Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Samedi 20 août 2005

Longtemps, on a pensé en politique comme en entreprise : la communication devait venir après l'action, le plan-média après la loi comme la pub télé après la naissance d'un produit. La communication suivait l'action. Question de logique, mais aussi de respect vis-à-vis des corps intermédiaires, à qui on ne pouvait faire l'offense de décider sans leur bénédiction.

Puis est venue, avec la mondialisation, le temps des grandes réformes, des retraites à la sécurité sociale, qui, pour réussir, devaient avoir le soutien de l'opinion. Sans cela, la messe était dite : les syndicats et les corporatismes en tous genres auraient raison des meilleures volontés. Avoir l'opinion avec soi, pour passer outre les oukases des corps constitués. La communication est alors devenue un moyen d'action. Elle ne la suivait plus, elle était nécessairement concomitante.

Enfin, Sarkozy est arrivé et, avec lui, une autre manière de faire de la politique. Désormais, la communication précède l'action. Annoncer haut et fort ce que l'on va faire. D'abord, parce que le temps médiatique, instantané, sans mémoire, impose ce style pour qui veut faire sans cesse la "une" de l'actualité. Ensuite, parce qu'en cette période de défiance vis-à-vis du politique, on attend de lui, désormais, clarté dans le programme et respect des promesses. L'ambiguïté, qui se nourrit du silence, ne profite plus à personne. Enfin, parler devient un comportement presque obligé à l'heure où l'Etat perd sans cesse de ses prérogatives. Communiquer, pour donner l'illusion d'agir. Ne dit-on pas de Bercy qu'il est désormais le "ministère de la parole" ?

Cette évolution est-elle souhaitable ?

En un sens, oui, car la dimension psychologique est forte dans l'opinion, et principalement en économie. Il suffit bien souvent d'effets d'annonce pour modifier les courbes : la diminution des accidents de la route a commencé alors même que les premières dispositions n'avaient pas été prises. De la même manière, la progression des créations d'entreprises a été historiquement forte en 2003, avant même que Renaud Dutreil n'ait fait passer sa loi sur l'initiative économique. Dans les deux cas, c'est simplement à force de messages répétés avec force et clarté que les premiers effets se sont fait sentir.

De la sorte, en faisant de l'opinion un acteur de la réforme, une communication précoce et maîtrisée sur chacun de ses dossiers fait partie de l'arsenal obligé du politique professionnel.

Mais elle ne doit demeurer qu'un moyen parmi d'autres, nécessaire mais pas suffisant. Ceux, nombreux, qui font des lois d'opportunité, en fonction des aléas de l'actualité, mêlent le temps de l'action et celui de la communication. Ils n'obtiendront aucun résultat : l'action, pensée dans l'urgence, est forcément inefficace ; la communication, suiviste et ne reposant sur aucun projet, attire davantage la méfiance de l'opinion que son soutien.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mercredi 10 août 2005

La championne Colette Besson est morte hier. A cette triste occasion, j'observe que les médias ne parlent plus de "longue maladie", comme ce fut longtemps le cas, mais évoquent désormais, sans tabou, le terme de "cancer". Constat que j'avais fait, déjà, à deux ou trois reprises précédemment.

Or, la manière dont on nomme les choses n'est jamais neutre. Elle révèle la perception que l'on s'en fait.

Si, par exemple, le Pentagone, le Département d'Etat et la Maison Blanche s'affrontent aujourd'hui sur le point de savoir s'il faut parler ou non de "guerre contre le terrorisme", c'est bien parce que la perception des uns et des autres est différente. Elle préfigure, alors, des stratégies de défense diverses et variées.

Désormais, le mot "cancer" n'effraie plus. Les choses sont dites. C'est là le signe d'un changement d'état d'esprit, symbolique, dans la lutte contre la maladie.

Nommer les choses, c'est, en effet, accepter de les voir en face, de ne pas détourner le regard, c'est engager le combat. Quand le discours par allusion ne fait que révéler la crainte ou l'ignorance d'un fléau, le discours qui nomme est celui qui annonce l'affrontement.

A la manière des conquérants qui nommaient les terres qu'ils prenaient pour s'assurer de leur possession, nommer précisément les maladies, plutôt que les évoquer avec mystère, revient à fuir l'inconnu pour engager l'épreuve de vérité.

