Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Mardi 1 mars 2005

Vu récemment "Concurrence déloyale", un film d'Ettore Scola sorti en 2001.

Dans l'Italie de 1938, à Rome, deux magasins de vêtements, qui sont voisins, s'accusent régulièrement de concurrence déloyale. Leurs patrons respectifs ne se supportent pas. La première famille est catholique, l'autre est juive.

Ces querelles de voisinage interviennent à une période où les mesures contre les Juifs ne cessent de monter en puissance : la confiscation des postes de radio, l'interdiction d'employer du personnel "aryen", l'impossibilité pour les enfants juifs d'aller à l'école, la suppression des licences et la fermeture des boutiques, ...

Le film montre comment ces mesures sont perçues par les différents membres de chaque famille. Les masques tombent. Les caractères se révèlent. Les anciens ennemis se lient d'amitié. Certains acceptent, d'autres s'interrogent, d'autres encore sont révoltés.

La reconstitution de cette rue romaine où se déroule toute l'histoire est réussie. Le rappel des dispositions anti-juives, jusqu'aux moins connues, est utile. Et l'émotion est distillée avec justesse. L'humour est aussi présent.

Enfin, le film rappelle que face aux mensonges professés par les chefs, l'éducation et la culture sont indispensables. 

Souvent, je me demande à quoi cela sert-il d'être cultivé. Ne peut-on pas en effet être la première puissance du monde tout en étant peuplée d'une majorité d'incultes ?

Le film apporte une réponse : la culture permet de voir plus clair, d'avoir du recul sur les choses et, finalement, d'éviter les trous noirs de l'Histoire. L'ignorance engendre la méfiance, et la méfiance peut accoucher du pire.

Voilà pourquoi l'école ne saurait être uniquement un lieu d'apprentissage de matières diverses et variées ; voilà pourquoi elle doit aussi professer des valeurs et des principes humanistes.

par sébastien publié dans : cinéma
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Lundi 28 février 2005

Faut-il ou non faire son coming out ? C'est une question que chaque gay a dû un jour ou l'autre se poser et à laquelle, grosso modo, deux types de réponses sont apportées.

D'un côté, ceux qui désirent officialiser leur identité aux yeux de tous. Dire ce qu'ils sont pour exister enfin. Désir de vérité. De transparence.

De l'autre, ceux qui refusent d'être résumés à leur sexualité. Qui pensent que mettre en avant ce qui n'est qu'une part d'eux-mêmes est également trahir la vérité.

Pour ma part, j'ai opté pour la seconde solution. Pour deux raisons, au moins :

1) D'abord, le coming out suppose d'être certain de ce que l'on est. Egalement attiré par certaines filles, dire "je suis gay" ne correspondrait pas à ma vérité. Alors, pourquoi le dire ?

2) Ensuite, ne pas blesser. Ne pas le faire pour ne pas décevoir. Il y a probablement dans cette attitude un certain manque de courage.

J'ai un ami qui, lui, a fait son coming out. Il s'est senti, après coup, si apaisé qu'il pensait avoir bien fait. Mais, par la suite, son père n'a pas accepté cette situation et leur relation se réduit désormais à un conflit larvé.

Je pense qu'à chaque individu correspond un comportement adéquat, mais que celui-ci ne sera pas forcément le même. Il n'y a pas d'attitude idéale.

Ce que je crois, en revanche, c'est que notre société sera idéale lorsqu'il ne sera plus nécessaire pour quiconque d'accomplir cet acte. Car alors,l'homosexualité sera perçue comme une sexualité possible, présente dans la nature, n'appelant aucune action d'éclat pour s'affirmer.

Et vous, coming out or not coming out ?

par sébastien publié dans : vie gay
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Lundi 28 février 2005

Testé ce weekend le gymlouvre, un nouveau sauna sur Paris.

Beaucoup d'espace, trop presque, tant la déco est réduite à la portion congrue. Vaste salle de muscu également. Le personnel est plutôt sympathique.

En revanche, la clientèle était peu nombreuse. Le sauna n'a pas l'air encore très connu.

C'est un bon club pour ceux qui font du sport leur priorité ... !

Après le Sun City ouvert fin décembre, voilà donc un nouveau sauna version XXL. Comment peut-il exister autant de saunas et de cruising bars à Paris ? Y a-t-il vraiment une clientèle pour tout le monde ?

par sébastien publié dans : vie gay
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Vendredi 25 février 2005

Virgin a créé fin 2002 un rayon exclusivement gay et lesbien dans son magasin situé au Carrousel du Louvre. Il s'appelle "My beautiful Megastore", en hommage probablement au très beau film de Stephen Frears "My beautiful laundrette".

