Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Vendredi 23 février 2007
Après l'échec en Irak, les Etats-Unis redécouvrent le problème palestinien. La théorie des dominos, qui allait démocratiser le Proche-Orient, sur le modèle Irakien, a raté. Dès lors, voilà le Département d'Etat revenu à des fondamentaux plus réalistes, prêt à reconnaître que le problème israélo-palestinien est, sinon la mère de tous les problèmes de la région, au moins son épine la plus douloureuse. Il est temps de s'en préoccuper à nouveau après 6 ans d'absence d'initiatives véritables.

Ainsi, Condoleeza Rice a-t-elle réuni Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas la semaine dernière. Cependant, rien de concret n'est sorti de cette rencontre au sommet, chacun reconnaissant seulement que la solution passe par deux Etats. Cela est déjà bien connu. Bush avait fait sienne cette solution en 2005. En somme, rien de nouveau sous le soleil.

Dans le même temps, Israël poursuit sa politique du fait accompli, en continuant la colonisation de Jérusalem Est. Elle continue de bloquer les taxes normalement dues à l'Autorité palestinienne. Elle construit un mur dont le tracé s'enfouit au-delà de la ligne verte, divisant les villages palestiniens. Elle refuse toujours de reconnaître un gouvernement issu des urnes.

Dès lors, quel crédit accorder au désir de paix d'Ehoud Olmert ? Quand les actes contredisent les pensées, ne demeurent que les actes et s'évanouissent les pensées.

Quel est donc cet Etat palestinien que sont prêts à accepter Israël et les Etats-Unis dès lors qu'on laisse s'implanter les colonies aux endroits stratégiques ?

La politique du fait accompli constitue la politique du pire.
par sébastien publié dans : politique-monde
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Vendredi 23 février 2007
Un évènement est passé à peu près inaperçu cette semaine alors qu'il constitue selon moi un fait marquant : Zilla Huma Usman, ministre des Affaires sociales de la province du Pendjab, au Pakistan, a été assassinée d'une balle dans la tête lors d'une rencontre avec des militants de son parti.

Le meurtre a été commis par un militant islamiste qui reprochait à Mme Huma de porter des vêtements non conformes au code vestimentaire musulman. Âgée de 35 ans, Mme Huma militait pour les droits des femmes.

Le suspect avait déjà été arrêté il y a deux ans pour le meurtre de deux prostituées, mais libéré faute de preuve. Il aurait commis d'autres agressions contre des femmes pour des questions de moralité.

La ville de Gujranwala, où l'assassinat a été commis, a connu des émeutes en avril 2005, après que la police eut empêché des militants islamistes de perturber une épreuve sportive à laquelle participaient des femmes.

Plusieurs enseignements, selon moi, de ce tragique évènement :

1) Le terrorisme est d'abord un problème du Sud, comme le montre encore l'attentat du train de l'Amitié entre l'Inde et le Pakistan qui a fait plus de 60 morts. Si le Nord n'est pas sécurisé, il est néanmoins moins touché que le Sud. Le combat contre le fanatisme est un combat contre l'obscurantisme où qu'il soit, et sûrement pas le choc entre diverses civilisations ;

2) Le terrorisme vise tout le monde en général mais les femmes, aux yeux de ces assassins, constituent une cible de choix, encore plus justifiée que les autres, selon leur idéologie ;

3) A ceux qui en douteraient encore, la vraie fracture n'est pas entre l'Occident et l'Islam, elle passe à l'intérieur de ce dernier, entre l'Islam dit des Lumières, cher à un Malek Chebel par exemple, et l'islam fondamentaliste, ce fascislamisme, comme le nomme Bernard-Henri Lévy ;

4) Dès lors se pose la question de la manière dont nous pouvons lutter contre cet extrémisme. "Comment guérir un fanatique ?" (Amos Oz), voilà la question qui se pose, comment vaincre une idéologie totalitaire qui ne veut le monde qu'à son image et qui refuse l'Autre ? Voilà le défi pour demain.

par sébastien publié dans : politique-monde
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Vendredi 23 février 2007
Trois salariés du site Renault à Guyancourt ont décidé de mettre fin à leurs jours, en octobre, janvier et février. Ces suicides à intervalles rapprochés posent de manière légitime la part prise dans cette décision ultime par les difficultés intervenant sur leur lieu de travail. Le dernier des 3 suicidés a d'ailleurs laissé une lettre dans laquelle il explique son geste par les conditions de travail insupportables qu'il était amené à subir.

