Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Mercredi 31 août 2005

Sur le blog de Pierre Bilger, j'ai trouvé aujourd'hui cette histoire qui est proposée par Hélène. Je la trouve géniale !

"Un homme d'affaires américain se trouvait sur le quai d'un petit village mexicain du bord de mer quand un pêcheur sur un petit bateau accosta. Il avait au fond de son bateau plusieurs superbes thons à nageoires jaunes.
L'Américain complimenta le Mexicain pour la qualité de sa prise et demanda s'il avait fallu beaucoup de temps pour les pêcher.
« Un peu de temps seulement » répondit le Mexicain.
L'Américain demanda alors pourquoi il n'était pas resté plus longtemps pour ramener plus de poissons.
Le Mexicain répondit qu'il en avait assez pour nourrir sa famille.
L'Américain questionna à nouveau : « Que faites-vous le reste du temps?»
Le pêcheur mexicain répondit : « Je dors tard, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme, Maria, je flâne dans le village tous les soirs où je sirote du vin et joue de la guitare avec mes amis. J'ai une vie bien remplie, Monsieur ! »
L'Américain rétorqua d'un air moqueur : « Je suis diplômé de Stanford et pourrais vous aider. Vous devriez passer davantage de temps en mer afin de ramener de nombreux poissons et acheter un plus grand bateau avec le gain de la pêche. Ce bateau permettra d'augmenter encore le produit de la pêche et d'acheter plusieurs bateaux. Finalement, vous pourriez avoir une flotte de bateaux de pêche. Au lieu de vendre vos prises à un intermédiaire, vous pourriez les vendre directement au transformateur et, pour finir, ouvrir votre propre conserverie. Vous auriez le contrôle de tout le circuit, de la production à la distribution. Vous pourriez quitter ce petit village et vous installer dans la ville de Mexico, puis Los Angeles et enfin New York où vous dirigeriez l'expansion de votre entreprise.
Le pêcheur mexicain demanda : « Mais Monsieur, combien de temps cela prendra-t-il ?
« De 15 à 20 ans seulement » répondit l'homme d'affaires.
« Et ensuite, Monsieur ? »
L'Américain se mit à rire. « C'est la partie la plus intéressante. Quand le moment sera venu, vous annoncerez une offre publique, vendrez vos actions et deviendrez très riche. Vous pourrez facilement faire des dizaines de millions ! »
« Des dizaines de millions, Monsieur ? Et alors ? »
« Et alors ! » dit l'Américain « Alors, vous prendrez votre retraite. Vous vous installerez dans un petit village de pêcheurs où vous pourrez faire la grasse matinée, pêcher un peu, jouer avec vos enfants, faire la sieste avec votre femme, flâner dans le village le soir en sirotant du vin et en jouant de la guitare avec vos amis. »

par sébastien publié dans : humour
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Mardi 30 août 2005

J'ai vécu un an et demi en Turquie, un temps suffisant pour constater, finalement, que ce pays n'est pas, à mes yeux, "européen".

Qu'est-ce que cela veut dire ? Le pire, c'est que je ne sais pas vraiment. Je ne sais pas véritablement définir ce que c'est "qu'être européen" et, pourtant, j'avais le sentiment que ce pays ne l'était pas. Cette conclusion n'est pas à proprement parler le produit d'une réflexion approfondie. C'est davantage un sentiment. Une impression lorsque je me baladais dans le pays. Une sensation plus qu'un raisonnement.

A bien y réfléchir, je crois qu'il y a deux éléments qui expliquent cette perception : la langue et la religion, l'une et l'autre si "autres" qu'elles ne permettent pas cette affinité que l'on peut éprouver au contact des autres pays européens.

En Italie, en Espagne, au Portugal, vous trouverez rapidement une complicité dans l'expression, qu'elle soit parlée ou gestuelle.

En Allemagne, en Scandinavie, au Royaume-Uni, en Europe centrale, la complicité se fera au travers des églises, des monuments, en un mot de l'histoire.

Histoire des mots d'un côté, histoire des pierres de l'autre, partout une affinité possible, une complicité en marche.

Rien de cela véritablement en Turquie. Un sentiment d'altérité, davantage qu'une impression de complicité.

