Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Mercredi 29 juin 2005

Dans une précédente note, je recensais divers épisodes de l'actualité politique qui m'amenaient à conclure que notre République n'avait, sur certains points, rien à envier à certaines républiques bananières.

Aujourd'hui, je vous propose de nouveaux exemples qui m'amènent à conclure dans le même sens et qui, je trouve, sont encore plus amusants !

On sait que les délocalisations sont devenues ces dernières années un outil répandu de modernisation de l'administration. Rien de tel pour montrer que l'on est proche du peuple et que l'on ne se laisse pas marcher sur les pieds par les lobbys de la capitale.

Seulement, à chaque fois la question se pose : délocaliser, oui, mais délocaliser où ?

Et bien, c'est là, que l'esprit de clocher fait son apparition :

1) En son temps, alors qu'elle était premier ministre, Edith Cresson avait eu l'idée de rapatrier l'agence judiciaire du Trésor, un service du ministère de l'économie, dans sa ville, Chatellerault. On n'est jamais mieux servi que par soi-même !

Mais enfin, Chatellerault est une ville assez grande. Et dans le vaste mouvement de délocalisation qu'elle avait engagé, il n'était pas totalement absurde qu'une petite administration puisse y être délocalisée.

Aujourd'hui, Raffarin fait quand même nettement plus fort. Il a décidé de délocaliser à Chasseneuil du Poitou, sa ville de 4104 habitants au dernier recensement, le Centre National de Documentation Pédagogique, un important service du ministère de l'éducation nationale. On comprend l'angoisse qui étreint ces fonctionnaires, même si le Poitou, il faut le reconnaître, c'est très joli et l'on y mange bien.

Je sens qu'autant d'audace, à la mode africaine, vous fait déjà sourire ! Mais il y a mieux. Jugez plutôt :

En 1999, le ministre de l'Industrie, Christian Pierret a une idée géniale : délocaliser le contrôle des fréquences maritimes. Il existe, en effet, une administration qui est chargée de garantir le bon usage des émetteurs radio maritimes et fluviaux, sans lesquels il n'y a pas de navigation sûre.

Pourquoi pas me direz-vous ? On délocalise où : La Rochelle, Brest, Royan ?

Non, ce sera Saint Dié, jolie bourgade des Vosges de 23000 habitants, dont le maire, bien sûr vous l'aurez deviné, s'appelle Christian Pierret !

Et dire que l'on reproche aux présidents africains de s'occuper d'abord de leur village !

par sébastien publié dans : Politique-France
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Vendredi 24 juin 2005

La loi Sarkozy de novembre 2003 sur l'entrée et le séjour des étrangers en France a prévu, dans son article 34, la création de salles d'audience spécialement aménagées dans les zones portuaires et aéroportuaires.

L'objectif, rappelé dans l'exposé des motifs du texte, est d'éviter les déplacements inutiles et, ainsi, de mieux utiliser les services de police.

Les premières expérimentations ont eu lieu ces derniers jours à Coquelles et à Roissy.

Pour ma part, ce dispositif suscite trois interrogations, au moins :

1) la publicité des débats

La tenue d'audiences dans des zones périphériques ne contribue pas à la publicité des débats. Le coût des déplacements rendra les accès plus difficiles.

Or, la publicité des débats est une garantie fondamentale : elle permet de s'assurer de la véracité de la relation des faits lors de l'audience. 

2) les droits de la défense

On peut, ensuite, se demander si la tenue de telles audiences préservera les droits de la défense.

Ces audiences ont été mises en place aussi pour que la justice aille plus vite. Or, le temps est nécessaire pour bien préparer sa défense : contacter l'avocat de son choix, se faire traduire les pièces du dossier, avoir accès à un interprète : comment s'assurer que ces garanties seront préservées si l'on s'achemine vers une "taylorisation" des audiences ?

3) l'indépendance du tribunal

Les conditions dans lesquelles les juges seront amenés à se prononcer sont telles que l'on peut se demander si leur indépendance ne sera pas remise en cause.

