Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Lundi 18 septembre 2006

Royal était l'invitée la semaine dernière de RTL où, durant une demi heure, elle a répondu aux questions des auditeurs.

L'un d'entre eux lui a demandé sa position à l'égard du mariage homo.

Il est vrai qu'une clarification s'impose. Longtemps, elle s'est opposée au mariage homo en raison de ses convictions sur la famille. Puis, plus récemment, elle s'est montrée plus ouverte, rappelant que le mariage gay et l'homoparentalité étaient dans le projet socialiste. Qu'en est-il de sa position aujourd'hui ?

Sur cette question, comme sur d'autres sujets, le discours de Royal n'est pas clair, car il vise à rassembler le plus large possible.

A l'auditeur qui lui posait la question, elle a dit, certes, qu'elle faisait sien le projet socialiste, donc le mariage gay et l'homoparentalité. Mais d'ajouter aussitôt qu'il ne fallait heurter aucune conscience et qu'il fallait prendre le temps de convaincre les sceptiques.

Cette position est confuse et, par conséquent, dangereuse. Ce n'est pas un sujet où l'on convaincra tout le monde. Comme pour la peine de mort, c'est un sujet qui fait d'abord appel à une conviction : l'égalité des droits quelle que soit son orientation sexuelle. A cette conviction s'oppose une autre conviction : la supériorité du modèle familial "classique". Réconcilier les deux, c'est faire le pari du mariage entre la carpe et le lapin.

En posant des conditions à la mise en oeuvre du mariage gay et à l'homoparentalité, Royal prépare le terrain d'une retraite en basse campagne devant les lobbys qui s'y opposent. Elle laisse la porte ouverte soit au renoncement, dès lors qu'elle considèrera valables les oppositions des traditionnalistes, soit au mariage light, tel que proposé par Sarkozy, qui prendra la forme d'un PACS amélioré.

Je prends le pari que si Royal est élue, le mariage gay ne sera pas parmi ses premières réformes, il sera surtout renvoyé aux calendes grecques. Tout dans son discours, fait de circonvolutions et de mises en garde, amène à le craindre.

par sébastien publié dans : Politique-France
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Samedi 16 septembre 2006

D'Espagne ou j'ecris aujourd'hui ce papier (ce qui explique les problemes d'accent), j'apprends que le gouvernement espagnol va punir de severes amendes les parents dont les enfants mineurs achetent de l'alcool. On considere qu'il est temps de lutter contre les exces de beuverie des jeunes. C'est devenu un probleme de sante publique.

Le diagnostic est le meme partout en Europe : les jeunes boivent plus et se droguent plus que par le passe. Partout le meme constat et les memes reponses : plus de severite et de prevention.

Je comprends que l'on s'inquiete de cette question.

Pourtant, nulle part je ne trouve d'explication a ce phenomene. On a des chiffres et des plans pour les faire diminuer mais, nulle part, on nous explique pourquoi on en est la. Pourquoi tant de jeunes decident-ils de se mettre la tete a l'envers ?

Et pour cause, s'interroger sur ce phenomene, ce serait s'interroger sur notre societe elle meme, sur son projet collectif. Or, observer de telles extremites oblige a reconnaitre que notre societe, qui recherche partout la plus grande efficacite, qui est une promesse de competition permanente, cette societe n'a rien a proposer de confortable pour ceux qui vont y entrer. Peut-on avouer cela ? Il vaut mieux dans ces conditions parler du probleme et de ses solutions que de s'interroger sur ses causes.

Les adultes stressent et les enfants trinquent !

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mardi 5 septembre 2006

Nombreux sont ceux qui, aujourd'hui, décident d'explorer le monde.

Que ce soit à vélo en Chine, en auto-stop, en course à pied de Paris à Tokyo, ou à la rame, de plus en plus de personnes, souvent jeunes mais pas toujours, principalement originaires de pays développés occidentaux, s'organisent des périples originaux.

D'ailleurs, le commerce autour des "backpackers", les porteurs de sacs à dos, se développent comme jamais : possibilité de prendre un billet d'avion "tour du monde", hôtels spécifiquement dédiés, création, grâce à Internet, de communautés où les membres sont prêts à s'héberger les uns les autres. L'économie ne se trompe jamais : la tendance est forte et le phénomène s'amplifie.

Comment expliquer une telle frénésie de découvertes et d'exploits ?

Il y a probablement la volonté de sortir du quotidien routinier. L'aventure, c'est d'abord la rupture avec l'habitude. Le refus de la modernité qui est signe d'ennui.

Il y a aussi la volonté de se découvrir soi-même. Il n'y a plus de terres inconnues. Les seules zones d'ombre sont celles que l'on porte en nous-mêmes. De quoi sommes-nous réellement capables ? L'exploit sportif ou l'exil au loin permettent de se connaître au plus intime. Faire le tour du monde pour faire le tour de soi.

Ces désirs d'ailleurs sont donc probablement marqués par cette double volonté de découverte : celle des autres et celle de soi.

