Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /Mai /2007 12:07
Non, la Terre ne s'arrête pas de tourner en dépit du second tour de l'élection présidentielle ! Et il s'y passe même des choses intéressantes si l'on prend le temps de la regarder un peu :

- en Estonie, le Gouvernement souhaite déplacer un monument dédié aux morts soviétiques qui ont libéré le pays, du centre-ville en banlieue de Talinn, la capitale. Les Estoniens voient, en effet, dans ce monument davantage l'expression de la domination soviétique que la libération de son peuple ... Colère de Moscou, qui laisse les supporters de Poutine menacer ouvertement l'ambassadrice estonienne en Russie à l'occasion d'une conférence, en même temps qu'ils s'autorisent dans l'impunité le blocage de l'ambassade ;

- En Turquie, des manifestations monstres pour défendre la laïcité contre le risque de voir à la tête de l'Etat un chef du parti islamiste remettre en cause cet héritage.

Quelles leçons ?

D'abord, que la paix n'est pas forcément consolidée par la progression des échanges et la croissance économique. L'Estonie a un fort taux de croissance et ses échanges avec la Russie voisine sont nombreux. La Turquie connaît une croissance élevée depuis plusieurs années. Non, ce qui échauffe les esprits, ce sont les symboles. Les marques de l'identité. Un monument aux interprétations diverses, d'un côté. La laïcité, cet héritage kémaliste, de l'autre. Il n'y a pas de société apaisée s'il n'y a pas le sentiment d'un partage de valeurs communes. L'identité est ce socle transverse sur lequel se fonde toutes choses.  Unité dans la diversité, c'était un beau slogan ... C'est surtout une nécessité vitale.

Ensuite, pour ceux qui en doutaient encore, la résurgence du nationalisme russe est la marque de la présidence de Poutine. Elle n'accepte pas encore que ses anciens satellites affirment leur souveraineté contre elle. Ne pas l'humilier, bien sûr. Mais, surtout, avoir à l'esprit qu'une Russie isolée est une Russie qui fait la guerre. Il faut oser s'ouvrir à elle, malgré cet état d'esprit, ou plutôt à cause de lui.

Enfin, dernière question : l'Islam est-il compatible avec la laïcité ? La Turquie est, à ce jour, le rare exemple d'un Etat musulman laïc. L'Islam qui entend réglementer toutes les activités de la vie peut-il accepter le principe d'un Etat qui sépare le temporel et le spirituel ? N'est-ce pas aussi cela qui se joue en Turquie ? 

Par sébastien - Publié dans : politique-monde
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Jeudi 3 mai 2007 4 03 /05 /Mai /2007 00:00
Autant en 1995, le débat était à fleurets mouchetés entre Chirac et Jospin, autant celui qui s'est déroulé ce soir, entre Sarkozy et Royal, m'a paru vif, animé, dynamique, comme s'il traduisait à sa façon la revitalisation de la démocratie, dont témoignait déjà le faible taux d'abstention au 1er tour.

Les projets s'opposent et les deux fortes personnalités qui les incarnent également. Ce qui suscite l'intérêt et la curiosité. C'est très bien ainsi. Et, peut-être faut-il le reconnaître, doit-on d'abord cela au candidat de la droite qui, en ayant un projet clair sur la forme et sur le fond, invite sa concurrente à se positionner en contrepoint de manière assez systématique, ce qui réhabilite un clivage droite / gauche que l'on pensait perdu.

Y a-t-il un vainqueur ? Difficile à dire ! On pourrait dire que le fait que Royal n'est pas perdue constitue en quelque sorte une victoire, tant la maîtrise par Sarkozy de son projet et de l'outil de communication qu'est la télé le plaçaient en favori logique. Quand le favori ne s'impose pas avec évidence, c'est donc qu'il a perdu un peu ... Et puis les médias risquent de retenir la "colère saine" de Royal, qui, en passant en boucle, va lui attirer la sympathie.

