Les communistes existent, j'en ai vu !

Publié le par sébastien

Je prenais tranquillement un café, ce dimanche, place du Châtelet. Un oeil sur les passants, un autre sur le journal, lorsque deux jeunes étudiants vinrent me faire la réclame de ce que je croyais définitivement hypothéqué par l'Histoire : le Communisme.

Ils étaient dans le quartier afin de rameuter les foules contre le CNE et le CPE, en vue de la prochaine manifestation.

Je les soupçonne d'avoir mis un peu de "charbon dans la chaudière" à la fois pour se donner du coeur à l'ouvrage et vaincre le froid qui, hier, était de mauvaise compagnie, y compris pour les prosélytes les plus convaincus de la pensée marxiste. L'effet de désinhibition aidant, ils m'adressèrent la parole dès leur entrée, me demandant si j'allais faire grève ou bien si l'on discutait, là où je travaille, du démantèlement du Code du Travail opéré par la dictature bourgeoise.

Je leur répondis, par politesse et sur le ton le plus neutre possible, que j'estimais honnête de laisser leur chance à ces nouveaux contrats et qu'il serait toujours temps le jour venu d'en faire une juste évaluation.

La réponse, bien entendu, ne les convainquit pas. Ils repartirent de plus belle dans leurs diatribes apprises par coeur, firent assaut de concepts et de références au terme desquels on ne pouvait conclure qu'à l'inéluctable résurrection bienfaitrice du communisme et de la dictature du prolétariat.

Je leur demandais s'ils pouvaient m'expliquer pourquoi l'expérience communiste fut toujours prolongée par la dictature politique, en quoi le monopole de l'Etat sur l'activité marchande créerait plus de richesse que la propriété privée et, pour finir, si j'aurais la tête sauvée s'ils devaient arriver au pouvoir, dans la mesure où, bien qu'indubitablement membre de la classe bourgeoise dictatoriale, ma mère demeure cependant de la classe prolétarienne la plus pure puisqu'ouvrière en chaussures à moins de mille euros net par mois, après 40 ans de bons et loyaux services.

Je n'ai pas la prétention d'avoir instillé le doute dans leurs cerveaux si réceptifs à la critique ! D'ailleurs, je n'ai pas eu d'assurance quant à la sauvegarde de ma propre tête.

Voilà, ils ont une vingtaine d'année, étudiants en sociologie, mathématiques et physiques. Ils auraient peut-être dû s'inscrire au module "Histoire du XXème siècle" ! Ils semblent convaincus de leur propos, en tout cas au point de distribuer des prospectus un dimanche après-midi place du Châtelet. Qu'on se le dise : le fanatisme rouge n'est pas mort !

Publié dans my life

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