Sarkozy et les médias

Publié le par sébastien

Des émeutes à Perpignan. Il y va et promet : "les voyous seront punis !". Il est des vérités d'évidence qu'il est parfois nécessaire de rappeler.

Un enfant prend une balle perdue. Il y va et promet : "la cité sera nettoyée". Après la pluie, le beau temps.

La politique de Sarkozy, c'est communiquer d'abord et travailler ensuite. Le discours vaut action. La communic'action !

Il faut une dépêche AFP par jour et, si possible, un passage télé quotidien. Toutes les raisons sont valables. Toutes les causes sont possibles. Une seule obligation : être suivi par les caméras. Ce qu'il faut, c'est qu'on parle de lui. Occuper l'espace.

Pour Sarkozy aussi, l'existence précède l'essence !

Sarkozy, ou le premier homme politique à se concevoir comme un produit de grande consommation. Il faut parler de la "marque" Sarkozy, pour la rendre incontournable.

La fermeture de Sangatte a laissé les prétendants au départ errer dans les villes proches du tunnel ? Sans importance. La loi sur la prostitution a déplacé celle-ci en banlieue, reproduisant là-bas ce qu'il se passait dans les beaux quartiers de la capitale ? Qui s'en soucie. La loi sur le droit au séjour des étrangers n'a eu aucun résultat, si bien qu'il paraît évident d'en faire une autre très vite ? Qu'importe.

Sarkozy avance, il est déjà ailleurs. L'actualité a ses droits que le recul critique ne saurait entraver. Parler d'hier, c'est prendre le risque d'ennuyer. Et ennuyer, c'est quitter la "une" pour les pages intérieures. Sarkozy, comme tout produit qui veut séduire, est pris dans la tyrannie de la nouveauté. Du neuf toujours : nouvelles propositions, nouvelles lois, nouvelles visites.

Les caméras et les micros courrent derrière, pris dans le tourbillon de cette Histoire en marche. Ces histoires comme la presse les aime, et qui la dissuade, aujourd'hui, de poser les questions qui fâchent.

Jusqu'à quand ?

Jusqu'au moment où l'intérêt du spectacle deviendra moindre, où le scénario, à force de se répéter, finira par lasser et où, les nécessités du commerce se faisant sentir, il sera bon de faire monter en flèche une nouvelle marque, de lancer un nouveau produit.

De Sarkozy ou de la presse, qui mène le bal ? Pas forcément celui que l'on croit.

Publié dans Politique-France

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Les Cris Vains 27/06/2005 13:37

Oui, effectivement, très bon style !!
Je pense que Nicolas "Palpatine" Sarkozy (Iznogoud c'était pris) va perdre à long terme l'éléctorat un peu plus centriste, au profit de l'UDF.

On ne peut pas faire aussi loin le grand écart idéologique.

sébastien 26/06/2005 18:48

Merci, AL1, pour tes agréables commentaires !

Qui sait, peut-être peut-on compter sur les mystères labyrinthiques du Réseau mondial pour diffuser plus largement quelques modestes contributions !

Mais comment donc a fait le désormais célèbre professeur Chouart pour être lu si rapidement par tant d'Internautes, au point probablement d'avoir influencé la campagne référendaire ?

AL1 26/06/2005 09:25

Voilà résumer en quelques mots, quelques phrases le retour de Z. (mais n'est pas Zorro qui veut !), ton article a tout d'un éditorial de presse, il lui manque le support pour une diffusion plus large afin que chacun comprenne le danger qui le guette...