Signe, donc, que le combat avance.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Mardi 9 août 2005

Vous souvenez-vous du tohu-bohu médiatique qu'avait suscité la diffusion de la première émission de télé-réalité en France, "Loft Story" sur M6 ?

Trois "unes" successives du Monde. Les avis des experts en tous genres : du sociologue Kaufman à l'ancien premier ministre Balladur. Un papier vengeur de Patrick Le Lay, PDG de TF1, qui jurait, le coeur sur la main, que jamais, oh non jamais, sa chaîne ne s'abaisserait à diffuser de telles monstruosités.

Pas une conversation autour de la machine à café qui ne tourne autour de l'émission. Il y avait ceux qui déploraient la course à l'abîme ainsi programmée et ceux qui ne voyaient pas ce qu'il y avait de mal à filmer 24h/24 des personnes majeures et consentantes, étant entendu que chacun était libre de zapper si la chose lui déplaisait.

Bref, toute la France était "interpellée" par cette émission d'un nouveau genre.

Qu'en est-il aujourd'hui ?

Eh bien, il semble que l'on soit allé vers davantage de perversité encore mais que cela n'offusque plus personne.

On ne se contente plus de filmer des gens dans leur quotidien et de voir ce qui se passe. On invente les scénarios les plus pervers, la télé-réalité se met en scène : on tente de défaire des couples sur une île paradisiaque, on promet de l'argent à une jolie demoiselle si elle accepte de se marier avec le plus vulgaire des amants, on se gausse de "stars" sur le retour qui se vautrent dans la boue et sont prêts à s'humilier en prime time, puisque la fortune est à ce prix.

Et cela ne gêne plus grand monde. L'indifférence croît en même temps que la bêtise.

Qu'y a-t-il donc de différent dans la perception du public pour qu'il observe aujourd'hui avec dépit, indifférence ou humour, en tout cas avec détachement, ce qu'hier encore, le faisait monter sur ses grands chevaux au point d'écrire pour les plus armés des tribunes au vitriol ? De l'activisme d'hier à la passivité d'aujourd'hui, qu'y a-t-il donc de changé au royaume de la télécommande (le télespectateur) et des idées (l'intellectuel) ?

1) D'abord, ces émissions, pour la plupart, marchent. A condition de revisiter les concepts, dont la gamme paraît infinie, le télespectateur se prend au jeu. On tombe souvent "par hasard" dessus mais on regarde ! Et les chaînes encaissent la martingale des produits dérivés. Dès lors, critiquer ce qui est populaire et rentable n'est ni l'apanage des businessmen - Le Lay paraît bien loin de ses récriminations originelles - ni celui des leaders d'opinion - n'est-il pas devenu de bon ton de dire, lorsque l'on est homme politique de premier plan, que l'on apprécie la Star Ac' et qu'on en connaît tous les héros. La vulgarité d'hier devient la tendance d'aujourd'hui.

2) La presse elle-même paraît frileuse. En effet, elle se nourrit, elle-aussi, de ces succès d'audience. L'interview de tel ou tel héros de télé-réalité, la publication de tel ou tel reportage sur un nouveau concept, fera davantage vendre qu'une tribune au vitriol clouant au pilori ces sommets de bêtise. La presse populaire doit suivre le mouvement.

3) Quant à la presse "générale",  elle ne paraît plus considérer ce débat de manière aussi fondamentale qu'à ses débuts. La chose lui paraît entendue : le public est voyeuriste. La télé-réalité flatte ses penchants. C'est ainsi. Il n'y aurait pas grand chose à rajouter.

Ainsi, en à peine 5 ans, ce qui paraissait comme une vague alarmante s'est-elle muée en décor du quotidien, accepté dans l'indifférence. De la même manière que furent d'abord vilipendés puis acceptés les programmes de "reality-show" à la mode Pradel.

Dès lors, l'avenir nous réserve-t-il les mêmes scénarios : de nouveaux concepts, encore plus pervers, provoquant à nouveau le scandale, puis, en raison de leur succès, appelant davantage de considération ? Et jusqu'où notre frontière de l'acceptable sera-t-elle finalement repoussée ?

