Et pendant ce temps, dans le monde ...

Publié le par sébastien

Non, la Terre ne s'arrête pas de tourner en dépit du second tour de l'élection présidentielle ! Et il s'y passe même des choses intéressantes si l'on prend le temps de la regarder un peu :

- en Estonie, le Gouvernement souhaite déplacer un monument dédié aux morts soviétiques qui ont libéré le pays, du centre-ville en banlieue de Talinn, la capitale. Les Estoniens voient, en effet, dans ce monument davantage l'expression de la domination soviétique que la libération de son peuple ... Colère de Moscou, qui laisse les supporters de Poutine menacer ouvertement l'ambassadrice estonienne en Russie à l'occasion d'une conférence, en même temps qu'ils s'autorisent dans l'impunité le blocage de l'ambassade ;

- En Turquie, des manifestations monstres pour défendre la laïcité contre le risque de voir à la tête de l'Etat un chef du parti islamiste remettre en cause cet héritage.

Quelles leçons ?

D'abord, que la paix n'est pas forcément consolidée par la progression des échanges et la croissance économique. L'Estonie a un fort taux de croissance et ses échanges avec la Russie voisine sont nombreux. La Turquie connaît une croissance élevée depuis plusieurs années. Non, ce qui échauffe les esprits, ce sont les symboles. Les marques de l'identité. Un monument aux interprétations diverses, d'un côté. La laïcité, cet héritage kémaliste, de l'autre. Il n'y a pas de société apaisée s'il n'y a pas le sentiment d'un partage de valeurs communes. L'identité est ce socle transverse sur lequel se fonde toutes choses.  Unité dans la diversité, c'était un beau slogan ... C'est surtout une nécessité vitale.

Ensuite, pour ceux qui en doutaient encore, la résurgence du nationalisme russe est la marque de la présidence de Poutine. Elle n'accepte pas encore que ses anciens satellites affirment leur souveraineté contre elle. Ne pas l'humilier, bien sûr. Mais, surtout, avoir à l'esprit qu'une Russie isolée est une Russie qui fait la guerre. Il faut oser s'ouvrir à elle, malgré cet état d'esprit, ou plutôt à cause de lui.

Enfin, dernière question : l'Islam est-il compatible avec la laïcité ? La Turquie est, à ce jour, le rare exemple d'un Etat musulman laïc. L'Islam qui entend réglementer toutes les activités de la vie peut-il accepter le principe d'un Etat qui sépare le temporel et le spirituel ? N'est-ce pas aussi cela qui se joue en Turquie ? 

Publié dans politique-monde

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