Je l'ai découvert récemment.

Plus que d'un rayon, il s'agit en réalité d'une véritable boutique avec sa propre enseigne et sa propre organisation. Elle est située à l'entrée du Mégastore, mais il est clair qu'elle n'en fait pas partie : on y accède par une entrée qui lui est propre. Le "beautiful Megastore" n'est pas un rayon, parmi d'autres, du Megastore. C'est un "autre" magasin situé à proximité.

Cette présentation me navre.

Pour moi, l'homosexualité est d'abord une sexualité. L'amour entre personnes de même sexe est d'abord un amour au sens large.

Si je suis en faveur du mariage gay, c'est justement dans l'espoir que nous soyons tous perçus de la même manière. Pour éviter que les couples de même sexe vivent "à côté" des autres, avec des règles qui leur seraient propres, mais au contraire "avec" les autres, selon des règles identiques.

Je préfère mille fois un magasin qui regroupe tous types de films, de musiques ou de livres, à un magasin éclaté en rayons identitaires. Demain, un magasin spécifique pour les Blacks ? Pour les Juifs ?

Il est vrai que l'Homme est multiple, qu'il est riche de ses diverses identités. Mais avant tout il est Homme. Il appartient à un ensemble, l'humanité, qui partage les mêmes besoins.

Attention, je ne suis pas contre les médias identitaires (Radio FG, Pink TV, ...). Ces médias défendent une identité. Ils ont été créés dans ce but. Ils se revendiquent comme tels. Et je trouve ça très bien.

L'analyse est différente pour les marques généralistes, telles Virgin. Leur objet n'est pas de vendre "tel" type de produits mais "tous" types de produits. Et, en tant que gay, je n'ai pas envie qu'une marque généraliste me distingue de ses autres clients. Ce n'est pas son rôle, et ce n'est pas mon désir.

Vivre "avec" les autres, oui, vivre "à côté" des autres, non !

La communion des hommes, plutôt que la communication des marques !

Et vous, pour ou contre le concept "My beautiful Megastore" ?

 

 

par sébastien publié dans : vie gay
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Jeudi 24 février 2005

Vu hier le one-woman show de Julie Ferrier au Petit Palais de Glaces.

Cette jeune comédienne, qui a écrit elle-même son spectacle, enchaîne à tambour battant les compositions : de la jeune "meuf" de cité hyperspeed à la prof de dessin complètement "space", de la prof de danse autoritaire et méchamment drôle à la conseillère d'orientation stricte.

Quelques accessoires pour passer d'un personnage à l'autre. Des textes bien inspirés, la palette des émotions visitée, et une mise en scène réussie.

Voilà une comédienne dont on devrait entendre parler !

 

par sébastien publié dans : soirées, spectacles, expos
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Mercredi 23 février 2005

Voilà 3 ans qu'Ingrid Betancourt est retenue en otage par les FARC en Colombie.

Aujourd'hui, de 18 heures à 22 heures, le comité de soutien Ile-de-France appelle à un rassemblement sur trois grandes places parisiennes (Saint Michel, Parvis de Notre-Dame, Hôtel de Ville) où seront allumées des bougies pour former le mot paz («paix», en espagnol). Le soutien de l'opinion est indispensable même s'il n'est sûrement pas suffisant.

J'ai connu Ingrid Betancourt par son livre "la rage au coeur". On y découvre une femme d'un courage immense, qui n'hésite pas à dénoncer les liens entre les cartels de la drogue et les leaders politiques.

En soutenant ses proches, essayons, à notre tour, de nous montrer dignes de son combat.

par sébastien publié dans : solidarités
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Mercredi 23 février 2005

En août 2004, peu avant sa mort, le philosophe Jacques Derrida était interviewé par "Le Monde".

Il rappelait, en particulier, qu'il avait soutenu l'initiative de Noël Mamère visant à consacrer le 1er mariage homosexuel en France.

Mais, il allait plus loin. Il suggérait, en effet, l'idée de remplacer le mariage par un contrat à durée déterminée, "ajusté entre des partenaires de sexe ou de nombre non imposé". Il s'agit donc d'autoriser les unions de même sexe mais aussi de légaliser la polygamie.

Derrida avançait, en particulier, deux arguments :

D'une part, il considère que le mariage est à l'origine un rite religieux. Celui-ci a été importé sous une forme voisine au sein de la République. Le mariage est ainsi une concession de la République à l'Eglise. Cela a-t-il un sens dans un Etat laïc ?