Quel sera ainsi le niveau d'indépendance du tribunal de Coquelles qui se trouve dans l'enceinte d'un terrain clos du ministère de l'Intérieur, où sont installés la DST, la Police aux Frontières, une Brigade mobile de recherches, les militaires du déminage de la sécurité civile, les équipes cynophiles de la police ?

La tenue d'audiences, dans un aéroport ou un centre de rétention, satisfait-elle à cette exigence d'indépendance pour l'étranger ?

Il ne suffit pas de se dire indépendant, encore faut-il en donner l'apparence.

Pour ma part, j'ai le sentiment qu'un tel dispositif porte en germe des risques de dérive.

Qu'en pensez-vous ?

par sébastien publié dans : Politique-France
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Jeudi 23 juin 2005

Des émeutes à Perpignan. Il y va et promet : "les voyous seront punis !". Il est des vérités d'évidence qu'il est parfois nécessaire de rappeler.

Un enfant prend une balle perdue. Il y va et promet : "la cité sera nettoyée". Après la pluie, le beau temps.

La politique de Sarkozy, c'est communiquer d'abord et travailler ensuite. Le discours vaut action. La communic'action !

Il faut une dépêche AFP par jour et, si possible, un passage télé quotidien. Toutes les raisons sont valables. Toutes les causes sont possibles. Une seule obligation : être suivi par les caméras. Ce qu'il faut, c'est qu'on parle de lui. Occuper l'espace.

Pour Sarkozy aussi, l'existence précède l'essence !

Sarkozy, ou le premier homme politique à se concevoir comme un produit de grande consommation. Il faut parler de la "marque" Sarkozy, pour la rendre incontournable.

La fermeture de Sangatte a laissé les prétendants au départ errer dans les villes proches du tunnel ? Sans importance. La loi sur la prostitution a déplacé celle-ci en banlieue, reproduisant là-bas ce qu'il se passait dans les beaux quartiers de la capitale ? Qui s'en soucie. La loi sur le droit au séjour des étrangers n'a eu aucun résultat, si bien qu'il paraît évident d'en faire une autre très vite ? Qu'importe.

Sarkozy avance, il est déjà ailleurs. L'actualité a ses droits que le recul critique ne saurait entraver. Parler d'hier, c'est prendre le risque d'ennuyer. Et ennuyer, c'est quitter la "une" pour les pages intérieures. Sarkozy, comme tout produit qui veut séduire, est pris dans la tyrannie de la nouveauté. Du neuf toujours : nouvelles propositions, nouvelles lois, nouvelles visites.

Les caméras et les micros courrent derrière, pris dans le tourbillon de cette Histoire en marche. Ces histoires comme la presse les aime, et qui la dissuade, aujourd'hui, de poser les questions qui fâchent.

Jusqu'à quand ?

Jusqu'au moment où l'intérêt du spectacle deviendra moindre, où le scénario, à force de se répéter, finira par lasser et où, les nécessités du commerce se faisant sentir, il sera bon de faire monter en flèche une nouvelle marque, de lancer un nouveau produit.

De Sarkozy ou de la presse, qui mène le bal ? Pas forcément celui que l'on croit.

par sébastien publié dans : Politique-France
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Vendredi 10 juin 2005

A noter l'excellente chronique de Bernard-Henri Lévy cette semaine dans Le Point. Il rapproche le discours de la gauche "radicale" avec celui du Front national. La même propension à critiquer les "élites" et le "système".

J'approuve complètement le diagnostic. Et, sur le style, c'est quand même bien balancé !

par sébastien publié dans : Politique-France
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Vendredi 10 juin 2005

L'emploi est donc la nouvelle priorité des priorités. L'occasion de saluer l'excellent dossier réalisé par le site vie publique, sur lequel on trouve, entre autres, l'ensemble des rapports portant sur le sujet.

par sébastien publié dans : Politique-France
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Mercredi 8 juin 2005

Comme la France connaît depuis trente ans un chômage de masse, que chaque élection est désormais l'occasion de sanctionner les gouvernements en place et que, de manière générale, le pays paraît douter de lui-même, beaucoup parlent à présent d'une "crise de régime".

Le mal est tel que le remède passerait inéluctablement par une refonte des institutions. 

