Mitterrand, plus grand président de la Vème ?

Publié le par sébastien

Un nouveau sondage ce matin dans Libération qui propose aux Français de classer les Présidents de la Vème République.

Mitterrand arrive en tête devançant De Gaulle, Chirac, Pompidou et Giscard.

Curieux résultat. Je me souviens que De Gaulle il y a peu, avait été classé " plus grand homme français de tous les temps " et Mitterrand arrivait loin derrière.

Sondage biaisé. Les jeunes, qui ont été interrogés, choisissent Mitterrand parce qu'ils ne connaissent que Mitterrand !

L'absurdité de la consultation devient évidente quand on va dans le détail : Chirac devance Mitterrand pour ce qui concerne la construction européenne et Mitterrand devance Chirac pour ce qui concerne la lutte contre le chômage ! Alors que l'Europe a connu un nouvel élan sous Mitterrand et que, à regarder les chiffres, Chirac a mieux fait contre le chômage - avec l'aide de Jospin ! - que Mitterrand.

Bref, le sondage reflète une perception et nous éloigne de la réalité. L’opinion s’attarde plus vraisemblablement sur l’écume de l’actualité que sur les enseignements de l'Histoire.

Si l'on doit à Mitterrand une saine libéralisation des moeurs, ce qui constitue une formidable avancée par rapport au règne gaulliste, on ne peut passer sous silence son absence d'intérêt pour les questions économiques et sociales - ce que montre Jacques Attali dans "C'était Mitterrand" - pas plus que l'on ne peut accepter son utilisation de l'appareil d'Etat à des fins strictement personnelles.

Mitterrand avait de l’ambition pour lui-même, préoccupé en toute chose par la marque qu’il allait laisser dans l'Histoire. Les grands travaux et l’ambition européenne participent ainsi d'une même volonté : laisser son empreinte.

On ne laisse pas de trace en s’attaquant au chômage, ou en s’attardant sur les questions sociales. On en laisse une, en revanche, quand on construit de nouveaux édifices ou que l’on crée une nouvelle monnaie.

Politique admirable, lorsque les avancées historiques sont au service de la société. Politique détestable quand cette seule ambition de la " trace " s’éloigne des préoccupations quotidiennes des Français.

En somme, De Gaulle pensait d'abord à la place de la France quand Mitterrand ne s'intéressait en premier lieu qu'à la sienne, pour le meilleur, souvent, et pour le pire, parfois.

Publié dans Réflexions-idées

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Largo 07/01/2006 13:07

Très bonne ton analyse sur Mitterrand!