Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Jeudi 20 juillet 2006

Hier, Bush a utilisé son droit de véto pour empêcher la mise en oeuvre d'une décision du Congrès autorisant les scientifiques à travailler sur les cellules souches à des fins thérapeutiques.

Le même jour, il s'est opposé à toute résolution du Conseil de sécurité visant à instaurer une force d'interposition internationale, sous légide de l'ONU, dans le Liban Sud afin de désarmer le Hezbollah, au motif qu'Israël serait en droit de se défendre par elle-même.

D'un côté, la préservation d'êtres en devenir, encore à l'état de promesse, au nom d'une morale personnelle et au mépris des espoirs suscités par la science. Défendre la vie avant qu'elle ne soit là.

De l'autre côté, le soutien d'Israël, au mépris de la vie de civils, qui eux existent bel et bien. Ne plus défendre la vie ici présente. 

Les êtres en devenir comptent-ils donc plus, selon la "morale" de Bush, que les vivants d'aujourd'hui ? 

par sébastien publié dans : politique-monde
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Mercredi 12 juillet 2006

Deux députés socialistes viennent de faire une proposition de loi, visant à sanctionner les clients de prostitués. Cette proposition figure également dans le projet du parti socialiste pour la présidentielle.

L'idée est la suivante : en partant du constat que la prostitution ne peut être que l'expression d'un asservissement, celle-ci doit être supprimée et, par conséquent, il faut tarir la demande par le moyen de sanctions élevées à l'encontre des clients.

Certains "travailleurs du sexe" ne partagent pas cette opinion, comme ils l'expliquent dans une tribune ce jour dans Libération. Ils considèrent que ce travail est un travail comme un autre, que l'Etat n'a pas à se mêler d'un échange qui se fait sur la base du consentement entre le travailleur et le client, tous deux majeurs.

Pour ma part, je partage plutôt l'opinion de ces "travailleurs du sexe".

L'idée que l'Etat puisse intervenir dans une relation consentante entre deux personnes majeures, au nom de l'idée qu'il se fait du bien et du mal, porte en germe bien des dérives.

Par ailleurs, sanctionner les clients, cela reviendra à renforcer les affres de la clandestinité.

Au nom du respect des individus, l'Etat doit lutter avec force contre le proxénétisme et la traite des êtres humains. Au nom de ce même respect, il doit s'abstenir d'intervenir dans des relations consenties entre personnes majeures et responsables au regard de la loi.

par sébastien publié dans : Politique-France
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Jeudi 6 juillet 2006

A ceux qui ne comprennent pas ce qui se passe au Darfour, juste un chiffre en passant : le Darfour, c'est 10.000 morts par mois depuis fin 2003, dixit Jan Egeland, le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l'ONU.

Soit plus de trois "11-Septembre" tous les mois, depuis deux ans et demi.

Les choses sont peut-être plus parlantes ainsi. Sur l'échelle de l'horreur, dont le "11-Septembre", par sa force symbolique, constitue l'étalon, le Darfour semble atteindre un pic vertigineux.

Malheureusement, le traitement médiatique ne paraît pas à la hauteur du drame et, par conséquent, l'opinion mondiale voit la chose de très loin.

Pourtant, ce sont eux-aussi nos frères d'humanité, les mêmes que ceux morts dans le World Trade Center.

Injustice jusque dans la tombe.

par sébastien publié dans : politique-monde
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Jeudi 6 juillet 2006

Au regard des autres formes de gouvernement qui ont jalonné l'histoire du monde, la démocratie paraît encore relativement jeune. Née avec le suffrage universel, élevée dans l'alternance des régimes, la démocratie semble désormais bien établie en Occident et s'impose peu à peu de par le monde, à la faveur de la chute du communisme et de l'affirmation un peu partout des identités nationales.

Pourtant, la démocratie semble aujourd'hui connaître des difficultés. Paradoxalement, à mesure qu'elle se propage sur la planète, elle paraît également se vider de sa substance. Comme si son extension se faisait au prix de sa consistance. Le retour des nationalismes, un peu partout, semble annoncer un repli du jeu démocratique. Ou, à tout le moins, de vraies menaces.

Il semble que deux phénomènes se conjuguent pour affaiblir ainsi la démocratie :

D'abord, l'extension du marché, par la mondialisation du modèle libre-échangiste, modèle désormais partagé par la grande majorité des Etats du monde, se fait au prix d'une suppression progressive des frontières. La multiplication des acteurs internationaux, firmes, ONG, médias, opinion, est telle que les marges de manoeuvre des dirigeants, se réduit comme peau de chagrin. La démocratie, qui se vit sur un territoire, perd de sa superbe devant le marché, que l'absence de frontières enivre.

En second lieu, la prédominance d'un modèle unique réduit les choix pour le citoyen. L'absence d'alternative conduit à l'absence d'alternance, laquelle est pourtant à la base de la démocratie. C'est Royal qui fait du Sarkozy et Sarkozy qui fait du Royal. L'opinion se réfugie alors dans l'abstention ou les extrêmes, ces autres symptômes d'une démocratie malade.