Ainsi, Olivier Duhamel se prononce pour un régime parlementaire. Jack Lang prône l'instauration d'un régime présidentiel. Arnaud Montebourg met en place la Convention pour la VIème République. Et à droite, aussi, l'idée fait son chemin.

Pour ma part, je reste réservé pour au moins trois raisons :

1) D'abord, dans mon esprit, le changement des institutions ne doit être une réponse qu'à un moment critique de l'Histoire, comme cela fut le cas par le passé :

- la 1ère république (1792-1799) est née des émeutes d'août 1792, de la fin de la monarchie constitutionnelle de 1791 et de la guerre engagée avec l'Autriche et la Prusse ;

- la 2ème République (1848-1852) naît de la Révolution de 1848 ;

- la 3ème République est issue de la guerre de 1870 ;

- la 4ème République apparaît au sortir d'une guerre mondiale et au lendemain de la défaite de juin 40 ;

- la 5ème République, enfin, s'élabore dans un climat de guerre civile.

En sommes-nous là aujourd'hui ? Je ne crois pas. Des tensions fortes, certes. Mais ni guerre à l'extérieur, ni guerre à l'intérieur. Pas de crise militaire, mais une crise économique et sociale. Pas de problème avec les autres, mais des difficultés avec nous-mêmes.

Ainsi, pour résoudre une crise de cet ordre, je ne crois pas qu'il faille utiliser l'outil institutionnel. Nous sommes encore dans le domaine du choix politique, des programmes, des alternatives, qui tous peuvent évoluer au sein du cadre unique, unanimement partagé, des institutions actuelles.  

Si, demain, on accepte l'idée que l'on peut remettre en cause les institutions à l'occasion de crises économiques et sociales, je prends le pari que la 6ème République ne sera alors que la première d'une longue série ; le changement des institutions deviendrait un instrument "parmi les autres" et non plus une arme exceptionnelle de résolution de crises majeures.

2) Ce que l'on peut reprocher à la Vème République, c'est de permettre ce scénario improbable qu'est la cohabitation, laquelle, on le sait, est source d'immobilisme et de tensions inutiles au sommet de l'Etat.

Or, le quinquennat assure, sauf accidents, la fin de ce système étrange.

Il y aurait une ironie particulière à sanctionner la Vème république au moment où elle vient de soigner le principal de ses maux.

3) Le changement de régime me paraît d'autant moins nécessaire que nombre de réformes peuvent être initiées dans le cadre de notre Constitution actuelle.

Rien n'interdit des réformes qui pourront rendre nos institutions plus efficaces. Parlons, pourquoi pas, d'un "programme pour une Vème bis" avec, par exemple :

- la réforme du Sénat : un système qui assure toujours la victoire d'un même camp  n'est pas a priori très démocratique ;

- la réforme du mode d'élection de nos députés pour rendre l'Assemblée plus représentative ;

- la création d'un statut de l'élu obligeant, par exemple, un patron à reprendre dans son entreprise un employé qui s'est absenté le temps d'un mandat électif.

Ainsi, la Vème pourrait être plus vivante.

Finalement, dans cette demande réitérée de changement de régime, je vois surtout une autre façon d'exiger la table rase. Une idée très française qui consiste à penser le neuf par l'élimination d'abord de l'ancien. De penser l'avenir en repartant de zéro. Plutôt que la réforme, le réflexe révolutionnaire ?

par sébastien publié dans : Politique-France
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Mardi 7 juin 2005

C'est une période marquée par un déficit budgétaire chronique et une situation économique dégradée : on se plaint notamment de la flambée des prix.

C'est une période marquée par une farouche opposition aux réformes de l'Etat et de la fiscalité.

Aucun des premiers ministres successifs ne réussit à faire passer les réformes nécessaires au redressement des finances du pays.

C'est une période où le chef de l'Etat, par ses alternances de fermeté et de mollesse, n'inspire plus confiance. Il n'est pas soutenu par le peuple.

C'est une période où le peuple remet en cause les privilèges des élites.

C'est une période, enfin, où l'on estime que c'est au peuple et à personne d'autre de décider par une Assemblée constituante de la rédaction d'une prochaine Constitution.

Cela vous dit quelque chose ?

