Le discours et les actes

Publié le par sébastien

Travaillant dans la fonction publique, je suis amené à observer régulièrement comment se passe la mobilité en son sein.

Il est de bon ton pour tout nouveau ministre de chanter les vertus de la mobilité. Source de motivation pour le fonctionnaire, prêt à rejoindre sa région d'origine qu'il chérit tant, elle est aussi un gage de dynamisme pour la fonction publique. Tout le monde devrait y gagner.

Or, il y a loin des discours aux actes.

Quelques exemples pour s'en convaincre :

1) Un ami, qui est depuis 4 ans sur le même poste, cherchait à rejoindre sa région d'origine ou une région voisine. Refus, sans motif.

2) Un autre ami, qui avait multiplié les recherches pour trouver un point de chute dans une autre administration et qui y était finalement parvenu, s'est vu refuser ce mouvement par son administration d'origine. Sans raison explicite, là non plus.

3) Enfin, un autre ami, qui venait de terminer un congé sabbatique d'un an et qui, à ce titre, n'avait pas tous les atouts en main, est néanmoins parvenu à décrocher le poste de son choix, au coeur d'une très belle ville, sans même que son poste soit proposé à la concurrence. Il faut croire que le fait que son père soit député PS ait pu jouer, dans cette ville et cette région acquises à la gauche ...

Ainsi, en l'absence de motivation explicite, la mobilité au sein de la fonction publique obéit à des décisions discrétionnaires.

Devant un système si injuste, que peuvent faire les plus malchanceux ? Remplir poliment les formulaires ne dure qu'un temps. Vient le moment où il faut faire comme les autres, c'est-à-dire :

1) faire la retape devant son député ou son sénateur ;

2) s'encarter dans un syndicat, de préférence celui qui a le dernier mot dans les commissions qui décident du sort de telle ou telle demande.

Ainsi, même s'il le déplore, le fonctionnaire honnête devra à terme, parce qu'il y est contraint, se soumettre aux règles de copinage du système.

Les politiques n'osent pas s'attaquer à ces dysfonctionnements, parce qu'ils hésitent à s'en prendre à un système verrouillé par les syndicats qui y voient une façon de gonfler indirectement leurs rangs.

Mais alors il faut être en phase avec ses actes et cesser les discours ronflants qui ne trompent personne.

Ou alors, on peut rêver, prendre le taureau par les cornes en exigeant la motivation des décisions et la mise en concurrence de tous les postes.

Publié dans Réflexions-idées

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