Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Vendredi 23 juin 2006

Lu récemment "La force du bouddhisme", petit ouvrage écrit à deux mains par le Dalai-Lama et Jean-Claude Carrière.

Comme à son habitude, Jean-Claude Carrière explique avec clarté des notions parfois difficiles. Il possède en outre l'art de l'anecdote qui confère encore plus de plaisir à la lecture.

L'ouvrage permet de mieux comprendre le bouddhisme, qui est à la fois une philosophie et une religion. Philosophie, car animé en permanence du désir de penser juste, de se rapprocher de la vérité, fût-ce en remettant en cause, en raison des découvertes scientifiques, certaines convictions passées. Egalement religion, car croyance en une forme de salut.

"Philosophie religieuse" en quelque sorte, en tant que le salut de notre âme passe par un travail sur nous-mêmes.

Le but étant d'accéder à la "conscience subtile". Celle qui permet d'atteindre le nirvana. Un état où plus rien ne pèse.

Je rapproche cette idée, qui a 2500 ans, d'un reportage entendu récemment à la radio, dans lequel un médecin évoquait les expériences de mort imminente, ces états où, alors qu'ils sont plongés dans un coma profond ou même parfois cliniquement morts, c'est-à-dire un stade où le cerveau n'a plus d'activité, certains malades se voient quitter leur corps, rejoindre un tunnel au bout duquel apparaît une lumière. Et tous les témoignages parlent d'un grand bien-être.

Comment ne pas rapprocher ces observations médicales, qui sont des faits indubitables, permettant de conclure en l'existence d'une certaine forme de conscience, alors même que l'activité cérébrale est nulle, de ce concept de "conscience subtile" développée par le bouddhisme ?

par sébastien publié dans : lectures
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Mardi 20 juin 2006

Lu "Père comme les autres" de Christophe Girard.

Christophe Girard, qui est adjoint à la Mairie de Paris et par ailleurs conseiller en stratégie du groupe LVMH, raconte dans ce petit livre sa propre expérience de père. De père homosexuel.

Christophe Girard a eu un enfant lors d'une aventure avec une femme. La paternité, pour lui, était inattendue et il a choisi de la vivre pleinement. Naturellement, la structure familiale est originale : un père qui vit avec un autre homme, une mère qui refait sa vie avec un autre. Mais, ce schéma là, désormais, est-il si différent, si "anormal", alors même que familles recomposées ou monoparentales deviennent plus nombreuses ?

Christophe partage les mêmes angoisses et les mêmes bonheurs que tout autre parent. Le plaisir de transmettre connaissances et amour lui font prendre son rôle à coeur.

Un livre-expérience qui démontre qu'il n'y a pas de structure familiale meilleure que les autres. L'essentiel, n'est pas le cadre d'exercice de la parentalité, c'est son contenu.

Un livre engagé, en faveur de l'homoparentalité, que je vous conseille. Les situations sont tour à tour drôles et émouvantes.

Je soutiens Christophe Girard dans son combat en faveur de l'homoparentalité. Pourquoi accorderait-on des droits aux familles recomposées ou monoparentales et aucun aux familles homoparentales ? Pourquoi exiger des couples homosexuels - un référent féminin et un référent masculin -, alors que l'on n'exige cela de personne d'autre ?

Et, en quoi une sexualité différente interdirait de transmettre l'expérience, la connaissance et l'affection, qui sont les seuls critères à l'aune desquels on devrait juger de la qualité du "métier" de parent ?

par sébastien publié dans : vie gay
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Vendredi 16 juin 2006

A l'occasion des 20 ans de la mort de Coluche, est publié un livre qui revient sur les conditions de l'accident qui a causé le décès du célèbre humoriste.

Et tous les arguments convergent vers une seule fin : instiller le doute dans l'esprit du lecteur quant aux véritables raisons du drame. Non, il ne peut s'agir d'un accident malheureusement banal, le camion a fait une embardée étrange, le comportement lointain du chauffeur après l'accident est curieux, Coluche allait dire des choses dans son prochain spectacle, des barbouzes forcément anonymes font part de leurs doutes, etc ...

Bref, Coluche, ce personnage adoré des Français, ce comique hors-normes, ne peut être mort d'un accident banal qui peut toucher tout un chacun. Un tel destin ne peut être foudroyé que par une volonté supérieure, machiavélique, experte en barbouzerie.

