Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Jeudi 4 août 2005

Lu pendant ces vacances deux livres dont on ne sait, pour l'un comme pour l'autre, quelle est la part du mensonge et de la vérité, où commence le roman et où finit l'Histoire.

D'abord "Overworld" de Larry J. Kolb au sous-titre plus évocateur : "mémoires d'un espion malgré lui". C'est supposé être l'autobiographie d'un ancien espion américain, qui fut aussi agent de Mohammed Ali ou brasseur d'affaires avec Adnan kashoggi. Mais, l'auteur, loin d'être le retraité apaisé, écrivant en silence au coin du feu les épisodes marquants de sa vie, est aujourd'hui enfermé en Floride, à la merci des services secrets indiens, dont il guette la menace qui pourrait lui être fatale. Une autobiographie au terme de laquelle l'auteur nous demande de lui souhaiter bonne chance !

Peu importe, en vérité, que ce qui nous est conté soit vrai ou faux. C'est probablement, comme toujours, un peu des deux ! L'essentiel est que ce livre nous tient en haleine. Il se lit d'une traite tant les épisodes sont passionnants : de la mission de bons offices de Mohammed Ali au liban, à la demande de Bush père, pour libérer les otages américains du Liban, à l'opération de désinformation visant l'opposant de Rajiv Gandhi en Inde, tout cela pourrait faire un excellent scénario pour le cinéma.

Et si tout cela est vrai, alors, définitivement, il faut souhaiter bonne chance à Larry J. Kolb !

Renseignement pris, tout cela pourrait bien être vrai ...et Larry J. Kolb a même un site perso.

Dans le même genre, celui qui consiste à dépeindre les coulisses de l'Histoire, le livre de marc Dugain, "la malédiction d'Edgar" n'est pas mal non plus.

C'est plus d'un demi-siècle de magouilles, de collusions avec la Mafia, de voix achetées et d'écoutes illégales qui nous est conté.

L'auteur a choisi pour narrateur Clyde Tolson, celui qui fut le compagnon d'Edgar Hoover, l'inamovible président du FBI de 1924 à 1972.

L'Amérique ne sort pas grandie de cette peinture minutieuse et informée. Mais, étrangement, ses dirigeants nous paraissent plus attachants. En quittant leur piédestal, ils nous semblent plus humains.

Deux agréables lectures sur les hommes de l'ombre qui tirent les fils de l'Histoire.

Une critique intéressante sur le site de Michel-Edouard Leclerc.

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par sébastien publié dans : lectures
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Mercredi 3 août 2005

J'avoue que je n'ai pas trop su quoi penser de "l'affaire" Danone.

Bien sûr, on sait que l'on ne peut se réjouir de faire des acquisitions à l'étranger et, dans le même temps, pousser des cris d'orfraie lorsqu'à son tour on devient la proie d'un autre. Logique du marché. Mouvement naturel de l'économie qui pousse sans cesse à davantage de concentration. Un professeur d'économie dirait que tout cela est dans la logique des choses, que "d'affaire" il n'y en a point, et que, somme toute, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

Cette analyse, si elle est juste, me paraît néanmoins courte. Il doit bien y avoir un enseignement à tirer de cet emballement médiatique et de cette vague de postures patriotiques qui a submergé l'ensemble de la classe politique.

Peut-être, justement, faut-il voir dans ce mouvement d'humeur généralisé l'expression d'un refoulé que cet épisode aura levé, le même malaise, probablement, que celui qui a conduit les Français à voter "non" au projet de constitution : l'impression que la mondialisation profite d'abord aux autres et que les élus n'y peuvent rien. Le peuple est résigné et le politique gesticule. Les deux sont impuissants.