Sinon, sur le fond, quelques observations :

- il a fallu attendre deux heures de débat pour parler de l'Europe et de l'international, c'est-à-dire des sujets dont aura directement en charge le futur présdient, ce qui ne paraît pas très logique, mais est un bon résumé de cette campagne qui s'est menée en vase clos, comme si le monde n'existait pas en dehors de nous ;

- pas un mot sur le mariage gay : l'égalité des droits pour 5 à 10 % de la population ne constitue donc pas vraiment encore une priorité telle qu'on puisse l'évoquer dans un débat de 2 heures et demie ;

- la droite a un projet, elle sait ce qu'elle veut, parle clair sur les institutions, la Turquie, les 35h, les retraites, la gauche n'a pas de projet, elle sait ce qu'elle ne peut pas faire, pas encore ce qu'elle veut. Nouveau plaidoyer pour une synthèse lib-lib que j'appelle de mes voeux et pour que la gauche cesse le grand écart idéologique qui contraint sa représentante au flou quant aux objectifs et à se retourner vers les partenaires sociaux quant à la méthode ;

- au total, j'aurais presque préféré qu'il y ait moins d'opposition, trouvant chez l'un et chez l'autre des propositions qui m'attirent et d'autres qui me navrent.

- enfin, il ne me semble pas qu'on ait eu droit à des formules qui resteront dans l'histoire. Plutôt à des passes d'armes. On reverra la "colère saine" de Ségolène. Y verra-t-on une capacité de révolte à son avantage ou une absence de sang-froid préjudiciable ?

Pour ma part, ces deux candidats n'étaient pas mes préférés. Mes doutes n'ont jamais été levés. Je pense que la gauche aurait gagné avec DSK ou Fabius. Mais, puisqu'il faut choisir ...
Par sébastien - Publié dans : Politique-France
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Jeudi 19 avril 2007 4 19 /04 /Avr /2007 22:22
Deux propos récents de Sarkozy ont retenu mon attention. Chacun pose la question de la morale en politique.

1) Le premier concernait la place de l'inné dans l'acte pédophile. Selon Sarkozy, la pédophilie pourrait très vraisemblablement s'expliquer par un déterminisme génétique. Que n'a-t-il pas dit ! Des cris d'orfraie ont été poussés un peu partout. Sarkozy, en faisant un tel constat, laissait deviner, à n'en pas douter, les promesses eugénistes de ses futures politiques sociales !

Au même moment, je lisais avec plaisir "Les 7 savoirs nécessaires à l'éducation du futur" d'Edgar Morin (Ed. du Seuil). Et, page 108, je tombai sur cette citation de Clément Rosset qui m'a semblé très opportune au moment où la polémique commençait d'enfler : "La disqualification pour raisons d'ordre moral permet d'éviter tout effort d'intelligence de l'objet disqualifié, en sorte qu'un jugement moral traduit toujours un refus d'analyser et même un refus de penser."

Et bien, c'est cela : les critiques de Sarkozy, en l'espèce, ont utilisé l'argument moral pour éviter de penser. Car, il y a la place pour un débat : comment ne pas faire l'hypothèse, a minima, que l'homme qui cède à une pulsion pédophile, en dépit de la condamnation par la loi et par la morale, comment cet homme, qui prend le risque de la prison et la déconsidération à jamais de ses frères en humanité, décide-t-il malgré tout, de céder ? A-t-il vraiment le choix, cet homme ? Comme je l'écrivais à Lionel Jospin dans ma lettre de 2004, on ne choisit pas d'être homosexuel, pas plus qu'on ne choisit d'être noir ou gaucher. Bref, il y a un débat envisageable. Et puisque ces propos figuraient dans un magazine philosophique, reconnaissons qu'il y avait effectivement de la place pour la philosophie.

Mais, non, au lieu de cela, au lieu de dire que ce débat est vieux comme le monde, on a eu un déversement de propos politiquement correct, parés de bons sentiments et riches en procès d'intention.  Le degré zéro  de la réflexion politique, celle qui s'interdit de penser au nom de principes moraux supposés supérieurs.

Expliquer un phénomène, proposer un diagnostic, ne dit rien des conclusions qu'on en tire, du remède qu'on prescrit. La Gauche morale a condamné un remède qui n'existait pas. Quand la morale fixe des limites au questionnement, ce n'est pas forcément l'apanage de la droite ... !

