride rend service à tous les jeunes gays de province ou d'ailleurs qui ne peuvent s'assumer en raison du milieu où ils vivent. La manifestation leur renvoie l'image de personnes fières d'être ce qu'elles sont. C'est un soutien considérable.

Pour finir, on reproche souvent à la Gay Pride d'être festive. Pour faire avancer sa cause, nul besoin de danser comme des folles !

A celà, je répondrais trois choses :

- d'abord, il n'y a pas de mal à se faire du bien ! Faire la fête le samedi, au mois de juin, en plein Paris, finalement c'est plutôt sympa ;

- plus sérieusement, il serait naïf de croire que l'on ne fait avancer ses droits, aujourd'hui, que dans le cadre étroit des bureaux obscurs. Il n'y aura pas d'avancée des droits sans mobilisation de l'opinion, et donc sans le relais des médias. Or, les médias ont leur propre grille d'intérêt au sommet de laquelle figurent les images fortes et belles. Les médias sont un instrument indispensable. Il faut donc parler leur langage ;

- enfin, à ceux qui ne peuvent supporter cette balade bon enfant, je leur dis : dépêchez-vous de donner les mêmes droits aux gays. N'ayant plus rien à revendiquer, ils rentreront dans le rang et vous n'aurez plus à supporter ces drag queens fluos, ces Mr propre à string, que, dans le secret de vos alcôves, je le sens, vous mourrez d'envie d'approcher !

Allez, tous à la Gay Pride !

par sébastien publié dans : vie gay
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Mercredi 11 mai 2005

Un article ce matin dans Le Figaro qui présente les résultats d'une étude menée par l'Académie des sciences américaines et qui tendent à démontrer que l'on naît gay plutôt qu'on ne le devient.

En ce qui me concerne peu importe si l'on naît gay ou si on le devient. En tous les cas on ne le choisit pas. Pas plus que l'on ne choisit d'être noir ou gaucher.

par sébastien publié dans : vie gay
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Samedi 26 mars 2005

Une fois n'est pas coutume, je vais parler de moi.

Non par goût de l'exhibition, même si cet outil s'y prête, mais parce que j'ai le sentiment que les remarques qui suivent peuvent concerner d'autres que moi.

Les hasards de la vie ont fait que je suis tombé amoureux d'une personne de même sexe, étrangère et séropositive. Certains pourront penser qu'il y a là un vice masochiste, enfoui quelque part, qui se révèle, mais enfin c'est ainsi !

Il nous est apparu très vite que mon ami aurait de meilleures chances de guérison en France et nous nous sommes donc intéressés au moyen de le faire rester en France en toute régularité, naturellement, pour qu'il puisse s'y soigner.

Etant un couple de même sexe, le grand avantage, c'est qu'il n'y a pas l'embarras du choix sur la manière d'apparaître tels que nous sommes aux yeux de la loi : il n'y a que le Pacs.

Mais la solution n'en est pas une. Pourquoi ?

L'obtention de la carte de séjour, qui permet d'accéder à un emploi, ne s'obtient qu'au bout d'un an de vie commune et encore est-elle laissée à l'appréciation de chaque préfecture.

Or, en attendant, mon ami ne peut rester en France qu'avec un visa de tourisme, lequel ne dure que 3 mois.

Par conséquent, il lui faudra faire au minimum 4 allers-retours jusqu'à la décision de la préfecture.

La procédure a donc deux gros défauts : elle est coûteuse et incertaine.

Bref, ne pouvant pas financièrement assumer les nombreux allers-retours ainsi qu'une telle prise en charge pendant un an, nous n'avons pas tenté l'aventure. C'est bien le mot.

Autre réglementation qu'il conviendrait de changer : l'Aide Médicale d'Etat. Pourquoi ?

Parce qu'on ne peut accéder à l'Aide Médicale d'Etat que si l'on apporte la preuve que l'on est en France depuis plus de 3 mois.