Question : l'Europe doit-elle alors être ou non identitaire ?

L'identité est-elle un socle indispensable ? Le primat de tout progrès collectif ? La garantie contre tout risque de dissolution ?

Je crois que c'est le seul argument qui pourrait me convaincre de s'opposer à l'entrée de la Turquie dans l'Union. C'est aussi le seul que l'on n'évoque jamais véritablement, ou entre les lignes, de manière subliminale. Le seul qui ne fasse pas vraiment l'objet de débats.

A l'ère de la mondialisation, des échanges, et de la volonté de l'Occident à vouloir partout démocratie et droits de l'homme, comment évoquer, sans se faire traiter de culturaliste rétrograde, l'argument identitaire dans le débat pour ou contre l'entrée de la Turquie dans l'Union ? On fuit le débat pour éviter de passer pour un extrémiste.

Et pourtant c'est bien de cela qu'il s'agit. Et puisque c'est la principale question, il faut cesser de l'envisager à mots couverts. Il faut être clair. Cesser d'évoquer l'argument de la géographie qui n'est qu'un prétexte : Chypre est au large du Liban et de la Syrie et cela ne pose pas de problème. Cesser de parler des retards de l'économie ou des droits des minorités : la Bulgarie est plus pauvre et le sort des Roms n'est guère plus enviable que celui des kurdes.

Non, la vraie question, c'est celle de l'identité européenne.

L'identité est-elle ce socle sans lequel toute fondation est impossible ou est-ce au contraire une chimère, nullement indispensable à l'essor de l'Union et au rayonnement de son projet politique ?

Vos avis sont les bienvenus.

PS : Agoravox, le journal citoyen, ayant eu la gentillesse de reprendre cette note sur leur site, je vous invite à suivre le débat - parfois virulent et inattendu (on me reproche d'avoir choisi comme illustration une photo de la maginifique mosquée d'Ortaköy !) - qui s'y déroule.

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par sébastien publié dans : politique-monde
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Lundi 29 août 2005

Je me rappelle l'argument avec lequel Bill Clinton avait accepté l'entrée de la Chine à l'OMC : la libéralisation du commerce entraînerait inéluctablement une amélioration sur le plan des droits de l'homme. Comment accepter, en effet, la liberté au travail et son absence en dehors ?

Le calcul était-il vraiment le bon ? Il ne semble pas, malheureusement, que l'exceptionnelle croissance chinoise soit aujourd'hui suivie d'une amélioration sur le plan des libertés publiques.

Cette question est malgré tout fondamentale : soit la Chine adoptera le libéralisme "à l'occidentale", soit elle développera un modèle de capitalisme autoritaire, qui lui sera propre, et qui pourrait être copié, en raison de son succès, ailleurs et, peut-être, plus tard, jusque chez nous.

Besoin alors d'en savoir plus.

C'est ainsi que je tombe sur le numéro juillet-août de la Nouvelle revue d'Histoire dont un cahier spécial est consacré aux relations entre l'Occident et la Chine.

Je vous invite à lire l'entretien très précieux de Léon Vandermeersch. C'est un des maîtres de la sinologie, reconnu comme tel par ses pairs et ses disciples. Il a une connaissance exceptionnelle du terrain, ayant enseigné et étudié pendant une quinzaine d'années dans divers pays sinisés d'Asie orientale.

Je rédige in extenso un extrait de cet entretien, relatif à la question qui nous préoccupe dans cette note :

"On estime généralement que l'essor de l'économie de marché ne peut se faire que dans un cadre social de démocratie libérale. Mais, déjà dans le Japon de Meiji et d'entre les deux guerres, et encore, par exemple, dans l'Etat singapourien de Lee Kuan Yew, l'économie de marché s'est fort bien développée dans un contexte assez peu démocratique. Surtout, on assiste actuellement à un formidable développement économique de la Chine dans le cadre d'un régime fort éloigné de la démocratie libérale. Cela démontre que l'économie de marché n'a besoin, pour se développer, que d'un environnement juridique suffisamment normalisé seulement au niveau des rapports économiques - droit des obligations, droit des contrats, droit des sociétés commerciales -, qui sont précisément les domaines où la législation chinoise, inexistante pendant le maoïsme, s'est le plus développée depuis 1980. La démocratie n'est que subsidiairement une condition de succès pour l'économie de marché : seulement dans le cas où, le pouvoir politique divaguant, l'absence de contrôle démocratique laisse les citoyens sans garantie contre les pires catastrophes, comme on l'a vu dans la Chine du "grand bond en avant". Aujourd'hui, la réussité économique chinoise est liée à l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle génération de technocrates parfaitement au fait des questions économiques. C'est d'ailleurs cette réussite qui est invoquée pour légitimer les restrictions à la démocratie, dont les désordres sont représentés comme des risques pouvant mettre cette réussite économique en péril."

