Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Vendredi 5 août 2005

Zorro est arrivé. Pour sûr, nous sommes sauvés !

Par je ne sais quelle argumentation de poids, le numéro 10 préféré des Français a choisi de revenir en équipe de France. Il en avait besoin, nous dit-il. La presse, aussitôt, de s'enthousiasmer sur le retour du messie : Il revient ! Dans le sillage de la comète, deux autres astres vont éclairer les futures pelouses : Makélélé et Thuram.

Si ces retours peuvent nous aider à passer le cap des qualifications, c'est tant mieux. Il ne faut pas faire la fine bouche. Et si cela permet de voir de nouveau des gestes exceptionnels, qui s'en plaindra.

Il y a quand même des remarques que je trouve surprenantes et auxquelles, je crois, il faudrait tordre le cou.

1) D'abord, je trouve qu'il y a quelque chose de formidablement hypocrite à faire passer ces retours pour des postures patriotiques. Si l'on aime vraiment le maillot des Bleus, pourquoi accepte-t-on alors de le quitter, de manière "irrévocable", alors que l'on est au sommet de sa carrière ? Je crois, au contraire, qu'il n'y a pas de posture plus égoïste que celle qui consiste à affirmer, de son propre chef, que, un jour, on quitte le maillot de la sélection, et, un autre, on s'estime prêt à le remettre. La sélection nationale ne devrait pas être le jeu de caprices personnels. Ou alors, il faut cesser de dire que l'on fait cela dans l'intérêt supérieur de la Nation !

2) Ensuite, voilà qu'on entretient sur un mode bien français le culte de l'homme providentiel. Je trouve cela dommage au moment où l'équipe est en train de se reconstruire. Une équipe qui n'a pas perdu depuis un petit moment et dont les dernières sorties se sont avérées concluantes. Faut-il donc mettre à bas toute cette phase de reconstruction pour bâtir à nouveau l'équipe autour de l'astre Zidane. Est-on vraiment sûr de gagner du temps ? Et est-ce une bonne manière de coacher tous ceux qui demain feront l'équipe de France ?

Bref, là comme ailleurs, il me semble que l'on attend trop d'un seul. Que l'équipe était sur le bon chemin. J'espère me tromper !

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Jeudi 4 août 2005

Lu pendant ces vacances deux livres dont on ne sait, pour l'un comme pour l'autre, quelle est la part du mensonge et de la vérité, où commence le roman et où finit l'Histoire.

D'abord "Overworld" de Larry J. Kolb au sous-titre plus évocateur : "mémoires d'un espion malgré lui". C'est supposé être l'autobiographie d'un ancien espion américain, qui fut aussi agent de Mohammed Ali ou brasseur d'affaires avec Adnan kashoggi. Mais, l'auteur, loin d'être le retraité apaisé, écrivant en silence au coin du feu les épisodes marquants de sa vie, est aujourd'hui enfermé en Floride, à la merci des services secrets indiens, dont il guette la menace qui pourrait lui être fatale. Une autobiographie au terme de laquelle l'auteur nous demande de lui souhaiter bonne chance !

Peu importe, en vérité, que ce qui nous est conté soit vrai ou faux. C'est probablement, comme toujours, un peu des deux ! L'essentiel est que ce livre nous tient en haleine. Il se lit d'une traite tant les épisodes sont passionnants : de la mission de bons offices de Mohammed Ali au liban, à la demande de Bush père, pour libérer les otages américains du Liban, à l'opération de désinformation visant l'opposant de Rajiv Gandhi en Inde, tout cela pourrait faire un excellent scénario pour le cinéma.

Et si tout cela est vrai, alors, définitivement, il faut souhaiter bonne chance à Larry J. Kolb !

Renseignement pris, tout cela pourrait bien être vrai ...et Larry J. Kolb a même un site perso.

Dans le même genre, celui qui consiste à dépeindre les coulisses de l'Histoire, le livre de marc Dugain, "la malédiction d'Edgar" n'est pas mal non plus.