Or, comme un visa touristique dure 3 mois, il faut être clandestin pour se faire soigner !

Le choix pour mon ami, au final, est donc le suivant : être soigné en France dans la clandestinité ou souffrir, pour ne pas dire plus, dans la régularité au Brésil.

Il a choisi de respecter la loi ... 

par sébastien publié dans : vie gay
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Vendredi 4 mars 2005

Un chiffre insupportable dans "Libération" de ce jour : un homosexuel ou un bisexuel homme a 13 fois plus de risques de faire une tentative de suicide qu'un hétérosexuel.

Cela appelle deux observations :

1) D'abord, à tous ceux qui croient que l'on "choisit" d'être homosexuel, ce chiffre est parlant : nul ne choisit, en toute conscience de souffrir. Longtemps, le seul choix véritable dont je pensais disposer était celui entre la honte et la mort ;

2) Ensuite, à tous ceux qui estiment que cela est aujourd'hui facile de vivre son homosexualité, ce chiffre prouve le contraire : la société n'accepte pas encore, loin de là, l'homosexualité comme une sexualité possible et naturelle. D'où le développement chez beaucoup d'une mauvaise estime de soi qui pousse au pire.

Il appartient à la société d'agir de telle sorte qu'un jeune homo n'aura pas à craindre d'être ce qu'il est, au point de tenter l'irréparable.

Cela passe, notamment à mes yeux, par :

- l'universalité de la règle : un couple homo doit avoir les mêmes droits qu'un couple hétéro. En assurant un égal traitement, la règle commune consacrera la normalité de l'homosexualité. Dès lors, pour l'ado qui s'interroge, le contexte deviendra peu à peu différent : si un couple homo a les mêmes droits, c'est qu'il a une valeur égale aux autres. La perception de sa sexualité ne sera plus négative ;

- la sanction des discriminations : en condamnant les discriminations, il s'agit de mettre fin à l'idée qu'une sexualité serait "inférieure" à une autre.

On ne se suicide pas parce qu'on est homosexuel ; on se suicide parce que l'on a le sentiment, bien ancré, que la société est homophobe. C'est donc bien sur cette dernière qu'il faut agir.

 

par sébastien publié dans : vie gay
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Lundi 28 février 2005

Faut-il ou non faire son coming out ? C'est une question que chaque gay a dû un jour ou l'autre se poser et à laquelle, grosso modo, deux types de réponses sont apportées.

D'un côté, ceux qui désirent officialiser leur identité aux yeux de tous. Dire ce qu'ils sont pour exister enfin. Désir de vérité. De transparence.

De l'autre, ceux qui refusent d'être résumés à leur sexualité. Qui pensent que mettre en avant ce qui n'est qu'une part d'eux-mêmes est également trahir la vérité.

Pour ma part, j'ai opté pour la seconde solution. Pour deux raisons, au moins :

1) D'abord, le coming out suppose d'être certain de ce que l'on est. Egalement attiré par certaines filles, dire "je suis gay" ne correspondrait pas à ma vérité. Alors, pourquoi le dire ?

2) Ensuite, ne pas blesser. Ne pas le faire pour ne pas décevoir. Il y a probablement dans cette attitude un certain manque de courage.

J'ai un ami qui, lui, a fait son coming out. Il s'est senti, après coup, si apaisé qu'il pensait avoir bien fait. Mais, par la suite, son père n'a pas accepté cette situation et leur relation se réduit désormais à un conflit larvé.

Je pense qu'à chaque individu correspond un comportement adéquat, mais que celui-ci ne sera pas forcément le même. Il n'y a pas d'attitude idéale.

Ce que je crois, en revanche, c'est que notre société sera idéale lorsqu'il ne sera plus nécessaire pour quiconque d'accomplir cet acte. Car alors,l'homosexualité sera perçue comme une sexualité possible, présente dans la nature, n'appelant aucune action d'éclat pour s'affirmer.

Et vous, coming out or not coming out ?

par sébastien publié dans : vie gay
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