Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Lundi 4 avril 2005

Les dernières nouvelles de Côte d'Ivoire ne sont pas bonnes.

Chaque partie campe sur ses positions, en dépit des efforts de l'Afrique du Sud, mandatée par l'ONU pour servir de médiateur :

- Le Président Gbagbo ne veut modifier la Constitution, dans un sens qui permette à son opposant Ouattara de participer aux prochaines élections, que par voie de référendum ;

- les Forces Nouvelles ne veulent pas désarmer tant qu'elles n'auront pas l'assurance de pouvoir participer aux élections.

En un mot, c'est l'impasse.

Pendant ce temps-là, chaque camp s'arme et engage des milices provenant des pays frontaliers.

Chacun veut en découdre.

Il est temps de prendre une initiative pour sortir de ce scénario terrible qui conduit tout droit à la guerre.

Initiative d'autant plus nécessaire que chaque journée passée coûte un million d'euros à l'armée française.

Que faire ?

- Fixer un ultimatum : plus le temps passe, plus la France est prise à partie par les belligérants. Les uns pour dénoncer son intervention, les autres pour réclamer son appui. Cette situation n'est pas tenable.

- Rappeler les parties à leurs engagements. Ils ont signé un accord. Ils doivent l'appliquer.

- Voter une résolution à l'ONU, "couvrant" notre désengagement au lendemain de l'ultimatum si rien n'est fait.

Compte tenu des hommes en place à Abidjan, la guerre est aujourd'hui l'issue la plus probable. Notre politique doit désormais prendre en compte ce fait. Sauf à risquer l'enlisement, à dépenser l'argent en vain et à courir le risque de nouvelles pertes.

Cruelle décision, mais vraisemblablement la moins pire. En tout cas, il est temps d'agir. Demain, il sera trop tard.

La morale de cette histoire ? Peut-être qu'en toutes circonstances, il vaut mieux défendre la légalité que la légitimité, en l'espèce la défense du président mal élu, plutôt que le soutien de rebelles aux revendications légitimes.

Sur ce dossier, la Realpolitik était peut-être la moins pire des solutions.

par sébastien publié dans : Politique-France
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Lundi 4 avril 2005
RTL propose ce soir un débat entre Hollande et Sarkozy. Est-ce vraiment l'affiche la plus judicieuse à moins de deux mois du référendum ?
par sébastien publié dans : Politique-France
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Dimanche 3 avril 2005

Aimer, mais n'approuver qu'une forme d'amour.

Prôner un monde de valeurs, pourvu que ce soit les siennes, indiscutables.

Faire de la vie un don, mais refuser les moyens de la protéger.

Autant de paradoxes que Jean-Paul II aura fait siens.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Dimanche 3 avril 2005

L'inauguration, le mois dernier, de l'exposition au Grand Palais sur les arts amérindiens du Brésil marque le début de l'année du Brésil en France qui se poursuivra jusqu'à décembre.

J'ai eu l'occasion de passer 15 jours au Brésil en octobre 2003. C'est évidemment très peu, mais néanmoins suffisant pour se faire quelques idées sur ce gigantesque pays.

D'abord, évidemment, ce qui saute aux yeux, ce sont les grandes disparités sociales. On connaît les favelas et la terreur qui y règne. On mesure moins en France le niveau de richesse des Brésiliens les plus fortunés : des maisons gigantesques dans toutes les grandes villes du pays, des hôtels particuliers dans les capitales européennes, des déplacements en hélicoptère d'un point de la ville à un autre pour éviter les bouchons et, surtout, les risques de kidnapping. Si les pauvres sont plus pauvres que chez nous, les riches sont aussi plus riches !

Ensuite, à ces inégalités économiques, s'ajoutent des inégalités raciales. Durant les 15 jours, je n'ai pas vu plus d'un ou deux visages noirs à la télévision : ni parmi les présentateurs ni parmi les personnes invitées. La société de métissage est aussi une société encore très cloisonnée.

Enfin, une formidable indifférence des couches pauvres et moyennes vis-à-vis de la politique : le désenchantement qui gagne en Europe fait son oeuvre là-bas également. La politique est pour beaucoup un spectacle qui laisse indifférent. Il est communément admis que la plupart des hommes politiques travaillent pour l'appât du gain plutôt que pour le service de l'intérêt général.

Mais ce désenchantement n'est pas synonyme de défection ou de fuite des responsabilités. Au contraire. L'espace public est désormais investi par de nombreuses associations et fondations, la plupart issues des plus grands conglomérats privés. Elles jouent le rôle que l'Etat ne peut ou ne veut exercer. J'ai ainsi vu à l'oeuvre les structures mises en place par le plus grand groupe de communication du pays, TV Globo, qui forment et divertissent des jeunes désoeuvrés qui, sans cela, seraient à la rue.

J'ai, pour finir, touché du doigt ce que le Brésil peut avoir d'effrayant et séduisant à la fois. Alors que nous mangions tranquillement le plat national, la feijoada, assis au soleil, dans une banlieue de Belo Horizonte, la 3ème ville du pays, mon ami m'a précisé que je déjeunais à côté du "chef de la sécurité" local, celui qui peut vous "régler" un problème en cas de besoin.

Je me retourne alors vers le visage de mon voisin. Il me regarde avec un grand sourire, comprenant que j'avais compris. Cela doit être aussi ça le Brésil : le pays où les tueurs vous sourient tranquillement le dimanche, au soleil, autour d'une feijoada !

par sébastien publié dans : voyages
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Vendredi 1 avril 2005

Ce serait probablement exagérer leur importance que de croire les émissions de télé-réalité révélatrices des traits qui caractérisent aujourd'hui la société française. Ce sont d'abord, évidemment, des opérations commerciales.

Mais, justement, c'est parce que leurs créateurs visent un public le plus large possible qu'ils essaient de satisfaire les attentes majeures des Français. Et, en cela, les caractéristiques communes à leurs productions donnent des indications sur ce que nous sommes et sur ce que nous recherchons.

A mon sens, trois caractéristiques, en particulier, se dégagent de toutes ces émissions :

1) Le souci de transparence, d'abord. Rien ne doit rester dans l'ombre. Surtout pas le plus intime. On filme partout, tout le temps. La transparence, n'est-ce pas justement ce que réclame la population à l'égard de leurs dirigeants, de l'Etat, du pouvoir ?

2) La compétition individuelle, ensuite. Dans chaque "jeu", il n'y a qu'un vainqueur. Ce qui compte, ce n'est pas le projet collectif, c'est la consécration de l'individu-roi.

3) La prédominance des identités, enfin. Dans chaque production, ce qui compte c'est davantage ce que l'on "est" que ce que l'on "a", davantage le caractère que les connaissances, le physique que l'expérience. L'identité, ce que l'on "est", est ainsi plus essentielle pour vaincre que la somme de ses connaissances et de ses expériences : pour gagner "Loft Story", il faut se contenter d'être soi, pour vaincre dans "L'île de la tentation", dans "Bachelor" ou dans "Opération séduction", il est mille fois préférable d'être beau.

Prédominance des identités au point même que l'on peut parler de la constitution, dans chaque programme, de "micro-sociétés" : à chaque fois, il faut le beur, le beau gosse, la bourge ou le gay de service.

Prédominance des identités, toujours, lorsqu'elles sont à la base même du concept de l'émission : "Queer" joue de la confrontation homo/hétéro, "les colocataires" de l'affrontement garçons/filles.

Ainsi, la télé-réalité, au-delà de l'émotion programmée et de la scénarisation du réel qui, il est vrai, la caractérisent également, semble aussi révéler certaines tendances lourdes de notre vécu collectif.

Une émission qui regrouperait des personnes, en considération de leurs seules connaissances et expériences, dans le but d'élaborer un projet collectif utile à la société tout entière, aurait-elle quelque chance de succès ? 

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Vendredi 1 avril 2005

Le 25 mars dernier, un appel a été lancé à l'initiative du mouvement sioniste Hachomer Hatzaïr et de Radio Shalom pour dénoncer les "ratonnades anti-blancs" qui, selon eux, se sont produites lors des manifestations lycéennes du 8 mars.

Il s'agit du texte qui suit :

"Il y a deux ans, presque jour pour jour, le 26 mars 2003, quelques uns d’entre nous lançaient un cri d’alarme.

Quatre jeunes du mouvement Hachomer Hatzaïr venaient de se faire agresser en marge d’une manifestation contre la guerre en Irak parce qu’ils étaient Juifs. Une tentative de lynchage en plein Paris, un scandale.

La mobilisation des médias, des politiques, des simples citoyens, a été formidable.

Mais aujourd’hui les manifestations lycéennes sont devenues, pour certains, le prétexte à ce que l’on peut appeler des «ratonnades anti-blancs ».
Des lycéens, souvent seuls, sont jetés au sol, battus, volés et leurs agresseurs affirment, le sourire au lèvres : « parce qu’ils sont Français ».

Ceci est un nouvel appel parce que nous ne voulons pas l’accepter et parce que, pour nous, David, Kader et Sébastien ont le même droit à la dignité.

Ecrire ce genre de textes est difficile parce que les victimes sont kidnappées par l’extrême droite.

Mais ce qui va sans dire, va mieux en le disant : il ne s’agit pas, pour nous de stigmatiser une population quelle qu’elle soit. A nos yeux, il s’agit d’une question d’équité. On a parlé de David, on a parlé de Kader mais qui parle de Sébastien ?"

Cet appel a été signé notamment par Bernard Kouchner, Alain Finkielkraut, Pierre-André Taguieff ou encore Jacques Julliard.

Il a, en revanche, été dénoncé, entre autres, par le MRAP, SOS Racisme et la Ligue des droits de l'homme.

J'aimerais savoir ce que vous inspire cette initiative, si vous la soutenez ou non.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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