Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Mercredi 16 novembre 2005

A sa manière, la laïcité est aussi une religion :

- elle développe un message : diversité religieuse mais unité de la République ;

- elle a ses rites : l'absence de signes religieux à l'Ecole, par exemple ;

- elle cultive une certaine idée de la transcendance : "au-delà" des croyances religieuses, tout individu appartient à la "communauté des citoyens".

Comme pour toute religion, le message ne peut se suffire à lui-même. Il doit être rappelé. Par des rites et par des manifestations. La bonne Parole n'existe que parce qu'elle est portée. Un message que l'on écoute distraitement, et que l'on ne rappelle jamais, est un message qui s'évanouit.

Le refus des signes religieux à l'école n'est pas plus important que la prière du soir pour le chrétien. C'est juste un signe. Signe que le message est encore vivant. Parole laïque, d'un côté, parole religieuse de l'autre.

Le retour des signes religieux à l'école marquerait alors la prédominance d'un message sur un autre. Du message religieux sur le message laïc. En étendant l'espace du message religieux d'un côté, on réduirait, de l'autre, l'espace du message laïc.

Et partant, la religion laïque, qui est la religion de tous en République, perdrait du terrain face aux autres religions, qui n'appartiennent qu'à des fragments de la communauté nationale.

Dès lors, si l'on veut mettre en avant l'appartenance de tous à la République, il est des rites qu'il convient de sauvegarder. Le voile à l'école, ce n'est pas le droit à la liberté religieuse, c'est le refus de témoigner de son appartenance à la communauté nationale. C'est faire prévaloir des droits à l'endroit d'une communauté religieuse, plutôt que des devoirs à l'endroit de la communauté nationale.

C'est un choix auquel je ne me résous pas. Au moment où l'on affirme la nécessité d'une meilleure cohésion nationale, comment accepter l'idée d'en supprimer les attributs ? 

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mercredi 16 novembre 2005

J'ai suffisamment détesté le rôle des médias, lors de la présidentielle de 2002, pour pouvoir aujourd'hui saluer leur comportement lors des dernières émeutes.

Là où autrefois ils faisaient primer le sensationnel sur l'information, ils ont traité ces derniers jours l'actualité avec la distance nécessaire, conscients que leur rôle est d'informer et non d'attiser la haine. Conscients que le droit à l'information doit aussi se concilier avec un devoir de citoyen. Le journaliste, par ses mots, et surtout ses images, a une capacité d'influence sur l'opinion et donc sur son action. Ici comme ailleurs, la liberté doit se conjuguer avec la responsabilité.

Autre différence avec les élections de 2002 : le désir de montrer du "positif". Hier, aussi bien sur France 2 que sur TF1, on a pu voir des actions de solidarité mises en place par des associations de jeunes, développant un discours de générosité. Cela existe aussi et, cette fois, la presse a décidé de le montrer. Bravo.

Seule exception notable, Marianne qui titre sur "l'intifada des banlieues". Un titre qui fait référence aux violences en Palestine, comme s'il y avait un lien entre ces évènements. Non seulement c'est absurde : les émeutes des banlieues se font contre l'autorité (l'Etat, l'Ecole, la police, les pompiers, ...) et non entre communautés. Mais en plus, c'est un titre irresponsable, parce que justement il tend à faire croire que ce qui guette la France ce sont des violences interethniques. Et on sait qu'à force de le répéter, ce message finit par être intégré par tous ceux qui cherchent une idéologie, prétexte à leur défoulement. Couvrir l'action nihliste par une pensée qui tienne la route. Marianne a donc faux sur le fond et est irresponsable sur la forme.

 

par sébastien publié dans : Politique-France
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Mercredi 16 novembre 2005
La France n'a pas la taille de ses ambitions. L'Europe n'a pas les ambitions de sa taille.
par sébastien publié dans : Politique-Europe
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Mercredi 9 novembre 2005

A la suite des élections législatives en Pologne, tous les observateurs pensaient que le parti vainqueur de la droite conservatrice s'allierait, pour obtenir la majorité à la Diète, avec le parti de la droite libérale. Les dirigeants de chacun des partis en avaient fait la promesse aux électeurs.

Aujourd'hui, on apprend que cette association ne verra pas le jour. La droite conservatrice a décidé de s'associer avec les populistes de droite et avec l'extrême-droite.

Les conséquences risquent d'être nombreuses : refus de l'euro, regain du protectionnisme, obstacles nouveaux pour les entreprises étrangères ; refus des différences d'ordre sexuel, politique nationaliste, consécration de la famille et des valeurs religieuses.

Il est étonnant de constater que cette évolution polonaise ne suscite guère l'intérêt des médias ou de réaction chez les hommes politiques.

On est loin de la levée de boucliers, initiée par Jacques Chirac, au moment où le parti extrémiste de Jorg Haider faisait son entrée dans le gouvernement de Wolfgang Schüssel en Autriche.

Signe que tout le monde se fait à la progression inexorable des partis d'extrême-droite en Europe ? Volonté de ne pas critiquer un résultat obtenu par le suffrage universel ?

Peu importe. En ces circonstances, il convient de rappeler des règles simples : l'Europe s'est consumée dans le nationalisme. La crise économique ne justifie pas le retour à des politiques qui mènent toujours au pire. Et doit toujours peser sur un Etat membre la menace d'une exclusion de l'Union dès lors qu'il remet en cause les valeurs sur lesquelles se fonde cette Union. Rappeler ces principes avant qu'il ne soit trop tard.

par sébastien publié dans : Politique-Europe
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Mardi 8 novembre 2005

Les émeutes d'aujourd'hui sont l'anti-mai 68 :

1) acteurs différents : élites d'un côté, "exclus du système" de l'autre ;

2) territoires différents : villes, d'un côté, banlieues de l'autre ;

3) discours et langages différents : des soucis spirituels d'un côté, des difficultés matérielles de l'autre.

