Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Mercredi 4 janvier 2006

Dans ses voeux adressés au gouvernement, Chirac souhaite que soit renforcée la parité dans les exécutifs locaux. Il propose ainsi d'augmenter les amendes pour les partis qui contreviendraient à leurs obligations en la matière.

Chirac sait-il, ce faisant, qu'à l'instar de M. Jourdain qui pratiquait la prose sans le savoir, qu'il promeut, sans apparemment y voir de contradiction, la discrimination positive, cette abomination qu'il porte cependant aux gémonies, quand il s'agit d'autres populations que la gent féminine ? Car, qu'est-ce donc que de privilégier des postes pour certaines personnes, en raison de leur identité et non de leur mérite, si ce n'est de la discrimination positive ?

Pour ma part, je n'ai rien contre. A une seule condition : que ces règles ne valent que pour une durée limitée. Il s'agit d'initier un mouvement, non d'instaurer un ordre permanent qui placerait pour toujours les particularités identitaires au-dessus des critères de compétence. Dans l'intérêt général, promouvoir par l'expérimentation la cohésion sociale. Démontrer par l'absurde que la compétence n'est pas liée à un sexe ou une couleur. Mais, dans l'intérêt général toujours, parce que le modèle républicain l'exige, faire en sorte que cet ordre d'exception ne fasse jamais figure de règle définitive.

par sébastien publié dans : Politique-France
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Lundi 2 janvier 2006

Un nouveau sondage ce matin dans Libération qui propose aux Français de classer les Présidents de la Vème République.

Mitterrand arrive en tête devançant De Gaulle, Chirac, Pompidou et Giscard.

Curieux résultat. Je me souviens que De Gaulle il y a peu, avait été classé " plus grand homme français de tous les temps " et Mitterrand arrivait loin derrière.

Sondage biaisé. Les jeunes, qui ont été interrogés, choisissent Mitterrand parce qu'ils ne connaissent que Mitterrand !

L'absurdité de la consultation devient évidente quand on va dans le détail : Chirac devance Mitterrand pour ce qui concerne la construction européenne et Mitterrand devance Chirac pour ce qui concerne la lutte contre le chômage ! Alors que l'Europe a connu un nouvel élan sous Mitterrand et que, à regarder les chiffres, Chirac a mieux fait contre le chômage - avec l'aide de Jospin ! - que Mitterrand.

Bref, le sondage reflète une perception et nous éloigne de la réalité. L’opinion s’attarde plus vraisemblablement sur l’écume de l’actualité que sur les enseignements de l'Histoire.

Si l'on doit à Mitterrand une saine libéralisation des moeurs, ce qui constitue une formidable avancée par rapport au règne gaulliste, on ne peut passer sous silence son absence d'intérêt pour les questions économiques et sociales - ce que montre Jacques Attali dans "C'était Mitterrand" - pas plus que l'on ne peut accepter son utilisation de l'appareil d'Etat à des fins strictement personnelles.

Mitterrand avait de l’ambition pour lui-même, préoccupé en toute chose par la marque qu’il allait laisser dans l'Histoire. Les grands travaux et l’ambition européenne participent ainsi d'une même volonté : laisser son empreinte.

On ne laisse pas de trace en s’attaquant au chômage, ou en s’attardant sur les questions sociales. On en laisse une, en revanche, quand on construit de nouveaux édifices ou que l’on crée une nouvelle monnaie.

Politique admirable, lorsque les avancées historiques sont au service de la société. Politique détestable quand cette seule ambition de la " trace " s’éloigne des préoccupations quotidiennes des Français.

En somme, De Gaulle pensait d'abord à la place de la France quand Mitterrand ne s'intéressait en premier lieu qu'à la sienne, pour le meilleur, souvent, et pour le pire, parfois.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Lundi 2 janvier 2006

A tous ceux qui viendront lire ces pages, je souhaite une bonne année 2006.

Plus que le bonheur, qui est un sentiment fugace et dont on ne prend généralement conscience qu'après coup, que cette nouvelle année vous apporte la sérénité, c'est-à-dire la satisfaction d'être soi-même, en paix avec les autres.

par sébastien publié dans : my life
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Dimanche 1 janvier 2006

Cette citation tirée du "Prince" de Machiavel : "Il n'est rien dont l'exécution est plus difficile ou la réussite plus douloureuse ou le maniement plus dangereux que l'instauration d'un nouvel ordre de choses. Car l'innovateur a pour ennemi tous ceux qui ont prospéré dans l'ordre ancien et pour tièdes défenseurs tous ceux qui ne savent pas encore comment prospérer dans le nouvel ordre."

