Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Lundi 22 août 2005

Les cadres de l'administration sont formés soit à l'Ecole Nationale d'Administration, soit dans les Instituts Régionaux d'Administration.

La formation qui y est dispensée est générale : un peu de droit, un peu de budget, un peu de politique communautaire, un stage ici ou là et vous êtes bon pour le grand voyage qu'on appelle la carrière.

Avec cette formation, on suppose que vous pourrez aussi bien servir, et toujours avec intelligence et doigté, dans n'importe quel département ministériel et à n'importe quelle fonction : que ce soit à la gestion du personnel, à la gestion du budget, sur des dossiers à dominante juridique, dans la diplomatie, la communication, ... Bref, partout. Une seule fornation pour tout type d'emploi.

Un tel système est désormais aberrant. Les dossiers sont de plus en plus techniques, de plus en plus complexes. L'Etat a moins besoin de généralistes, qui voient loin, que de spécialistes, qui voient près.

La formation doit donc se renouveler : à une formation générale pour tous, il faut penser à une formation spécifique par filières (droit, ressources humaines, finances, relations internationales).

L'Etat est conscient du problème : le rapport de Yves-Thibault de Silguy avait déjà pointé du doigt le problème et Renaud Dutreil, un temps, avait émis l'hypothèse d'une réforme sur ce sujet, en lançant l'idée d'une carrière par grandes filières.

Mais le statu quo demeure. Les paroles ne sont pas suivis par les actes. Les corporatismes, des grands corps aux syndicats, empêchent d'avancer.

Là encore, parler vrai et avoir du courage. Difficile ambition que celle qui revient non pas à changer les autres, mais à se modifier soi-même.

 
par sébastien publié dans : Politique-France
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Samedi 20 août 2005

Longtemps, on a pensé en politique comme en entreprise : la communication devait venir après l'action, le plan-média après la loi comme la pub télé après la naissance d'un produit. La communication suivait l'action. Question de logique, mais aussi de respect vis-à-vis des corps intermédiaires, à qui on ne pouvait faire l'offense de décider sans leur bénédiction.

Puis est venue, avec la mondialisation, le temps des grandes réformes, des retraites à la sécurité sociale, qui, pour réussir, devaient avoir le soutien de l'opinion. Sans cela, la messe était dite : les syndicats et les corporatismes en tous genres auraient raison des meilleures volontés. Avoir l'opinion avec soi, pour passer outre les oukases des corps constitués. La communication est alors devenue un moyen d'action. Elle ne la suivait plus, elle était nécessairement concomitante.

Enfin, Sarkozy est arrivé et, avec lui, une autre manière de faire de la politique. Désormais, la communication précède l'action. Annoncer haut et fort ce que l'on va faire. D'abord, parce que le temps médiatique, instantané, sans mémoire, impose ce style pour qui veut faire sans cesse la "une" de l'actualité. Ensuite, parce qu'en cette période de défiance vis-à-vis du politique, on attend de lui, désormais, clarté dans le programme et respect des promesses. L'ambiguïté, qui se nourrit du silence, ne profite plus à personne. Enfin, parler devient un comportement presque obligé à l'heure où l'Etat perd sans cesse de ses prérogatives. Communiquer, pour donner l'illusion d'agir. Ne dit-on pas de Bercy qu'il est désormais le "ministère de la parole" ?

Cette évolution est-elle souhaitable ?

En un sens, oui, car la dimension psychologique est forte dans l'opinion, et principalement en économie. Il suffit bien souvent d'effets d'annonce pour modifier les courbes : la diminution des accidents de la route a commencé alors même que les premières dispositions n'avaient pas été prises. De la même manière, la progression des créations d'entreprises a été historiquement forte en 2003, avant même que Renaud Dutreil n'ait fait passer sa loi sur l'initiative économique. Dans les deux cas, c'est simplement à force de messages répétés avec force et clarté que les premiers effets se sont fait sentir.

De la sorte, en faisant de l'opinion un acteur de la réforme, une communication précoce et maîtrisée sur chacun de ses dossiers fait partie de l'arsenal obligé du politique professionnel.

Mais elle ne doit demeurer qu'un moyen parmi d'autres, nécessaire mais pas suffisant. Ceux, nombreux, qui font des lois d'opportunité, en fonction des aléas de l'actualité, mêlent le temps de l'action et celui de la communication. Ils n'obtiendront aucun résultat : l'action, pensée dans l'urgence, est forcément inefficace ; la communication, suiviste et ne reposant sur aucun projet, attire davantage la méfiance de l'opinion que son soutien.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Vendredi 19 août 2005

Je n'ai pas pour ambition de faire de ce blog un "journal extime", pour reprendre l'expression judicieuse de Michel Tournier. Il n'y a rien de plus impudique, en effet, que de s'exposer à la vue d'inconnus. Loin de constituer une solution, de tels actes révèlent, au contraire, une profonde désespérance : on fait part de ses maux intimes à des inconnus sur la Toile à la manière d'un Robinson qui jette sa bouteille à la mer. L'ultime espoir des bâteaux échoués.