En somme, pour ce grand spécialiste de la question chinoise, Clinton a fait un mauvais calcul.

Qu'est-ce que vous en pensez ?

par sébastien publié dans : politique-monde
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Vendredi 26 août 2005

Tombé il y a peu sur cette pensée de Blaise Pascal :

"La vanité est si ancrée dans le coeur de l'homme qu'un soldat, un goujat, un cuisinier, un crocheteur se vante et veut avoir ses admirateurs, et les philosophes mêmes en veulent, et ceux qui écrivent contre veulent avoir la gloire d'avoir bien écrit, et ceux qui les lisent veulent avoir la gloire de les avoir lus, et moi qui écris ceci ai peut-être cette envie, et peut-être que ceux qui le liront ...".

Les blogs : le marché inépuisable de la vanité ?

 

 
par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Jeudi 25 août 2005

En permettant le téléchargement et l'échange gratuits de fichiers musicaux ou vidéos, Internet va-t-il ébranler in fine la création culturelle ?

Certains le pensent et le craignent. Les majors et les grands studios ont ainsi pris à bras-le-corps la question du piratage.

Mais le phénomène est-il réellement nouveau ?

Hier, la radio devait tuer le spectacle vivant en permettant, déjà, la production privée de copies. En réalité, elle donna davantage envie d'aller au concert ou d'acheter des disques.

De même, la télé allait tuer le cinéma. Pourtant, il n'y a jamais eu autant de public dans les salles obscures qu'aujourd'hui.

Mieux, loin de se concurrencer, médias et création se complètent. La télé finance le cinéma. La radio produit le spectacle. Chacun gagne finalement au succès de l'autre.

Pourquoi ce qui fut vrai, hier, ne le serait-il pas demain avec Internet ?

Surtout qu'en accroissant l'offre et en réduisant les coûts de diffusion, Internet devrait au contraire multiplier les occasions d'achat et réintroduire de la diversité là où l'uniformisation guette.

Le financement de la création sera nécessairement différent, puisque les prix de vente vont baisser. Mais personne n'a intérêt à un appauvrissement de la création.

Dès lors, ce que craignent les majors, sous couvert d'une communication habile sur les risques pesant sur la création, n'est-il pas davantage la perte de contrôle sur les tuyaux et les contenus qu'elles vont inexorablement connaître dans les années qui viennent ?

Qu'est-ce que vous en pensez ?

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mercredi 24 août 2005

Un dessin de Jeff Danziger, cartoonist américain dont je vous recommande le site !

 

par sébastien publié dans : humour
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Mercredi 24 août 2005

JMJ

L'Eglise a pris l'habitude du Pardon.

Dans le même temps, elle prétend détenir la Vérité.

La Vérité d'aujourd'hui, le Pardon de demain ?

 
par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mercredi 24 août 2005

Mes dernières balades dans la blogosphère m'ont conduit vers deux blogs de photo que je trouve particulièrement intéressants :

- le premier prend des photos de la capitale ;

- le second des photos dans le métro.

Alimentés presque quotidiennement, ces blogs sont pleins de poésie. Le travail présenté ne mériterait-il pas une "vraie" expo ?

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par sébastien publié dans : coups de coeur
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Mardi 23 août 2005

La prophétie prêtée à Malraux, selon laquelle le XXIème siècle serait religieux ou ne serait pas, prophétie, qui selon l'enquête de Claude Tannery, n'a jamais été prononcée par Malraux, semble avérée : le religieux, en ce début de siècle, progresse partout.

Entre d'un côté l'Islam et les évangélistes qui semblent engagés dans un prosélytisme de tout instant, et de l'autre, les classes aisées d'Occident qui s'amourachent des philosophies orientales, l'attrait du religieux semble universel.

