Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Lundi 24 mars 2008

Signe que, certes, c'est compliqué, mais que, comme ailleurs, c'est possible.

Dès lors, puisque la technique n'est pas un handicap dirimant, la vraie question qui se pose : accepte-t-on ou non d'introduire un nouveau droit de tuer en France ?

Pour ma part, j'y suis favorable. A l'évidence, la loi Leonetti, pour les cas Humbert ou Sébire, n'est pas satisfaisante.
par sébastien
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Lundi 24 mars 2008
Les promotions dans l'ordre de la Légion d'honneur ont, cette année, à la demande du Président de la République, respecté la parité : il y a autant d'hommes que de femmes qui seront distingués.
Lors de leur première présentation au Chef de l'Etat, ces listes, proposées par les ministres, ne respectaient pas ce principe. Ce n'est qu'après les observations faites par le président sur ces premières listes, que celles-ci ont été revues pour distinguer à égalité hommes et femmes.
Ainsi, le préalable pour figurer sur ces listes n'est pas le talent ou le mérite mais le sexe auquel on appartient. En agissant de la sorte, il est bien évident, compte tenu des calculs savants à élaborer, que certaines personnes talentueuses n'ont pu être inscrites car ne relevant pas du sexe approprié.
Même si je comprends qu'il faille innover et trouver des instruments pour rendre aux femmes ce qu'elles apportent à la société, je ne me convaincs pas de ce type d'initiative. On ne peut à la fois mettre en avant le mérite et l'effort et fixer comme première condition à la reconniassance de la République d'appartenir à tel ou tel sexe.

par sébastien
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Jeudi 20 mars 2008

Il y a 5 ans, les Etats-Unis envahissaient l'Irak, au motif que Saddam avait des liens avec Al Qaida et qu'il possédait des armes de destruction massive.

5 ans plus tard, on sait qu'il n'avait pas ces armes et qu'il n'entretenait pas de relations avec le réseau de Ben Laden.

3.000 milliards de dollars plus tard, selon l'estimation de Joseph Stiglitz, l'Irak constitue le terrain de jeu de tous les fanatismes et un champ de batailles entre chiites et sunnites.

4.000 morts américains et entre 100.000 et 1,2 millions de morts irakiens plus tard (cf. Le Monde de ce jour pour des explications sur ces difficultés d'évaluation), le président des Etats-Unis et son vice-président osent parler de succès.

Plus c'est gros, plus ça passe, avait l'habitude de dire un ancien de nos présidents. Mais, là, il faut quand même oser.

Exit Abou Ghraib, exit Guantanamo, exit la guerre civile, exit ce précédent de la guerre préventive, tout est bien qui finit bien puisque, rassurez-vous, la démocratie, exportée par les GI's, est en marche.

Le nombre d'écoles et d'hôpitaux que l'on aurait pu construire avec 3.000 milliards de dollars ! Cela aurait bien mieux servi la sécurité des Etats-Unis en redorant son blason dans le monde.

On ne perd jamais vraiment à faire le pari de la générosité. On perd à tous les coups à jouer les apprentis-sorciers de la scène internationale.

Il ne manque plus qu'un krach financier, et Bush sera le plus ravi des enfants de la crèche et le plus mauvais président de l'histoire des Etats-Unis !