C'est plus d'un demi-siècle de magouilles, de collusions avec la Mafia, de voix achetées et d'écoutes illégales qui nous est conté.

L'auteur a choisi pour narrateur Clyde Tolson, celui qui fut le compagnon d'Edgar Hoover, l'inamovible président du FBI de 1924 à 1972.

L'Amérique ne sort pas grandie de cette peinture minutieuse et informée. Mais, étrangement, ses dirigeants nous paraissent plus attachants. En quittant leur piédestal, ils nous semblent plus humains.

Deux agréables lectures sur les hommes de l'ombre qui tirent les fils de l'Histoire.

Une critique intéressante sur le site de Michel-Edouard Leclerc.

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par sébastien publié dans : lectures
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Mercredi 3 août 2005

J'avoue que je n'ai pas trop su quoi penser de "l'affaire" Danone.

Bien sûr, on sait que l'on ne peut se réjouir de faire des acquisitions à l'étranger et, dans le même temps, pousser des cris d'orfraie lorsqu'à son tour on devient la proie d'un autre. Logique du marché. Mouvement naturel de l'économie qui pousse sans cesse à davantage de concentration. Un professeur d'économie dirait que tout cela est dans la logique des choses, que "d'affaire" il n'y en a point, et que, somme toute, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

Cette analyse, si elle est juste, me paraît néanmoins courte. Il doit bien y avoir un enseignement à tirer de cet emballement médiatique et de cette vague de postures patriotiques qui a submergé l'ensemble de la classe politique.

Peut-être, justement, faut-il voir dans ce mouvement d'humeur généralisé l'expression d'un refoulé que cet épisode aura levé, le même malaise, probablement, que celui qui a conduit les Français à voter "non" au projet de constitution : l'impression que la mondialisation profite d'abord aux autres et que les élus n'y peuvent rien. Le peuple est résigné et le politique gesticule. Les deux sont impuissants.

Je crois que cette épisode nous rappelle deux choses :

1) d'abord que l'identité d'un pays ne se limite pas à un territoire et à une histoire. C'est aussi un ensemble de repères, de traditions et de coutumes. Parmi ces repères, figurent certaines entreprises dont les produits, l'image ou la culture paraissent se confondre avec l'expression d'un certain génie national. Lequel est vague, difficile à décrire. C'est d'abord une représentation idéalisée de la nation et de nous-mêmes. Mais, n'est-ce pas justement lorsque l'on s'en prend à notre image que l'on a tendance à surréagir ? Rien de plus cruel que la chute des icônes, car quoi de plus révélateur de la manifestation d'un déclin ?

2) ensuite que le mouvement de concentration, intrinsèque au jeu de la concurrence, favorise, naturellement, les entreprises dont les marchés domestiques sont les plus grands. Il n'y a jamais eu autant d'entreprises américaines parmi les 100 premières au monde. Les entreprises chinoises commencent à s'affirmer dans le classement. Et seules les entreprises françaises qui ont mis en place des stratégies d'alliance progressent (EADS, Renault, ...). D'où l'ardente obligation de lever les barrières qui freinent l'établissement d'un véritable marché intérieur européen.

S'il est vrai que s'opposer aux opérations d'achat émanant d'entreprises étrangères serait vain, il serait tout aussi naïf, je crois, de considérer que tout cela est dans l'ordre des choses et que l'on ne peut rien faire.

Au discours fataliste des résignés, ou à celui, alarmiste, des paniqués, reste l'exercice de la pédagogie. C'est-à-dire le discours de la vérité.

Sur ce sujet, je vous suggère de lire la note de Michel-Edouard leclerc sur son blog, ainsi que le papier de Laurent Mauduit dans Le Monde

par sébastien publié dans : Politique-France
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Mardi 2 août 2005

Pour moi, longtemps, le sida n'a été qu'un fléau abstrait, une addition de statistiques, une succession de commentaires attristés.

Désormais, c'est un visage. Celui de la seule personne que j'ai véritablement aimée.

