Tour de soi

Publié le par sébastien

Nombreux sont ceux qui, aujourd'hui, décident d'explorer le monde.

Que ce soit à vélo en Chine, en auto-stop, en course à pied de Paris à Tokyo, ou à la rame, de plus en plus de personnes, souvent jeunes mais pas toujours, principalement originaires de pays développés occidentaux, s'organisent des périples originaux.

D'ailleurs, le commerce autour des "backpackers", les porteurs de sacs à dos, se développent comme jamais : possibilité de prendre un billet d'avion "tour du monde", hôtels spécifiquement dédiés, création, grâce à Internet, de communautés où les membres sont prêts à s'héberger les uns les autres. L'économie ne se trompe jamais : la tendance est forte et le phénomène s'amplifie.

Comment expliquer une telle frénésie de découvertes et d'exploits ?

Il y a probablement la volonté de sortir du quotidien routinier. L'aventure, c'est d'abord la rupture avec l'habitude. Le refus de la modernité qui est signe d'ennui.

Il y a aussi la volonté de se découvrir soi-même. Il n'y a plus de terres inconnues. Les seules zones d'ombre sont celles que l'on porte en nous-mêmes. De quoi sommes-nous réellement capables ? L'exploit sportif ou l'exil au loin permettent de se connaître au plus intime. Faire le tour du monde pour faire le tour de soi.

Ces désirs d'ailleurs sont donc probablement marqués par cette double volonté de découverte : celle des autres et celle de soi.

En quoi ce phénomène est, je crois, l'occasion de faire revivre la notion d'hospitalité, qui se perd bien souvent dans "les villes de grande solitude". L'hôte est celui qui reçoit. C'est aussi celui qui arrive. L'hospitalité est ce qui permet aux hommes de se retrouver pour le seul plaisir de la rencontre, d'être ensemble.

C'est pourquoi je regarde cette tendance, non pas avec la tristesse de ceux qui ne voient dans ces périples que des désirs de fuite, mais, bien plutôt comme l'occasion de rappeler que l'aventure humaine est d'abord faite de rencontres.

Publié dans Réflexions-idées

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