Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Jeudi 21 avril 2005

Ce sera donc Benoît XVI.

Une chose m'intrigue.

Comment des gens que l'on dit intelligents, voire même brillants, peuvent-ils conduire leur vie et, à l'occasion, guider celle des autres selon des principes contenus dans un Livre dont on ne connaît pas même les auteurs ?

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mardi 12 avril 2005

Suite à mon article du 1er avril sur l'appel, cosigné par plusieurs personnalités, contre le racisme anti-blanc, je vous invite à lire le commentaire laissé par David. C'est un commentaire précieux parce qu'il fait suite à un vécu personnel.

Il est intéressant à double titre :

- d'abord, il démontre que ces actes de racisme existent bel et bien ;

- ensuite, je le trouve très juste : la meilleure réponse à apporter n'est sûrement pas de monter les communautés les unes contre les autres. Il s'agit de rappeler aux associations qu'elles doivent lutter contre toutes les formes de racisme, sans exclusive et sans tabou.

Merci, David, pour ton commentaire !

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Vendredi 8 avril 2005

Voilà un peu plus de deux mois maintenant que j'essaie d'alimenter régulièrement ce blog. Quels sont les premiers enseignements que je peux tirer ?

D'abord, qu'il se fond dans la multitude ! Il y a je crois 1,5 million de blogs actifs désormais en France. Difficile dans ces conditions de se faire connaître. La rencontre avec le lecteur est plus sûrement le fruit du hasard que l'aboutissement d'une démarche bien pensée. Ecrire un blog revient donc un peu à envoyer une bouteille à la mer en souhaitant que quelqu'un s'en saisira.

Cela est vrai à deux exceptions près :

1) lorsque le blog est écrit par une "célébrité" : la rencontre, grâce aux moteurs de recherche, est plus rapide. Il permet à l'auteur de révéler peut-être d'autres facettes de sa personnalité, d'établir un contact plus simple et plus direct. Je crois donc beaucoup à l'essor de cet outil dans la politique, l'entreprise, le spectacle. Probablement aussi deviendra-t-il un nouveau produit dérivé permettant à des fans  de suivre au quotidien, moyennant finances, les tribulations de son idole.

2) lorsque le blog ne porte que sur un thème, précis : la cuisine, tel ou tel voyage, tel ou tel type de musique. Le lecteur sait ce qu'il vient chercher. Pas de perte de temps dans le Réseau.

Hormis ces deux schémas, je ne suis pas sûr que la "mode des blogs" perdurera. Car, la relation ne dure que s'il y a une qualité d'écoute. Or, l'ouverture permanente de nouveaux blogs aujourd'hui correspond davantage à une soif de "dire" plutôt que "d'écouter", de "s'exposer" plutôt que de "recevoir". Et cela n'a qu'un temps. Enfin, je peux me tromper !

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Dimanche 3 avril 2005

Aimer, mais n'approuver qu'une forme d'amour.

Prôner un monde de valeurs, pourvu que ce soit les siennes, indiscutables.

Faire de la vie un don, mais refuser les moyens de la protéger.

Autant de paradoxes que Jean-Paul II aura fait siens.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Vendredi 1 avril 2005

Le 25 mars dernier, un appel a été lancé à l'initiative du mouvement sioniste Hachomer Hatzaïr et de Radio Shalom pour dénoncer les "ratonnades anti-blancs" qui, selon eux, se sont produites lors des manifestations lycéennes du 8 mars.

Il s'agit du texte qui suit :

"Il y a deux ans, presque jour pour jour, le 26 mars 2003, quelques uns d’entre nous lançaient un cri d’alarme.

Quatre jeunes du mouvement Hachomer Hatzaïr venaient de se faire agresser en marge d’une manifestation contre la guerre en Irak parce qu’ils étaient Juifs. Une tentative de lynchage en plein Paris, un scandale.

La mobilisation des médias, des politiques, des simples citoyens, a été formidable.

Mais aujourd’hui les manifestations lycéennes sont devenues, pour certains, le prétexte à ce que l’on peut appeler des «ratonnades anti-blancs ».
Des lycéens, souvent seuls, sont jetés au sol, battus, volés et leurs agresseurs affirment, le sourire au lèvres : « parce qu’ils sont Français ».

Ceci est un nouvel appel parce que nous ne voulons pas l’accepter et parce que, pour nous, David, Kader et Sébastien ont le même droit à la dignité.

Ecrire ce genre de textes est difficile parce que les victimes sont kidnappées par l’extrême droite.

Mais ce qui va sans dire, va mieux en le disant : il ne s’agit pas, pour nous de stigmatiser une population quelle qu’elle soit. A nos yeux, il s’agit d’une question d’équité. On a parlé de David, on a parlé de Kader mais qui parle de Sébastien ?"

