Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Jeudi 12 octobre 2006

Cet après-midi, l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à sanctionner toute négation du génocide arménien par les Turcs, lequel avait été reconnu par une première loi en 2001.

Cette loi me semble inutile et dangereuse.

Inutile, parce que ce n'est pas, d'un point de vue juridique, à la loi, c'est-à-dire, aux politiques, de qualifier de génocide tel ou tel évènement. La loi doit dire ce qu'est un génocide. Mais c'est aux juges de qualifier si telle ou telle tragédie doit être qualifiée de la sorte.

Inutile, en second lieu, parce que cette histoire n'est pas la nôtre. En vertu de quelle prérogative d'intérêt général, le législateur français croit-il bon pour son pays de qualifier les évènements historiques qui ont eu lieu loin de chez lui, à près d'un siècle de là ? Accepterions-nous nous-mêmes qu'un autre pays, et pourquoi pas la Turquie, décide de qualifier les comportements que nous avons pu avoir aux heures noires de notre propre histoire ?

D'où le danger de ce type de loi, que l'on appelle plus généralement des "lois mémorielles" : en fixant comme norme indiscutable la qualification de tel ou tel crime collectif, on limite exagérément le droit à l'étude et à la critique, ce qui justifie la colère des historiens.

Ce faisant, on prend le risque d'encourager une guerre des mémoires, où à la recherche indispensable d'une identité commune à tous les Français, viendra se substituer peu à peu une juxtapoistion de communautés en quête de leurs propres intérêts.

Etonnant, dans ces conditions, que cette proposition de loi ait été portée par le parti socialiste, traditionnellement plus attaché à la défense du modèle républicain.

 

par sébastien publié dans : Politique-France
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Lundi 18 septembre 2006

Royal était l'invitée la semaine dernière de RTL où, durant une demi heure, elle a répondu aux questions des auditeurs.

L'un d'entre eux lui a demandé sa position à l'égard du mariage homo.

Il est vrai qu'une clarification s'impose. Longtemps, elle s'est opposée au mariage homo en raison de ses convictions sur la famille. Puis, plus récemment, elle s'est montrée plus ouverte, rappelant que le mariage gay et l'homoparentalité étaient dans le projet socialiste. Qu'en est-il de sa position aujourd'hui ?

Sur cette question, comme sur d'autres sujets, le discours de Royal n'est pas clair, car il vise à rassembler le plus large possible.

A l'auditeur qui lui posait la question, elle a dit, certes, qu'elle faisait sien le projet socialiste, donc le mariage gay et l'homoparentalité. Mais d'ajouter aussitôt qu'il ne fallait heurter aucune conscience et qu'il fallait prendre le temps de convaincre les sceptiques.

Cette position est confuse et, par conséquent, dangereuse. Ce n'est pas un sujet où l'on convaincra tout le monde. Comme pour la peine de mort, c'est un sujet qui fait d'abord appel à une conviction : l'égalité des droits quelle que soit son orientation sexuelle. A cette conviction s'oppose une autre conviction : la supériorité du modèle familial "classique". Réconcilier les deux, c'est faire le pari du mariage entre la carpe et le lapin.

En posant des conditions à la mise en oeuvre du mariage gay et à l'homoparentalité, Royal prépare le terrain d'une retraite en basse campagne devant les lobbys qui s'y opposent. Elle laisse la porte ouverte soit au renoncement, dès lors qu'elle considèrera valables les oppositions des traditionnalistes, soit au mariage light, tel que proposé par Sarkozy, qui prendra la forme d'un PACS amélioré.

Je prends le pari que si Royal est élue, le mariage gay ne sera pas parmi ses premières réformes, il sera surtout renvoyé aux calendes grecques. Tout dans son discours, fait de circonvolutions et de mises en garde, amène à le craindre.

par sébastien publié dans : Politique-France
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Samedi 16 septembre 2006

D'Espagne ou j'ecris aujourd'hui ce papier (ce qui explique les problemes d'accent), j'apprends que le gouvernement espagnol va punir de severes amendes les parents dont les enfants mineurs achetent de l'alcool. On considere qu'il est temps de lutter contre les exces de beuverie des jeunes. C'est devenu un probleme de sante publique.