2) Le second propos de Sarkozy qui a retenu mon attention était celui concernant les électeurs du front national, qu'il estime "normal de vouloir récupérerer".

Une autre citation m'est venue à l'esprit. Elle est tirée du livre de Tzvetan Todorov, "le nouveau désordre mondial", qui portait sur l'aventure américaine en Irak. Liant les objectifs respectables de l'Administration Bush consistant à installer la démocratie dans le Grand Moyen-Orient avec le désastre que provoque cette guerre, Todorov concluait : "une fin noble ne justifie pas des moyens ignobles".

Et bien je pense la même chose des propos de Sarkozy qui visent à flatter l'électorat lepéniste : une fin noble ne justifie pas des moyens ignobles. En reprenant les thématiques du FN (la France on l'aime ou on la quitte), Sarkozy utilise le même discours que Le Pen et son action alors est inopportune. Si récupérer les électeurs du FN consiste à copier le discours de Le Pen, alors l'objectif louable se meut en initiative malheureuse.

Dans le  premier exemple, le débat souffrait d'un excès de morale. Dans le second, il pêche par insuffisance. 
Par sébastien - Publié dans : Réflexions-idées
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Jeudi 19 avril 2007 4 19 /04 /Avr /2007 22:00
Comme aucun des différents candidats en lice à la présidentielle ne procure en moi d'adhésion immédiate et fusionnelle, je suis telle la majorité des français, indécis par la force des choses et condamnés au vote par défaut. Je me suis gardé de faire l'éloge de l'un ou la critique de l'autre. Je crois que chacun des trois présidentiables a le souci de la France, dispose de certaines compétences et respecte, disons, les valeurs fondamentales de la France, à savoir les valeurs de la République.

Donc, je ne me sens pas effrayé à l'idée que ce soit l'un des trois qui siège sur le trône. Les peurs véhiculées ici ou là, à l'idée qu'un Sarkozy devienne le futur président, me paraissent tactiquement utiles, sans doute, mais, dans le fond, probablement injustes.

Cette campagne permet quelques constats :

1) La synthèse lib-lib reste à faire : libéral en économie et libéral sur les sujets de société. Un Strauss-Kahn aurait pu incarner cette option, absente du débat.

2) La presse ne reflète pas l'opinion, elle fait l'opinion. En choisissant de lancer Royal à l'automne, en retenant les thèmes supposés correspondre aux attentes de l'opinion, en entretenant lorsque c'est nécessaire la polémique ou le suspense, afin de faire de l'audience, la presse joue un rôle moteur dans la fabrication de l'opinion.

3) De sorte que la politique ne devient que communication, et la campagne un spectacle. Il faut des rebondissements, des images, de l'émotion.

4) Les mass-médias sont à droite. Il y a plus de violence faite aux personnes aujourd'hui qu'il y a 5 ans, personne ne s'en émeut et la presse estime que c'est désormais un thème mineur. Il y a 5 ans, l'agression ignoble d'un "pépé Voise" faisait la une. Aujourd'hui, le meurtre, éventuellement accidentel, d'un policier à la Foire du Trône, l'agression mortelle d'un père de famille pakistanais à Clichy, le viol et l'assassinat d'une jeune fille à Nantes, dans la même semaine, n'imposent pas le thème de l'insécurité en tête des préoccupations médiatiques. Pas plus que la presse n'a relayé une affaire immobilière douteuse. Cachez ces sujets que le candidat de la droite ne saurait voir ...

5) Le populisme gagne du terrain. La gauche anti-libérale surreprésentée, la gauche de gouvernement en suiviste sur l'identité nationale, l'extrême droite doublement présente, le centrisme qui se meut en extrême, pourfendeur de l'Etablissement, et la droite qui multiplie les appels du pied à l'électorat FN. La campagne est marquée par le repli sur le village gaulois. Les politiques ont décidé de suivre l'opinion, plutôt que de faire appel à son intelligence.