Mais, oui, bien sûr :

- les premiers ministres se nomment Turgot, Necker, Calonne et Brienne ;

- le chef de l'Etat s'appelle Louis XVI ;

- l'Assemblée constituante commence ses travaux le 20 juin 1789 ...

Ah oui, j'oubliais : comparaison n'est pas raison !

par sébastien publié dans : Politique-France
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Vendredi 3 juin 2005

Voilà, le nouveau gouvernement est formé. Il n'échappera pas à la remarque de bon sens "on prend les mêmes et on recommence". Ce jeu de bonneteau ne joue pas en faveur d'un état de grâce.

Cette semaine a été l'occasion d'observer des épisodes surréalistes qui sont autant de premières :

1) Un président de la république qui annonce lors de sa déclaration à la télévision la nomination de son ministre de l'intérieur.

2) Un premier ministre qui passe à la télé avant même la formation de son gouvernement.

3) Un ministre de l'intérieur qui veut faire du dossier de l'immigration un de ses principaux chantiers, alors même que le premier ministre a, sur cette question, des visions assez radicalement opposées. Ce qui promet des arbitrages chaleureux et, éventuellement, une démission fracassante.

4) Un ministre du commerce (qui vient de déposer sa loi au Sénat) qui échange son poste avec le ministre de la fonction publique (ancien ministre du commerce), ce qui fait qu'ils vont faire une deuxième passation de pouvoir identique à la première, mais dans l'autre sens : "je ne vous fais pas visiter, vous connaissez la maison, ...".

5) Un diplomate choisi pour mener l'objectif n°1 : la bataille pour l'emploi.

Tout cela baigne dans un océan de logique évident.

Pour finir, il convient de déplorer que "le droit des victimes" n'est plus une priorité gouvernementale. Mais, qu'on se rassure "la promotion de l'égalité des chances" en devient une nouvelle.

La poésie est au pouvoir, sans aucun doute !

par sébastien publié dans : Politique-France
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Vendredi 13 mai 2005

Lu aujourd'hui un très intéressant débat dans "Le Point" entre François Gèze, sociologue et signataire du manifeste des "Indigènes de la République", et Alain Finkielkraut, philosophe, signataire quant à lui de l'appel contre le racisme anti-blanc lancé par l'association Hashomer Hatzaïr.

Pour François Gèze, il existe bien un racisme anti-noir et anti-arabe spécifique, que l'on ne saurait mettre sur le même plan qu'un racisme anti-blanc. S'il regrette les excès du texte dont il est signataire, il en revendique néanmoins le message, à savoir que la France d'aujourd'hui a une dette vis-à-vis des descendants des colonisés et des esclaves. A l'histoire qui doit être revisitée avec lucidité et honnêteté, il faut ajouter une nécessaire reconnaissance au regard des crimes passés et des discriminations actuelles.

Pour Alain Finkielkraut, un tel appel ne peut qu'entretenir un climat de guerre civile. Si l'Histoire doit en effet être revisitée avec lucidité, cela doit valoir pour tous les crimes et toutes les formes d'esclavage, sans exclusive. Par ailleurs, il s'oppose à la posture qui consiste à faire de l'Occident l'auteur de tous les crimes et des autres les créanciers d'une dette éternelle : "nous devons en finir avec ce grand partage des rôles entre un Occident, voué à l'esprit d'examen, à l'autocritique, à la distance à soi et le reste du monde replié sur ses griefs".

Dans ce débat, une fois n'est pas coutume, je prends partie pour Finkielkraut.

D'abord, parce que sur le strict plan historique, l'appel des indigènes de la République me paraît foncièrement réducteur : quid en effet de la traite africaine dont les victimes étaient exploitées par les Africains eux-mêmes, quid également de la traite orientale organisée par des négriers musulmans dont on estime les victimes à 17 millions ? Si l'on prétend vouloir revisiter l'Histoire, mieux vaut y réfléchir à deux fois : elle a ses ruses qui interdit souvent de prendre ses désirs pour des réalités.

Ensuite, sur le plan du message, comment ne pas voir, comme le souligne Finkielkraut, qu'un tel appel va nourrir les tenants d'un communautarisme radical plutôt que les défenseurs d'une cause légitime, cependant attachés au maintien de la cohésion nationale ? L'enfer est pavé de bonnes intentions.