Le diagnostic est le meme partout en Europe : les jeunes boivent plus et se droguent plus que par le passe. Partout le meme constat et les memes reponses : plus de severite et de prevention.

Je comprends que l'on s'inquiete de cette question.

Pourtant, nulle part je ne trouve d'explication a ce phenomene. On a des chiffres et des plans pour les faire diminuer mais, nulle part, on nous explique pourquoi on en est la. Pourquoi tant de jeunes decident-ils de se mettre la tete a l'envers ?

Et pour cause, s'interroger sur ce phenomene, ce serait s'interroger sur notre societe elle meme, sur son projet collectif. Or, observer de telles extremites oblige a reconnaitre que notre societe, qui recherche partout la plus grande efficacite, qui est une promesse de competition permanente, cette societe n'a rien a proposer de confortable pour ceux qui vont y entrer. Peut-on avouer cela ? Il vaut mieux dans ces conditions parler du probleme et de ses solutions que de s'interroger sur ses causes.

Les adultes stressent et les enfants trinquent !

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mardi 5 septembre 2006

Nombreux sont ceux qui, aujourd'hui, décident d'explorer le monde.

Que ce soit à vélo en Chine, en auto-stop, en course à pied de Paris à Tokyo, ou à la rame, de plus en plus de personnes, souvent jeunes mais pas toujours, principalement originaires de pays développés occidentaux, s'organisent des périples originaux.

D'ailleurs, le commerce autour des "backpackers", les porteurs de sacs à dos, se développent comme jamais : possibilité de prendre un billet d'avion "tour du monde", hôtels spécifiquement dédiés, création, grâce à Internet, de communautés où les membres sont prêts à s'héberger les uns les autres. L'économie ne se trompe jamais : la tendance est forte et le phénomène s'amplifie.

Comment expliquer une telle frénésie de découvertes et d'exploits ?

Il y a probablement la volonté de sortir du quotidien routinier. L'aventure, c'est d'abord la rupture avec l'habitude. Le refus de la modernité qui est signe d'ennui.

Il y a aussi la volonté de se découvrir soi-même. Il n'y a plus de terres inconnues. Les seules zones d'ombre sont celles que l'on porte en nous-mêmes. De quoi sommes-nous réellement capables ? L'exploit sportif ou l'exil au loin permettent de se connaître au plus intime. Faire le tour du monde pour faire le tour de soi.

Ces désirs d'ailleurs sont donc probablement marqués par cette double volonté de découverte : celle des autres et celle de soi.

En quoi ce phénomène est, je crois, l'occasion de faire revivre la notion d'hospitalité, qui se perd bien souvent dans "les villes de grande solitude". L'hôte est celui qui reçoit. C'est aussi celui qui arrive. L'hospitalité est ce qui permet aux hommes de se retrouver pour le seul plaisir de la rencontre, d'être ensemble.

C'est pourquoi je regarde cette tendance, non pas avec la tristesse de ceux qui ne voient dans ces périples que des désirs de fuite, mais, bien plutôt comme l'occasion de rappeler que l'aventure humaine est d'abord faite de rencontres.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Lundi 4 septembre 2006

La position exprimée par Sarkozy ce weekend est l'occasion pour moi de rappeler les raisons pour lesquelles je suis favorable au mariage gay et à l'adoption par les couples homosexuels :

1) Le mariage homosexuel ouvre de nouveaux droits pour certains, il n’en supprime pour personne. L’intérêt général n’est-il pas que chacun puisse organiser sa vie privée sans tracas, dès lors qu’elle demeure respectueuse des principes qui construisent notre " vivre-ensemble " ? Et, en quoi l’amour consenti par deux partenaires, serait-il contraire à ces valeurs ? Ce n’est pas dans l’intérêt de la société que de voir une catégorie de nos concitoyens traités différemment parce que leur amour n’est pas majoritaire. Au contraire, leur défiance vis-à-vis des structures qui organisent la société ne s’en trouvera-t-elle pas renforcée et, dès lors, la " crise des institutions " aggravée ? Et, ne faut-il pas craindre, en rejetant ainsi le droit à l’indifférence revendiqué par les défenseurs du mariage homosexuel, de renforcer les tenants du communautarisme ?