Observerons-nous demain dans notre pays ce qui se passe déjà à l'étranger, notamment aux Etats-Unis : programmes "destroy" de chirurgie esthétique, mise en scène du handicap (bachelor pour les nains), ... ?

Mes trop rares excursions à l'étranger me rendent pessimistes. Les programmes y sont encore plus vulgaires ou abêtissants que chez nous.

A l'aune de cette évolution, il ne reste plus alors qu'à espérer qu'un service public de télévision sera maintenu encore très longtemps pour garantir, sur certaines chaînes au moins, une certaine qualité de programmation, laquelle se marie aujourd'hui si difficilement avec le succès d'audience.

Il n'est pas suffisant de dire, ici comme ailleurs, que le client est roi. Qu'il est libre de regarder ou non. Un média qui occupe chaque jour, près de 4 heures, enfants, adolescents et adultes, n'est pas seulement un objet de loisir, c'est aussi un instrument de formation et c'est en cela qu'il appelle à la vigilance de la société tout entière.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 8 août 2005

A toute chose, malheur est bon, paraît-il.

La maladie de mon ami m'oblige à comprendre. Ce qu'elle est et comment la combattre. J'avais ainsi fait une première note il y a un petit moment sur le scandale relatif aux traitements antirétroviraux (ARV).

Aujourd'hui, une nouvelle observation. Si certains pays du Sud, comme le Brésil, ont mis en place une bonne organisation, même si elle est loin d'être parfaite, concernant les ARV, demeure, malgré tout, le problème du traitement des effets secondaires, qui, comme je l'ai déjà dit, n'ont, pour le malade, de "secondaires" que le nom.

Le patient devra prendre d'autres médicaments pour faire face aux effets indésirables provoqués par les différents "cocktails" d'ARV. Or, ces médicaments-là, pour la plupart, ne sont pas remboursés et ils peuvent, pour certains, être complètement inaccessibles. Dans ces conditions, le patient préfèrera mettre un terme au traitement dans son entier, plutôt que de souffrir en vain.

Dès lors, il faut veiller à ce que la gratuité, ou en tout cas l'accessibilité aux traitements, ne se limite pas aux seuls ARV, mais couvre l'ensemble des traitements.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Vendredi 5 août 2005

Zorro est arrivé. Pour sûr, nous sommes sauvés !

Par je ne sais quelle argumentation de poids, le numéro 10 préféré des Français a choisi de revenir en équipe de France. Il en avait besoin, nous dit-il. La presse, aussitôt, de s'enthousiasmer sur le retour du messie : Il revient ! Dans le sillage de la comète, deux autres astres vont éclairer les futures pelouses : Makélélé et Thuram.

Si ces retours peuvent nous aider à passer le cap des qualifications, c'est tant mieux. Il ne faut pas faire la fine bouche. Et si cela permet de voir de nouveau des gestes exceptionnels, qui s'en plaindra.

Il y a quand même des remarques que je trouve surprenantes et auxquelles, je crois, il faudrait tordre le cou.

1) D'abord, je trouve qu'il y a quelque chose de formidablement hypocrite à faire passer ces retours pour des postures patriotiques. Si l'on aime vraiment le maillot des Bleus, pourquoi accepte-t-on alors de le quitter, de manière "irrévocable", alors que l'on est au sommet de sa carrière ? Je crois, au contraire, qu'il n'y a pas de posture plus égoïste que celle qui consiste à affirmer, de son propre chef, que, un jour, on quitte le maillot de la sélection, et, un autre, on s'estime prêt à le remettre. La sélection nationale ne devrait pas être le jeu de caprices personnels. Ou alors, il faut cesser de dire que l'on fait cela dans l'intérêt supérieur de la Nation !

2) Ensuite, voilà qu'on entretient sur un mode bien français le culte de l'homme providentiel. Je trouve cela dommage au moment où l'équipe est en train de se reconstruire. Une équipe qui n'a pas perdu depuis un petit moment et dont les dernières sorties se sont avérées concluantes. Faut-il donc mettre à bas toute cette phase de reconstruction pour bâtir à nouveau l'équipe autour de l'astre Zidane. Est-on vraiment sûr de gagner du temps ? Et est-ce une bonne manière de coacher tous ceux qui demain feront l'équipe de France ?

