Vendredi 17 juin 2005
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On entend beaucoup de récriminations au sujet de la Gay Pride. Elle serait dépassée pour les uns, contre-productive pour les autres, inutilement provocante.
Pour avoir le pot-pourri de tous les reproches qui lui sont faits, il suffit de se reporter aux propos de Paul-Marie Couteaux dans VSD de cette semaine, à l'occasion du duel qui l'oppose à Jean-Luc Roméro. Rarement lu autant de propos révoltants en si peu de lignes.
Pour moi, la Gay Pride a deux bonnes raisons d'exister :
1) La première est évidente : les gays ont toujours moins de droits que les hétéros. Ils sont victimes de discriminations premières. Le combat est légitime.
Je ne peux m'empêcher, chaque jour, de regretter que je ne puisse me marier avec mon ami. Si elle était brésilienne, elle serait déjà en France, travaillerait peut-être et serait soignée. Puisque c'est un homme, il ne peut venir et travailler. Il souffre à 10000 kilomètres d'ici, parce que c'est un homme.
2) En second lieu, la Gay Pride rend service à tous les jeunes gays de province ou d'ailleurs qui ne peuvent s'assumer en raison du milieu où ils vivent. La manifestation leur renvoie l'image de personnes fières d'être ce qu'elles sont. C'est un soutien considérable.
Pour finir, on reproche souvent à la Gay Pride d'être festive. Pour faire avancer sa cause, nul besoin de danser comme des folles !
A celà, je répondrais trois choses :
- d'abord, il n'y a pas de mal à se faire du bien ! Faire la fête le samedi, au mois de juin, en plein Paris, finalement c'est plutôt sympa ;
- plus sérieusement, il serait naïf de croire que l'on ne fait avancer ses droits, aujourd'hui, que dans le cadre étroit des bureaux obscurs. Il n'y aura pas d'avancée des droits sans mobilisation de l'opinion, et donc sans le relais des médias. Or, les médias ont leur propre grille d'intérêt au sommet de laquelle figurent les images fortes et belles. Les médias sont un instrument indispensable. Il faut donc parler leur langage ;
- enfin, à ceux qui ne peuvent supporter cette balade bon enfant, je leur dis : dépêchez-vous de donner les mêmes droits aux gays. N'ayant plus rien à revendiquer, ils rentreront dans le rang et vous n'aurez plus à supporter ces drag queens fluos, ces Mr propre à string, que, dans le secret de vos alcôves, je le sens, vous mourrez d'envie d'approcher !
Allez, tous à la Gay Pride !
