Populisme, suite

Publié le par sébastien

A noter l'excellente chronique de Bernard-Henri Lévy cette semaine dans Le Point. Il rapproche le discours de la gauche "radicale" avec celui du Front national. La même propension à critiquer les "élites" et le "système".

J'approuve complètement le diagnostic. Et, sur le style, c'est quand même bien balancé !

Publié dans Politique-France

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Alexandre 13/06/2005 11:15

Seb,
je prefère largement tes termes que ceux de BHL (!!!).
Dénoncer l'héritage et les pensées racistes, xénophobes et antisémites du FN : Oui à 200% et à la première occasion !

Mais le diaboliser systématiquement et a priori.. N'est-ce pas notre responsabilité coupable de légitimer ainsi une posture de victime sur laquelle il surfe depuis 20 ans ?
Le FN n'est jamais plus faible que lorsqu'il parle de programme ou de gestion.

Peut être suis-je un démocrate naïf, mais je crois que l'ostracisme est générateur de frustration, lui-même facteur d'extrèmisme aveuglé.
Le FN se nourrit de l'exclusion dont il se dit victime et se pose en alternative des partis traditionnels : le danger ultime serait de ne pas lui couper cette herbe sous son pied !

Enfin, sur le sujet de la représentativité du parlement, faire la sourde oreille à ce sincère sentiment populaire "donne du grain à moudre" (que de métaphores bucoliques...)aux extrèmes : ne pas l'entendre, ne pas le contrer ne revient-il pas "à faire leur lit" ?

sébastien 10/06/2005 17:26

Alexandre,

D'accord avec toi sur la représentation parlementaire. Mais, le système idéal n'est pas évident en la matière. La représentativité parfaite, ça donne aussi la IV ème République !

Sur la diabolisation du FN, je ne partage pas totalement tes vues. Je pense que, quoi qu'il arrive et quoi qu'on dise, ce parti se présentera toujours comme une "victime" du "système" parce que cela fait partie de son fond de commerce. Et cette position de martyr ne doit nullement nous empêcher de rappeler, dès qu'on le peut, des vérités simples, à savoir que ce parti est bien l'héritier d'une pensée raciste, xénophobe et antisémite.

Raison de plus, comme le fait BHL, pour mettre en garde ceux qui adoptent aujourd'hui le même discours nauséeux de contestation systématique des "élites" et de "l'établissement".

Quant au dernier point, effectivement, on est toujours dans le débat de la campagne : peut-on ou non avoir en Europe un modèle de développement différent de ce qui se passe ailleurs. Vaste sujet !

Alexandre 10/06/2005 15:32

Merci Seb, pour cette référence à l'article de BHL, qui, pour tout te dire, m'a choqué sur plusieurs thèmes que je souhaite exposer :

1- Je trouve que pose réellement question la diabolisation systématique appelée des voeux de BHL du FN et de ses représentants : très loin de partager les opinions et thèses de ce mouvement, je ne peux toutefois m'empêcher de constater que cette stratégie d'isolement systématique et de repoussoir a conduit son leader nauséeux "prostré dans la position facile de la victime" au 2ème tour de la dernière présidentielle !
Les faits sont tétus, et ce n'est pas en les ignorant qu'ils cessent d'exister... En d'autres termes, se draper dans une dignité en ignorant la réalité du danger sans lui faire face est une stratégie menée depuis 20 ans, sans succès et même parsemée d'échecs cinglants.
Sans banaliser leur présence, ni la diaboliser (cela fait leur lit !), les représentants du FN doivent être combattus sur les idées insupportables, pas a priori sur toutes leurs opinions, car le risque de radicaliser leur electorat est de mon point de vue réel

2- Je trouve que BHL dérape d'ailleurs franchement lorsqu'il reproche aux hommes politiques "normaux" de reprendre certains arguments radicaux, notamment sur les problèmes de représentativité de notre régfime parlementaire.
Contester le fossé entre le vote des parlementaires sur le référendum (90% de Oui) versus celui des électeurs (sic), est aussi vain que déroutant, car cela ne relève pas du domaine de l'opinion, mais du fait.
Si un représentant du FN affirme que "l'herbe est verte", doit-on absolument soutenir qu'elle est en fait rouge ?
Je comprends pourtant que l'INTENTION de celui qui dénonce le manque de représentativité au parlement doit être cernée (c'est tout le problème du populisme... ce n'est pas le fait qui doit être dénoncé -il peut être vrai !-mais l'intention).
En l'espèce, l'intention probable des conbtestataires -qui est la constestation du mode de scrutin majoritaire actuel versus un mode proportionnel- ne me parait "nauséeuse" d'un strict point de vue démocratique : qu'un parti qui "pèse" 20% des électeurs n'ait aucun représentant dans l'AN ne me parait pas sain, tout tabou que soit le sujet : au long court, cela me parait même être le terreau de l'avènement de ce que l'on cherche justement à éviter...
Nier la représentativité parlementaire aux "petits partis" (parfois, pas si petits que cela...) ne revient-il pas à sacrifier l'équilobre moyen-terme à la tranquilité politique dans l'instant ? Vaste débat, mais pas aussi tranché que ne le laisse supposer BHL !

3- Dernier point d'accroche avec le papier de BHL qui est résumé dans cette citation :
"(...) les partisans du non mentir aux électeurs en faisant semblant de croire qu'il qu'il « gravait dans le marbre » des règles de commerce dont chacun sait bien qu'elles n'ont pas besoin de Constitution pour s'établir".
Affirmation hautement contestable -et surprenante de la part de BHL- expliquant que le "Consensus de Washington" (parfois appelé néo-libéralisme") est la seule théorie économique qui vaille, faite de libre concurrence, de privatisation, de libre-échange et autre équilibre budgétaire de rigueur...
Est-il besoin de préciser que cette "pensée unique économique" est dangereuse à plus d'un titre, au point que les plus grandes puissance économiques de la planète (USA, Japon, Chine...) s'assoient d'ailleurs dessus avec force !
Comment peut-on affirmer que les inscrire dans une constitution de la sorte est sans signification réelle ?

En conclusion, l'exercice ultime qui consisterait à trier les votes entre les "souverainistes honteux", les "socio-utopistes" ou les "démocrates naïfs", cela me semble relever de la revanche inutile...

Enfin, ce que j'en dis...

Salutations