M'objectera-t-on alors : oui, mais vous qui plaidez pour le mariage homosexuel, ne vous comportez-vous pas aussi en extrémiste de la cause, au risque de provoquer et d'entretenir les dissensions que vous déplorez par ailleurs et dont vous devinez les inévitables promesses dans notre action ?

A celà, je réponds qu'il y a une différence de taille entre ce que je préconise et ce que vous défendez.

En ce qui me concerne, je me bats pour une égalité de droits. Je milite pour l'indifférence. Je souhaite la fusion des communautés en une seule, finalement, respectueuse de toutes les différences.

Tandis que vous, toute la teneur de votre message plaide pour une reconnaissance spéciale, un statut spécifique qui correspondrait à l'effacement d'une dette historique que l'Etat colonial aurait envers vous.

Là où je plaide pour l'égalité, vous militez pour la spécificité.

par sébastien publié dans : Politique-France
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Mercredi 11 mai 2005

Demain, le ministre de l'Intérieur présentera au Conseil des ministres un projet de loi pour lutter contre l'immigration illégale.

Il ne comporte qu'un volet policier : création d'une police de l'immigration, mise en place des visas biométriques, création d'un service public de l'immigration qui regroupe l'ensemble des administrations concernées sous la seule tutelle du ministre de l'intérieur, création d'un fichier national des attestations d'accueil, modification du code civil pour supprimer la reconnaissance automatique par la France des unions conclues à l'étranger.

Que les services de police soient réorganisés pour être plus efficaces est une chose que l'on peut naturellement concevoir.

Mais qu'un texte sur l'immigration illégale se limite à un seul volet policier, voilà qui, à mon sens, tombe à côté de la plaque.

D'abord, parce que l'on sait que l'immigration est amenée à jouer un rôle important dans l'avenir du pays et du continent, en raison de la démographie qui remet en cause les systèmes sociaux et diminue la part de la population active. En envoyant un seul message policier, on flatte peut-être l'opinion, mais on rend plus difficile les réformes à venir, forcément nécessaires.

Ensuite, parce que l'on ne diminuera pas le flux entrant de l'immigration illégale par le seul renforcement des services policiers. La majorité des immigrants n'ont rien à perdre. Qu'ont-ils de plus à craindre quand ils ont déjà quitté leur terre et leur famille ? La méthode policière ne tarit pas les flux, elle les renvoit.

Enfin, et surtout, l'immigration illégale est aussi le produit de complexités administratives qui échappent à tous ceux qui veulent tenter leur chance. Une loi qui voudrait tarir les flux d'illégaux devrait réformer, en particulier, deux procédures :

1) aujourd'hui, pour venir travailler en France de manière régulière, il faut engager une procédure lourde, longue et incertaine. Le futur employeur doit délivrer un contrat qui sera ensuite examiné par les Directions départementales du travail. Celles-ci s'attacheront à déterminer s'il est effectivement nécessaire, en l'espèce, de faire appel à une main d'oeuvre étrangère. Devant la longueur des procédures et l'incertitude sur la décision finale, le candidat à l'immigration est tenté de passer outre.

2) la réforme de l'Aide médicale d'Etat est nécessaire. Aujourd'hui, pour avoir droit à cette aide, il faut être sans-papier puisqu'elle n'est délivrée qu'à ceux qui sont en France depuis plus de 3 mois. Nombreux sont ceux qui, devant la maladie, préfèrent venir se faire soigner dans l'illégalité que souffrir chez eux, en étant réguliers.

Je suis contre les régularisations massives. Parce qu'elles sont injustes vis-à-vis de tous ceux qui, malgré leur complexité, essaient de respecter nos règles. La régularisation est, quelque part, une prime à l'illégalité.

Mais, il est nécessaire de réformer nos règles en matière de contrat de travail et d'assistance aux malades, sans quoi, l'immigration illégale se poursuivra, faute de mieux, appelant en retour un plus grand contrôle policier.

Dès lors, c'est bien un cercle vicieux que l'on met en place.

par sébastien publié dans : Politique-France
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