En quoi ce phénomène est, je crois, l'occasion de faire revivre la notion d'hospitalité, qui se perd bien souvent dans "les villes de grande solitude". L'hôte est celui qui reçoit. C'est aussi celui qui arrive. L'hospitalité est ce qui permet aux hommes de se retrouver pour le seul plaisir de la rencontre, d'être ensemble.

C'est pourquoi je regarde cette tendance, non pas avec la tristesse de ceux qui ne voient dans ces périples que des désirs de fuite, mais, bien plutôt comme l'occasion de rappeler que l'aventure humaine est d'abord faite de rencontres.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Lundi 4 septembre 2006

La position exprimée par Sarkozy ce weekend est l'occasion pour moi de rappeler les raisons pour lesquelles je suis favorable au mariage gay et à l'adoption par les couples homosexuels :

1) Le mariage homosexuel ouvre de nouveaux droits pour certains, il n’en supprime pour personne. L’intérêt général n’est-il pas que chacun puisse organiser sa vie privée sans tracas, dès lors qu’elle demeure respectueuse des principes qui construisent notre " vivre-ensemble " ? Et, en quoi l’amour consenti par deux partenaires, serait-il contraire à ces valeurs ? Ce n’est pas dans l’intérêt de la société que de voir une catégorie de nos concitoyens traités différemment parce que leur amour n’est pas majoritaire. Au contraire, leur défiance vis-à-vis des structures qui organisent la société ne s’en trouvera-t-elle pas renforcée et, dès lors, la " crise des institutions " aggravée ? Et, ne faut-il pas craindre, en rejetant ainsi le droit à l’indifférence revendiqué par les défenseurs du mariage homosexuel, de renforcer les tenants du communautarisme ?

2) La question de l’adoption et, plus généralement, de la filiation pour les couples homosexuels. Mariage et adoption sont, en vérité, deux sujets distincts : on peut autoriser l’un et interdire l’autre. Par ailleurs, nombre de couples aujourd’hui ont des enfants hors mariage, nombre d’enfants vivent dans des familles recomposées ou monoparentales et nombre d’homosexuels, enfin, adoptent déjà en " jouant " les célibataires, de sorte que les liens entre mariage et filiation sont désormais distendus, quand ils ne sont pas rompus. Aussi, interdire le mariage gay en soulevant le problème de la filiation revient à surestimer un modèle qui dans les faits n’est qu’un parmi d’autres et à imposer, par conséquent, aux couples homosexuels des obligations que l’on n’exige de personne.

3) Accorder des droits réduits à une catégorie de citoyens, en raison même de leur orientation sexuelle, constitue une véritable discrimination. Nous ne sommes pas là dans une interprétation abusive du principe d’égalité, qui nourrit les ridicules du politically correct, mais bien dans un mouvement qui vise à mettre fin à des discriminations premières.

Pour ma part, j’estime que c’est là un combat juste, pour que chaque citoyen, indépendamment de son orientation sexuelle, puisse disposer de mêmes droits et de mêmes devoirs. Ni plus, ni moins.

par sébastien publié dans : mariage gay
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Lundi 4 septembre 2006

C'est le contraire qui aurait étonné. Comme cela était prévisible, compte tenu du rapport de forces au sein de la majorité, Sarkozy a pris position ce weekend contre le mariage gay et contre l'adoption par les couples homosexuels. Il se prononce, en revanche, pour une égalité financière entre gays et hétéros.

Ainsi, en proposant un nouveau contrat, certes plus avantageux que le pacs mais néanmoins différent du mariage, Sarkozy considère que les couples gays ne peuvent avoir les mêmes droits que les couples hétéros. Car de deux choses l'une : soit l'on est favorable aux mêmes droits et le contrat existe déjà, il suffit alors de l'étendre, soit l'on prône un autre contrat, et c'est alors refuser l'égalité des droits.

En ne se montrant disposé que pour la seule égalité financière, Sarkozy ajoute de surcroît l'insulte à l'inégalité. Manière de dire aux gays : "vous êtes bien gentil, ok pour le fric, mais pour la reconnaissance de la nation, c'est non parce qu'un couple c'est un homme et une femme". L'idée que les gays doivent se contenter de l'égalité au niveau du porte-monnaie, voilà qui n'est rien comprendre à leur revendication première : le mariage pour tous, c'est l'assurance que la société ne fait pas de distinction entre les diverses amours consenties entre personnes majeures. C'est, une bonne fois pour toutes, chasser l'idée qu'une sexualité est inférieure à une autre.

En considérant qu'un couple, "c'est un homme et une femme" et que seul ce couple peut élever des enfants, c'est faire de l'argument biologique le socle de la parentalité. En dépit des réalités, Sarkozy, le soi-disant apôtre du pragmatisme, se noie pour le coup dans l'idéologie, en se contentant de l'argument d'autorité.

Cette prise de position de Sarkozy est l'occasion pour moi de rappeler ma réponse à Lionel Jospin qui s'était lui aussi opposé au mariage gay, en développant des arguments tout à fait comparables.

En espérant que Sarkozy finira un jour par suivre le même chemin que l'ancien Premier ministre qui aujourd'hui fait sienne la proposition du parti socialiste favorable au mariage gay et à l'adoption pour les couples homosexuels.

par sébastien publié dans : mariage gay
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