Lectures de vacances

Publié le par sébastien

Lu pendant ces vacances deux livres dont on ne sait, pour l'un comme pour l'autre, quelle est la part du mensonge et de la vérité, où commence le roman et où finit l'Histoire.

D'abord "Overworld" de Larry J. Kolb au sous-titre plus évocateur : "mémoires d'un espion malgré lui". C'est supposé être l'autobiographie d'un ancien espion américain, qui fut aussi agent de Mohammed Ali ou brasseur d'affaires avec Adnan kashoggi. Mais, l'auteur, loin d'être le retraité apaisé, écrivant en silence au coin du feu les épisodes marquants de sa vie, est aujourd'hui enfermé en Floride, à la merci des services secrets indiens, dont il guette la menace qui pourrait lui être fatale. Une autobiographie au terme de laquelle l'auteur nous demande de lui souhaiter bonne chance !

Peu importe, en vérité, que ce qui nous est conté soit vrai ou faux. C'est probablement, comme toujours, un peu des deux ! L'essentiel est que ce livre nous tient en haleine. Il se lit d'une traite tant les épisodes sont passionnants : de la mission de bons offices de Mohammed Ali au liban, à la demande de Bush père, pour libérer les otages américains du Liban, à l'opération de désinformation visant l'opposant de Rajiv Gandhi en Inde, tout cela pourrait faire un excellent scénario pour le cinéma.

Et si tout cela est vrai, alors, définitivement, il faut souhaiter bonne chance à Larry J. Kolb !

Renseignement pris, tout cela pourrait bien être vrai ...et Larry J. Kolb a même un site perso.

Dans le même genre, celui qui consiste à dépeindre les coulisses de l'Histoire, le livre de marc Dugain, "la malédiction d'Edgar" n'est pas mal non plus.

C'est plus d'un demi-siècle de magouilles, de collusions avec la Mafia, de voix achetées et d'écoutes illégales qui nous est conté.

L'auteur a choisi pour narrateur Clyde Tolson, celui qui fut le compagnon d'Edgar Hoover, l'inamovible président du FBI de 1924 à 1972.

L'Amérique ne sort pas grandie de cette peinture minutieuse et informée. Mais, étrangement, ses dirigeants nous paraissent plus attachants. En quittant leur piédestal, ils nous semblent plus humains.

Deux agréables lectures sur les hommes de l'ombre qui tirent les fils de l'Histoire.

Une critique intéressante sur le site de Michel-Edouard Leclerc.

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sébastien 08/08/2005 09:41

Pas mal du tout !

Une fois qu'on a lu le bouquin de Larry Kolb, on se demande justement si ce qu'on entend sur telle ou telle affaire est vrai ou si, au contraire, on n'en connaît que la surface émergée.

La mort de John garang, le coup d'Etat en Mauritanie, les évènements de Côte d'Ivoire : que savons-nous vraiment et où est la vérité ?

Minnelli 07/08/2005 10:38

Votre post me fait penser à ce mot de Bolivar : "Pour comprendre les révolutions et ceux qui y participent, il faut à la fois les observer de très près et les juger de très loin"
Minnelli de http://cantaleu.paysdecaux.com.