Partisans du oui, un défi à relever !

Publié le par sébastien

Michel-Edouard Leclerc nous propose sur son site un papier "à la manière de Jean de La Fontaine" de William Abitbol, partisan du non à la constitution.

Quoi qu'on puisse en penser sur le fond, il faut lui reconnaître beaucoup de talent. Partisans du oui, à vos plumes, voilà un défi de taille qu'il faut relever !

Les animaux et la Constitution

Quinze grands-ducs s’ennuyaient. Sans penser à malice,
Ils en convièrent dix autres à faire une grande Suisse.
Les nouveaux invités ne se le firent pas dire
Et voulurent aussitôt leur morceau de l’Empire.
Las ! De morceau ou d’Empire, il n’y en avait plus guère
Et ce qui prospérait c’était bien la misère
Le labeur désertait les champs comme les villes,
L’argent devenait rare et de plus en plus vil.
L’Empire faisait pitié, devenu famélique
Tandis que s’engraissaient la Chine et l’Amérique
Personne ne comprenait.
Ne s’était-on doté de la même monnaie
L’euro, qui rayonnait du Tage à la Baltique
Répandant ses bienfaits jusqu’à l’Adriatique ?
Et d’avoir sur le Main
Un bel aréopage
Pour veiller sur nos gains
N’était-ce pas plus sage
Que de laisser chacun
Libre de son usage ?
Il y eut conciliabule.
On y vint de partout et même d’Istanbul.
Pour mener le débat, on prit un vieux babouin
Qui depuis vingt cinq ans s’ennuyait dans son coin.
Un Aigle, c’est bien le moins, eut l’idée qui fit mouche
Ce fut un mot magique qui sortit de sa bouche.
« Constitution » dit-il. Aussitôt effacés
Furent tous les soucis jusqu’alors ressassés.
« Constitution, bien sûr, ne l’ai -je toujours dit »
Se rengorgea le Coq. Même le Lion s’y rendit.
On se congratula munis d’un tel viatique,
Où tout était prévu y compris la musique
Chacun rentra chez soi répandre la nouvelle.
Les marquis en tous lieux célébraient la libelle
Dansaient sur les estrades, trônaient dans les gazettes.
On conviât les manants à être de la fête.
« Ma foi dit le Lapin., mais où est ma luzerne ? »
Il vous faut sur ce point éclairer ma lanterne.
« Constitution ? fort bien » avança le Renard,
« Mais qui me fournira les poules et le canard ? »
Là haut on s’esbaudit devant tant d’ignorance.
« Les pauvres, se dit-on, se croient toujours en France.
Nous traitons en ce lieu d’une Constitution
Et non point de leurs maux la moindre solution. »
On fit venir l’Agneau, réputé plus docile
Qui plutôt que loups choisit les imbéciles
Les grenouilles jurèrent ne plus vouloir de grue,
Le corbeau rappela qu’on ne l’y prendrait plus.

La question appartient à celui qui la pose
La réponse, bien souvent, à ceux qui s’y opposent.

Jean de la Fontaine
Pcc William Abitbol

1ère tentative de réponse :

Comme des enfants qui refuseraient de grandir
Devant ce qu'ils considéraient comme un affreux sabir
A leurs yeux, nul comportement plus responsable
Que celui, paraît-il courageux, de rejeter les nouvelles Tables.

L'entreprise leur paraissait folle, on leur rejouait le coup des Espagnols !
Cette fois, il y aurait plus qu'une simple réclamation,
La facteur, rouge de colère, en appellerait à la Révolution !

Et puisque dans tout duel, seul le résultat compte,
On mélangerait allègrement le réel et le conte,
Surtout, ne pas séparer le bon grain de l'ivraie
Puisque la victoire est à ce prix,
Craindre les lendemains, plutôt que dire vrai
Tuer les espoirs, pour mieux conquérir Paris !

Publié dans Politique-Europe

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Didier 02/05/2005 10:10

J'ai publié la version finale retravaillée sur mon blog ce matin

http://jesuisininadapte.blogspirit.com/archive/2005/05/02/constitution_europeenne_dire_oui_quinzieme.html

Didier 27/04/2005 10:21

Tentative :

Les animaux et la Constitution

Dans une grande et belle ferme et dans un beau pays
Une basse cour enfin jouissait d’une accalmie.
Depuis combien de temps, par le diable tiraillé,
Cette basse cour là ne s’était déchirée ?
On l’a coupa en deux, brisant son équilibre,
Mais le temps fit son œuvre et l’Union allait vivre
Tous avaient compris, par les malheurs vécus,
Que rien désormais ne la séparerait plus.
On se mit alors à penser au futur
L’harmonie et la joie, choses infiniment pures,
Etaient dans le programme, faisons que cela dure.

Chacun dans cet espace avait sa vérité.
D’un coq prétentieux au dindon effacé
A la poule criarde au canard affamé.
Il fallait tous ensemble construire cet avenir
Car renards et loups rodaient, cela était le pire.

On décida de règles bien équilibrées
Qui de chacun gardaient la propre identité
C’était une première et chacun le savait
Cette basse cour là d’exemple servirait

On brisa toutes les chaînes, donnant la Liberté
A chacun d’aller à l’endroit désiré
On se fixa comme règle, et c’est là nouveauté,
De vivre tous ensemble en Solidarité.
Les plus faibles attendaient protection des plus forts
Les plus forts demandaient aux plus faibles des efforts
Chacun avait compris que dans son intérêt
Cette Union devait vivre avec tous ses attraits.

Certes comme il va dans chaque expérience
Rien n’était parfait, mais c’est là une chance
Car s’améliorer et quoique l’on en pense,
Est un but sacré dans chaque existence.