2) La question de l’adoption et, plus généralement, de la filiation pour les couples homosexuels. Mariage et adoption sont, en vérité, deux sujets distincts : on peut autoriser l’un et interdire l’autre. Par ailleurs, nombre de couples aujourd’hui ont des enfants hors mariage, nombre d’enfants vivent dans des familles recomposées ou monoparentales et nombre d’homosexuels, enfin, adoptent déjà en " jouant " les célibataires, de sorte que les liens entre mariage et filiation sont désormais distendus, quand ils ne sont pas rompus. Aussi, interdire le mariage gay en soulevant le problème de la filiation revient à surestimer un modèle qui dans les faits n’est qu’un parmi d’autres et à imposer, par conséquent, aux couples homosexuels des obligations que l’on n’exige de personne.

3) Accorder des droits réduits à une catégorie de citoyens, en raison même de leur orientation sexuelle, constitue une véritable discrimination. Nous ne sommes pas là dans une interprétation abusive du principe d’égalité, qui nourrit les ridicules du politically correct, mais bien dans un mouvement qui vise à mettre fin à des discriminations premières.

Pour ma part, j’estime que c’est là un combat juste, pour que chaque citoyen, indépendamment de son orientation sexuelle, puisse disposer de mêmes droits et de mêmes devoirs. Ni plus, ni moins.

par sébastien publié dans : mariage gay
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Lundi 4 septembre 2006

C'est le contraire qui aurait étonné. Comme cela était prévisible, compte tenu du rapport de forces au sein de la majorité, Sarkozy a pris position ce weekend contre le mariage gay et contre l'adoption par les couples homosexuels. Il se prononce, en revanche, pour une égalité financière entre gays et hétéros.

Ainsi, en proposant un nouveau contrat, certes plus avantageux que le pacs mais néanmoins différent du mariage, Sarkozy considère que les couples gays ne peuvent avoir les mêmes droits que les couples hétéros. Car de deux choses l'une : soit l'on est favorable aux mêmes droits et le contrat existe déjà, il suffit alors de l'étendre, soit l'on prône un autre contrat, et c'est alors refuser l'égalité des droits.

En ne se montrant disposé que pour la seule égalité financière, Sarkozy ajoute de surcroît l'insulte à l'inégalité. Manière de dire aux gays : "vous êtes bien gentil, ok pour le fric, mais pour la reconnaissance de la nation, c'est non parce qu'un couple c'est un homme et une femme". L'idée que les gays doivent se contenter de l'égalité au niveau du porte-monnaie, voilà qui n'est rien comprendre à leur revendication première : le mariage pour tous, c'est l'assurance que la société ne fait pas de distinction entre les diverses amours consenties entre personnes majeures. C'est, une bonne fois pour toutes, chasser l'idée qu'une sexualité est inférieure à une autre.

En considérant qu'un couple, "c'est un homme et une femme" et que seul ce couple peut élever des enfants, c'est faire de l'argument biologique le socle de la parentalité. En dépit des réalités, Sarkozy, le soi-disant apôtre du pragmatisme, se noie pour le coup dans l'idéologie, en se contentant de l'argument d'autorité.

Cette prise de position de Sarkozy est l'occasion pour moi de rappeler ma réponse à Lionel Jospin qui s'était lui aussi opposé au mariage gay, en développant des arguments tout à fait comparables.

En espérant que Sarkozy finira un jour par suivre le même chemin que l'ancien Premier ministre qui aujourd'hui fait sienne la proposition du parti socialiste favorable au mariage gay et à l'adoption pour les couples homosexuels.

par sébastien publié dans : mariage gay
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Lundi 28 août 2006

Certains pensent inéluctable le passage du libre-échange en économie à la démocratie politique. Comment accepter, en effet, d'être libre lorsque l'on fait des affaires et censuré lorsque l'on fait de la politique ? L'ouverture de l'un devrait, en toute logique, assurer l'ouverture de l'autre. C'était le pari de Clinton au moment où la Chine s'apprêtait à faire son entrée à l'OMC.

Pourtant, deux évènements récents amènent à douter d'un tel engrenage vertueux :

- c'est, dabord, Yahoo et Google qui acceptent de jouer les mouchards pour le compte du régime chinois, en faisant en sorte que leurs moteurs de recherche ne puissent recenser les pages censurées par le gouvernement. Ce compromis doit être, pour les entrepreneurs américains, le prix à payer pour conquérir le vaste marché chinois ;

- c'est, ensuite, Wal Mart, le distributeur américain, qui décide, quant à lui, d'intégrer une cellule du parti communiste dans un de ses magasins chinois, pour s'assurer de la sorte le contrôle des mouvements sociaux.