Ces observations sont générales et doivent être corrigées : certains leaders ont aussi choisi de parler vrai, ce qui est à leur honneur ; les mass-médias voient leur influence contre-balancée par les nouveaux médias ; des think tanks proposent des débats de fond, à charge pour chacun de faire l'effort d'y voir de plus près. Mais, au final, ces impressions me semblent globalement fidèles à la réalité, ce que Alain Duhamel nomme "la droitisation de la société", me paraît un élément marquant de cette campagne. Quand la crainte de l'avenir et la peur du monde se meuvent en repli sur soi. Retrouver ses racines est une bonne chose, mais à condition d'en tirer parti pour aller de l'avant et non pour s'y plonger pour fermer les yeux devant les enjeux qui sont devant nous.
Par sébastien - Publié dans : Politique-France
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Vendredi 23 février 2007 5 23 /02 /Fév /2007 13:38
Après l'échec en Irak, les Etats-Unis redécouvrent le problème palestinien. La théorie des dominos, qui allait démocratiser le Proche-Orient, sur le modèle Irakien, a raté. Dès lors, voilà le Département d'Etat revenu à des fondamentaux plus réalistes, prêt à reconnaître que le problème israélo-palestinien est, sinon la mère de tous les problèmes de la région, au moins son épine la plus douloureuse. Il est temps de s'en préoccuper à nouveau après 6 ans d'absence d'initiatives véritables.

Ainsi, Condoleeza Rice a-t-elle réuni Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas la semaine dernière. Cependant, rien de concret n'est sorti de cette rencontre au sommet, chacun reconnaissant seulement que la solution passe par deux Etats. Cela est déjà bien connu. Bush avait fait sienne cette solution en 2005. En somme, rien de nouveau sous le soleil.

Dans le même temps, Israël poursuit sa politique du fait accompli, en continuant la colonisation de Jérusalem Est. Elle continue de bloquer les taxes normalement dues à l'Autorité palestinienne. Elle construit un mur dont le tracé s'enfouit au-delà de la ligne verte, divisant les villages palestiniens. Elle refuse toujours de reconnaître un gouvernement issu des urnes.

Dès lors, quel crédit accorder au désir de paix d'Ehoud Olmert ? Quand les actes contredisent les pensées, ne demeurent que les actes et s'évanouissent les pensées.

Quel est donc cet Etat palestinien que sont prêts à accepter Israël et les Etats-Unis dès lors qu'on laisse s'implanter les colonies aux endroits stratégiques ?

La politique du fait accompli constitue la politique du pire.
Par sébastien - Publié dans : politique-monde
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Vendredi 23 février 2007 5 23 /02 /Fév /2007 13:24
Un évènement est passé à peu près inaperçu cette semaine alors qu'il constitue selon moi un fait marquant : Zilla Huma Usman, ministre des Affaires sociales de la province du Pendjab, au Pakistan, a été assassinée d'une balle dans la tête lors d'une rencontre avec des militants de son parti.

Le meurtre a été commis par un militant islamiste qui reprochait à Mme Huma de porter des vêtements non conformes au code vestimentaire musulman. Âgée de 35 ans, Mme Huma militait pour les droits des femmes.

Le suspect avait déjà été arrêté il y a deux ans pour le meurtre de deux prostituées, mais libéré faute de preuve. Il aurait commis d'autres agressions contre des femmes pour des questions de moralité.

La ville de Gujranwala, où l'assassinat a été commis, a connu des émeutes en avril 2005, après que la police eut empêché des militants islamistes de perturber une épreuve sportive à laquelle participaient des femmes.