Les chiffres n'ont pas d'âme. Ils ne disent rien des souffrances, des fatigues, des effets qui n'ont de secondaires que le nom.

Me revient en mémoire une scène de "Pierrot le Fou" de Godard. L'amie de Belmondo allume la radio de la voiture et le bulletin d'information égrène alors les chiffres du jour : ici une guerre, là un tremblement de terre. L'actrice s'interroge alors sur la sécheresse de ces chiffres, sur ces morts anonymes que l'on aura oubliées dès le lendemain.

En ce qui me concerne, difficile d'oublier. Plus jamais cette maladie ne me sera étrangère. Plus jamais je ne pourrais entendre les critiques des bonnes consciences pour qui cette maladie est moins grave que d'autres, au motif que si on le voulait vraiment on pourrait l'éviter.

Au bout du bout, il y a la mort. S'y résoudre.

Comment renaître à la vie, comment aimer à nouveau, lorsque l'on est ainsi touché en plein coeur ? Et comment donner le change vis-à-vis de tous ceux qui ne savent pas et auxquels on n'a pas même envie d'expliquer ?

Le blog, alors, comme un exutoire.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mardi 2 août 2005

Vous vous souvenez peut-être que dans une précédente note intitulée "Sarkozy et les médias", je pronostiquais la lassitude à venir de la presse, qui déteste rien tant que les scénarios déjà connus. Elle vit du rebondissement et du suspense, pour elle, les jeux ne sont jamais faits. Ils ne doivent jamais l'être ! 

Eh bien, je crois qu'on y est. Que le lancement du nouveau produit est en marche.

Rien de tel pour s'assurer du mouvement qui s'engage qu'un édito du Monde. Celui d'aujourd'hui fait la part belle à Villepin, dont on encense la manière dont il a pris ses fonctions. Edito qui fait suite à plusieurs articles de la même veine.

"Je lèche, je lâche, je lynche" : ce serait les 3 séquences auxquelles toute icône médiatique doit se prêter. Une première séquence où la fascination prime, une seconde où la lassitude opère, une troisième où la presse devient prompte à brûler les idoles qu'elle a adorées.

Je me demande si Sarkozy ne commence pas à entrer dans la seconde phase ...

par sébastien publié dans : Politique-France
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Samedi 16 juillet 2005

Assisté mercredi dernier au concert de musique brésilienne à Bastille. 4 heures fabuleuses en compagnie des grands noms de la musique brésilienne : gilberto gil, lénine, seu jorge,  et j'en passe.

L'occasion de découvrir le large éventail que recouvre la musique brésilienne : du funk de seu jorge au rock de lénine, des performances vocales de bebel gilberto aux balades de gilberto gil. Une musique en fusion permanente avec ce que lui apporte le reste du monde, mais qui conserve ses couleurs locales, son goût du rythme, des percussions, ...

Comme le décrit gilberto gil dans un papier récent, nous sommes à l'heure de la "glocalisation", une mondialisation qui ne fait pas qu'uniformiser mais qui permet aussi d'exporter au large les qualités locales.

par sébastien publié dans : coups de coeur
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Mercredi 13 juillet 2005

Je regarde avec intérêt le tour de France. Ce que je préfère, c'est davantage le tour de la France que la compétition elle-même, qui ne présente guère d'intérêt, compte tenu de la domination écrasante d'Armstrong. En revanche, les paysages et les monuments sont si bien filmés qu'on a l'impression d'être en vacances, assis bien au fond de son canapé !

En observant la domination d'Armstrong, me revient ne mémoire la polémique de l'année dernière suite à la parution d'un livre dans lequel témoignait son ancienne masseuse. Elle évoquait, avec la révélation de faits troublants, des preuves sérieuses de dopage de l'américain.

Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Rien. Pas d'enquête à la suite de cette parution. Aucune nouvelle. La compétition se poursuit comme si de rien n'était.

De la même manière, je m'étonne du silence des médias aux états-unis et en angleterre sur ce qu'il faut bien appeler l'échec de la guerre en Irak.