Bref, là comme ailleurs, il me semble que l'on attend trop d'un seul. Que l'équipe était sur le bon chemin. J'espère me tromper !

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Mardi 2 août 2005

Pour moi, longtemps, le sida n'a été qu'un fléau abstrait, une addition de statistiques, une succession de commentaires attristés.

Désormais, c'est un visage. Celui de la seule personne que j'ai véritablement aimée.

Les chiffres n'ont pas d'âme. Ils ne disent rien des souffrances, des fatigues, des effets qui n'ont de secondaires que le nom.

Me revient en mémoire une scène de "Pierrot le Fou" de Godard. L'amie de Belmondo allume la radio de la voiture et le bulletin d'information égrène alors les chiffres du jour : ici une guerre, là un tremblement de terre. L'actrice s'interroge alors sur la sécheresse de ces chiffres, sur ces morts anonymes que l'on aura oubliées dès le lendemain.

En ce qui me concerne, difficile d'oublier. Plus jamais cette maladie ne me sera étrangère. Plus jamais je ne pourrais entendre les critiques des bonnes consciences pour qui cette maladie est moins grave que d'autres, au motif que si on le voulait vraiment on pourrait l'éviter.

Au bout du bout, il y a la mort. S'y résoudre.

Comment renaître à la vie, comment aimer à nouveau, lorsque l'on est ainsi touché en plein coeur ? Et comment donner le change vis-à-vis de tous ceux qui ne savent pas et auxquels on n'a pas même envie d'expliquer ?

Le blog, alors, comme un exutoire.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mercredi 13 juillet 2005

Je regarde avec intérêt le tour de France. Ce que je préfère, c'est davantage le tour de la France que la compétition elle-même, qui ne présente guère d'intérêt, compte tenu de la domination écrasante d'Armstrong. En revanche, les paysages et les monuments sont si bien filmés qu'on a l'impression d'être en vacances, assis bien au fond de son canapé !

En observant la domination d'Armstrong, me revient ne mémoire la polémique de l'année dernière suite à la parution d'un livre dans lequel témoignait son ancienne masseuse. Elle évoquait, avec la révélation de faits troublants, des preuves sérieuses de dopage de l'américain.

Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Rien. Pas d'enquête à la suite de cette parution. Aucune nouvelle. La compétition se poursuit comme si de rien n'était.

De la même manière, je m'étonne du silence des médias aux états-unis et en angleterre sur ce qu'il faut bien appeler l'échec de la guerre en Irak.

Tous ces médias sont-ils à ce point à la botte d'intérêts financiers, qu'ils ne peuvent prendre le temps d'enquêter et de dire des vérités qui font mal ?

The show must go on ...

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Mardi 14 juin 2005

Travaillant dans la fonction publique, je suis amené à observer régulièrement comment se passe la mobilité en son sein.

Il est de bon ton pour tout nouveau ministre de chanter les vertus de la mobilité. Source de motivation pour le fonctionnaire, prêt à rejoindre sa région d'origine qu'il chérit tant, elle est aussi un gage de dynamisme pour la fonction publique. Tout le monde devrait y gagner.

Or, il y a loin des discours aux actes.

Quelques exemples pour s'en convaincre :

1) Un ami, qui est depuis 4 ans sur le même poste, cherchait à rejoindre sa région d'origine ou une région voisine. Refus, sans motif.

2) Un autre ami, qui avait multiplié les recherches pour trouver un point de chute dans une autre administration et qui y était finalement parvenu, s'est vu refuser ce mouvement par son administration d'origine. Sans raison explicite, là non plus.

3) Enfin, un autre ami, qui venait de terminer un congé sabbatique d'un an et qui, à ce titre, n'avait pas tous les atouts en main, est néanmoins parvenu à décrocher le poste de son choix, au coeur d'une très belle ville, sans même que son poste soit proposé à la concurrence. Il faut croire que le fait que son père soit député PS ait pu jouer, dans cette ville et cette région acquises à la gauche ...

Ainsi, en l'absence de motivation explicite, la mobilité au sein de la fonction publique obéit à des décisions discrétionnaires.

