Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Vendredi 1 avril 2005

Ce serait probablement exagérer leur importance que de croire les émissions de télé-réalité révélatrices des traits qui caractérisent aujourd'hui la société française. Ce sont d'abord, évidemment, des opérations commerciales.

Mais, justement, c'est parce que leurs créateurs visent un public le plus large possible qu'ils essaient de satisfaire les attentes majeures des Français. Et, en cela, les caractéristiques communes à leurs productions donnent des indications sur ce que nous sommes et sur ce que nous recherchons.

A mon sens, trois caractéristiques, en particulier, se dégagent de toutes ces émissions :

1) Le souci de transparence, d'abord. Rien ne doit rester dans l'ombre. Surtout pas le plus intime. On filme partout, tout le temps. La transparence, n'est-ce pas justement ce que réclame la population à l'égard de leurs dirigeants, de l'Etat, du pouvoir ?

2) La compétition individuelle, ensuite. Dans chaque "jeu", il n'y a qu'un vainqueur. Ce qui compte, ce n'est pas le projet collectif, c'est la consécration de l'individu-roi.

3) La prédominance des identités, enfin. Dans chaque production, ce qui compte c'est davantage ce que l'on "est" que ce que l'on "a", davantage le caractère que les connaissances, le physique que l'expérience. L'identité, ce que l'on "est", est ainsi plus essentielle pour vaincre que la somme de ses connaissances et de ses expériences : pour gagner "Loft Story", il faut se contenter d'être soi, pour vaincre dans "L'île de la tentation", dans "Bachelor" ou dans "Opération séduction", il est mille fois préférable d'être beau.

Prédominance des identités au point même que l'on peut parler de la constitution, dans chaque programme, de "micro-sociétés" : à chaque fois, il faut le beur, le beau gosse, la bourge ou le gay de service.

Prédominance des identités, toujours, lorsqu'elles sont à la base même du concept de l'émission : "Queer" joue de la confrontation homo/hétéro, "les colocataires" de l'affrontement garçons/filles.

Ainsi, la télé-réalité, au-delà de l'émotion programmée et de la scénarisation du réel qui, il est vrai, la caractérisent également, semble aussi révéler certaines tendances lourdes de notre vécu collectif.

Une émission qui regrouperait des personnes, en considération de leurs seules connaissances et expériences, dans le but d'élaborer un projet collectif utile à la société tout entière, aurait-elle quelque chance de succès ? 

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Vendredi 1 avril 2005

Le 25 mars dernier, un appel a été lancé à l'initiative du mouvement sioniste Hachomer Hatzaïr et de Radio Shalom pour dénoncer les "ratonnades anti-blancs" qui, selon eux, se sont produites lors des manifestations lycéennes du 8 mars.

Il s'agit du texte qui suit :

"Il y a deux ans, presque jour pour jour, le 26 mars 2003, quelques uns d’entre nous lançaient un cri d’alarme.

Quatre jeunes du mouvement Hachomer Hatzaïr venaient de se faire agresser en marge d’une manifestation contre la guerre en Irak parce qu’ils étaient Juifs. Une tentative de lynchage en plein Paris, un scandale.

La mobilisation des médias, des politiques, des simples citoyens, a été formidable.

Mais aujourd’hui les manifestations lycéennes sont devenues, pour certains, le prétexte à ce que l’on peut appeler des «ratonnades anti-blancs ».
Des lycéens, souvent seuls, sont jetés au sol, battus, volés et leurs agresseurs affirment, le sourire au lèvres : « parce qu’ils sont Français ».

Ceci est un nouvel appel parce que nous ne voulons pas l’accepter et parce que, pour nous, David, Kader et Sébastien ont le même droit à la dignité.

Ecrire ce genre de textes est difficile parce que les victimes sont kidnappées par l’extrême droite.

Mais ce qui va sans dire, va mieux en le disant : il ne s’agit pas, pour nous de stigmatiser une population quelle qu’elle soit. A nos yeux, il s’agit d’une question d’équité. On a parlé de David, on a parlé de Kader mais qui parle de Sébastien ?"

Cet appel a été signé notamment par Bernard Kouchner, Alain Finkielkraut, Pierre-André Taguieff ou encore Jacques Julliard.

Il a, en revanche, été dénoncé, entre autres, par le MRAP, SOS Racisme et la Ligue des droits de l'homme.

J'aimerais savoir ce que vous inspire cette initiative, si vous la soutenez ou non.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
ajouter un commentaire commentaires (16)    créer un trackback trackback (1)    recommander
Mercredi 30 mars 2005

Dans un précédent article, j'avais dit ce que m'inspiraient les propos tenus par Dieudonné à Alger. En particulier, j'estimais que la technique de l'amalgame et le sens de la provocation rapprochaient finalement sa rhétorique de celle des leaders d'extrême-droite.

Cet article a fait l'objet de commentaires qui désapprouvaient mon propos.

Après le dernier commentaire de Makia du 19 mars, je souhaite refaire un article sur ce thème pour poursuivre le débat. D'autant plus que "l'appel des indigènes de la République" a, depuis, relancé la question.

Le commentaire de Makia appelle en ce qui me concerne 3 remarques :

D'abord, je ne vois pas pourquoi il faudrait critiquer les commémorations de la Shoah, que Makia juge trop répétées, pour mieux mettre en lumière les autres affres de l'histoire qu'il déplore, et que nous déplorons avec lui. Pourquoi faudrait-il minorer un crime pour mieux en révéler un autre ?

En second lieu, je ne crois pas que l'amalgame entre évènements et périodes diverses de l'Histoire, qui est une constante du discours de Dieudonné, soit le moyen le plus efficace pour faire émerger la vérité. Comparaison n'est pas raison.

Enfin, Makia semble mettre les malheurs actuels de l'Afrique sur le seul compte de la colonisation. C'est faire fi des responsabilités des gouvernements qui sont en place depuis l'Indépendance. Sur ce sujet, je conseille la lecture de "Négrologie", l'essai de Stephen Smith, spécialiste de l'Afrique et correspondant du "Monde", dans lequel l'auteur s'étend longuement sur cette posture de victime adoptée par la majorité des gouvernants, et qui leur permet de mieux fuir leurs propres responsabilités.

L'exemple de la Côte d'Ivoire est parlant. Les auteurs de "l'appel des indigènes de la République", entre autres sujets, accusent l'Armée française "de se conduire en Côte d'Ivoire comme en pays conquis".  

Faut-il rappeler cette vérité première que si la France ne s'était pas interposée, il y aurait eu une guerre civile dans ce pays. Et il y en aurait sûrement une si on se retirait. A coup sûr, les mêmes, qui aujourd'hui accusent la France pour son implication, lui auraient volontiers fait porter la responsabilité de massacres si elle avait décidé de ne pas intervenir.

Faut-il rappeler que les malheurs de ce pays sont nés en réalité avec l'émergence du concept d'ivoirité sous Konan Bédié. Si Gbagbo a été légalement élu, il reste que son élection est entachée d'un vice de légitimité originel, en raison de l'interdiction qui était faite à Ouattara de se présenter, alors même qu'il était ancien Premier ministre. C'est ainsi une large partie de la population qui ne s'est pas reconnue dans cette élection. Est-ce la faute aux Français ?

L'indignation que l'on peut comprendre sur tel ou tel sujet perd de sa force lorsqu'elle permet de confondre dans une même dialectique, qui oppose victimes et bourreaux, des évènements qui n'ont rien à voir les uns avec les autres.

"L'appel des indigènes de la République" apparaît dès lors comme un projet "fourre-tout" qui ne sert pas la vérité. La technique employée, qui pose sur le même plan des sujets différents et qui poursuit en cela la "méthode" Dieudonné, nuit à la pertinence du discours, alors même que certaines revendications peuvent, sur tel ou tel point, paraître fondées.

 

par sébastien publié dans : Politique-France
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mercredi 30 mars 2005
Surtout ne pas faire du référendum un raffarindum !
par sébastien publié dans : Politique-France
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Lundi 28 mars 2005

On aurait tort, parce que les sondages sont désormais mauvais pour le camp du "oui", de reprocher à Jacques Chirac d'avoir choisi le référendum pour ratifier le projet de traité constitutionnel. Que n'aurait-on pas dit, en effet, si, sur un texte de cette importance, il avait préféré la voie parlementaire ? C'eût été contraire à la tradition française qui, du plébiscite napoléonien au référendum gaulliste, voit dans la consultation directe des Français l'exercice d'une démocratie authentique.

Mais est-elle véritablement si parfaite, cette tradition, dès lors que les Français, appelés à voter sur un texte précis, se servent au contraire de cette occasion pour en faire l'exutoire de toutes leurs peurs ?

Des agriculteurs, qui veulent sanctionner la réforme de la PAC, aux altermondialistes qui veulent s'opposer au monde tel qu'il va, en passant par les souverainistes de gauche ou de droite pour qui la nation constitue la frontière indépassable, chacun voit dans cette consultation l'occasion de dire ce qu'il a sur le coeur.