Ainsi, loin de diffuser un message de liberté politique, les entreprises américaines font le jeu du gouvernement chinois parce que c'est leur intérêt financier qui en dépend. L'économie se marie ainsi très bien avec la dictature.

D'ailleurs, cela n'est pas la première fois. Dans le Japon de Meiji et d'entre les deux guerres, et encore, par exemple, dans l'Etat singapourien de Lee Kuan Yew, l'essor économique s'est conjugué avec une sévère limitation des libertés fondamentales.

La démocratie n'est donc pas une forme achevée de gouvernance, vers laquelle se dirigeraient inéluctablement l'ensemble des pays du monde, à raison de leur niveau de développement. C'est un choix de gouvernement, qui doit être sans cesse défendu, surtout au moment où se lève à l'Est une autre forme de gouvernance, un capitalisme autoritaire, qui pourrait bien, un jour, servir de modèle au reste du monde.

par sébastien publié dans : politique-monde
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Vendredi 25 août 2006

Sur le site de Jean-Luc Roméro, j'ai découvert récemment que les personnes séropositives subissaient d'incroyables restrictions à leur liberté de circuler de par le monde.

Ainsi, par exemple, 11 pays, dont les Etats-Unis et la Russie, interdisent l'entrée sur leur territoire aux personnes séropositives.

Devant ces insupportables discriminations, Jean-Luc a choisi d'alerter le Président de la République. Je vous invite à prendre connaissance de ce document sur son blog.

En espérant une réponse forte du Président et une prise de conscience de plus en plus large de ce qu'il faut bien nommer un scandale.

par sébastien publié dans : coups de gueule
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Jeudi 24 août 2006

La rentrée politique commence. Et, avec elle, un cortège de cadeaux fait son apparition : l'allocation de rentrée scolaire plus tôt que prévu, une annonce sur la suppression des droits de succession pour le conjoint survivant, une bourse pour les étudiants qui quittent le nid familial, la mise en place d'un chèque transport, une réévaluation de la prime pour l'emploi ...

Les années qui précèdent l'élection présidentielle sont riches en bonnes nouvelles et celle-ci ne paraît pas devoir déroger à la règle.

La progression de la croissance, au-delà des estimations, semble devoir encourager plus que de raison les revendications catégorielles. Déjà, paraît-on revivre le scénario de la cagnotte, funeste à Lionel Jospin autrefois, au prétexte qu'il y aurait 3 milliard d'euros de rentrées fiscales supplémentaires.

Pourtant, c'est dans un tel contexte que doivent se révéler les hommes d'Etat.

Il y a ceux, nombreux n'en doutons pas, qui multiplieront promesses et cadeaux.

Et, il y a ceux, solitaires le plus souvent, qui rappelleront que parler de cagnotte au moment où l'Etat plie sous près de 2000 milliards d'euros de dette relève, au mieux de l'incompétence et au pire de l'inconscience.

Qui choisirez-vous, les Père Noël inconséquents ou les Père Fouettard professeurs de vertu ?

par sébastien publié dans : Politique-France
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Vendredi 18 août 2006

Aujourd'hui, le magazine "Le Point" fait sa "une" sur Ségolène Royal, avec pour titre "Comment elle se prépare".

C'est donc confirmé. Après les premiers commentaires des amis de Sarkozy sur la candidate à la candidature socialiste, la présentant comme le meilleur adversaire possible, voici que les médias de droite, à leur tour, font de la présidente de la région Poitou-Charentes leur meilleure ennemie possible à gauche.

Outre ce que cela peut avoir de déprimant pour tous les autres candidats à la candidature socialiste, qui ont multiplié les propositions dans le vide cet été, je pense à Laurent Fabius en particulier, ce choix est aussi révélateur du fait que, pour la droite, c'est sûrement ségolène qui sera la plus facile à battre, et donc c'est elle qu'il faut mettre en avant, pour faire comme si sa candidature était aujourd'hui une évidence.

La gauche peut-elle vraiment choisir le candidat préféré de la droite ?

par sébastien publié dans : Politique-France
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