Cet appel a été signé notamment par Bernard Kouchner, Alain Finkielkraut, Pierre-André Taguieff ou encore Jacques Julliard.

Il a, en revanche, été dénoncé, entre autres, par le MRAP, SOS Racisme et la Ligue des droits de l'homme.

J'aimerais savoir ce que vous inspire cette initiative, si vous la soutenez ou non.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Vendredi 1 avril 2005

Ce serait probablement exagérer leur importance que de croire les émissions de télé-réalité révélatrices des traits qui caractérisent aujourd'hui la société française. Ce sont d'abord, évidemment, des opérations commerciales.

Mais, justement, c'est parce que leurs créateurs visent un public le plus large possible qu'ils essaient de satisfaire les attentes majeures des Français. Et, en cela, les caractéristiques communes à leurs productions donnent des indications sur ce que nous sommes et sur ce que nous recherchons.

A mon sens, trois caractéristiques, en particulier, se dégagent de toutes ces émissions :

1) Le souci de transparence, d'abord. Rien ne doit rester dans l'ombre. Surtout pas le plus intime. On filme partout, tout le temps. La transparence, n'est-ce pas justement ce que réclame la population à l'égard de leurs dirigeants, de l'Etat, du pouvoir ?

2) La compétition individuelle, ensuite. Dans chaque "jeu", il n'y a qu'un vainqueur. Ce qui compte, ce n'est pas le projet collectif, c'est la consécration de l'individu-roi.

3) La prédominance des identités, enfin. Dans chaque production, ce qui compte c'est davantage ce que l'on "est" que ce que l'on "a", davantage le caractère que les connaissances, le physique que l'expérience. L'identité, ce que l'on "est", est ainsi plus essentielle pour vaincre que la somme de ses connaissances et de ses expériences : pour gagner "Loft Story", il faut se contenter d'être soi, pour vaincre dans "L'île de la tentation", dans "Bachelor" ou dans "Opération séduction", il est mille fois préférable d'être beau.

Prédominance des identités au point même que l'on peut parler de la constitution, dans chaque programme, de "micro-sociétés" : à chaque fois, il faut le beur, le beau gosse, la bourge ou le gay de service.

Prédominance des identités, toujours, lorsqu'elles sont à la base même du concept de l'émission : "Queer" joue de la confrontation homo/hétéro, "les colocataires" de l'affrontement garçons/filles.

Ainsi, la télé-réalité, au-delà de l'émotion programmée et de la scénarisation du réel qui, il est vrai, la caractérisent également, semble aussi révéler certaines tendances lourdes de notre vécu collectif.

Une émission qui regrouperait des personnes, en considération de leurs seules connaissances et expériences, dans le but d'élaborer un projet collectif utile à la société tout entière, aurait-elle quelque chance de succès ? 

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Lundi 28 mars 2005

On aurait tort, parce que les sondages sont désormais mauvais pour le camp du "oui", de reprocher à Jacques Chirac d'avoir choisi le référendum pour ratifier le projet de traité constitutionnel. Que n'aurait-on pas dit, en effet, si, sur un texte de cette importance, il avait préféré la voie parlementaire ? C'eût été contraire à la tradition française qui, du plébiscite napoléonien au référendum gaulliste, voit dans la consultation directe des Français l'exercice d'une démocratie authentique.

Mais est-elle véritablement si parfaite, cette tradition, dès lors que les Français, appelés à voter sur un texte précis, se servent au contraire de cette occasion pour en faire l'exutoire de toutes leurs peurs ?

Des agriculteurs, qui veulent sanctionner la réforme de la PAC, aux altermondialistes qui veulent s'opposer au monde tel qu'il va, en passant par les souverainistes de gauche ou de droite pour qui la nation constitue la frontière indépassable, chacun voit dans cette consultation l'occasion de dire ce qu'il a sur le coeur.

Dès lors, l'usage du référendum paraît plutôt naïf et dangereux :

- naïf, car comment croire en effet que les Français puissent se prononcer en connaissance de cause sur un texte de 300 pages ? Comment leur choix, pour la majorité d'entre eux, pourrait-il être véritablement informé ? Devant l'ampleur de la tâche, la décision finale sera plus sûrement guidée par des considérations irrationnelles, ce que les tenants du "non", en agitant toutes sortes d'épouvantails, ont bien compris ;

- dangereux, aussi, car ne déconsidère-t-on pas de la sorte la démocratie en dévalorisant le rôle des élus dont c'est la mission que de se prononcer sur des sujets si complexes ? En élisant leurs représentants, les Français leur délèguent un pouvoir en raison de leur expérience, de leur formation ou des promesses qu'ils ont pu faire ici ou là. En quoi, dès lors, la démocratie représentative serait-elle moins légitime que la démocratie directe, quand il s'agit de faire des choix informés dans l'intérêt de la collectivité tout entière ?

Ainsi, si au regard de la tradition, l'usage du référendum pour le traité constitutionnel est justifié, il reste, qu'en pratique, il peut aboutir à une régression du débat public et à des dérives populistes. Contrairement à une idée largement répandue, la démocratie directe, à l'ère des médias qui privilégient l'image et le slogan, ne paraît pas un concept si favorable que cela.

Aussi, je crois que l'usage du référendum devrait n'être envisageable qu'en deux circonstances :

- lorsque, premièrement, la question posée n'appelle pas au préalable la lecture et la compréhension de textes longs et complexes, auquel cas la démocratie représentative devrait être préférée. Un référendum sur la durée des mandats pourrait, par exemple, entrer dans ce cadre ;

- lorsque, deuxièmement, la question porte sur des enjeux locaux qui touchent au quotidien des Français.

En réalité, le bon usage du référendum pose, de manière plus large, le problème de la gouvernance à l'heure de la mondialisation : comment rendre légitimes des institutions qui, pour être efficaces, devront agir à un niveau continental ou mondial, c'est-à-dire loin des électeurs ? Comment concilier la complexité, intrinsèque à ces constructions nouvelles, et la légitimité, dévolue par le consentement populaire ?

Sur ce sujet, je conseille la lecture utile de "La démocratie-monde" de Pascal Lamy.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Vendredi 18 mars 2005

Les deux articles que j'ai publiés sur l'affiche Girbaud sont ceux qui à ce jour ont attiré le plus de réactions sur mon blog.

J'en déduis deux conclusions :

1) Pour lancer le débat, peut-être faut-il être volontiers provocateur ?

2) La question du respect des identités et de la manière de les faire vivre en collectivité est une question sensible.

Finalement, n'est-il pas logique de réagir davantage lorsqu'on est touché au coeur ?

En définitive, cette "affaire" pose la question : jusqu'où peut-on aller trop loin ?

A son tour, aujourd'hui, Olivier Roy, spécialiste de l'Islam, essaie de répondre à cette question. Pour lui, en agissant de la sorte, les Chrétiens développent une attitude communautariste.

Sur son site, Michel-Edouard Leclerc dénonçait lui-aussi assez vigoureusement la décision du juge.

J'aimerais qu'on poursuive ce débat, en particulier que l'on essaie de définir la frontière qui limiterait le droit à l'expression ou à la caricature. Qui limiterait par conséquent le champ d'interprétation du juge.

Vad a proposé dans un commentaire de faire une différence entre ce qui relève du commerce et qui serait interdit et ce qui relève de l'art qui serait autorisé.

Pour ma part, dans ma réponse, j'ai formulé plusieurs réseves sur cette lecture. Qu'en pensez-vous ?

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Jeudi 17 mars 2005

La dernière livraison du "Canard Enchaîné" révèle un nouveau scoop qui pourrait enrichir mon précédent article sur "la République des copains".

Il s'agit de la liste de privilégiés qui, bien qu'ayant été flashés par les radars automatiques, ont vu, à leur demande, leurs contraventions retirées.

Sont citées des ambassades : chine, maroc, russie, ...

Mais, aussi, des journalistes.

Quelle plus belle preuve de la collusion médiatico-politique ! De la communion d'intérêts qui peut unir ces deux mondes. En t'accordant tel privilège, promets-moi de taire telle info ou au contraire de révéler avec bienveillance celle-ci ...

Quelle confiance, dans ces conditions, accorder à l'information ? Comment ne pas croire qu'elle sera volontairement orientée selon les bénéfices que le journaliste pourra en retirer par ailleurs ?

Cette collusion n'explique-t-elle pas des épisodes passés : comment expliquer, par exemple, qu'aucun journal n'ait cru bon de révéler que la famille cachée d'un président était hébergée (et plutôt classieusement) aux frais de la République ?

Et, loin de ne voir ici que des épisodes anecdotiques qui concerneraient une minorité d'inconséquents, comment ne pas craindre un dysfonctionnement plus profond dès lors que les rares révélations dont l'opinion a connaissance ne sont le fait que d'un seul journal ?

A partager ainsi les faveurs du pouvoir, plutôt que de se limiter à l'observer, la presse ne voit-elle pas, ce faisant, qu'elle discrédite toute une profession ?

Une attitude qui explique la perte de confiance des Français vis-à-vis des médias. Ce qui conduit à deux mouvements, l'un négatif, l'autre positif :

- négatif, lorsque certains ont tendance à penser qu'on leur "cache" quelque chose. Pour eux, la vérité est alors ce qu'on ne leur dit pas. Voilà qui nourrit toutes les théories du complot, lesquelles deviennent à présent un genre littéraire en tant que tel, avec beaucoup de succès.

- positif, lorsque certains veulent chercher l'info ou la divulguer "à la place" de ceux dont c'est le métier. Une nouvelle forme de journalisme se déploie. Le succès des blogs peut s'expliquer ainsi : l'absence de filtre est le gage d'une information de qualité, "du producteur au consommateur".

Collusion, attention danger ! Comment ne pas entretenir de cette façon l'idée du "tous pourris" avec ses improbables conséquences ?

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mardi 15 mars 2005

L'article que j'ai rédigé à la suite de l'interdiction de la campagne d'affichage de Marithé et François Girbaud a suscité plusieurs commentaires, certains soutenant mon propos, d'autres au contraire le désapprouvant.

Je souhaite reprendre ce débat car je le crois important.

D'un certain point de vue, il est au coeur du message que je souhaite transmettre sur ce blog.

Quel est-il ce message ?

C'est l'idée que les différentes identités qui nous constituent, que les diverses croyances qui nous habitent, doivent être reconnues et respectées, en étant mises sur un pied d'égalité au regard de la loi commune. En ne faisant pas prévaloir une identité sur une autre, il s'agit de développer le sentiment d'appartenance à une communauté plus large, nationale aujourd'hui, européenne demain, universelle un jour prochain, peut-être.

Favoriser ainsi le sentiment d'appartenance à une communauté de destin, plutôt que d'encourager les tentations communautaristes, diverses et variées.

C'est la raison pour laquelle, par exemple, je souhaite une égalité de droits pour les couples homosexuels. La quête de l'égalité, c'est la quête de l'indifférence. C'est la volonté de voir reconnue une citoyenneté pleine et entière. C'est la lutte aussi contre les communautarismes qui n'espèrent se réaliser qu'en marge de la société.

C'est la raison pour laquelle, également, je plaide pour le respect effectif du principe de laïcité qui met sur un pied d'égalité toutes les croyances. Là encore, la même idée : assurer une égale reconnaissance des identités particulières afin de renforcer le sentiment d'appartenance à une communauté de destin, plus large.

En quoi, précisément, la décision du TGI de Paris met-elle à mal, à mes yeux, cette ambition ?

C'est que, justement, elle fait prévaloir des croyances personnelles sur des principes collectifs. Elle considère que le droit de croire en des épisodes que l'on estime fondateurs de l'histoire chrétienne et le droit de ne les voir point détournés ou utilisés par la publicité l'emportent sur la liberté d'expression.

Certes, comme le dit Pierre, "la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres". La frontière est bien sûr nécessaire pour fixer l'interdit. Mais ici elle me paraît mal placée. Elle privilégie, en effet, l'idée que des croyances personnelles, qui n'émanent que de soi, sont supérieures à des principes collectifs, telle la liberté d'expression, reconnus par tous et pour tous. Elle fait primer l'intime sur les préférences collectives.

C'est tout le contraire du message que j'aimerais partager sur ce blog.

Naturellement, le respect des religions va de soi. La tolérance à leur endroit est indispensable. Ce respect, c'est le droit pour chacun de pratiquer sa foi en toute liberté, sans entrave. A l'inverse, ce respect ne saurait entraver le droit à la création artistique, le droit à la caricature et à la liberté d'expression.

Or, dans cette affaire, j'ai le sentiment qu'on est allé trop loin. Mais pas dans le sens indiqué par le juge. Dans le sens, au contraire, d'un renforcement du poids du religieux dans la société, de sorte que l'équilibre voulu par le respect du principe de laïcité est remis en cause.

Car, respecter le principe de laïcité, c'est aussi respecter le droit dont disposent certains de ne pas croire. Or, en imposant à tous des dogmes, sur lesquels la caricature ou la critique ne pourraient s'exercer, on m'interdit, en tant qu'athée, le droit de ne pas croire. On m'impose une vérité qui n'est pas la mienne. La laïcité, c'est l'impossibilité de faire prévaloir une vérité sur une autre. Ce principe est bel et bien ici remis en cause. 

Ainsi, même si je regrette d'avoir pu écrire, sous le coup de l'émotion, des propos qui ont pu blesser - ce dont je m'excuse - il reste que, sur le fond, cette décision me navre et, à un certain point, m'inquiète car ne témoigne-t-elle pas, à son tour, de la progression du fait religieux dans la sphère publique ?

Ne faut-il pas voir dans cet épisode bien plus qu'une anecdote, mais au contraire le signe précurseur d'un retour de la morale religieuse comme critère d'organisation de la vie collective, à l'image de ce que l'on observe aujourd'hui outre-atlantique ?

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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