Idem pour Diana. La princesse admirée pouvait-elle finir sa vie contre un poteau sous le pont de l'Alma par la faute d'un chauffeur ivre ? Pas digne d'une princesse, tout cela. En revanche, un bon complot qui mêle les divers intérêts proche-orientaux, voilà qui vous relève un accident de soirée trop arrosée au rang de mythe éternel.

L'opinion ne peut se résoudre à ce que des personnalités extraordinaires terminent leur vie dans des conditions ordinaires. La porte est alors ouverte à toutes les supercheries au rang desquelles les "enquêtes" publiées à des dates bien choisies font partie.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Vendredi 16 juin 2006

Raymond Devos n'est plus. J'aimais beaucoup son humour. Son style. Son amour des mots et du merveilleux.

Peut-être lui dois-je mon propre amour des mots, à la suite de la lecture de "Matière à rire" lorsque j'étais adolescent. Ce livre reprenait les sketches de Raymond Devos, aussi amusants sur scène qu'à leur seule lecture. Ce jeu de l'inutile qui s'intéresse à la sonorité et au sens des mots. Une passion pour le style et pour la musique des phrases. Pour le loufoque et l'absurde. La passion de la langue et de la comédie.

Dommage que l'Académie française n'ait pas reconnu son génie en l'acceptant sous la Coupole.

Mais ce n'est pas très important. Le plus important, c'est que Devos a créé un style qui lui est propre, qu'il laisse une oeuvre unique, et qu'il nous a amusés en s'amusant.

par sébastien publié dans : coups de coeur
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Mercredi 14 juin 2006

Il est d'assez bon ton de dire que les Français sont atteints par le virus de la sinistrose, un mot qui paraît même avoir été créé à leur seule intention.

Le moral des ménages s'établit ainsi à - 30 points en mai 2006, ce qui, d'après les spécialistes, serait le signe d'une assez faible confiance en l'avenir. Les ménages continuent à penser qu'il est opportun d'épargner, ce qui n'est pas non plus le gage d'une confiance absolue en des jours meilleurs !

Et puis, comme si cela ne suffisait pas, des publications régulières assurent du déclin de la France, de sorte que l'on ne sait plus qui du moral des ménages ou du déclin de l'économie nourrit l'autre, mais il semble effectivement que l'on ait connu des situations plus euphoriques.

Quel contraste avec l'étranger ! Revenu il y a peu de deux voyages à Madrid, j'y ai constaté un vrai "bonheur de la prospérité" pour reprendre la formule de VGE entendue hier soir. Les pays émergents semblent eux-assi contaminés par une quête de la réussite, qui se manifeste dans des comportements davantage teintés d'optimisme et une certaine foi en l'avenir.

Des situations brossées à grands traits, il est vrai, tant les disparités peuvent être fortes au sein de chaque pays, mais je crois cependant que cette peinture des sentiments de par le monde recouvre une certaine réalité.

Pourquoi une telle différence ?

Je me demande si cela n'a pas trait, quelque part, à l'esprit de système des Français. Nourris par la pensée cartésienne et le souci de replacer les évènements dans un contexte, les Français ont sûrement tendance, plus que d'autres, à penser le monde dans sa globalité, à s'attarder moins sur les moyens du présent que sur les fins du futur. Là où d'autres se veulent pragmatiques et essaient de tirer parti des opportunités de l'heure, les Français, plus avides de concepts, s'interrogent probablement davantage sur le sens des choses.

Or, que nous propose la mondialisation ? Vers quelle fin nous conduit-elle ? Aujourd'hui, comme hier, les rapports entre les Etats sont des rapports de puissance et, sur ce point, la mondialisation n'a rien changé. Les affres d'hier ne peuvent disparaître simplement parce que le monde est globalement plus riche. Ce à quoi s'ajoutent, entre autres, les risques pour l'environnement, les menaces sanitaires et la progression des inégalités.

Gagner plus oui, mais à quelle fin et à quel prix ? Voilà probablement la question que se posent davantage les Français que les autres et qui pourrait expliquer, d'une part une certaine forme de fatalisme et, d'autre part, un refus d'entrer dans un monde si plein de menaces.

Les Français plus malheureux, parce que plus réfléchis ?