par sébastien
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Jeudi 20 mars 2008
Nous sommes dans un Etat laïc.  C'est entendu. Toutes les religions sont autorisées. L'Etat n'en privilégie aucune.
Alors, pourquoi donc nous est-il permis d'assister chaque dimanche matin à une messe sur France 2, chaîne publique ?
Cela me paraît assez en contradiction avec le principe de laïcité. Ou alors, il faudrait enchaîner d'autres cérémonies religieuses, de confessions différentes, les unes après les autres, ce qui n'est pas le cas.
Que la chaîne France 2 continue de faire, comme elle le fait très bien, des émissions sur l'histoire des religions me paraît, pour le coup, tout à fait conforme à sa mission de service public. Elle le fait très bien.
Mais qu'elle diffuse une messe marque une préférence, puisqu'il ne sagit plus de commenter une histoire, des textes ou la vie de personnages, mais de diffuser une pratique. Ce faisant, la neutralité de l'Etat n'est-elle pas remise en cause ?
Si, de surcroît, comme je le pense, cette diffusion correspond à une obligation fixée par le cahier des charges de l'Etat, alors, pour le coup, le lien entre la préférence affichée et la politique publique est évident, et, donc, le principe de laïcité, encore plus vraisemblablement remis en cause.
Je m'étonne que les esprits zélés qui essaient d'avancer leurs pions pour voir jusqu'où ils peuvent aller dans la définition d'accommodements raisonnables avec l'Etat ne se soient point alarmés de cette question  ... !
par sébastien
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Dimanche 16 mars 2008
Jusqu'à aujourd'hui, le droit ne reconnait que deux circonstances qui justifient le crime : la guerre et la légitime défense.
Faut-il prévoir une troisième circonstance, celle où c'est la victime elle-même qui demanderait d'être tuée ?
C'est la question à laquelle la tragédie de Mme Sébire nous invite à répondre. Peut-on prévoir des circonstances et une procédure qui autoriseraient un citoyen à en tuer un autre, avec l'accord de l'Etat ?
Les opposants à une telle autorisation invoquent, généralement, trois arguments :
- d'abord, les textes seraient difficiles à écrire : la souffrance étant subjective et les progrès de la médecine aléatoires, comment définir les paramètres qui circonscriraient avec la précision nécessaire le moment où, le mal étant incurable et la souffrance insupportable, le droit de tuer serait autorisé ? ;
- ensuite, il n'appartiendrait pas au médecin de tuer, mais de guérir : l'euthanasie serait donc contraire aux principes fondateurs de la médecine ;
- enfin, ultime argument, la vie étant chose sacrée, le droit à la vie serait, en toutes circonstances, préférable au droit à la mort.

De l'autre côté, ceux qui plaident pour l'euthanasie indiquent, respectivement, sur chacun de ces trois points :
- premièrement, que d'autres pays ont su définir les circonstances et les procédures autorisant l'acte : l'argument de la technique juridique n'en est pas un. Il existe, objectivement, une mesure du mal et une connaissance de son évolution qui permettent d'écrire des textes à portée universelle ;
- deuxièmement, l'argument selon lequel le médecin ne saurait tuer est un argument qui fait fi des réalités : tous les jours, des médecins feraient le choix de ne plus soigner, considérant que le prolongement d'une souffrance extrême, conjuguée à l'illusion d'une guérison, ne sont pas davantage conformes à la mission qu'ils ont épousée en prêtant serment ;
- enfin, et troisièmement, l'argument du droit sacré à la vie, en toutes circonstances, relève de croyances religieuses et n'a donc pas à prévaloir dans un Etat qui sépare la loi de Dieu et celle des hommes.

Comment se positionner devant ces deux visions qui occupent largement l'espace du débat ?

D'abord, regretter les visions extrémistes qui marquent ces deux discours :
- dire que nulle évolution n'est possible parce que le droit ne saurait prendre en compte ces situations me paraît être la marque de l'argument d'autorité par excellence ;
- l'invocation de même du droit à la vie me parait déplacé : on ne peut pas à la fois plaider pour la laïcité dans les textes et mettre en avant ses croyances dans les faits. Qui donc peut décider du caractère sacré de la vie que celui ou celle qui la détient en propre, Mme Sébire en la circonstance ? ;
- mais, pas davantage, me parait convenir le discours sur la "dernière liberté" : quelle est donc cette liberté qui n'invite pas au choix ? C'est parce qu'elle souffre terriblement et parce que tout espoir de guérison est perdu que Mme Sébire veut mourir : ce choix là n'en est pas un, cette liberté là n'en est pas une. Il ne s'agit pas de la dernière liberté mais de l'ultime contrainte. Ne donnons donc pas à cet acte le caractère libre qu'il ne revêt pas ;

Bref, j'aimerais que dans ce débat, on dépasse de chaque côté les discours moralisateurs qui ne me semblent pas correspondre aux faits. Une morale de la vie d'un côté, une morale de la liberté de l'autre.