Novembre 2005 ou l'anti-mai 68.

par sébastien publié dans : Politique-France
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Lundi 7 novembre 2005

1) Au départ, il y a les mots d'un ministre, perçus comme une provocation, qui appellent au défi. Il y a un évènement malheureux, la mort de deux adolescents dans un transformateur, qui sert de prétexte. Et il y a les images de la télévision qui poussent à la surenchère.

Mais, pour durer, le mouvement doit se penser, devenir politique, avoir un message à proposer. Il faut passer du nihilisme, où l'on ne revendique rien d'autre que le droit de s'amuser, au militantisme, qui fait que l'on est pris au sérieux. Vient alors le discours sur le malaise des banlieues et les discriminations. Sortir du jeu pour s'exonérer. Se poser en victime pour justifier l'injustifiable.

Alors prêts à avaler n'importe quel concept pour appuyer la cause, les émeutiers prennent au vol toutes les idées qui leur passent sous le nez : on parle à l'étranger de guerre civile et de conflits identitaires ? Qu'à cela ne tienne, on brûlera aussi des églises. Quand les actes sont à la remorque des idées les plus bêtes. L'idée même de la prophétie auto-réalisatrice.

2) Le silence de Chirac : "la maison brûle et il regarde ailleurs !". Positionnement tactique : ne pas intervenir trop tôt de peur que ses mots ne pèsent pas. Ne le faire que lorsqu'il aura l'assurance que la partie est déjà presque gagnée.

3) L'étranger qui parle de "guerre civile" : à quoi servent les ambassadeurs et les services diplomatiques ? L'occasion pour les Anglais de valoriser son modèle d'intégration sur le nôtre, pour les Américains de nous donner une leçon, pour les Russes de parler du risque islamiste. Chacun y voit le moyen de défendre ses propres intérêts, fût-ce, bien sûr, au détriment de la vérité.

4) Mai 68 ? Rien à voir. C'était alors le combat des élites pour une libéralisation des moeurs. Une jacquerie des beaux quartiers. Tout le contraire d'aujourd'hui.

5) L'UOIF qui propose une fatwa. Et s'ils en appelaient simplement au respect de la loi ? Preuve qu'en ce qui les concerne tout est bon pour faire prévaloir la loi religieuse sur la loi républicaine. Tout, en la circonstance, sauf des alliés de la République.

par sébastien publié dans : Politique-France
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Mercredi 2 novembre 2005

Un article du Figaro ce matin faisait part de l'audience croissante du mouvement évangéliste au Brésil. Plus de 3 millions de membres, des télés, des radios, des églises géantes et, désormais, un parti politique, diffusent à longueur de journée la "bonne Parole".

Cette évolution témoigne, de nouveau, comme je l'indiquais dans une note précédente que le fanatisme se nourrit de la misère et, surtout, de l'absence d'Etat. Là où l'Etat faillit, des mouvements religieux s'imposent qui, sous couvert de bonnes actions, font du prosélytisme.

Une grande tristesse m'envahit particulièrement puisqu'il s'agit du Brésil. Douloureux de voir ce pays, où la liberté sous toutes ses formes est si constitutif de l'identité nationale, se convertir à vitesse accélérée au mouvement liberticide que représente le mouvement évangéliste.

par sébastien publié dans : cinéma
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Mercredi 2 novembre 2005

La Pologne s'est choisie un nouveau président : Lech Kaczynski. Et il est ouvertement homophobe.

En 2005, alors maire de Varsovie, il avait obtenu l’interdiction de la Lesbian & Gay Pride dans la capitale, tout en autorisant une manifestation homophobe d’extrême droite, la "marche de la normalité". Récemment, Lech Kaczynski proposait même d’interdire aux homosexuels d’enseigner.

Et pourtant, cet aspect du personnage n'est guère traité par les médias. Tout cela semble passer comme une lettre à la poste.

Le Parlement européen qui s'était justement offusqué des propos de l'italien Buttiglione au moment de la constitution de la Commission Barroso ne dit rien aujourd'hui sur l'élection polonaise.

Tout cela est regrettable et inquiétant.

S'il est bon d'exiger que les pays candidats se conforment aux règles qui prévalent au sein de l'Union en terme de libertés fondamentales et de droit des minorités, il est tout aussi indispensable de rappeler ces règles aux pays qui sont déjà membres de l'Union. Et mieux, de prévoir des sanctions pour les gouvernements qui reviendraient sur le respect de ces règles communes.

Sinon, le "modèle européen" que l'on vante au monde entier n'est qu'une chimère.

par sébastien publié dans : Politique-Europe
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Mercredi 2 novembre 2005

Sarkozy estime qu'il ne serait pas anormal que des immigrés installés régulièrement en France depuis 10 ans puissent voter aux élections locales.

Pour ma part, j'ai du mal à me convaincre.

Comment, en effet, considérer que l'on soit "assez français" pour élire un maire tout en ne l'étant pas suffisamment pour élire un député ? Le ridicule peut atteindre son paroxysme lorsque les deux personnes sont les mêmes, ce qui est assez souvent le cas.

Plutôt que d'une citoyenneté à deux vitesses, je préfèrerais une simplification des règles en matière de naturalisation.

par sébastien publié dans : Politique-France
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Samedi 17 septembre 2005

Que vous soyez pour, ce que je souhaite, ou contre, ce qui n'est pas forcément rédhibitoire, vous pouvez faire votre contribution sur la question du mariage gay sur le nouveau blog "marions les homos !".

Débattez dans la joie, mais respectez-vous !

par sébastien publié dans : mariage gay
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