Devant un système si injuste, que peuvent faire les plus malchanceux ? Remplir poliment les formulaires ne dure qu'un temps. Vient le moment où il faut faire comme les autres, c'est-à-dire :

1) faire la retape devant son député ou son sénateur ;

2) s'encarter dans un syndicat, de préférence celui qui a le dernier mot dans les commissions qui décident du sort de telle ou telle demande.

Ainsi, même s'il le déplore, le fonctionnaire honnête devra à terme, parce qu'il y est contraint, se soumettre aux règles de copinage du système.

Les politiques n'osent pas s'attaquer à ces dysfonctionnements, parce qu'ils hésitent à s'en prendre à un système verrouillé par les syndicats qui y voient une façon de gonfler indirectement leurs rangs.

Mais alors il faut être en phase avec ses actes et cesser les discours ronflants qui ne trompent personne.

Ou alors, on peut rêver, prendre le taureau par les cornes en exigeant la motivation des décisions et la mise en concurrence de tous les postes.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 13 juin 2005

Vendredi soir, je me trouvais Place de la Concorde. Il était environ 19h30. J'allais prendre le métro Place de la Madeleine. C'est alors que j'ai vu un fort attroupement dans le jardin des Invalides.

Je m'approche avec curiosité. Je me dis que c'est peut-être un tournage de film. Mais pas de gros projecteurs. C'est autre chose.

Je pense alors que c'est peut-être une manifestation en faveur de la candidature parisienne aux JO. Mais pas d'anneaux olympiques. Pas de banderoles. Rien.

Il doit y avoir un millier de personnes environ. Que diable font-ils ?

Et bien, ils tiennent tous des verres en plastique. Et ils font une drôle de chaîne : chacun vide le contenu de son verre dans celui de son voisin. Et ils chantent "il était un petit navire". Surprenant !

Et puis, d'un coup, une clameur parcourt la foule. Chacun jette son verre. Tout le monde se met à taper des mains. Et, très vite, on se sépare, comme si rien ne s'était réellement passé.

Ne voulant pas mourir idiot, je m'adresse à l'un des maillons de cette chaîne, la quarantaine, tiré à quatre épingles :

"- C'est quoi ce truc ?

- Un flash-mob.

- Et c'est quoi exactement ?

- Les gens se donnent rendez-vous par SMS et par e-mails. Et voilà.", me dit-il, l'air légèrement condescendant et le pas vif, afin probablement de semer ce pauvre type qui ne connaît rien aux moeurs de la nouvelle technologie.

C'était donc un flash-mob. Une manifestation collective et courte, organisée par l'échange de SMS et d'e-mails. Comment comprendre ces manifestations d'un nouveau genre ?

Deux tentatives d'explication, peut-être :

1) En dépit des nouveaux et nombreux outils de communication, le besoin demeure de se retrouver ensemble, non plus à portée de clic mais à portée de main. Il n'est pas anodin, d'ailleurs, que la manifestation choisie soit une chaîne humaine : le contact physique assure de la réalité de la relation.

Communiquer, ce n'est pas seulement s'adresser des messages, c'est surtout être avec l'autre.

2) Ces manifestations me rappellent aussi une définition de la mode : il s'agit "d'être différent tous ensemble". Le désir de se distinguer mais dans le réconfort d'une tribu. D'être original sans être marginal.

A nouveaux outils de communication, nouveaux comportements et nouveaux codes qui permettent de s'assurer d'une même appartenance à "l'élite électronique".

Avez-vous déjà participé à des manifestations de ce type ?

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 1 juin 2005

Les Français ont le goût de la contradiction :ils votent "non" au référendum car ils jugent la constitution trop libérale, mais leur homme préféré pour Matignon reste Nicolas Sarkozy. Comprenne qui pourra !

Dans le même esprit de paradoxe, il y a toujours deux choses que j'ai du mal à m'expliquer :

1) Pourquoi les profs les plus diplômés sont aussi ceux qui dispensent leur savoir le moins d'heures dans la semaine ?

2) Pourquoi les routes les plus sûres sont aussi les seules payantes ?

Ah, je viens d'en trouver un autre : pourquoi prendre pour chef un diplomate quand on fait de la réduction du chômage sa nouvelle priorité ? Bêtement, je pensais que les économistes en savaient plus sur le sujet.

 

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander

Recherche

referencement de site web sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus