Constitution : l'avis de Delors

Publié le par sébastien

Le 9 avril dernier, Jacques Delors, l'ancien Président de la Commission européenne, a fait part de son avis sur le projet de constitution lors d'une rencontre organisée par le Mouvement Européen-France.

Dans son intervention, Jacques Delors fait part de deux regrets :

1) que l'équilibre entre le monétaire et l'économique ne soit pas assuré ;

2) que la partie III sur les politiques de l'Union ait été intégrée au traité ou, qu'à défaut, elles ne fassent pas l'objet d'un mode de révision plus souple.

Hormis ces réserves, Delors invite naturellement à approuver le projet.

En particulier, il s'oppose à l'argument social défendu par le camp du non :

1) le traité n'est ni libéral ni socialiste. C'est un cadre d'action ;

2) les politiques sociales restent de compétence nationale ;

3) c'est le développement économique qui assurera le relèvement des minimas sociaux, et non l'inverse ;

4) l'Europe fait plus qu'on ne le dit en matière sociale : il évoque les politiques structurelles dont la France bénéficie pour une large part.

Parmi les points positifs du projet, Delors note notamment qu'il clarifie l'organisation des pouvoirs, permet grâce aux coopérations renforcées de répondre au défi de l'élargissement, et propose des avancées dans plusieurs domaines, par exemple en matière de coopération judiciaire et policière.

Dans sa conclusion, Delors se veut plus solennel. Il rappelle que l'histoire de la construction européenne est ancienne, qu'elle s'est fondée sur des idéaux de paix et de liberté et que, dans cette perspective, le vote du 29 mai ne saurait se réduire à un vote d'humeur sur des conditions de vie actuelle.

En somme, Delors nous invite à voir plus loin, derrière nous et devant nous.

Publié dans Politique-Europe

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