Comment expliquer cette progression ?

Il y a naturellement la "quête de sens" que poursuit tout un chacun :

- aussi bien les pauvres, pour qui l'espoir placé en l'existence d'un autre monde est devenu une condition de survie ;

- que les riches, pour qui l'accumulation de biens ne saurait constituer une philosophie de l'existence.

Au-delà de cette quête de sens, qui n'est pas nouvelle, il existe aussi, je crois, une autre cause à la progression du religieux : la faiblesse des Etats, qui, encouragée par la mondialisation, est une caractéristique de ce début de siècle.

En effet, là où l'Etat se désengage, le religieux s'investit :

- en Amérique latine, les évangélistes remplissent souvent des tâches, en matière d'éducation ou de santé, normalement dévolues à l'Etat ;

- au Proche-Orient, les organisations islamiques s'investissent également dans le champ social délaissé par les structures gouvernementales. Le Hamas ou le Hezbollah sont d'abord populaires parce qu'ils ont mis en place un réseau d'entraide structuré et efficace ;

- c'est aux Etats-Unis, pays d'Occident où l'Etat est le moins présent dans le champ social, que les communautés religieuses sont les plus investies ;

- il est intéressant de noter, enfin, que c'est le leader français du courant libéral de droite, Nicolas Sarkozy, qui prend soin ces dernières années de rappeler l'importance des religions, le même qui prône moins d'Etat.

Ainsi, avec la mondialisation, le religieux tend à devenir la "béquille sociale" de l'Etat.

Cela n'est pas sans risque : là où l'Etat soignait ou éduquait, sans préjugés et sans volonté de dicter des règles spécifiques de comportement, le religieux impose, quant à lui, ses propres critères d'action.

Ce sont les évangélistes qui prônent l'abstinence ou le créationnisme. Ce sont les islamistes qui imposent leur vision du monde dans les écoles coraniques.

L'Etat est neutre quand les religions, sous couvert de bonnes actions, sont d'abord soucieuses d'imposer leurs croyances.

Réhabiliter le rôle de l'Etat dans le champ social, ce n'est alors pas instaurer un frein au développement. C'est, au contraire, assurer une forme de sécurité sans laquelle aucun développement n'est durablement possible.

Ce que même un ancien néo-conservateur comme Francis Fukuyama reconnaît, avec un certain art du contre-pied, dans son dernier ouvrage "State Building".

par sébastien publié dans : politique-monde
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Lundi 22 août 2005

Les cadres de l'administration sont formés soit à l'Ecole Nationale d'Administration, soit dans les Instituts Régionaux d'Administration.

La formation qui y est dispensée est générale : un peu de droit, un peu de budget, un peu de politique communautaire, un stage ici ou là et vous êtes bon pour le grand voyage qu'on appelle la carrière.

Avec cette formation, on suppose que vous pourrez aussi bien servir, et toujours avec intelligence et doigté, dans n'importe quel département ministériel et à n'importe quelle fonction : que ce soit à la gestion du personnel, à la gestion du budget, sur des dossiers à dominante juridique, dans la diplomatie, la communication, ... Bref, partout. Une seule fornation pour tout type d'emploi.

Un tel système est désormais aberrant. Les dossiers sont de plus en plus techniques, de plus en plus complexes. L'Etat a moins besoin de généralistes, qui voient loin, que de spécialistes, qui voient près.

La formation doit donc se renouveler : à une formation générale pour tous, il faut penser à une formation spécifique par filières (droit, ressources humaines, finances, relations internationales).

L'Etat est conscient du problème : le rapport de Yves-Thibault de Silguy avait déjà pointé du doigt le problème et Renaud Dutreil, un temps, avait émis l'hypothèse d'une réforme sur ce sujet, en lançant l'idée d'une carrière par grandes filières.

Mais le statu quo demeure. Les paroles ne sont pas suivis par les actes. Les corporatismes, des grands corps aux syndicats, empêchent d'avancer.

Là encore, parler vrai et avoir du courage. Difficile ambition que celle qui revient non pas à changer les autres, mais à se modifier soi-même.

 
par sébastien publié dans : Politique-France
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