Ce sont là des évènements tragiques qui rappellent que derrière les chiffres il y a des hommes. Derrière la froideur des objectifs, il y a la sensibilité des êtres.

L'économie marchande fonctionne un peu sur l'idée que ce qui est bon pour l'entreprise ne l'est pas pour les hommes, que la réduction des coûts, bénéfique pour l'économie, est difficile à vivre pour l'employé. Bref, s'affirme le sentiment, à l'inverse de ce que les penseurs libéraux n'ont de cesse d'écrire, que l'intérêt général, mesuré à l'aune du seul PIB, croît en même temps que diminue la satisfaction des individus.

Sinon, comment expliquer, l'importance des suicides, le recours grandissant aux drogues et autres distractions, plus ou moins fortes, en somme la progression du mal-être dans des sociétés qui, par ailleurs, s'enrichissent ?

Ces évènements de Guyancourt posent finalement la question de notre mode de développement, fondé sur le "toujours plus", réclamé par les marchés, plutôt que sur la recherche du "mieux-être" auquel aspirent plus sûrement les hommes.
par sébastien publié dans : Politique-France
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Vendredi 23 février 2007
Le journaliste Alain Duhamel a indiqué en novembre dernier devant un un public de jeunes étudiants de Sciences Po qu'il voterait pour François Bayrou à la prochaine présidentielle. C'est une annonce qui n'avait rien de solennel, qui était dite en passant, au milieu d'un discours qui se voulait par ailleurs volontiers critique à l'égard du représentant de l'UDF. Apparemment, pas de quoi fouetter un chat !

Sauf que cette réunion était filmée et a été référencée sur YouTube il y a une quinzaine de jours. Dès lors, le professionnalisme, jusqu'alors reconnu de Duhamel, était remis en cause. Son impartialité, mise en doute. Dans ce contexte, il a été mis en congé de France Télévisions. Le président de cette dernière, Patrick de Carolis, considérant que Duhamel avait manqué à son devoir d'indépendance.

Pourquoi pas ? Le raisonnement se tient. Puisque Duhamel n'aurait pas respecté le code de déontologie attaché à sa fonction, il n'est pas injuste, qu'il soit mis sur la touche le temps de la campagne.  Il a d'ailleurs assez bien accepté la sanction.

Mais, je ne peux m'empêcher de faire le lien entre cette histoire et celle sur Jean-Luc Delarue dans l'avion le menant à Johannesburg mi-février. Apparemment mal à l'aise en avion, Delarue a pris quelques médicaments, qui, additionnés à pas mal d'alcool, lui ont fait péter les plombs. Il a fini par se promener à poil dans l'avion, à insulter un peu tout le monde et autres menus divertissements qui lui ont valu, au final, plusieurs plaintes du personnel naviguant.

Evidemment, Delarue ne sera pas sanctionné par sa chaîne. Il ne sera pas mis en congé de France Télévisions.

Et pourtant ... Qu'y a-t-il de plus dévalorisant pour une entreprise : le salarié qui exprime une opinion ou celui qui se ridiculise dans la violence et l'insulte ? Faut-il sanctionner celui qui se comporte bien mais s'écarte d'un code de déontologie assez vague, ou celui qui se comporte mal en société ? Et quel est, finalement, le plus honnête : celui qui dit ce qu'il pense, ou celui qui devient à la ville le contraire de ce qu'il présente à l'écran ?

 
par sébastien publié dans : Politique-France
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