Réflexions sur les émeutes

Publié le par sébastien

1) Au départ, il y a les mots d'un ministre, perçus comme une provocation, qui appellent au défi. Il y a un évènement malheureux, la mort de deux adolescents dans un transformateur, qui sert de prétexte. Et il y a les images de la télévision qui poussent à la surenchère.

Mais, pour durer, le mouvement doit se penser, devenir politique, avoir un message à proposer. Il faut passer du nihilisme, où l'on ne revendique rien d'autre que le droit de s'amuser, au militantisme, qui fait que l'on est pris au sérieux. Vient alors le discours sur le malaise des banlieues et les discriminations. Sortir du jeu pour s'exonérer. Se poser en victime pour justifier l'injustifiable.

Alors prêts à avaler n'importe quel concept pour appuyer la cause, les émeutiers prennent au vol toutes les idées qui leur passent sous le nez : on parle à l'étranger de guerre civile et de conflits identitaires ? Qu'à cela ne tienne, on brûlera aussi des églises. Quand les actes sont à la remorque des idées les plus bêtes. L'idée même de la prophétie auto-réalisatrice.

2) Le silence de Chirac : "la maison brûle et il regarde ailleurs !". Positionnement tactique : ne pas intervenir trop tôt de peur que ses mots ne pèsent pas. Ne le faire que lorsqu'il aura l'assurance que la partie est déjà presque gagnée.

3) L'étranger qui parle de "guerre civile" : à quoi servent les ambassadeurs et les services diplomatiques ? L'occasion pour les Anglais de valoriser son modèle d'intégration sur le nôtre, pour les Américains de nous donner une leçon, pour les Russes de parler du risque islamiste. Chacun y voit le moyen de défendre ses propres intérêts, fût-ce, bien sûr, au détriment de la vérité.

4) Mai 68 ? Rien à voir. C'était alors le combat des élites pour une libéralisation des moeurs. Une jacquerie des beaux quartiers. Tout le contraire d'aujourd'hui.

5) L'UOIF qui propose une fatwa. Et s'ils en appelaient simplement au respect de la loi ? Preuve qu'en ce qui les concerne tout est bon pour faire prévaloir la loi religieuse sur la loi républicaine. Tout, en la circonstance, sauf des alliés de la République.

Publié dans Politique-France

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Wan 21/11/2005 10:50

Je lu votre article et je n'aime pas beaucoup les mélanges d'analyse qui s'y glisse: Oui au début il y des paroles de Ministre, mais la mort des deux jeunesn'est pas "malheureuse" mais dramatique! Je ne pense pas que les jeunes de banlieues se sont posés en victime pour justifier l'injustifiable. Je pense qu'ils expriment un malaise d'une façon inadmissible certe, mais cela explose de ces lieus de la meme façon qu'ils y vivent. J'explique. Sans barrières, sans repères, les jeunes réagissent comme ils le font toujours excessivement. On a vu il y a des années des jeunes jetter des pierres sur des bureaux d'animateurs sociaux parce qu'ils ne pouvaient les emmener en vacances à la neige... Tout est excessif dans la violence.
J'ai une étrange impression malheureusement dans ce triste passage, une impression de politisation et de manipulation totale: Et si le Ministre n'avait rien dit, et si les caméras n'avaent pas été là et si on en avait pas remis une couche en visitant les banlieues, et pourquoi trois mois d'état d'urgence????? Tout cela pour gaganer 10 points dans les sondages???? peut être, tout cela pour imposer qq chose de plus dure : un début de diabolisation de l'étranger, une réflexion sur l'extradition, un état de zéro tolérence, un sorte de super ministre, peut être...
Juste une question que fait Dominique de Villepin dans cette histoire, présent comme médiateur quand les familles des victimes ne souhaitent même pas voir le ministre de l'intérieur (gros soucis tout de même là non??? peut exprimé dans la presse et encore moins étudié dans les médias).
voilà ce que j'en pense, quand à votre chapitre sur les ambassades, je suis encore une fois en désaccord avec vous. Elles n'ont pas fonction de communiquée sur les politiques intérieures de ler Pays mais de travailler à la politique extérieure et aux contacts des expat dans les pays d'implantations, à la diffusion de la culture française et aux relations diplomatiques. C'est au Ministère des affaires interieures de communiquer aupres des organismes de presse internationnales et des ambassades étrangères à Paris pour donner les éléments nécéssaires à la lecture des émeutes.