Ce qui importe, c'est de soulager la peine. C'est le rôle de la société en général. Ici, comme ailleurs.
par sébastien
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Samedi 8 mars 2008
J'aime bien me demander ce que sera le monde et ce que sera l'espèce humaine dans 100, 1000, 100.000 ans ! D'ailleurs, à la question "à quelle époque tu aurais aimé vivre ?", je réponds invariablement "dans un avenir lointain" !
Intéressant, en effet, d'essayer d'entrevoir l'avenir, à un moment où les nouvelles technologies modifient le rapport à l'espace et au temps.
L'apparition d'une nouvelle technologie a toujours eu des conséquences sur l'organisation de la société. Le langage a permis la transmission des savoirs, l'écriture a permis de les diffuser au-delà des tribus, assurant la puissance des premiers Etats, l'imprimerie a permis la remise en cause des dogmes, ouvrant la voie aux Etats-nations, affranchis de l'Eglise ... Quel sera l'apport des nouvelles technologies ?
La littérature est très riche sur cette question et les conclusions diverses.
Pour ma part, j'ai tendance à penser qu'à bien des égards, l'Homme, paradoxalement, en découvrant de nouvelles technologies, retourne vers d'anciennes formes de croyances ou d'organisations sociales :
- en matière de croyances, les Hommes se détachent du monothéisme pour se fabriquer leurs dieux multiples. Confronté au marché du religieux, l'Homme butine, se construisant son propre syncrétisme. Le monde comme un immense candomblé ! Quel avenir pour le dogme à l'ère du zapping ? Dieu est mort, les dieux sont de retour ! Le monothéisme, comme une parenthèse, courte finalement, entre les croyances polythéistes d'hier et celles de demain.
- en matière d'organisations collectives, c'est faire preuve de peu d'imagination que de dire que les Etats-nations sont voués à disparaître sous les coups de butoir de la mondialisation et le besoin, par effet de balancier, d'affirmer ses racines. Retour aux tribus fondées sur le partage d'identités sûres. A la différence, toutefois, que le prochain ne signifie pas forcément le proche.
Tribus et polythéismes, monde d'hier et monde de demain !
Les Indiens disent que l'avenir est derrière nous parce qu'on ne peut pas le voir ! Il est aussi derrière nous, parce que l'Homme, en ses affects essentiels, ne change pas fondamentalement. Demeurent toujours,en effet, et plus que jamais, le besoin de sens et d'affection.
par sébastien
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Lundi 3 mars 2008
Avec les municipales, vient le temps des propositions.

Difficile de se distinguer sur le fond. Chaque candidat prétend à assurer davantage de sécurité, à créer davantage d'emplois, à bâtir davantage de logements, à mettre en place davantage d'installations sportives, ... Ce sont des objectifs bien naturels.

Sur quoi, dès lors, fonder ses différences ?

Et bien, peut-être, sur la manière de vivre ensemble. Au-delà des conditions qui favoriseront le développement économique, il faut aussi créer celles qui assureront l'épanouissement de tous. Au-delà de l'accroissement des biens, favoriser aussi le développement des liens.

Et pourquoi, dans ce cadre, ne pas instaurer de nouvelles occasions de se réunir ?

Non pas en fixant des objectifs précis. Non pas une "Nuit blanche" de plus dédiée à la contemplation de l'art contemporain. Non pas des quais ensablés pour le bien-être de jeunes qui n'ont pas la chance de partir en vacances. Toutes choses fondamentalement utiles par ailleurs.

Mais si, plutôt, on pensait à créer une fête ... de la fête ?! Une fête pour célébrer le simple fait d'être ensemble, sans prétexte, autre que celui de se retrouver. Non pas une fête où chacun danse seul de son côté, c'est-à-dire la fête pour soi, et qui donc n'en est pas une ! Mais plutôt une fête pour réhabiliter la fête !

Il y a bien le carnaval, où l'on s'avance avec des masques et l'on prend plaisir à être avec les autres en étant soi-même un autre.

Il y a bien les fêtes diverses qui célèbrent un art particulier (musique, cinéma, patrimoine vivant, ...).

Mais il n'existe pas la fête de la fête, celle qui reconnaîtrait l'intérêt à être ensemble pour le seul plaisir d'être ensemble.

Reconnaître de la sorte qu'il n'y a pas de société vivante sans découverte gratuite de l'autre. Refonder les liens sans exiger l'apport d'un talent. Reconnaître, enfin, que la seule fête qui compte est celle qui lie les gens, la ronde plutôt que le déhanchement solitaire, la communion dans le spectacle vivant plutôt que l'autisme high tech !

Réhabiliter le sens de la fête, ce n'est pas plaider pour la débauche ... C'est rappeler que rien ne vaut qui ne soit partagé. C'est donc, par l'exemple, prêcher les vertus du projet collectif.
par sébastien
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