D'autre part, il estime que le mariage consacre la monogamie et l'hétérosexualité. Ces manières d'aimer ne sont pourtant ni universelles ni implantées de longue date.

Derrida reconnaît que c'est là une utopie. Mais il prend date.

Pour ma part, je suis partisan de cette formule :

1) A mes yeux, l'Etat ne fait pas la morale et le mariage est porteur d'une certaine morale ;

2) L'Etat doit légitimer toutes formes d'amour, dès lors qu'elles sont consenties ;

3) Enfin, l'union étant à durée déterminée, il faudra la renouveler explicitement pour la poursuivre. Nous nous marierons ainsi plusieurs fois avec la même personne. Génial !

Tout cela est évidemment utopique. Mais il n'est pas interdit de rêver ! Qu'en pensez-vous ?

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mardi 22 février 2005

Lors de la discussion en 1ère lecture à l'Assemblée nationale du projet de loi d'orientation sur l'avenir de l'école, un amendement du député UMP Jérôme Rivière a été adopté.

Il s'agit d'introduire "l'apprentissage de l'hymne national dans les établissements du premier degré".

Deux objectifs sont évoqués : d'abord, faire en sorte que chacun apprenne et s'approprie ce qui est un symbole de la République, ensuite, permettre de mieux assimiler les populations "extérieures".

Cet amendement est, à mon sens, une réaction face au monde tel qu'il va qui fabrique soit des "citoyens du monde" qui vivent à fond la mondialisation, soit des "membres de tribu" qui ne se sentent bien qu'avec ceux qui leur ressemblent. Comment faire dès lors pour maintenir un sentiment d'appartenance nationale ?

Cet amendement s'inscrit dans la logique même du débat l'année dernière sur le voile : à l'heure des migrations, des sociétés métissées, de la mondialisation et de la construction européenne, il s'agit de rappeler, avec force de loi s'il le faut, ce qui fonde et caractérise la nation française.

Je note avec curiosité que le même débat existe au Japon.

Pour ma part, je suggère trois idées :

1) Oui, apprenons la Marseillaise mais changeons les paroles. Appeler les citoyens à prendre les armes ou à abreuver de sang les sillons est-il vraiment d'actualité ?

2) Apprenons aussi l'hymne européen, car si nous sommes français, notre avenir, c'est aussi l'Europe.

3) Enfin, proposons à l'ONU de lancer un concours pour créer un hymne mondial, qui serait chanté dans chaque pays à la même date.

Nous sommes français et nous ne sommes pas que cela. Il faut construire l'idée d'une appartenance multiple. Les identités ne s'annulent pas, elle s'ajoutent.

Qu'en pensez-vous ? Faut-il chanter la Marseillaise à l'école ?

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Lundi 21 février 2005

Vu ce weekend le "Pacte du silence" avec Elodie Bouchez et Gérard Depardieu.

Elodie Bouchez joue le rôle d'une soeur dans une mission au Brésil. Elle est prise de maux d'estomac. Mais, les examens médicaux ne dévoilent aucun problème particulier. Le prêtre-médecin de la mission souhaite en savoir davantage ...

C'est un film sur la gémellité. A en croire le film, une jumelle peut ressentir les symptômes d'une maladie qui touche en réalité sa soeur. Est-ce vrai ?

Une fois que l'on a saisi ce point, l'intrigue ne progresse pas vraiment et le dénouement est assez incompréhensible.

par sébastien publié dans : cinéma
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Lundi 21 février 2005

Vu également ce weekend "Agents secrets" de Frédéric Schoendoerffer.

C'est un film sur les services secrets français.

Des espions français doivent couler un bateau qui est à quai à Casablanca. Il s'agit d'empêcher les armes qui sont à bord de rejoindre l'Angola où la guerre civile a repris de plus belle. La mission se passe bien mais la suite beaucoup moins.

Pour ceux qui ont toujours rêvé d'être espion, ce film pourrait calmer leurs ardeurs. Les espions y sont piégés. Ils jouent le rôle de petit fusible dans des machinations qui les dépassent. Et surtout ils ne devraient jamais mêler boulot et sentiment !

Le film est très réussi, sauf la fin à mon goût ! Aussi, si quelqu'un a compris le dénouement, qu'il m'envoie un petit mot !

"Swimming Pool" m'avait déjà laissé sur ma faim (fin !), au niveau du dénouement. J'ai pris l'habitude !

par sébastien publié dans : cinéma
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