Autrement dit, il est plus facile de dire pourquoi il faut réformer que de démontrer comment l'on peut y parvenir. Aux multiples rapports qui insistent sur l'intérêt des réformes, où les analyses sont brillantes, les chiffres parlants et les démonstrations implacables, manque cependant cruellement "le discours de la méthode". Ne pas se contenter de répondre à la question "pourquoi" mais s'intéresser autant si ce n'est plus à la question "comment ?".

par sébastien publié dans : lectures
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Vendredi 30 décembre 2005

Voilà quelques semaines que la candidature de Ségolène Royal à la présidence de la République en 2007 prend de la consistance. Tout y concourt :

- l'intérêt des médias, ravis de leur nouvelle créature, glamour à souhait, ce qui est bon pour les pages glacées des magazine people ;

- l'intérêt des observateurs politiques, qui voient dans ce cocktail original "économie de gauche/ valeurs de droite" la nouveauté qui les sortira de l'opposition traditionnelle, un rien routinière, entre gauche et droite classiques ;

- l'intérêt de l'opinion, qui attend, paraît-il, respect des "valeurs" et changement dans la conduite de l'économie.

Bref, la sauce prend. Malheureusement !

Malheureusement, parce que le succès de Ségolène Royal signifierait une droitisation complète de la classe politique s'agissant des questions de société.

En la matière, c'est toujours la gauche qui a accompli les principales avancées. La raison de mon engagement à gauche réside dans ce constat. On peut déplorer la légèreté avec laquelle la gauche a pu, parfois, traiter d'économie. On ne peut lui retirer tous les progrès qu'elle a accomplis pour ce qui concerne la libéralisation des moeurs et de la société. De Blum à Mitterrand, les avancées furent nombreuses.

Si, demain, la gauche se donne pour candidat Ségolène Royal, il ne faudra rien attendre concernant le mariage homosexuel, l'homoparentalité, l'euthanasie, .... Il faudra encore une fois passer son tour. Pour combien de temps ?

Au-delà, ce sera la fin d'une certaine tradition à gauche. Et la prédominance d'une France conservatrice sur l'ensemble de l'échiquier politique.

Heureusement, à gauche, les militants votent avant les français, en choisissant démocratiquement leur candidat. Et sur le plan des questions de société, la vision de Mme Royal ne me paraît heureusement pas majoritaire.

En tous les cas, que les médias réfléchissent à deux fois avant de lancer leur nouveau produit. Il est des créatures qui, parfois, échappent à leurs auteurs. 

par sébastien publié dans : Politique-France
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Vendredi 23 décembre 2005

Un témoignage émouvant ce matin dans Libération : Bruno L. raconte son séjour de six mois en prison en Tunisie pour délit d'homosexualité. La violence des co-détenus, la promiscuité, la saleté, la faim, des procès à l'emporte-pièce, la fabrication des preuves ...

Et surtout, le plus terrible, l'absence de la diplomatie française : la seule visite d'une assistante sociale, désemparée et inefficace.

Combien de Français subissent le même sort en-dehors de nos frontières ? Il y a ce pauvre Michaël Blanc détenu en Indonésie depuis plus de 5 ans pour possession de cannabis et qui nie en bloc. Son visage creusé de fatigue. Sa pauvre mère qui l'accompagne comme elle peut dans cet enfer. Et, là encore, l'absence des autorités françaises.

Faut-il donc que notre pays soit devenu terriblement faible pour laisser certains de nos compatriotes ainsi sur le carreau ? Ou, c'est encore pire, que nos Chancelleries soient bien peureuses pour ne rien tenter si, d'aventure, elles avaient la capacité de le faire.

Ce matin, j'ai vraiment honte. Honte de notre faiblesse, ou ce qui serait plus grave, de l'absence d'honneur de certains de nos hauts fonctionnaires expatriés.

par sébastien publié dans : coups de gueule
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Mardi 20 décembre 2005

Manifeste des "indigènes de la République", dont j'ai déjà dit ici tout le mal que j'en pensais, création du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) et du collectif Devoirs de Mémoires, débat enflammé sur le passé colonial de la France, autant d'épisodes qui obligent la France à regarder en arrière.

Une question me vient à l'esprit : pourquoi maintenant ?

Maintenant, parce que les émeutes des banlieues ont servi de révélateur : il y a une France exclue, et cette France est colorée. La mixité sociale n'existe pas. L'ascenseur social est une vue de l'esprit. Besoin alors, devant ce pays qui exclut, de se retrouver entre soi. Se retrouver, physiquement, en montant des collectifs. Se retrouver, symboliquement, en refaisant le point sur son histoire.

Cette situation me navre. Parce qu'elle invite à la surenchère.

Il est bon qu'un pays sache d'où il vient. Il y puise des motifs de fierté ou de tristesse. Mais, en tout cas, cela fonde une identité, qui assure la cohésion nationale.

