Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Mercredi 5 juillet 2006

Au moment où l'équipe de France s'apprête à jouer les demi-finales de la coupe du monde de football, il peut être intéressant de s'interroger sur la vague d'émotion qui submerge chaque pays, après une victoire comme après une défaite.

D'où vient que le football, qui n'est qu'un sport et un jeu, crée aussi de tels phénomènes de masse ?

Je crois qu'il y a des raisons intrinsèques à ce sport et d'autres qui le dépassent :

1) Parmi les raisons intrinsèques, il y a la simplicité des règles. Deux équipes, un ballon, deux buts. L'objectif est clair. Et le jeu est universel. Partout, quelles que soient les cultures, on s'amuse avec des objets ronds qu'on essaie de faire avancer, par jeu.

Autre raison d'un succès : l'universalité des règles. Un même langage pour tous. Et, à ceux qui considèrent que cette compétition n'est qu'un substitut à la guerre, il faut préciser qu'ici, à la différence d'un champ de bataille, il y a un arbitre et des règles. La violence est contenue. Canalisée.

Et puis, autre raison de son succès, la pratique de ce sport n'implique pas de physique particulier, à la différence du rugby ou, surtout, du basket. Chacun peut se faire remarquer, avec ses propres atouts, qu'il soit rapide, puissant ou malin.

Un jeu universel et des règles communes. Pas étonnant dès lors que le football soit le sport mondialisé par excellence.

2) Mais, cela ne suffit pas pour expliquer les phénomènes de communion que l'on observe partout. Il y faut aussi des explications qui dépassent le strict cadre du jeu.

C'est là qu'intervient la machine économique. Conscients que le produit est alléchant, parce qu'il est mondial, marques et médias entretiennent le phénomène et développent à force de messages l'intérêt de l'opinion pour le produit.

Mais, au-delà, le football satisfait un besoin : le désir de communion. Il ne s'agit pas seulement de voir les matchs, il faut aussi les voir avec les autres. Les fêter avec les autres. On va au stade comme on va à l'église, pour être ensemble. Désir de communion d'autant plus recherché que tout pousse à l'individualisme, et que donc chacun sait de plus en plus rares ces moments où l'on ne fait qu'un avec les autres.

La communion opère parce qu'il existe une croyance partagée. Croyance en la victoire, en un potentiel triomphe.  Il y a communion lorsqu'il y a foi en un tiers qui fait consensus. Pas de meilleur consensus que la victoire. Ou même l'échec. Communion dans les larmes de joie, comme dans les pleurs de défaite. Mais communion parce que partage d'une même émotion.

Mais tout cela ne peut pas durer. Lorsque le tiers consensuel s'éloigne, la communion s'évanouit. La communion ne dure que le temps où la victoire produit encore ses effets. La communion est le temps de l'émotion. Quand cela cesse, quand la croyance en ce tiers consensuel s'évanouit, on passe de la communion, où l'on n'est qu'un, à la communication où l'on est plusieurs.  Revient le temps des 60 millions de sélectionneurs !

Voilà pourquoi le phénomène "black blanc beur" peut difficilement durer. Parce qu'il est de l'ordre de la communion, c'est-à-dire de l'émotion, du temps limité. Phénomène qui ne peut durer plus que ne durent les effets de la victoire.

"Le football est ma religion, le stade du Borussia mon église".

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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