Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Samedi 16 juillet 2005

Assisté mercredi dernier au concert de musique brésilienne à Bastille. 4 heures fabuleuses en compagnie des grands noms de la musique brésilienne : gilberto gil, lénine, seu jorge,  et j'en passe.

L'occasion de découvrir le large éventail que recouvre la musique brésilienne : du funk de seu jorge au rock de lénine, des performances vocales de bebel gilberto aux balades de gilberto gil. Une musique en fusion permanente avec ce que lui apporte le reste du monde, mais qui conserve ses couleurs locales, son goût du rythme, des percussions, ...

Comme le décrit gilberto gil dans un papier récent, nous sommes à l'heure de la "glocalisation", une mondialisation qui ne fait pas qu'uniformiser mais qui permet aussi d'exporter au large les qualités locales.

par sébastien publié dans : coups de coeur
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Mercredi 13 juillet 2005

Je regarde avec intérêt le tour de France. Ce que je préfère, c'est davantage le tour de la France que la compétition elle-même, qui ne présente guère d'intérêt, compte tenu de la domination écrasante d'Armstrong. En revanche, les paysages et les monuments sont si bien filmés qu'on a l'impression d'être en vacances, assis bien au fond de son canapé !

En observant la domination d'Armstrong, me revient ne mémoire la polémique de l'année dernière suite à la parution d'un livre dans lequel témoignait son ancienne masseuse. Elle évoquait, avec la révélation de faits troublants, des preuves sérieuses de dopage de l'américain.

Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Rien. Pas d'enquête à la suite de cette parution. Aucune nouvelle. La compétition se poursuit comme si de rien n'était.

De la même manière, je m'étonne du silence des médias aux états-unis et en angleterre sur ce qu'il faut bien appeler l'échec de la guerre en Irak.

Tous ces médias sont-ils à ce point à la botte d'intérêts financiers, qu'ils ne peuvent prendre le temps d'enquêter et de dire des vérités qui font mal ?

The show must go on ...

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Vendredi 8 juillet 2005

Après l'obtention des JO par Londres, un journaliste (sic) de Fox News avoue qu'il aurait préféré que ce soit Paris car cela lui aurait fait plus plaisir de voir les Français inquiets à cause du terrorisme, plutôt que les Anglais qu'il adore.

Je reprends in extenso son article car j'espère qu'il ne va pas rester sur le site de Fox trop longtemps :

"The host city for the 2012 Olympics was picked. New York was out early and that was a big relief to me, personally. I think New York needs a rest from big events. All that security wears on you.

Then it was down to Paris and London. And the Olympic big wigs picked London.

All day long people have been saying to me, "Wasn't it great they didn't pick Paris?" And I've been saying, "No, no, no."

Paris was exactly the right place to pick and the Olympic committee screwed up.

Why? Simple. It would have been a three-week period where we wouldn't have had to worry about terrorism.

First, the French think they are so good at dealing with the Arab world that they would have gone out and paid every terrorist off. And things would have been calm.

Or another way to look at it is the French are already up to their eyeballs in terrorists. The French hide them in miserable slums, out of sight of the rich people in Paris.

So it would have been a treat, actually, to watch the French dealing with the problem of their own homegrown Islamist terrorists living in France already.

What would the French have done about rounding up their own citizens?

Would they have afforded their own terrorists the rights they insist we give the detainees at Gitmo? Not a chance. They'd throw them in the clink, or ship them off to North Africa pronto.

Would they have blocked terrorists at the border with unreasonable search and seizure — precisely what they say we should not do? Of course they would. Anybody looking faintly Arab would have had the gendarmerie on them in a flash.

It would have been a delight to have Parisians worried about security instead of New Yorkers. It would have been exquisite to watch.

But, alas, they picked London. I like the Brits. I like London. I hate to see them going through all this garbage when it would have been just fine in Paris.

C'est la vie. Goes to show the Olympic committee doesn't recognize the perfect opportunity when it presents itself.

That's My Word."