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mercredi 14 juin 2006

Comme beaucoup de Français, j'ai regardé hier le match de l'équipe de France.

Un vrai sentiment de gâchis devant ce collectif si fade, en dépit d'individualités si riches. D'où vient qu'une équipe, composée de bons joueurs, n'arrive pas à trouver ses repères, à s'épanouir dans un système de jeu ? La faute au sélectionneur ? Au manque de motivation ?

Et désolant ce matin de lire les interviews des joueurs et du coach : la faute à la chaleur et au terrain trop sec, non vraiment, pas de quoi s'inquiéter, etc ... Heureusement que le ridicule ne tue pas !

Cette première semaine de jeu, j'ai surtout été impressionné par l'Italie et l'Argentine. Le Brésil n'a-t-il pas été surestimé ? Qu'en pensez-vous ?

par sébastien publié dans : coups de gueule
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Lundi 12 juin 2006

Lu récemment "Voyages aux pays du coton" d'Erik Orsenna.

L'auteur a choisi de s'intéresser aux divers stades de la production et de la commercialisation de cette plante pour mieux parler de la mondialisation. Il s'intéresse aux mécanismes concrets qui régissent cette économie pour mieux comprendre la mondialisation, un concept parfois abstrait dont on mesure la nouveauté mais que l'on a du mal à définir.

L'expérience est plus que réussie.

Sur la forme, j'ai eu un  vrai plaisir de lecture. Orsenna a le goût de l'anecdote et le sens du portrait. Il a cet art de dire l'essentiel avec un art consommé de la formule. Ce voyage autour du monde, qui nous fait passer de l'Afrique au Brésil, de l'Ouzbékistan aux Etats-Unis, en passant par la Chine et les Vosges est tout sauf ennuyeux.

Sur le fond, Orsenna retrouve sa formation d'économiste - il a rédigé une thèse sur les capitaux court terme ! - pour tirer plusieurs leçons de son voyage. J'en retiens au moins deux :

1) contrairement à une idée largement répandue, les Etats ne sont pas dépourvus de moyens malgré la mondialisation : chacun bâtit ainsi ses propres barrières, à coup de brevets, de réglementations protectionnistes et autres ingéniosités juridiques, de manière à encourager l'industrie nationale. Le "patriotisme économique" n'est pas une exception française, c'est l'activité normale des Etats du monde, au risque parfois de céder aux sirènes du nationalisme ;

2) partout, il est admis que le travail est une des conditions pour accéder à la prospérité, l'idée que l'on pourrait construire un monde meilleur en travaillant moins n'effleure que quelques cerveaux progressistes français !

Orsenna tire d'autres leçons qui sont elles-aussi passionnantes : la difficulté d'établir un prix "juste" et la complexité alors de mettre en place un commerce équitable véritablement éthique ; la diversité des rapports au temps dans le monde avec un Brésil qui se vit dans le futur et une Afrique si marquée par le poids des héritages.

Un livre qui se lit d'une traite et où l'on apprend beaucoup.

par sébastien publié dans : lectures
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Vendredi 9 juin 2006

Ségolène est populaire, cela ne fait pas de doute. Le phénomène est si bien ancré à présent que l'on se sent presque confus d'employer son nom !

Mais est-elle populaire ou est-elle populiste ?

Le populisme, c'est la croyance dans les droits, la sagesse ou les vertus des gens du peuple. La terre ne ment pas !

En écrivant un livre dans lequel elle commence les chapitres que terminent les internautes, en insistant, à la mode Raffarin finalement, sur les vertus de l'écoute et de la proximité, en employant les mots magiques que la majorité de l'opinion souhaite entendre, fait-elle dans le populaire ou dans le populisme ?

Pour ma part, j'ai l'impression que tout cela respire l'artifice, que l'on nous refait le coup de la "France d'en-bas". Le vrai courage politique ne consiste-t-il pas plutôt à dire au peuple la vérité plutôt que ce qu'il a envie d'entendre ?

René Girard nous l'a appris : les phénomènes de mimétisme conduisent à la désignation des boucs-émissaires qu'il faut sacrifier pour retrouver l'ordre social. Il nous apprend également, et c'est le second pilier de son oeuvre que l'on oublie bien souvent, que tout cela finalement repose sur le mensonge : les boucs-émissaires ne sont pas les responsables du désordre, mais leur élimination agit telle une soupape jusqu'à ce que l'on en trouve de nouveaux.