Mais, ici, la chose est nouvelle. Il ne s'agit pas de regarder l'Histoire avec l'oeil avisé du spécialiste qui s'oblige à faire avec la complexité des hommes et de leurs actes. Ici, l'Histoire devient un enjeu politique. Trouver dans le passé les créances d'hier qui assureront les droits de demain. L'objectif politique appelle alors toutes les manipulations.

L'histoire, objective, scientifique, cède le pas à la guerre des mémoires, subjective, irrationnelle. C'est pourquoi le débat de spécialistes, apaisé, devient un débat de militants, excités. Tout devient passionnel.

Le mot de Valéry : "ce qui est simple est faux, ce qui est complexe est inutile" doit être médité par tous ces collectifs, qui, au nom des combats politiques d'aujourd'hui, trahissent la vérité d'hier.

Plus qu'un devoir de mémoire, je préfère le devoir d'histoire. L'histoire est universelle, elle appartient à tous. La mémoire est personnelle, elle fait le lit de tous les excès communautaristes.

L'histoire n'est pas simple et ne peut être réduite à des slogans. Elle est complexe et, en ce sens, inutile aux mouvements cités plus haut. La manipulation devient alors une obligation, pour qui veut passer un message politique.

Méditer aussi Ricoeur : "Nous écrivons et réécrivons l'histoire en fonction des aspirations du présent".

Et urgent, enfin, de proposer un projet à la France. En ayant l'esprit tourné vers demain, la manipulation du passé sera moins tentante. Obligation surtout de mixité sociale : en se côtoyant, on évitera le repli.

par sébastien publié dans : cinéma
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Mardi 20 décembre 2005

"- Vas-y fiston, monte ici et dis au gentil monsieur de Bangalore en Inde ce que tu voudrais pour Noël.

- Je le crois pas, ils ont délocalisé le Père Noël !"

 

par sébastien publié dans : humour
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Mardi 20 décembre 2005

Ce matin, a commencé une grève des transports publics à New York. Le syndicat des travailleurs du transport considère que les employés ne sont pas suffisamment considérés par la direction. Il souhaite négocier une revalorisation des salaires.

Cette grève en rappelle d'autres chez nous. Il est intéressant de voir les différences de réaction.

Le maire de New-York, Michael bloomberg, choisit clairement son camp : "les syndicalistes considèrent que leurs revendications égoïstes sont plus importantes que le service de la ville et des citoyens".

Le Gouverneur Pataki approuve Bloomberg et considère que la grève est illégale, en vertu de la loi Taylor qui interdit aux agents publics de faire grève.

La réglementation est ainsi beaucoup plus contraignante aux Etats-Unis que chez nous. La compréhension des politiques paraît plus limitée.

Il faut donc que le syndicat ait de bonnes raisons pour oser un tel mouvement.

par sébastien publié dans : politique-monde
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Jeudi 15 décembre 2005

Je m'étais déjà ému dans une précédente note des propos tenus par le député UMP Christian Vanneste, d'abord au Palais-Bourbon, puis dans la presse quotidienne régionale.

Selon lui, l'hétérosexualité serait "supérieure" à l'homosexualité, les homosexuels auraient un "comportement sectaire" et l'homosexualité constituerait une "menace pour l'humanité".

Assigné en justice par 3 associations (le SNEG, Act-up, SOS homophobie), le député n'a rien regretté. Au contraire, il justifie ses propos : ne pouvant se reproduire, les homosexuels font peser une menace sur la continuité de l'espèce.

Tout cela prêterait à sourire, si ce n'était pas sérieux. C'est sérieux, parce que ce sont des propos de cette nature qui provoquent le mal-être des jeunes adolescents qui découvrent leur homosexualité. Convaincus de vivre dans une société qui les exclut, ils n'ont souvent, à leur yeux, d'autre choix que la dissimulation ou le suicide.

Quelle est donc cette idéologie qui reconnaît une valeur supérieure aux seuls couples qui procréent ? Quelle est donc cette hiérarchie des valeurs qui exclut des êtres, non pour ce qu'ils font, mais pour ce qu'ils sont ?

Et si, demain, M. Vanneste, on décidait que les postes à responsabilité, comme celui d'élu de la République, par exemple, devaient revenir aux seules intelligences supérieures, au motif que ce sont des fonctions sérieuses qui appellent des connaissances solides ? Nul doute que vous souffririez de cette exclusion, que vous revendiqueriez une égalité de traitement, et que vous vous révolteriez contre une hiérarchie des êtres, fondée non sur le mérite, mais sur la naissance. Et vous auriez raison.

C'est la force d'une société que de reconnaître l'ensemble des siens, quels qu'ils soient. L'égalité n'est pas un vain mot, elle n'est pas réservée à une partie seulement de la communauté nationale. Quand on commence à hiérarchiser les êtres en fonction de ce qui les constitue de par la naissance, cela rappelle les pires heures de l'Histoire. 

Espérons que la justice se montrera à la hauteur de sa charge.

par sébastien publié dans : coups de gueule
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