Je crois que cette épisode nous rappelle deux choses :

1) d'abord que l'identité d'un pays ne se limite pas à un territoire et à une histoire. C'est aussi un ensemble de repères, de traditions et de coutumes. Parmi ces repères, figurent certaines entreprises dont les produits, l'image ou la culture paraissent se confondre avec l'expression d'un certain génie national. Lequel est vague, difficile à décrire. C'est d'abord une représentation idéalisée de la nation et de nous-mêmes. Mais, n'est-ce pas justement lorsque l'on s'en prend à notre image que l'on a tendance à surréagir ? Rien de plus cruel que la chute des icônes, car quoi de plus révélateur de la manifestation d'un déclin ?

2) ensuite que le mouvement de concentration, intrinsèque au jeu de la concurrence, favorise, naturellement, les entreprises dont les marchés domestiques sont les plus grands. Il n'y a jamais eu autant d'entreprises américaines parmi les 100 premières au monde. Les entreprises chinoises commencent à s'affirmer dans le classement. Et seules les entreprises françaises qui ont mis en place des stratégies d'alliance progressent (EADS, Renault, ...). D'où l'ardente obligation de lever les barrières qui freinent l'établissement d'un véritable marché intérieur européen.

S'il est vrai que s'opposer aux opérations d'achat émanant d'entreprises étrangères serait vain, il serait tout aussi naïf, je crois, de considérer que tout cela est dans l'ordre des choses et que l'on ne peut rien faire.

Au discours fataliste des résignés, ou à celui, alarmiste, des paniqués, reste l'exercice de la pédagogie. C'est-à-dire le discours de la vérité.

Sur ce sujet, je vous suggère de lire la note de Michel-Edouard leclerc sur son blog, ainsi que le papier de Laurent Mauduit dans Le Monde

par sébastien publié dans : Politique-France
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Mardi 2 août 2005

Pour moi, longtemps, le sida n'a été qu'un fléau abstrait, une addition de statistiques, une succession de commentaires attristés.

Désormais, c'est un visage. Celui de la seule personne que j'ai véritablement aimée.

Les chiffres n'ont pas d'âme. Ils ne disent rien des souffrances, des fatigues, des effets qui n'ont de secondaires que le nom.

Me revient en mémoire une scène de "Pierrot le Fou" de Godard. L'amie de Belmondo allume la radio de la voiture et le bulletin d'information égrène alors les chiffres du jour : ici une guerre, là un tremblement de terre. L'actrice s'interroge alors sur la sécheresse de ces chiffres, sur ces morts anonymes que l'on aura oubliées dès le lendemain.

En ce qui me concerne, difficile d'oublier. Plus jamais cette maladie ne me sera étrangère. Plus jamais je ne pourrais entendre les critiques des bonnes consciences pour qui cette maladie est moins grave que d'autres, au motif que si on le voulait vraiment on pourrait l'éviter.

Au bout du bout, il y a la mort. S'y résoudre.

Comment renaître à la vie, comment aimer à nouveau, lorsque l'on est ainsi touché en plein coeur ? Et comment donner le change vis-à-vis de tous ceux qui ne savent pas et auxquels on n'a pas même envie d'expliquer ?

Le blog, alors, comme un exutoire.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mardi 2 août 2005

Vous vous souvenez peut-être que dans une précédente note intitulée "Sarkozy et les médias", je pronostiquais la lassitude à venir de la presse, qui déteste rien tant que les scénarios déjà connus. Elle vit du rebondissement et du suspense, pour elle, les jeux ne sont jamais faits. Ils ne doivent jamais l'être ! 

Eh bien, je crois qu'on y est. Que le lancement du nouveau produit est en marche.

Rien de tel pour s'assurer du mouvement qui s'engage qu'un édito du Monde. Celui d'aujourd'hui fait la part belle à Villepin, dont on encense la manière dont il a pris ses fonctions. Edito qui fait suite à plusieurs articles de la même veine.

"Je lèche, je lâche, je lynche" : ce serait les 3 séquences auxquelles toute icône médiatique doit se prêter. Une première séquence où la fascination prime, une seconde où la lassitude opère, une troisième où la presse devient prompte à brûler les idoles qu'elle a adorées.

Je me demande si Sarkozy ne commence pas à entrer dans la seconde phase ...

par sébastien publié dans : Politique-France
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