Dès lors, la démocratie relève de plus en plus de l'artifice. Elle se joue, plus qu'elle ne se vit. A la manière de l'acteur raté qui surjoue pour donner l'illusion d'exister, mais en qui aucun spectateur ne croit plus, la démocratie joue à son tour des moulinets, à coup de tables rondes, livres blancs et autres assises, comme pour se donner l'illusion d'agir. Mais chacun pressent bien que l'essentiel est ailleurs.

 Deux réactions sont alors possibles :

- la mise en avant d'une démocratie d'opinion : c'est le retour de la démocratie par le bas. Par le terrain, l'expérience vécue,

- ou le retour des nationalismes, c'est-à-dire la réaffirmation des frontières.

Dans les deux cas, l'affirmation que "la terre ne ment pas". Que face aux élites déligitimées, il faut réaffirmer la force des idées simples. La faillite de la démocratie ?

 

 

 

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mercredi 5 juillet 2006

Au moment où l'équipe de France s'apprête à jouer les demi-finales de la coupe du monde de football, il peut être intéressant de s'interroger sur la vague d'émotion qui submerge chaque pays, après une victoire comme après une défaite.

D'où vient que le football, qui n'est qu'un sport et un jeu, crée aussi de tels phénomènes de masse ?

Je crois qu'il y a des raisons intrinsèques à ce sport et d'autres qui le dépassent :

1) Parmi les raisons intrinsèques, il y a la simplicité des règles. Deux équipes, un ballon, deux buts. L'objectif est clair. Et le jeu est universel. Partout, quelles que soient les cultures, on s'amuse avec des objets ronds qu'on essaie de faire avancer, par jeu.

Autre raison d'un succès : l'universalité des règles. Un même langage pour tous. Et, à ceux qui considèrent que cette compétition n'est qu'un substitut à la guerre, il faut préciser qu'ici, à la différence d'un champ de bataille, il y a un arbitre et des règles. La violence est contenue. Canalisée.

Et puis, autre raison de son succès, la pratique de ce sport n'implique pas de physique particulier, à la différence du rugby ou, surtout, du basket. Chacun peut se faire remarquer, avec ses propres atouts, qu'il soit rapide, puissant ou malin.

Un jeu universel et des règles communes. Pas étonnant dès lors que le football soit le sport mondialisé par excellence.

2) Mais, cela ne suffit pas pour expliquer les phénomènes de communion que l'on observe partout. Il y faut aussi des explications qui dépassent le strict cadre du jeu.

C'est là qu'intervient la machine économique. Conscients que le produit est alléchant, parce qu'il est mondial, marques et médias entretiennent le phénomène et développent à force de messages l'intérêt de l'opinion pour le produit.

Mais, au-delà, le football satisfait un besoin : le désir de communion. Il ne s'agit pas seulement de voir les matchs, il faut aussi les voir avec les autres. Les fêter avec les autres. On va au stade comme on va à l'église, pour être ensemble. Désir de communion d'autant plus recherché que tout pousse à l'individualisme, et que donc chacun sait de plus en plus rares ces moments où l'on ne fait qu'un avec les autres.

La communion opère parce qu'il existe une croyance partagée. Croyance en la victoire, en un potentiel triomphe.  Il y a communion lorsqu'il y a foi en un tiers qui fait consensus. Pas de meilleur consensus que la victoire. Ou même l'échec. Communion dans les larmes de joie, comme dans les pleurs de défaite. Mais communion parce que partage d'une même émotion.

Mais tout cela ne peut pas durer. Lorsque le tiers consensuel s'éloigne, la communion s'évanouit. La communion ne dure que le temps où la victoire produit encore ses effets. La communion est le temps de l'émotion. Quand cela cesse, quand la croyance en ce tiers consensuel s'évanouit, on passe de la communion, où l'on n'est qu'un, à la communication où l'on est plusieurs.  Revient le temps des 60 millions de sélectionneurs !

Voilà pourquoi le phénomène "black blanc beur" peut difficilement durer. Parce qu'il est de l'ordre de la communion, c'est-à-dire de l'émotion, du temps limité. Phénomène qui ne peut durer plus que ne durent les effets de la victoire.

"Le football est ma religion, le stade du Borussia mon église".

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Lundi 3 juillet 2006

Vu hier "Crazy", un film de Jean-Marc Vallée.

C'est l'histoire d'une famille québécoise, la famille Beaulieu, du début des années 1960 et jusqu'à la fin des années 1970.

On suit, en particulier, le parcours chaotique de Zac, écartelé entre son attirance pour les garçons, et la rigidité d'un père qu'il ne veut pas décevoir. Ce dilemme que beaucoup ont connu, qui place le jeune adolescent entre la difficulté d'être soi sans blesser ceux que l'on aime.

Le tout est mis en scène avec brio. Le film est plein d'humour. Certaines scènes méritent de passer à la postérité.

Un film qui reproduit avec minutie les années 60 et 70, à l'aide d'une image très étudiée et d'une bande-son d'enfer.

Un film qui est profond sans être larmoyant, au contraire. On se marre beaucoup !

Et, peut-être qu'à la vue de ce film, certains pourront même être sensibilisés à la souffrance des jeunes ados qui découvrent leur identité sexuelle. Parler de choix est une "niaiserie" comme diraient les acteurs québécois de ce film ! On ne choisit pas de souffrir et de peiner ses parents.

En quoi, ce film, drôle et émouvant, fera aussi oeuvre utile.

 

par sébastien publié dans : cinéma
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