Ne pas se contenter de mimer les autres, ne pas s'efforcer de ressembler à l'opinion, mais, au contraire, veiller à rassembler en tenant un discours de vérité : voilà le véritable courage en politique. Mais est-ce bien raisonnable ?

par sébastien publié dans : Politique-France
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Jeudi 8 juin 2006

Bush n'a jamais été aussi bas dans les sondages et, cependant, il a une campagne à mener : celle des mid-terms à la fin de l'année.

Que croyez-vous qu'il fit ? Parler de politique étrangère ou d'économie, cela ne serait guère payant. Il doit en effet sa chute de popularité à l'enlisement en Irak et, surtout, à la hausse du prix de l'essence !

Que reste-t-il alors ? Les valeurs ! Ces mêmes valeurs qui l'ont fait gagner en 2002, convainquant ouvriers de l'Ohio et minorités du Sud de lui accorder leur suffrage, en dépit des délocalisations ou des coupes budgétaires.

Il refait le même coup aujourd'hui. En demandant l'adoption d'une modification de la Constitution interdisant le mariage homosexuel, il souhaite centrer à nouveau le débat sur ce thème des valeurs. Un sujet où la Gauche est gênée aux entournures, écartelée entre ses convictions et les attentes d'une majorité de l'opinion.

Et, pour moi, au-delà de la tristesse de voir l'Amérique ainsi arc-boutée, dans sa grande majorité, sur ces valeurs, persiste la difficulté à comprendre comment l'on peut, d'un côté, prôner les vertus du dynamisme en économie, du changement, fût-il inconsidéré, en politique étrangère, et de l'autre, militer pour la permanence de valeurs ancestrales, si peu en phase avec l'évolution des moeurs et de la science ?

par sébastien publié dans : politique-monde
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Mercredi 7 juin 2006

Le principe du secret de l'instruction est reconnu en France par l'article 11 du code de procédure pénale. L'objectif est double : d'une part, protéger l'enquête judiciaire, d'autre part, protéger les personnes mises en cause dont certaines pourront, à l'issue des investigations, être écartées de tout soupçon.

Si le principe est légitime, sa mise en oeuvre est délicate :

- l'article 11, d'abord, pose le principe du secret de l'instruction "sans préjudice des droits de la défense", ce qui signifie que ni le mis en examen, ni la victime, ni l'avocat, dès lors que son client l'a délié du secret, ne sont tenus par ce principe ;

- ensuite, la presse, elle-même, n'est pas tenue par ce principe qui ne vise que les personnes qui "concourent à la procédure".

L'addition de ces deux réserves annule, au final, la portée du principe.

Que faut-il faire alors ?

Soit l'on considère que le secret s'applique à tous, y compris les journalistes, et pour tous, y compris les représentants des droits de la défense, mais ce faisant, ne lèse-t-on pas les citoyens, en limitant leur droit à l'information ?

Soit l'on considère que le secret permanent et absolu est effectivement irréaliste et l'on aménage des "fenêtres de publicité", comme le suggère l'excellent rapport de la commission parlementaire sur l'affaire d'Outreau : certains éléments, dans le cadre de rendez-vous précis dans l'instruction, pourront faire l'objet de publicité.

N'y aurait-il pas, cependant, une autre voie possible, celle qui consisterait à faire la part entre ce qui relève de la personne publique et ce qui relève de la personne privée ? Comment voter en 2007, sans avoir connaissance de l'affaire Clearstream ? Cela n'aurait pas de sens. C'est bien parce que les principaux protagonistes sont connus et que leur affaire touche à leur activité publique que le citoyen électeur a, en la circonstance, droit à l'information. On pourrait dire, en la circonstance, que le droit à l'information du citoyen dépasse le droit à la présomption d'innocence de la personnalité mise en cause.

Naturellement, la procédure devra être fortement encadrée : il faut s'assurer que les soupçons se fondent sur des éléments suffisamment sérieux.

Les "fenêtres de publicité" de la commission Outreau sont un aménagement intelligent du secret de l'instruction. Je crains cependant qu'à défendre une même procédure pour tous, sans discernement parmi les personnalités mises en cause, on finisse finalement par s'exposer aux mêmes dérives qu'aujourd'hui.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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