Tous ces médias sont-ils à ce point à la botte d'intérêts financiers, qu'ils ne peuvent prendre le temps d'enquêter et de dire des vérités qui font mal ?

The show must go on ...

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Vendredi 8 juillet 2005

Le 16 juin dernier, j'évoquais l'histoire de Camille et Monica qui s'aiment et qui veulent se marier.

Camille était un homme. Elle a décidé de devenir une femme en se faisant opérer. Monica "se sent" femme, mais elle n'est pas opérée. Aux yeux de l'état-civil, c'est toujours un homme.

Dès lors, rien ne s'oppose à leur mariage. Une femme et un homme.

La cour d'appel de Versailles a confirmé aujourd'hui la décision prise en premier ressort : le mariage est impossible, car l'intention matrimoniale n'existerait pas. Le juge condamne un "acte militant".

Après l'affaire Girbaud, me voilà à nouveau dégoûté par la justice.

Deux hommes veulent se marier, ils n'y ont pas droit. Question de sexe.

Un homme et une femme veulent se marier. Ils n'y ont pas droit. Question de genre.

La justice analyse de manière différente à chaque fois le cas qui lui est présenté, soit sous l'angle de la biologie (sexe), soit sous l'angle de la culture (genre), mais pour aboutir à chaque fois à la même conclusion. Hypocrisie.

Il ne suffit plus d'être un homme et une femme pour se marier. Encore faut-il correspondre à un modèle. Que les genres soient assumés.

Difficile de faire plus conservateur.

 

par sébastien publié dans : vie gay
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Vendredi 8 juillet 2005

Après l'obtention des JO par Londres, un journaliste (sic) de Fox News avoue qu'il aurait préféré que ce soit Paris car cela lui aurait fait plus plaisir de voir les Français inquiets à cause du terrorisme, plutôt que les Anglais qu'il adore.

Je reprends in extenso son article car j'espère qu'il ne va pas rester sur le site de Fox trop longtemps :

"The host city for the 2012 Olympics was picked. New York was out early and that was a big relief to me, personally. I think New York needs a rest from big events. All that security wears on you.

Then it was down to Paris and London. And the Olympic big wigs picked London.

All day long people have been saying to me, "Wasn't it great they didn't pick Paris?" And I've been saying, "No, no, no."

Paris was exactly the right place to pick and the Olympic committee screwed up.

Why? Simple. It would have been a three-week period where we wouldn't have had to worry about terrorism.

First, the French think they are so good at dealing with the Arab world that they would have gone out and paid every terrorist off. And things would have been calm.

Or another way to look at it is the French are already up to their eyeballs in terrorists. The French hide them in miserable slums, out of sight of the rich people in Paris.

So it would have been a treat, actually, to watch the French dealing with the problem of their own homegrown Islamist terrorists living in France already.

What would the French have done about rounding up their own citizens?

Would they have afforded their own terrorists the rights they insist we give the detainees at Gitmo? Not a chance. They'd throw them in the clink, or ship them off to North Africa pronto.

Would they have blocked terrorists at the border with unreasonable search and seizure — precisely what they say we should not do? Of course they would. Anybody looking faintly Arab would have had the gendarmerie on them in a flash.

It would have been a delight to have Parisians worried about security instead of New Yorkers. It would have been exquisite to watch.

But, alas, they picked London. I like the Brits. I like London. I hate to see them going through all this garbage when it would have been just fine in Paris.

C'est la vie. Goes to show the Olympic committee doesn't recognize the perfect opportunity when it presents itself.

That's My Word."

