Quand le travail tue

Publié le par sébastien

Trois salariés du site Renault à Guyancourt ont décidé de mettre fin à leurs jours, en octobre, janvier et février. Ces suicides à intervalles rapprochés posent de manière légitime la part prise dans cette décision ultime par les difficultés intervenant sur leur lieu de travail. Le dernier des 3 suicidés a d'ailleurs laissé une lettre dans laquelle il explique son geste par les conditions de travail insupportables qu'il était amené à subir.

Ce sont là des évènements tragiques qui rappellent que derrière les chiffres il y a des hommes. Derrière la froideur des objectifs, il y a la sensibilité des êtres.

L'économie marchande fonctionne un peu sur l'idée que ce qui est bon pour l'entreprise ne l'est pas pour les hommes, que la réduction des coûts, bénéfique pour l'économie, est difficile à vivre pour l'employé. Bref, s'affirme le sentiment, à l'inverse de ce que les penseurs libéraux n'ont de cesse d'écrire, que l'intérêt général, mesuré à l'aune du seul PIB, croît en même temps que diminue la satisfaction des individus.

Sinon, comment expliquer, l'importance des suicides, le recours grandissant aux drogues et autres distractions, plus ou moins fortes, en somme la progression du mal-être dans des sociétés qui, par ailleurs, s'enrichissent ?

Ces évènements de Guyancourt posent finalement la question de notre mode de développement, fondé sur le "toujours plus", réclamé par les marchés, plutôt que sur la recherche du "mieux-être" auquel aspirent plus sûrement les hommes.

Publié dans Politique-France

Commenter cet article