Pourquoi aime-ton son pays ?

Publié le par sébastien

Vu hier sur Arte un reportage sur le championnat de football des favelas au Brésil.

Le reportage est terrible : il semble que les jeunes des favelas n'aient guère le choix. Soit ils réussissent dans le football, en se faisant remarquer dans ce championnat, soit ils rejoindront les gangs des favelas, avec la mort pour compagnie intime.

Devant ce terrible destin qu'il leur est proposé, on pourrait attendre de ces jeunes un grand désamour vis-à-vis du pays dans lequel ils ont grandi et qui ne leur apporte ni la sécurité, ni l'éducation, ni la santé.

Au lieu de cela, j'ai remarqué, ce qui m'a surpris, que ces jeunes portaient des boucles d'oreilles aux couleurs du Brésil.

Quelle différence avec ce qui se passe chez nous ! Là-bas on souffre et porte fièrement le jaune et le vert. Ici, où les conditions de vie sont malgré tout moins dramatiques, le patriotisme est un brin regard. La haine de la France se nourrit des inégalités sociales.

Dès lors, pourquoi aime-t-on réellement son pays ?

Petite tentative d'explication qui vaut ce qu'elle vaut :

- le Brésil a des valeurs identitaires - la fête, le métissage, l'importance de la famille - qui dépassent finalement les aléas de la politique : celle-ci peut être désolante, elle n'est pas finalement constitutive de l'âme brésilienne. Dès lors, déplorer cette politique n'est pas détester le drapeau. L'une ne se confond pas avec l'autre ;

- en France, en revanche, la passion du débat politique, et l'idée que celle-ci peut tout changer, sont ancrées dans l'identité française. La France moderne s'est construite sur des valeurs essentiellement politiques : la liberté, l'égalité, la fraternité. Dès lors, la politique n'est pas rien ; elle est, au contraire, l'instrument par lequel les valeurs qui fondent l'identité française seront ou non réellement mises en oeuvre. Si bien que la politique se confond, ici, avec le drapeau.

Quelle autre explication, selon vous, à l'amour du pays là-bas, malgré l'inconséquence de la politique qu'on y mène, et le faible patriotisme, ici-même, pour des conditions de vie pourtant moins catastrophiques ?

Publié dans Réflexions-idées

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