Un article bien résumé sur le site de Loic le Meur :

"-Le comité olympique aurait du choisir Paris, pourquoi ?
-nous n'aurions pas eu à nous occuper de terrorisme car les français l'auraient fait
-les français pensent qu'ils sont tellement bons pour interagir avec le monde Arabe qu'ils auraient payé tous les terroristes pour qu'ils n'agissent pas
-de toutes façons les français cachent déjà les terroristes dans des endroits misérables, bien loins des riches à Paris
-cela aurait été un plaisir de regarder les français gérer le problème de leurs propres terroristes qui vivent déjà en France
-cela aurait été un délice de voir les parisiens inquiets pour leur sécurité à la place des New Yorkais"

Et un type comme ça est publié. Il doit avoir ses fans. Lamentable !

par sébastien publié dans : coups de gueule
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Vendredi 8 juillet 2005

Le 16 juin dernier, j'évoquais l'histoire de Camille et Monica qui s'aiment et qui veulent se marier.

Camille était un homme. Elle a décidé de devenir une femme en se faisant opérer. Monica "se sent" femme, mais elle n'est pas opérée. Aux yeux de l'état-civil, c'est toujours un homme.

Dès lors, rien ne s'oppose à leur mariage. Une femme et un homme.

La cour d'appel de Versailles a confirmé aujourd'hui la décision prise en premier ressort : le mariage est impossible, car l'intention matrimoniale n'existerait pas. Le juge condamne un "acte militant".

Après l'affaire Girbaud, me voilà à nouveau dégoûté par la justice.

Deux hommes veulent se marier, ils n'y ont pas droit. Question de sexe.

Un homme et une femme veulent se marier. Ils n'y ont pas droit. Question de genre.

La justice analyse de manière différente à chaque fois le cas qui lui est présenté, soit sous l'angle de la biologie (sexe), soit sous l'angle de la culture (genre), mais pour aboutir à chaque fois à la même conclusion. Hypocrisie.

Il ne suffit plus d'être un homme et une femme pour se marier. Encore faut-il correspondre à un modèle. Que les genres soient assumés.

Difficile de faire plus conservateur.

 

par sébastien publié dans : vie gay
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Jeudi 7 juillet 2005

Lu "La guerre sans fin" de Bruno Tertrais.

L'auteur, spécialiste des relations internationales, nous livre dans ce court récit une description lucide sur la politique étrangère américaine actuelle : sur ceux qui la font et sur ses objectifs.

C'est une lecture utile parce qu'elle met définitivement à mal les clichés qui sont véhiculés ici ou là :

1) la guerre en Irak n'est pas une guerre pour le pétrole : les Etats-Unis continuent de développer une stratégie d'approvisionnements diversifiés qui ne nécessite nullement une intervention de la sorte. Et, même si l'Amérique avait besoin de cet or noir, il serait mille fois plus intelligent de négocier, plutôt que de faire la guerre.

2) il convient de relativiser le discours de Bush sur "l'axe du mal" et donc d'éviter de croire que les pays visés (Irak, Iran et Corée du Nord) subiront tous trois le même sort :

a) les pays désignés sont des exemples de pays dangereux car ils allient une doctrine totalitaire avec la possession d'armes de destruction massive ; mais nulle part dans son discours Bush propose un même traitement pour ces trois cibles ;

b) Un même traitement est d'autant moins probable que l'Iran est devenu incontournable pour la stabilité de la région : il a une influence particulière dans la construction du nouvel Irak à majorité chiite et dans celle d'un Afghanistan à forte minorité chiite également ;

c) enfin, les Etats-Unis devront à terme revoir leurs alliances avec les pays sunnites que sont le Pakistan et l'Arabie saoudite dans lesquels les disciples de Ben Laden sont particulièrement implantés. Dans ce contexte, l'Iran peut devenir l'objet d'une alliance éventuelle. Il est vrai, toutefois, que le livre de Tertrais a été écrit avant l'élection du nouveau président iranien, ultraconservateur, ce qui bouleverse un peu l'idée d'une nouvelle alliance de ce type.

3) Le livre de Tertrais est aussi passionnant parce qu'il montre comment se construit la politique étrangère à Washington. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, elle est tout sauf homogène. Les courants de pensée sont divers, y compris dans la majorité républicaine, qui se partage entre néo-conservateurs, venus de la gauche et aujourd'hui majoritairement au pouvoir, réalistes sur le mode Kissinger pour qui la souveraineté des Etats est indépassable, et enfin fondamentalistes soucieux de porter, par la force s'il le faut, la bonne parole évangéliste.

Que l'administration Bush vienne à récolter de mauvais résultats et une autre doctrine viendra à prendre l'avantage. A la tentation de l'empire, pourra succéder le repli sur la nation. Aux Etats-Unis, en politique étrangère comme pour tout, rien n'est définitif, tout est réversible, c'est le pragmatisme qui est à l'oeuvre plus que les idéologies.

4) Enfin, dernier aspect intéressant du livre de Tertrais, la description du phénomène qui a vu d'anciens démocrates, voire des membres de l'extrême-gauche, rejoindre les rangs dans les années 1980 des néo-conservateurs, soucieux de répandre la démocratie et les droits de l'homme par la force.

Un phénomène qui explique mieux les prises de position de certains Français lors de la dernière guerre d'Irak qui, peu nombreux il est vrai, soutenaient les Etats-Unis au nom des droits de l'homme (Bernard Koucher, Romain Goupil, André Glucksman, ...). Les anciens gauchistes et les néoconservateurs partagent un même idéal internationaliste.

Bref, une excellente lecture pour éviter de répéter banalités et clichés dans nos futurs repas de famille !

par sébastien publié dans : lectures
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Mercredi 6 juillet 2005

Ce sera Londres. Dur !

Pauvre Chirac, obligé d'aller traîner ses guêtres dès demain chez la perfide Albion. Le voilà dans une spirale de l'échec qui fait peine à voir. Il lui reste encore un peu de temps pour se faire porter pâle.

De l'autre côté, Blair, porté par la spirale du succès. Et s'il avait établi l'agenda du G8 dans la perspective même de l'attribution des Jeux ? Mettre l'accent sur l'effacement de la dette et l'augmentation de l'aide au développement, peut-être cela a-t-il pu porter.

Le projet de Paris était beau. Il était bon. Porté par les meilleurs, soudés comme jamais. Que lui a-t-il manqué au final ?š

Peut-être cet art du lobbying dont les Anglais sont experts. Une stratégie d'influence moins performante ? Difficile à savoir : on ne saura jamais comment ont voté les membres du CIO.

2016, ce n'est pas la peine d'y penser. Les Jeux n'ont jamais lieu deux fois de suite sur le même continent. Et, en 2020, le CIO voudra-t-il désigner un pays si proche de la Grande-bretagne, géographiquement parlant ?

Pour finir, une pensée pour un ami qui a acheté square des Batignolles, là où aurait dû être construit le futur village olympique. Il pensait que son appartement prendrait très vite beaucoup de valeur en cas de victoire ! Il n'y a pas que Paris qui a perdu aujourd'hui !

Comme disent nos amis Anglais : "c'est la vie !". Mais, c'est duraille quand même !

par sébastien publié dans : my life
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Lundi 4 juillet 2005

L'Europe paraît aujourd'hui, à beaucoup, trop éloignée. La plupart d'entre nous ignorons son fonctionnement et ses compétences. Elle souffre d'un "déficit démocratique".

Il existe, pourtant, une occasion régulière pour permettre aux citoyens de s'approprier cette construction : ce sont les élections parlementaires européennes au cours desquelles sont élus les futurs députés européens.

Les dernières élections ont connu un taux d'abstention record. Je ne crois pas que ce soit par désintérêt de l'opinion pour l'Europe. Le débat sur la Constitution a montré, au contraire, qu'il y avait une vraie soif de débats et d'échanges.

Simplement, le système électoral était tel qu'un record d'abstention semblait inévitable : on a découpé la France en 8 super-régions qui ne voulaient rien dire et on a appliqué un scrutin de liste proportionnel au sein de ces 8 super-régions.

