Bayrou, comique malgré lui

Publié le par sébastien

Le premier vrai débat sur le projet de traité constitutionnel à la télévision s'est tenu cette semaine dans l'émission "culture et dépendances" de Franz-Olivier Giesbert sur France 3.

A ma gauche, François Bayrou, pour un "oui fervent", Hubert Védrine, pour un "oui de raison", Jean-Louis Bourlanges, pour un "oui malgré tout".

A ma droite, Jacques Généreux, pour un "non social", William Abitbol, pour un "non national".

En arbitre des élégances, Joachim Bitterlich, ancien conseiller d'Helmut Kohl, qui se refuse à s'immiscer dans le débat franco-français, mais enfin, puisqu'on le lui demande, il dirait bien oui quand même.

Au milieu de la scène, tiraillée par ses propres contradictions, Pervenche Beres, qui dit oui quand elle est à la Convention et qui dit non quand elle est au Parti socialiste. Ce n'est pas le premier politique qui dit oui quand il est à Bruxelles et non quand il est à Paris. Mais là il fallait quand même oser le grand écart ! Quel choix cornélien fera-t-elle le jour venu ? "Cela ne regarde que moi". Voilà qui fait avancer le schmilblick !

Que retenir de cette première confrontation ?

Eh bien, que le projet n'emballe décidément personne !

On s'en doutait évidemment pour ceux qui prônent le non.

Mais, plus curieusement, c'est aussi le cas pour ceux qui plaident pour le oui. Il faut voter ce texte, "faute de mieux", "parce que c'est la photo du rapport de forces actuel", parce que la "crise salutaire est une vue de l'esprit". Et VGE, finalement, de conclure magistralement : on ne peut que voter oui puisque "voter non, ce serait pire". Question vote par défaut, difficile de faire mieux !

Reste la merveilleuse exception Bayrou, qui essaie de se convaincre que ce projet, "c'est formidable".  Bayrou, en apôtre de la méthode Coué.

Le "hic", c'est lorsqu'on lui demande quelle serait la disposition du texte qui finirait de convaincre les plus réticents de voter oui, il nous sort, après réflexion, "eh bien, pour la première fois, les citoyens européens auront le droit de pétition"!

Rires étouffés dans l'assistance. Voilà l'argument-massue enfin révélé : citoyens européens, désormais, grâce à la constitution, vous pourrez pétitionner ! Nous voilà sauvés !

Bayrou, comique malgré lui !

Publié dans Politique-Europe

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