Le crépuscule des petits dieux

Publié le par sébastien

Lu récemment  "le crépuscule des petits dieux" d'Alain Minc.

Alain Minc considère, sans le déplorer ni s'en enthousiasmer, que le paysage des élites en France est en train de se modifier. Auparavant, l'élite était celle qui avait un diplôme de grande école, ou qui pouvait s'appuyer sur un réseau familial et amical, facteur de cooptation. Désormais, la capacité d'intervention de cette élite est limitée à la fois par la mondialisation et par la décentralisation. Elle est affectée de surcroît par la montée en puissance du juge, des médias et de l'opinion. Une nouvelle élite se dégage, "l'élite de notoriété", celle qui est faite et défaite par les sondages, les journalistes ou l'opinion. Une élite, à la différence de l'autre, qui est instable, sans cesse renouvelée.

L'analyse de Minc est intéressante, particulièrement lorsqu'il décrit ce qu'il nomme "l'hyper démocratie", cette démocratie d'opinion, de sondages, de quêtes du scoop. On devine là toutes les dérives qui sont à l'oeuvre. Il n'y a pas de véritable démocratie sans la présence de corps intermédiaires qui permettent de fabriquer du consensus. L'appel au peuple devient vite du populisme. L'hyper démocratie annonce alors les pires dangers.

En revanche, je ne partage pas son opinion selon laquelle l'élite d'hier serait amenée à disparaître à petits feux. Les champions nationaux sont toujours dirigés par les diplômés des grandes écoles. L'influence des réseaux d'anciens est toujours condidérable. Je me demande si ce que Minc conçoit comme une crise des élites n'est pas plutôt une crise du politique.

Enfin, il me semble accorder trop d'importance à cette "élite de notoriété". Bien sûr de nouvelles têtes émergent sans cesse. Mais, justement, le caractère éphémère de ces nouvelles élites cathodiques n'est-elle pas la démonstration, a contrario, qu'elles sont les marionnettes d'intérêts qui les dépassent ?

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sebastien 31/01/2006 19:40

Jean-yves, tu as raison, l'élite politique est très stable en France. Mais cela peut changer. Le "phénomène" Ségolène Royal se comprend, aussi je crois, comme une forte demande de changement de la part de l'opinion.
Ramos, 1789 a aussi été suivie de 1793 et la Terreur. Les tyrans ne sont pas toujours ceux que l'on croit ...

Ramos 27/01/2006 23:28

Ce sont toujours les mêmes gens issus des mêmes cercles qui reviennent, pas de changement  sans coup de pied dans la fourmilière et encore.....Tout le monde est assuré que 1789 fut une révolution, est-ce la réalité ? Les tyrans sont toujours là, les impôts encore plus lourds....

Jean-Yves 27/01/2006 16:01

J'ai l'impression que l'élite "politique" fonctionne toujours avec les mêmes : que sera-t-elle dans  une génération alors que celle présente aura disparu ?
Par contre l'élite "économique" elle, se maintiendra, ne serait-ce que par l'importance des réseaux.