Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Mardi 12 avril 2005

Suite à mon article du 1er avril sur l'appel, cosigné par plusieurs personnalités, contre le racisme anti-blanc, je vous invite à lire le commentaire laissé par David. C'est un commentaire précieux parce qu'il fait suite à un vécu personnel.

Il est intéressant à double titre :

- d'abord, il démontre que ces actes de racisme existent bel et bien ;

- ensuite, je le trouve très juste : la meilleure réponse à apporter n'est sûrement pas de monter les communautés les unes contre les autres. Il s'agit de rappeler aux associations qu'elles doivent lutter contre toutes les formes de racisme, sans exclusive et sans tabou.

Merci, David, pour ton commentaire !

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mardi 12 avril 2005

Lu également ce weekend "une certaine idée de l'Europe" de Laurent Fabius. C'est le petit bouquin qu'il avait sorti avant les élections internes au parti socialiste sur le projet de traité constitutionnel.

Ses arguments forts sont, à mon sens, les suivants :

1) Le texte interdit toute harmonisation en matière de fiscalité et de politique sociale puisque sur ces deux matières l'unanimité est requise au Conseil. Dès lors, va se développer une concurrence entre les Etats membres pour attirer les entreprises. L'harmonisation fiscale et sociale va alors se faire par le bas.

2) La conséquence de cela, c'est que les budgets nationaux auront moins de rentrées fiscales, ce qui aura des conséquences sur la qualité du service public. Cette déficience au niveau des Etats sera complétée par une incapacité au niveau européen, puisque l'Europe n'est pas autorisée à emprunter.

3) Aucune armée européenne ne sera possible. Seule une politique commune pourra être envisagée mais uniquement pour intervenir sur les théâtres extérieurs. L'obligation de compatibilité avec l'OTAN nuit à l'exercice d'une réelle autonomie.

4) Les coopérations renforcées ne pourront pas être mises en pratique compte tenu des diverses barrières prévues pour leur mise en oeuvre.

5) Le texte ne pourra pas être révisé. Les divers dispositifs pour la révision prévoient en effet tous l'unanimité au Conseil.

L'argumentaire de Fabius est très convaincant : l'Europe sera d'abord économique et très peu politique. Les nouveaux visages n'auront pas les moyens de leurs éventuelles ambitions.

Avant cette lecture, je penchais pour le oui, en me disant "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", ce qui ne me paraît pas le meilleur argument pour le oui. 

Fabius a déjà eu un rôle historique au sens où il a décomplexé le non. Désormais, le non peut aussi être européen.

par sebastien publié dans : lectures
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Mardi 12 avril 2005

Devant la nouvelle doctrine américaine qui vise à répandre la démocratie partout, on entend des critiques qui relativisent cette ambition en considérant que la démocratie est un concept occidental qu'il serait vain de vouloir exporter partout, sans tenir compte des histoires locales.

C'est un débat qui divise les "universalistes" d'un côté aux "relativistes" ou "culturalistes" de l'autre.

Sur ce sujet, je viens de terminer une lecture intéressante : un petit livre de Amartya Sen, Prix nobel indien d'économie, intitulé "la démocratie des autres".

Pour lui, il serait inopportun de croire que la démocratie n'est pas universelle, simplement parce que la situation demeure chaotique en Irak.

Au contraire, pour lui, la démocratie est un bien auquel tout être humain a légitimement droit et il n'existe pas à proprement parler de spécifités locales telles qu'elles interdiraient un tel mode d'organisation sur toute la surface du globe.

Il condamne ainsi toute forme de relativisme qui viserait à accepter des formes autoritaires de gouvernement au nom de tel ou tel particularisme.

Pour en arriver à cette conclusion, Sen considère d'abord que la démocratie ne serait se limiter à des procédures ou à des élections. C'est d'abord le débat public, l'échange libre, qui caractérisent cette forme de gouvernement.

A partir de cette définition, il montre qu'au cours de l"histoire, de tels échanges ont été possibles dans maints endroits du globe qui sont aujourd'hui sous la tutelle de gouvernements autoritaires. Pourquoi ce qui était possible hier ne le serait-il pas aujourd'hui ?

Autre analyse intéressante de Sen : il démontre, contrairement à une idée qui se répand, que le développement économique est mieux assuré sur le long terme dans les démocraties que dans les dictatures.

La lecture de ce petit livre (80 pages) est donc doublement pertinente.

par sebastien publié dans : lectures
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Vendredi 8 avril 2005

Voilà un peu plus de deux mois maintenant que j'essaie d'alimenter régulièrement ce blog. Quels sont les premiers enseignements que je peux tirer ?

D'abord, qu'il se fond dans la multitude ! Il y a je crois 1,5 million de blogs actifs désormais en France. Difficile dans ces conditions de se faire connaître. La rencontre avec le lecteur est plus sûrement le fruit du hasard que l'aboutissement d'une démarche bien pensée. Ecrire un blog revient donc un peu à envoyer une bouteille à la mer en souhaitant que quelqu'un s'en saisira.

Cela est vrai à deux exceptions près :

1) lorsque le blog est écrit par une "célébrité" : la rencontre, grâce aux moteurs de recherche, est plus rapide. Il permet à l'auteur de révéler peut-être d'autres facettes de sa personnalité, d'établir un contact plus simple et plus direct. Je crois donc beaucoup à l'essor de cet outil dans la politique, l'entreprise, le spectacle. Probablement aussi deviendra-t-il un nouveau produit dérivé permettant à des fans  de suivre au quotidien, moyennant finances, les tribulations de son idole.

2) lorsque le blog ne porte que sur un thème, précis : la cuisine, tel ou tel voyage, tel ou tel type de musique. Le lecteur sait ce qu'il vient chercher. Pas de perte de temps dans le Réseau.

Hormis ces deux schémas, je ne suis pas sûr que la "mode des blogs" perdurera. Car, la relation ne dure que s'il y a une qualité d'écoute. Or, l'ouverture permanente de nouveaux blogs aujourd'hui correspond davantage à une soif de "dire" plutôt que "d'écouter", de "s'exposer" plutôt que de "recevoir". Et cela n'a qu'un temps. Enfin, je peux me tromper !

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mercredi 6 avril 2005

Viens de terminer "Fort Matignon" de Dominique Ambiel, l'ancien conseiller communication du Premier ministre.

Ce livre est l'occasion pour l'auteur de revenir sur ses deux ans à Matignon, sur "l'affaire" avec la jeune prostituée et sur son parcours professionnel qui mêle activités politiques et de production pour la télévision.

Sur son passage à Matignon, on mesure combien les rivalités internes à la droite ne sont pas de purs fantasmes de journalistes ! Ambiel arrondit les angles, soigne les plaies, met de l'huile dans les rouages. Il se décrit comme un "câlinothérapeute" !

La découverte des coulisses du pouvoir est assez passionnante. On suit par exemple avec curiosité les négociations entre Ambiel, le directeur de la rédaction de "L'express", et les actionnaires du groupe de communication, pour atténuer les effets d'une "une" désagréable qui annonce la "fin" proche du Premier ministre. On découvre aussi le quotidien du conseiller à Matignon et ses horaires de galérien.

Sur "l'affaire", Ambiel défend la thèse du complot. Même si ses arguments ne semblent pas avoir convaincu jusqu'à présent les tribunaux, il reste que des zones d'ombre demeurent et ne permettent pas d'avoir finalement sur cette affaire une position toute faite.

Enfin, Ambiel rappelle les étapes de son parcours professionnel et essaie d'en restituer une logique. Qu'y a-t-il de commun au producteur qui monte "Fort Boyard" ou "l'affaire Dreyfus" et au conseiller politique, qui a soutenu Giscard en son temps et serait prêt à soutenir de nouveau Raffarin s'il le fallait ? Probablement la même passion de faire, de créer, d'inventer. De faire du neuf.

D'une lecture facile, ce livre est celui d'un homme passionné par la création populaire et la chose publique. 

par sébastien publié dans : lectures
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Mercredi 6 avril 2005

Parmi ses grandes priorités diplomatiques, la France entend lever l'embargo sur les armes à destination de la Chine. Elle a convaincu l'Allemagne, puis la Grande-Bretagne, de la justesse de ce grand dessein. La levée devait être décidée par l'Union européenne en juin.

Oui, mais voilà, les Etats-Unis ont rappelé quelques broutilles :

- la Chine est une dictature et rien n'amène à penser ces dernières années qu'elle serait en voie de démocratisation : est-ce moral d'armer une dictature ?

- la Chine est un ennemi potentiel, qui ne cache pas ses intentions de "réunification" totale et complète : est-ce pertinent d'armer un ennemi potentiel ?

Puisque les interrogations ne suffisaient pas, les Américains passent à la vitesse supérieure. Ils menacent de réviser les liens qui unissent sociétés européennes et américaines dans diverses entreprises d'armement et envisagent, le cas échéant, des représailles économiques.

Voilà qui a suffi à désolidariser la Grande-Bretagne du couple franco-allemand. Voilà qui provoque une division au sein du Gouvernement Schroeder. Voilà qui amène l'Union à reconsidérer sa position. Voilà qui amène la France à l'isolement. Et de nouveau à la confrontation avec les Etats-Unis.

Le sujet en valait-il la peine ?

Et pourquoi la Gauche n'évoque-t-elle pas ce dossier, qui pointe pourtant les faiblesses de notre diplomatie ? La crainte de démontrer qu'une politique européenne de défense réellement autonome n'est déjà plus possible ?

par sébastien publié dans : Politique-France
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Mercredi 6 avril 2005

Dans le cadre de l'année du Brésil en France, la Maison des Amériques Latines expose deux photographes brésiliens qui, chacun à leur manière, ont travaillé sur la capitale Brasilia.

Le premier, Alberto Ferreira, photographie la construction de la ville au début des années 50. Ville nouvelle, construite en seulement 5 ans au milieu de nulle part, sous l'impulsion du Président Kubitschek et selon l'inspiration de Niemeyer. Ferreira est émerveillé par cette ville qui surgit de manière si rapide. Par la modernité des oeuvres. Et le labeur des ouvriers.

Les photos sont visibles ici.

Pour les connaisseurs, Ferreira est aussi l'auteur de la célèbre photo de la bicyclette de Pelé :

De son côté, Jair Lanes, jeune photographe né en 1967, photographie une autre Brasilia : une ville non pas détaillée au scalpel, mais ressentie, comme un objet lointain, indéfini, sans vie.

Les photographies sont accessibles ici.

La Brasilia de Ferreira est concrète, vivante, détaillée. Celle de Lanes est abstraite, lointaine, confuse. Une vision historique d'un côté qui s'attache à montrer, une vision artistique de l'autre qui suggère un ressenti. 50 ans séparent ces deux cycles. Le temps d'apprendre à vivre une ville.

par sébastien publié dans : soirées, spectacles, expos
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Mardi 5 avril 2005

Vu récemment le film d'Avi Nesher, "Au bout du monde, à gauche", sorti en mars 2004, et à présent visible en DVD.

C'est un vrai petit bijou !

L'histoire raconte la cohabitation, à la fin des années 60, aux frontières d'Israël, entre familles juives tout juste arrivées d'Inde et familles marocaines installées ici après le départ des Français de leur colonie.

Le film montre, dans une succession d'épisodes drôles et émouvants, comment les relations passent de l'hostilité des débuts aux premières esquisses de solidarité. La crainte originelle de l'Autre laisse place progressivement à la découverte d'un destin commun : d'abord, la bataille contre les propriétaires de la seule usine dans ce désert, qui les exploitent tous, indifféremment les uns des autres, la même nécessité, ensuite, de trouver, ici, dans un lieu qu'ils n'ont pas choisi, les conditions de leur bonheur.

Le film montre aussi combien la jeunesse, agacée par le poids des traditions, a, ici comme ailleurs, en cette fin des années 60, soif de modernité.

Formidable film sur la fraternité. Plein de soleil, d'amour et de sensualité !

A voir, absolument !

par sébastien publié dans : cinéma
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Lundi 4 avril 2005

Les dernières nouvelles de Côte d'Ivoire ne sont pas bonnes.

Chaque partie campe sur ses positions, en dépit des efforts de l'Afrique du Sud, mandatée par l'ONU pour servir de médiateur :

- Le Président Gbagbo ne veut modifier la Constitution, dans un sens qui permette à son opposant Ouattara de participer aux prochaines élections, que par voie de référendum ;

- les Forces Nouvelles ne veulent pas désarmer tant qu'elles n'auront pas l'assurance de pouvoir participer aux élections.

En un mot, c'est l'impasse.

Pendant ce temps-là, chaque camp s'arme et engage des milices provenant des pays frontaliers.

Chacun veut en découdre.

Il est temps de prendre une initiative pour sortir de ce scénario terrible qui conduit tout droit à la guerre.

Initiative d'autant plus nécessaire que chaque journée passée coûte un million d'euros à l'armée française.

Que faire ?

- Fixer un ultimatum : plus le temps passe, plus la France est prise à partie par les belligérants. Les uns pour dénoncer son intervention, les autres pour réclamer son appui. Cette situation n'est pas tenable.

- Rappeler les parties à leurs engagements. Ils ont signé un accord. Ils doivent l'appliquer.

- Voter une résolution à l'ONU, "couvrant" notre désengagement au lendemain de l'ultimatum si rien n'est fait.

Compte tenu des hommes en place à Abidjan, la guerre est aujourd'hui l'issue la plus probable. Notre politique doit désormais prendre en compte ce fait. Sauf à risquer l'enlisement, à dépenser l'argent en vain et à courir le risque de nouvelles pertes.

Cruelle décision, mais vraisemblablement la moins pire. En tout cas, il est temps d'agir. Demain, il sera trop tard.

La morale de cette histoire ? Peut-être qu'en toutes circonstances, il vaut mieux défendre la légalité que la légitimité, en l'espèce la défense du président mal élu, plutôt que le soutien de rebelles aux revendications légitimes.

Sur ce dossier, la Realpolitik était peut-être la moins pire des solutions.

par sébastien publié dans : Politique-France
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Lundi 4 avril 2005
RTL propose ce soir un débat entre Hollande et Sarkozy. Est-ce vraiment l'affiche la plus judicieuse à moins de deux mois du référendum ?
par sébastien publié dans : Politique-France
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