Dans un tel système, le citoyen ne peut avoir de réponse à la question simple : qui est mon député européen ?

Or, si l'on veut rapprocher les citoyens de l'Union, il serait souhaitable que le citoyen puisse répondre facilement à cette simple question. Il faut que le député européen joue, pour les questions européennes, le même rôle que le député traditionnel pour les questions nationales.

D'où le besoin de modifier ce scrutin et, par conséquent, cette proposition :

- Arrêter le srutin de liste et revenir à un scrutin majoritaire à deux tours ;

- cela implique de redessiner les circonscriptions : elles seraient moitié moins que le nombre de députés auquel peut prétendre l'Etat-membre : en France, par exemple, au lieu de 8 super-régions, les élections se dérouleraient dans 36 circonscriptions ;

- ceci afin que ce soit un ticket de 2 députés qui gagne dans chaque circonscription. Pourquoi ? Parce qu'il est indispensable que les députés élus se partagent les tâches entre travaux au Parlement et explications dans leur circonscription. Un seul élu ne peut faire tout cela : il faut donc que ce soit un ticket qui représente la circonscription.

De la sorte, les citoyens sauraient mettre un visage sur leurs représentants à Strasbourg et à Bruxelles et ils seraient tenus plus régulièrement au courant de ce qui s'y passe.

Une réunion d'information régulière et obligatoire dans chaque chef lieu de département pourrait d'ailleurs être fixée par la loi.

Que pensez-vous de cette proposition ?

par sébastien publié dans : Politique-Europe
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Vendredi 1 juillet 2005

Elle a joué un grand rôle dans la victoire du "non" au référendum. Elle a rendu célèbre la corporation des plombiers polonais. Elle a permis des discussions sans fin sur la manière de prononcer "stein" en hollandais.  Hier dans la lumière, que devient notre chère directive Bolkenstein ?

Et bien, elle avance. Et pas dans le sens prôné par la France. Il y a, en effet, un signe qui ne trompe pas.

La directive suit ce que l'on appelle la procédure de codécision : elle devra être adoptée à la fois par le Parlement européen et par le Conseil, qui est l'instance qui réunit les membres des gouvernements.

Pour l'heure, la directive subit l'examen du Parlement.

Comme cela se passe en France, la directive est d'abord analysée par une commission parlementaire, en l'occurence la commission du marché intérieur.

Le rapporteur de cette Commission est une socialiste allemande : Mme Gebhardt. Elle a rédigé un rapport dans lequel elle propose l'exclusion du principe du pays d'origine, ce principe qui autoriserait des ressortissants communautaires à venir travailler en France selon les réglementations de leur pays d'origine.

C'était là une demande de la France. On se rappelle la "remise à plat" que Chirac appelait de ses voeux. La rapporteure a suivi la France. On entend déjà les cris victorieux et les sons de trompette ...

Sauf que ...

Sauf que, fait inhabituel, le rapport de Mme Gebhardt fait l'objet de plus d'un millier d'amendements , 1154 exactement, de la part des membres de la commission parlementaire.

Cela n'est pas normal. En effet, le rapporteur cherche toujours une position de consensus qui puisse emporter une majorité au sein de sa commission. Sinon, elle court le risque d'être discréditée. Et, on pourra même considérer, qu'en privilégiant ses propres idées sur celles susceptibles d'emporter la majorité, elle aura mal fait son travail.

Le nombre d'amendements est un signe du peu de consensus qui existe au sein de la Commission sur le rapport de Mme Gebhardt et, par conséquent, du fait que celui-ci semble davantage refléter des exigences politiques d'un moment (son rapport, en date du 25 mai, a été élaboré avant le référendum français) plutôt que les exigences de la majorité des députés européens. Dès lors, on peut parier à coup sûr que sa position est très vraisemblablement minoritaire.

Ce qui m'amène à penser sérieusement que seuls les Français croient aujourd'hui en la "remise à plat" de la directive !

par sébastien publié dans : Politique-Europe
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