Un article bien résumé sur le site de Loic le Meur :

"-Le comité olympique aurait du choisir Paris, pourquoi ?
-nous n'aurions pas eu à nous occuper de terrorisme car les français l'auraient fait
-les français pensent qu'ils sont tellement bons pour interagir avec le monde Arabe qu'ils auraient payé tous les terroristes pour qu'ils n'agissent pas
-de toutes façons les français cachent déjà les terroristes dans des endroits misérables, bien loins des riches à Paris
-cela aurait été un plaisir de regarder les français gérer le problème de leurs propres terroristes qui vivent déjà en France
-cela aurait été un délice de voir les parisiens inquiets pour leur sécurité à la place des New Yorkais"

Et un type comme ça est publié. Il doit avoir ses fans. Lamentable !

par sébastien publié dans : coups de gueule
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Jeudi 7 juillet 2005

Lu "La guerre sans fin" de Bruno Tertrais.

L'auteur, spécialiste des relations internationales, nous livre dans ce court récit une description lucide sur la politique étrangère américaine actuelle : sur ceux qui la font et sur ses objectifs.

C'est une lecture utile parce qu'elle met définitivement à mal les clichés qui sont véhiculés ici ou là :

1) la guerre en Irak n'est pas une guerre pour le pétrole : les Etats-Unis continuent de développer une stratégie d'approvisionnements diversifiés qui ne nécessite nullement une intervention de la sorte. Et, même si l'Amérique avait besoin de cet or noir, il serait mille fois plus intelligent de négocier, plutôt que de faire la guerre.

2) il convient de relativiser le discours de Bush sur "l'axe du mal" et donc d'éviter de croire que les pays visés (Irak, Iran et Corée du Nord) subiront tous trois le même sort :

a) les pays désignés sont des exemples de pays dangereux car ils allient une doctrine totalitaire avec la possession d'armes de destruction massive ; mais nulle part dans son discours Bush propose un même traitement pour ces trois cibles ;

b) Un même traitement est d'autant moins probable que l'Iran est devenu incontournable pour la stabilité de la région : il a une influence particulière dans la construction du nouvel Irak à majorité chiite et dans celle d'un Afghanistan à forte minorité chiite également ;

c) enfin, les Etats-Unis devront à terme revoir leurs alliances avec les pays sunnites que sont le Pakistan et l'Arabie saoudite dans lesquels les disciples de Ben Laden sont particulièrement implantés. Dans ce contexte, l'Iran peut devenir l'objet d'une alliance éventuelle. Il est vrai, toutefois, que le livre de Tertrais a été écrit avant l'élection du nouveau président iranien, ultraconservateur, ce qui bouleverse un peu l'idée d'une nouvelle alliance de ce type.

3) Le livre de Tertrais est aussi passionnant parce qu'il montre comment se construit la politique étrangère à Washington. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, elle est tout sauf homogène. Les courants de pensée sont divers, y compris dans la majorité républicaine, qui se partage entre néo-conservateurs, venus de la gauche et aujourd'hui majoritairement au pouvoir, réalistes sur le mode Kissinger pour qui la souveraineté des Etats est indépassable, et enfin fondamentalistes soucieux de porter, par la force s'il le faut, la bonne parole évangéliste.

Que l'administration Bush vienne à récolter de mauvais résultats et une autre doctrine viendra à prendre l'avantage. A la tentation de l'empire, pourra succéder le repli sur la nation. Aux Etats-Unis, en politique étrangère comme pour tout, rien n'est définitif, tout est réversible, c'est le pragmatisme qui est à l'oeuvre plus que les idéologies.

4) Enfin, dernier aspect intéressant du livre de Tertrais, la description du phénomène qui a vu d'anciens démocrates, voire des membres de l'extrême-gauche, rejoindre les rangs dans les années 1980 des néo-conservateurs, soucieux de répandre la démocratie et les droits de l'homme par la force.

Un phénomène qui explique mieux les prises de position de certains Français lors de la dernière guerre d'Irak qui, peu nombreux il est vrai, soutenaient les Etats-Unis au nom des droits de l'homme (Bernard Koucher, Romain Goupil, André Glucksman, ...). Les anciens gauchistes et les néoconservateurs partagent un même idéal internationaliste.

Bref, une excellente lecture pour éviter de répéter banalités et clichés dans nos futurs repas de famille !

par sébastien publié dans : lectures
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