L'élargissement, un an après

Publié le par sébastien

Le 1er mai 2004, 10 nouveaux pays faisaient leur entrée dans l'Union.

Des craintes s'exprimaient à leur endroit : des migrations massives étaient à prévoir, le marché intérieur serait déstabilisé par l'introduction de produits aux normes de qualité forcément inférieures, les 15 ne pourraient faire face aux conditions de production plus souples des 10 nouveaux.

Un an après, qu'en est-il ?

Le "grand exode" n'a pas eu lieu, y compris vers les pays où aucune transition n'était programmée (Angleterre, Irlande, Suède).

Aucune des 3 clauses de sauvegarde (pour perturbations d'un secteur de l'économie, dysfonctionnement du marché intérieur ou manquement à la coopération judiciaire et policière) n'a dû être mise en jeu.

Les chiffres présentent en outre un enrichissement mutuel :

- pour les 10 nouveaux :

* une croissance de 5% en 2004, contre 3,7% en 2003

* une prévision de croissance de 4% en 2005, soit le double de celle estimée pour les 15.

* une opinion davantage acquise à la construction européenne qu'un an plus tôt.

- pour les 15 :

* l'augmentation des exportations à forte valeur ajoutée.

* un investissement chez les nouveaux entrants de 13,8 milliards d'euros, contre 7 milliards en 2003.

* des entreprises davantage implantées, qui tirent partie de cette ouverture.

- pour la France :

* 3ème investisseur de la région (1er en Pologne et 1er en Roumanie)

* des exportations qui ont quadruplé depuis 10 ans.

* 130 000 emplois induits pour le pays (Source : ministère des finances).

Ainsi, l'élargissement fonctionne, ce qui renforce la capacité d'attraction de l'Union :

- le président ukrainien, à peine avait-il endossé son nouveau costume, qu'il précisait que l'intégration à l'Union constituait un objectif fondamental de son mandat ;

- le président moldave n'a dû sa réélection que parce qu'il affirmait, contre la logique de son parcours jusqu'alors, que l'Europe était un véritable projet d'avenir pour son pays ;

- le président géorgien ne fait plus un discours officiel sans le drapeau européen derrière lui.

Au moment où l'on parle beaucoup de délocalisations et de "plombiers polonais", il est important, je crois, d'avoir ces chiffres à l'esprit. De confronter la réalité d'aujourd'hui aux peurs d'hier. Et, une fois n'est pas coutume, de saluer le travail de ces "technocrates", dont il est paraît-il justifié de dire le plus grand mal, mais qui sont pourtant les artisans de cette réunification du continent.

Fantasmes d'hier et vérités d'aujourd'hui. Fantasmes d'aujourd'hui ...

Publié dans Politique-Europe

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