Longue vie au "Canard" !

Publié le par sébastien

La dernière livraison du "Canard Enchaîné" révèle un nouveau scoop qui pourrait enrichir mon précédent article sur "la République des copains".

Il s'agit de la liste de privilégiés qui, bien qu'ayant été flashés par les radars automatiques, ont vu, à leur demande, leurs contraventions retirées.

Sont citées des ambassades : chine, maroc, russie, ...

Mais, aussi, des journalistes.

Quelle plus belle preuve de la collusion médiatico-politique ! De la communion d'intérêts qui peut unir ces deux mondes. En t'accordant tel privilège, promets-moi de taire telle info ou au contraire de révéler avec bienveillance celle-ci ...

Quelle confiance, dans ces conditions, accorder à l'information ? Comment ne pas croire qu'elle sera volontairement orientée selon les bénéfices que le journaliste pourra en retirer par ailleurs ?

Cette collusion n'explique-t-elle pas des épisodes passés : comment expliquer, par exemple, qu'aucun journal n'ait cru bon de révéler que la famille cachée d'un président était hébergée (et plutôt classieusement) aux frais de la République ?

Et, loin de ne voir ici que des épisodes anecdotiques qui concerneraient une minorité d'inconséquents, comment ne pas craindre un dysfonctionnement plus profond dès lors que les rares révélations dont l'opinion a connaissance ne sont le fait que d'un seul journal ?

A partager ainsi les faveurs du pouvoir, plutôt que de se limiter à l'observer, la presse ne voit-elle pas, ce faisant, qu'elle discrédite toute une profession ?

Une attitude qui explique la perte de confiance des Français vis-à-vis des médias. Ce qui conduit à deux mouvements, l'un négatif, l'autre positif :

- négatif, lorsque certains ont tendance à penser qu'on leur "cache" quelque chose. Pour eux, la vérité est alors ce qu'on ne leur dit pas. Voilà qui nourrit toutes les théories du complot, lesquelles deviennent à présent un genre littéraire en tant que tel, avec beaucoup de succès.

- positif, lorsque certains veulent chercher l'info ou la divulguer "à la place" de ceux dont c'est le métier. Une nouvelle forme de journalisme se déploie. Le succès des blogs peut s'expliquer ainsi : l'absence de filtre est le gage d'une information de qualité, "du producteur au consommateur".

Collusion, attention danger ! Comment ne pas entretenir de cette façon l'idée du "tous pourris" avec ses improbables conséquences ?

Publié dans Réflexions-idées

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