Plusieurs enseignements, selon moi, de ce tragique évènement :

1) Le terrorisme est d'abord un problème du Sud, comme le montre encore l'attentat du train de l'Amitié entre l'Inde et le Pakistan qui a fait plus de 60 morts. Si le Nord n'est pas sécurisé, il est néanmoins moins touché que le Sud. Le combat contre le fanatisme est un combat contre l'obscurantisme où qu'il soit, et sûrement pas le choc entre diverses civilisations ;

2) Le terrorisme vise tout le monde en général mais les femmes, aux yeux de ces assassins, constituent une cible de choix, encore plus justifiée que les autres, selon leur idéologie ;

3) A ceux qui en douteraient encore, la vraie fracture n'est pas entre l'Occident et l'Islam, elle passe à l'intérieur de ce dernier, entre l'Islam dit des Lumières, cher à un Malek Chebel par exemple, et l'islam fondamentaliste, ce fascislamisme, comme le nomme Bernard-Henri Lévy ;

4) Dès lors se pose la question de la manière dont nous pouvons lutter contre cet extrémisme. "Comment guérir un fanatique ?" (Amos Oz), voilà la question qui se pose, comment vaincre une idéologie totalitaire qui ne veut le monde qu'à son image et qui refuse l'Autre ? Voilà le défi pour demain.

Par sébastien - Publié dans : politique-monde
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Vendredi 23 février 2007 5 23 /02 /Fév /2007 13:09
Trois salariés du site Renault à Guyancourt ont décidé de mettre fin à leurs jours, en octobre, janvier et février. Ces suicides à intervalles rapprochés posent de manière légitime la part prise dans cette décision ultime par les difficultés intervenant sur leur lieu de travail. Le dernier des 3 suicidés a d'ailleurs laissé une lettre dans laquelle il explique son geste par les conditions de travail insupportables qu'il était amené à subir.

Ce sont là des évènements tragiques qui rappellent que derrière les chiffres il y a des hommes. Derrière la froideur des objectifs, il y a la sensibilité des êtres.

L'économie marchande fonctionne un peu sur l'idée que ce qui est bon pour l'entreprise ne l'est pas pour les hommes, que la réduction des coûts, bénéfique pour l'économie, est difficile à vivre pour l'employé. Bref, s'affirme le sentiment, à l'inverse de ce que les penseurs libéraux n'ont de cesse d'écrire, que l'intérêt général, mesuré à l'aune du seul PIB, croît en même temps que diminue la satisfaction des individus.

Sinon, comment expliquer, l'importance des suicides, le recours grandissant aux drogues et autres distractions, plus ou moins fortes, en somme la progression du mal-être dans des sociétés qui, par ailleurs, s'enrichissent ?

Ces évènements de Guyancourt posent finalement la question de notre mode de développement, fondé sur le "toujours plus", réclamé par les marchés, plutôt que sur la recherche du "mieux-être" auquel aspirent plus sûrement les hommes.
Par sébastien - Publié dans : Politique-France
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Vendredi 23 février 2007 5 23 /02 /Fév /2007 12:38
Le journaliste Alain Duhamel a indiqué en novembre dernier devant un un public de jeunes étudiants de Sciences Po qu'il voterait pour François Bayrou à la prochaine présidentielle. C'est une annonce qui n'avait rien de solennel, qui était dite en passant, au milieu d'un discours qui se voulait par ailleurs volontiers critique à l'égard du représentant de l'UDF. Apparemment, pas de quoi fouetter un chat !

Sauf que cette réunion était filmée et a été référencée sur YouTube il y a une quinzaine de jours. Dès lors, le professionnalisme, jusqu'alors reconnu de Duhamel, était remis en cause. Son impartialité, mise en doute. Dans ce contexte, il a été mis en congé de France Télévisions. Le président de cette dernière, Patrick de Carolis, considérant que Duhamel avait manqué à son devoir d'indépendance.

Pourquoi pas ? Le raisonnement se tient. Puisque Duhamel n'aurait pas respecté le code de déontologie attaché à sa fonction, il n'est pas injuste, qu'il soit mis sur la touche le temps de la campagne.  Il a d'ailleurs assez bien accepté la sanction.

Mais, je ne peux m'empêcher de faire le lien entre cette histoire et celle sur Jean-Luc Delarue dans l'avion le menant à Johannesburg mi-février. Apparemment mal à l'aise en avion, Delarue a pris quelques médicaments, qui, additionnés à pas mal d'alcool, lui ont fait péter les plombs. Il a fini par se promener à poil dans l'avion, à insulter un peu tout le monde et autres menus divertissements qui lui ont valu, au final, plusieurs plaintes du personnel naviguant.