Dès lors, l'usage du référendum paraît plutôt naïf et dangereux :

- naïf, car comment croire en effet que les Français puissent se prononcer en connaissance de cause sur un texte de 300 pages ? Comment leur choix, pour la majorité d'entre eux, pourrait-il être véritablement informé ? Devant l'ampleur de la tâche, la décision finale sera plus sûrement guidée par des considérations irrationnelles, ce que les tenants du "non", en agitant toutes sortes d'épouvantails, ont bien compris ;

- dangereux, aussi, car ne déconsidère-t-on pas de la sorte la démocratie en dévalorisant le rôle des élus dont c'est la mission que de se prononcer sur des sujets si complexes ? En élisant leurs représentants, les Français leur délèguent un pouvoir en raison de leur expérience, de leur formation ou des promesses qu'ils ont pu faire ici ou là. En quoi, dès lors, la démocratie représentative serait-elle moins légitime que la démocratie directe, quand il s'agit de faire des choix informés dans l'intérêt de la collectivité tout entière ?

Ainsi, si au regard de la tradition, l'usage du référendum pour le traité constitutionnel est justifié, il reste, qu'en pratique, il peut aboutir à une régression du débat public et à des dérives populistes. Contrairement à une idée largement répandue, la démocratie directe, à l'ère des médias qui privilégient l'image et le slogan, ne paraît pas un concept si favorable que cela.

Aussi, je crois que l'usage du référendum devrait n'être envisageable qu'en deux circonstances :

- lorsque, premièrement, la question posée n'appelle pas au préalable la lecture et la compréhension de textes longs et complexes, auquel cas la démocratie représentative devrait être préférée. Un référendum sur la durée des mandats pourrait, par exemple, entrer dans ce cadre ;

- lorsque, deuxièmement, la question porte sur des enjeux locaux qui touchent au quotidien des Français.

En réalité, le bon usage du référendum pose, de manière plus large, le problème de la gouvernance à l'heure de la mondialisation : comment rendre légitimes des institutions qui, pour être efficaces, devront agir à un niveau continental ou mondial, c'est-à-dire loin des électeurs ? Comment concilier la complexité, intrinsèque à ces constructions nouvelles, et la légitimité, dévolue par le consentement populaire ?

Sur ce sujet, je conseille la lecture utile de "La démocratie-monde" de Pascal Lamy.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 26 mars 2005

Une fois n'est pas coutume, je vais parler de moi.

Non par goût de l'exhibition, même si cet outil s'y prête, mais parce que j'ai le sentiment que les remarques qui suivent peuvent concerner d'autres que moi.

Les hasards de la vie ont fait que je suis tombé amoureux d'une personne de même sexe, étrangère et séropositive. Certains pourront penser qu'il y a là un vice masochiste, enfoui quelque part, qui se révèle, mais enfin c'est ainsi !

Il nous est apparu très vite que mon ami aurait de meilleures chances de guérison en France et nous nous sommes donc intéressés au moyen de le faire rester en France en toute régularité, naturellement, pour qu'il puisse s'y soigner.

Etant un couple de même sexe, le grand avantage, c'est qu'il n'y a pas l'embarras du choix sur la manière d'apparaître tels que nous sommes aux yeux de la loi : il n'y a que le Pacs.

Mais la solution n'en est pas une. Pourquoi ?

L'obtention de la carte de séjour, qui permet d'accéder à un emploi, ne s'obtient qu'au bout d'un an de vie commune et encore est-elle laissée à l'appréciation de chaque préfecture.

Or, en attendant, mon ami ne peut rester en France qu'avec un visa de tourisme, lequel ne dure que 3 mois.

Par conséquent, il lui faudra faire au minimum 4 allers-retours jusqu'à la décision de la préfecture.

La procédure a donc deux gros défauts : elle est coûteuse et incertaine.

Bref, ne pouvant pas financièrement assumer les nombreux allers-retours ainsi qu'une telle prise en charge pendant un an, nous n'avons pas tenté l'aventure. C'est bien le mot.

Autre réglementation qu'il conviendrait de changer : l'Aide Médicale d'Etat. Pourquoi ?

Parce qu'on ne peut accéder à l'Aide Médicale d'Etat que si l'on apporte la preuve que l'on est en France depuis plus de 3 mois.

Or, comme un visa touristique dure 3 mois, il faut être clandestin pour se faire soigner !

Le choix pour mon ami, au final, est donc le suivant : être soigné en France dans la clandestinité ou souffrir, pour ne pas dire plus, dans la régularité au Brésil.

Il a choisi de respecter la loi ... 

par sébastien publié dans : vie gay
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Jeudi 24 mars 2005

A l'approche du référendum sur le projet de traité, Chirac et Raffarin jurent leurs grands dieux qu'ils ne laisseront pas passer le projet de directive sur les services, communément appelé désormais le projet Bolkenstein.

En particulier, ils veilleront à ce que le principe du pays d'origine ne soit jamais appliqué, ce principe selon lequel une entreprise étrangère qui viendrait vendre ses services en France serait soumise au droit de son pays. Principe, la précision est utile, applicable uniquement dans le cas où l'entreprise étrangère détacherait des travailleurs de manière temporaire dans le pays où le service sera rendu. En cas d'établissement permanent, c'est toujours le droit du pays de destination qui s'appliquera.

La désapprobation soudaine de l'exécutif français laisse songeur car le principe en question n'est pas nouveau et le projet Bolkenstein n'est pas récent.

1) le principe n'est pas nouveau : il est présent dans d'autres textes comme la directive sur la télévision sans frontières ou le projet de réglement sur la promotion des ventes. Il était également à l'origine dans le projet de directive sur les pratiques commerciales déloyales.

2) le texte n'est pas récent : cette proposition a été adoptée par le collège des commissaires le 13 janvier 2004, il y a plus d'un an, à l'unanimité (donc avec l'accord des deux commissaires français de l'époque : Pascal Lamy et ... Michel Barnier !). Elle a déjà été à l'ordre du jour du Conseil des ministres à deux reprises. Un avis du Comité des Régions a été rendu en septembre.

Que retenir de tout cela ? Deux choses, à mon avis :

1) D'abord, l'assez grande indifférence des leaders d'opinion français sur ce qui se passe à Bruxelles : imagine-t-on des débats en France sur des questions aussi sensibles, un an uniquement après leur adoption au Conseil des Ministres, ou même après un premier passage à l'Assemblée nationale ou au Sénat ?

2) L'hypocrisie du Gouvernement qui s'offusque d'un texte dont il a connaissance depuis plus d'un an et d'un principe qui a déjà été appliqué par ailleurs.

Il a donc fallu des circonstances particulières, à savoir l'approche du référendum et l'intérêt des médias, pour que le gouvernement surréagisse. Ce qui en dit long sur la sincérité de sa démarche.

Là, comme ailleurs, il serait préférable que le Gouvernement agisse, par un effort de proposition, plutôt qu'il ne réagisse, selon les humeurs de l'opinion.

par sébastien publié dans : Politique-Europe
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 22 mars 2005

A en croire les brillantes études qui font la une des quotidiens de l'après-midi, la France serait aujourd'hui le pays de la sinistrose. Les Français n'auraient pas le moral. Et les patrons, les plus petits d'entre eux en tout cas, pas davantage.

Cette morosité ambiante s'explique d'abord, semble-t-il, par les incertitudes de l'avenir. De quoi demain sera-t-il fait ? On ne sait pas trop : les retraites seront-elles payées ? Les salaires vont-ils augmenter ? Les délocalisations continuer ? Les Français n'ont jamais autant épargné. Et il faut faire preuve d'imagination pour qu'ils remettent des liquidités dans le circuit (déblocage anticipé de la participation, franchise sur les donations, ...).

Les Français s'interrogent. Et lorsqu'on a plus de questions que de réponses, on finit par angoisser.

Comment modifier cette attitude ? Quelle traitement collectif appliquer d'abord ?

Et si, à la manière du patient qui va voir son psy, on commençait par dire la vérité ?

N'est-il d'abord pas là le rôle du Gouvernement et du Premier ministre que d'éclairer l'opinion sur ce qui va et ne va pas, plutôt que de lui adresser des slogans formatés ? N'est-il pas temps, d'en finir, en un mot, avec la "politique du non-dit" ?

La Turquie dans l'Europe ? Peut-être ben que oui, peut-être ben que non, à vous de voir : non-dit.

L'Europe-puissance, rêve ou réalité ? Difficile à dire, tout est jouable, peut-être ben que c'est possible, peut-être pas : non-dit.

Les frontières, on va jusqu'où ? Ukraine, Maghreb, Russie, Caucase. Difficile à dire, on verra plus tard : non-dit.

La réforme de l'Etat ? Réduire le train de vie, oui mais comment ? Baisser le nombre de fonctionnaires ? Peut-être mais surtout ne pas le dire. Non-dit.

Les choix économiques ? La croissance, ça c'est sûr. Pour le reste, comment on fait, quelle politique on suit ? Non-dit.

Et quand on ne dit pas ce qu'on fait, il arrive qu'en plus on tente des coups en douce : les amendements de nuit auxquels on n'a pas fait attention, la réforme des 35 heures qu'on laisse le soin aux députés de proposer ...Le Gouvernement ajoute alors l'hypocrisie au mensonge.

A force de ne pas dire ce qu'on fait, de prononcer les mots creux et de s'évertuer à caresser dans le sens du poil, on finit par endormir.

N'attendons-nous pas d'abord d'un gouvernement qu'il propose et qu'il fasse ? Imagine-t-on les Français définitivement incapables d'entendre un langage de vérité ? 

Et si le Gouvernement décidait d'avoir une politique et de le dire haut et fort ? De précéder l'opinion plutôt que de la suivre ? D'agir plutôt que de réagir ? 

par sébastien publié dans : Politique-France
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 20 mars 2005

Vu cette semaine le dernier film de Jacques Audiard : "De battre mon coeur s'est arrêté".

J'y suis allé pour le titre, que je trouvais sympa, et en raison de la critique, plutôt élogieuse.

C'est l'histoire d'un agent immobilier, la jeune trentaine, très magouilleur, qui, suite à une rencontre fortuite avec un ancien professeur de piano, décide de reprendre la musique et, pourquoi pas, d'en faire sa nouvelle raison de vivre.

J'ai trouvé que c'était un bon film, plutôt noir, mais avec des scènes cultes franchement comiques : notamment une scène où notre héros se fait engueuler par sa prof de piano, le tout en chinois auquel il ne comprend pas un traître mot. Ou cette scène, où il apprend à son père qu'il a couché avec la femme d'un mafioso russe, ce qui lui vaut cette réplique cinglante prononcée par un Niels Arestrup, totalement désabusé : "je crois que tu deviens con, mon fils !". Génial !

Je ne trouve pas que le film vaut pour son histoire, qui est finalement assez simple et sans grand rebondissement. On retrouve un thème déjà exploré dans "sur mes lèvres" : quand devient-on réellement adulte ? Pour être soi, faut-il un moment ou un autre accepter de rompre le cours de sa vie, tel qu'il se déroule naturellement ? Film sur la rédemption aussi, sur comment être meilleur.

Le film vaut surtout, à mon sens, pour la mise en scène : le choix de la caméra à l'épaule restitue ce parfum d'ivresse dans lequel semblent tremper la majorité des protagonistes. Les couleurs sont travaillées. On sent qu'Audiard prend un soin particulier à filmer Paris, la nuit, et à accompagner le tout par une bande-son bien choisie.

De la sorte, Audiard poursuit une recherche esthétique déjà repérable dans "sur mes lèvres". La tentation du clip par moments apparaît. Je trouve ça très réussi.

Bref, un "beau" film, au premier sens du terme. 

par sébastien publié dans : cinéma
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Vendredi 18 mars 2005

Les deux articles que j'ai publiés sur l'affiche Girbaud sont ceux qui à ce jour ont attiré le plus de réactions sur mon blog.

J'en déduis deux conclusions :

1) Pour lancer le débat, peut-être faut-il être volontiers provocateur ?

2) La question du respect des identités et de la manière de les faire vivre en collectivité est une question sensible.

Finalement, n'est-il pas logique de réagir davantage lorsqu'on est touché au coeur ?

En définitive, cette "affaire" pose la question : jusqu'où peut-on aller trop loin ?

A son tour, aujourd'hui, Olivier Roy, spécialiste de l'Islam, essaie de répondre à cette question. Pour lui, en agissant de la sorte, les Chrétiens développent une attitude communautariste.

Sur son site, Michel-Edouard Leclerc dénonçait lui-aussi assez vigoureusement la décision du juge.

J'aimerais qu'on poursuive ce débat, en particulier que l'on essaie de définir la frontière qui limiterait le droit à l'expression ou à la caricature. Qui limiterait par conséquent le champ d'interprétation du juge.

Vad a proposé dans un commentaire de faire une différence entre ce qui relève du commerce et qui serait interdit et ce qui relève de l'art qui serait autorisé.

Pour ma part, dans ma réponse, j'ai formulé plusieurs réseves sur cette lecture. Qu'en pensez-vous ?

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Recherche

blog religion sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus