Le cardinal espagnol Ricard Maria Carles a appuyé l'objection de conscience vis-à-vis des mariages homosexuels, qui seront autorisés dès cet été en Espagne, en estimant que suivre la loi avant sa propre conscience "menait à Auschwitz".
"Si l'on fait prévaloir l'obéissance à la loi sur l'obéissance à la conscience, cela mène à Auschwitz", a dit mardi soir l'archevêque à la retraite de Barcelone à la chaîne de télévision TV3.
"Ceux qui ont fait Auschwitz n'étaient pas des délinquants, mais des gens qu'on avait contraints ou qui pensaient qu'ils devaient obéir aux lois du gouvernement nazi, plutôt qu'à leur conscience", a ajouté le cardinal espagnol.
Le Vatican, en la personne du cardinal Alfonso Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille, avait appelé vendredi les fonctionnaires espagnols à "l'objection de conscience" face à la loi autorisant mariage et adoption pour les homosexuels.
L'évêque de Castellon, Juan Antonio Reig Pla, a, quant à lui, appelé les maires à la "désobéissance civile" car, selon lui, un catholique doit "obéir à Dieu avant d'obéir aux hommes".
La conseillère municipale de Madrid Ana Botella, épouse de l'ancien chef du gouvernement José Maria Aznar, a rejoint mardi la fronde de nombreux maires et conseillers municipaux conservateurs qui ont affirmé qu'ils ne marieraient pas d'homosexuels. (AFP)
Le rapprochement avec l'Holocauste avait déjà été utilisé, on s'en souvient, au sujet de l'avortement.
Au chapitre 22 de son cinquième livre, "Mémoire et identité", Jean-Paul II écrivait ainsi : "Un Parlement régulièrement élu a porté Hitler au pouvoir dans lAllemagne des années 30. Ce même Parlement (...) lui a ouvert la route pour la politique dinvasion de lEurope, pour lorganisation des camps de concentration et pour la mise en oeuvre de la Solution finale, cest à dire lélimination de millions de fils et de filles dIsraël".
Il poursuit : "nous devons nous interroger au début dun nouveau siècle et dun nouveau millénaire sur certains choix législatifs décidés dans les parlements des régimes démocratiques actuels. Quand un Parlement autorise linterruption de la grossesse, consentant la suppression dune naissance, il commet un grave abus contre un être humain, qui plus est innocent et privé de toute possibilité de se défendre". "Les parlementaires qui autorisent et promulguent de telles lois doivent être conscients doutrepasser leurs compétences et de se mettre en conflit ouvert avec la loi de Dieu et la loi de la nature", conclut-il.
1) La loi de Dieu ? Elle ne vaut que pour ceux qui y croient. Pas pour les Etats, qui ne respectent que la loi des hommes. L'Europe, ce n'est pas l'Arabie saoudite, messieurs les curés.
2) La loi de la nature ? Qui sont-ils pour affirmer ce qu'est la loi de la nature ? Qui peut affirmer que l'homosexualité n'est pas inscrite elle-aussi dans la nature ? Et pourquoi la loi de la nature serait-elle nécessairement supérieure ? La loi de la nature, cela reviendrait aussi à laisser agir les plus forts, est-ce cela le message de l'Eglise ?
3) Quant au rapprochement des lois sur l'avortement ou sur le mariage gay avec l'Holocauste, elle ne mérite que le mépris. Que des gens, censés transmettre des messages d'amour et de solidarité, fassent d'aussi ignobles rapprochements, voilà qui en dit long sur leur institution et sur son histoire, incapable de faire son auto-critique et toujours prompte à jeter l'anathème.
Ces "messagers de l'amour" ne sont rien d'autres que des propagateurs de la haine.