Evidemment, Delarue ne sera pas sanctionné par sa chaîne. Il ne sera pas mis en congé de France Télévisions.

Et pourtant ... Qu'y a-t-il de plus dévalorisant pour une entreprise : le salarié qui exprime une opinion ou celui qui se ridiculise dans la violence et l'insulte ? Faut-il sanctionner celui qui se comporte bien mais s'écarte d'un code de déontologie assez vague, ou celui qui se comporte mal en société ? Et quel est, finalement, le plus honnête : celui qui dit ce qu'il pense, ou celui qui devient à la ville le contraire de ce qu'il présente à l'écran ?

 
Par sébastien - Publié dans : Politique-France
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Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /Jan /2007 10:06

La pendaison de Saddam Hussein nous a été dévoilé, par écrans interposés, en deux temps :

- un premier temps, officiel, où l'image, transmise par le filtre du gouvernement irakien et, très certainement, des Américains, laisse supposer une exécution "dans les règles de l'art", soucieuse de la dignité du condamné à mort, auquel on prend soin d'expliquer ce qui l'attend, dans un silence respectueux ; image travaillée à des fins précises, permettant au "leader du monde libre" d'assurer que cet épisode marque un pas important dans la démocratisation du pays ;

- un second temps, non contrôlé, où l'image, transportée par Internet, est brute, sans retouche, transmettant sans fard la vérité dans toute sa crudité ; où l'on comprend que les bourreaux n'auront pas laissé le temps au condamné à mort de terminer sa prière, et où les cris de certains acteurs, rendant hommage à des leaders chiites, marque, de manière symbolique, la division du pays, plongé, pour qui en doutait encore, dans une véritable guerre civile.

Deux images d'un même épisode et des conclusions totalement opposées, qui appellent  trois remarques :

1) La vérité en Histoire ne s'impose pas d'elle-même : elle est écrite par ceux qui la font. Histoire et Vérité sont deux choses différentes qui ne se superposent pas toujours. Dès lors, la vérité doit être recherchée dans l'amoncellement de sources contradictoires : les lectures simples sont probablement aussi des lectures fausses : message pour tous ceux qui voudraient réécrire l'Histoire à coup de lois et de décrets ;

2) On peut espérer des nouvelles technologies, par leur simplicité d'emploi et leur capacité de diffusion, qu'elles participeront à l'avenir à une écriture de l'Histoire plus proche de la vérité ;

3) Les Etats-Unis poursuivent la guerre en Irak comme ils l'ont commencée : en mentant à l'opinion. Or, comme l'explique le philosophe Tzvetan Todorov dans une tribune publiée dans Libération le 19 décembre dernier, les fondements de la démocratie sont en péril dès lors qu'un pays accepte le mensonge ou l'illusion. Un régime démocratique doit avoir le "souci de la vérité".

Certes, il faut condamner ceux qui ont capté et diffusé ces images vidéo parce qu'ils n'ont pas respecté la dignité d'un homme qui allait être condamné à mort. Mais il faut condamner aussi et surtout ceux qui ont maquillé la vérité, cet acte annonciateur du pire dans l'Histoire.

Par sébastien - Publié dans : Réflexions-idées
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Lundi 6 novembre 2006 1 06 /11 /Nov /2006 22:29

Le Procureur Général d'Israël a autorisé l'organisation d'une Gay Pride à Jérusalem, en dépit des menaces proférées par les intégristes religieux.

Ces intégristes religieux, juifs, catholiques, musulmans, qu'une même haine à l'égard des homosexuels, parvient à souder. L'oecuménisme dans l'intolérance et l'agressivité, voilà une image de la religion qui fait peine à voir.

Tous mes voeux de soutien aux homosexuels d'Israël qui, avec courage, essaient de faire avancer leurs droits.

Et bravo aussi à la démocratie d'Israël, la seule véritable de la région, qui arrive à faire prévaloir la liberté d'expression, malgré les risques qui pèsent sur l'ordre public.

Par sébastien - Publié dans : solidarités
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