Cependant, dès lors que l'exposition de difficultés personnelles n'aurait rien de gratuit mais illustrerait, au contraire, des débats qui reviennent régulièrement sous les feux de l'actualité, alors je considère que je fais oeuvre utile. Rien de tel que des exemples pour savoir de quoi l'on parle. Il est vrai que l'on se prend parfois à philosopher un peu sur tout et, à force de se détacher de la matière, on finit par s'éloigner de la réalité. Des exemples personnels, non pas pour s'exposer, mais pour parler vrai.

Ainsi, j'évoquais récemment une discussion avec un ami gay sur son désir d'être père ou, à plusieurs reprises, les difficultés de mon ami brésilien pour se soigner du sida. Situations personnelles, qui sont autant de problèmes de société.

Aujourd'hui, j'aimerais évoquer une discussion que j'ai eue hier soir, toujours avec mon ami brésilien. Toute la détresse d'un peuple misérable, loin des clichés véhiculés à longueur de reportages en cette Année du Brésil en France.

Cristiano est malade. Rester au Brésil, c'est se condamner à mort puisqu'il ne peut s'offrir le traitement approprié, et surtout faire face aux effets secondaires qui ne sont pas pris en charge. Travailler est inconcevable : pour vivre, lorsque l'on n'a pas de formation précise, il faut assurer deux, et même plutôt trois boulots, dans la journée. Commencer à 7 heures et terminer à 23 heures. Inconcevable quand on est soumis régulièrement aux malaises et aux fatigues. Seule solution : l'Europe.

Cristiano est arrivé à Rome la semaine dernière, grâce à un ami italien qui lui a payé le billet. L'occasion de faire le point sur sa santé et de s'entendre dire "qu'il peut prendre un billet pour le Ciel" ! Ah, le tact italien ! Mais, ici aussi, Cristiano ne peut pas travailler. Les métiers qui seraient envisageables - serveur principalement - sont trop difficiles physiquement.

Cristiano a deux problèmes qui, cumulés, l'empêchent d'espérer : la maladie et l'absence de formation.

Ne restent alors véritablement, aux yeux de Cristiano, que deux possibilités. La première qui consiste à espérer un mieux "ailleurs". A abréger, de soi-même, ce qui s'assimile à une souffrance permanente. La seconde, à faire de son corps, la seule chose qu'il possède encore, l'instrument de sa survie.

Comment pourrais-je juger ces pensées auxquelles il conclut aujourd'hui après mûre réflexion ? Je ne suis que le témoin meurtri d'une situation qui n'a malheureusement rien d'originale.

par sébastien publié dans : my life
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Jeudi 18 août 2005

Tant de villes à visiter, tant de paysages à contempler, tant de visages à admirer, tant de plats à déguster, tant de livres à apprécier ... et me voilà, par cette journée ensoleillée, contraint aux activités de bureau qui mêlent à la progression hasardeuse dans des dossiers incompréhensibles, des sourires polis, forcés, à des personnes avec lesquelles on partage plus de temps qu'avec ceux qui nous sont chers.

La liberté de l'homme, c'est celle de la chèvre attachée à son piquet !

Ou, de manière plus intellectuelle et pour reprendre un auteur à la mode : "Le domaine de la liberté commence là où s'arrête le travail déterminé par la nécessité" (Karl Marx).
 
Tout le monde a été, est ou sera marxiste !!! Aujourd'hui, c'est mon tour !
par sébastien publié dans : my life
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Mercredi 17 août 2005

Durant ces vacances, j'ai été amené à passer 5 jours à Lisbonne et 5 autres à Zurich.

Evidemment, les deux villes ne se ressemblent guère et les pays non plus.

Mais un point commun m'a cependant surpris : il y a des drapeaux nationaux partout.

A Lisbonne, dans le moindre quartier, y compris dans les banlieux les plus reculées et les quartiers les moins favorisés, foisonnent aux balcons et derrière les vitres nombre de tissus aux couleurs nationales.

A Zurich, même si la quantité est moindre, on ne peut s'empêcher de se retourner à la vue de jardins où, là encore, sont tendues fièrement les couleurs du pays.

Est-ce là une tradition qui m'avait jusqu'à présent échappé ou un renouveau patriotique qui concerne toute l'Europe et dont les votes aux derniers référendums, ou la progression des partis extrémistes dans certains pays, seraient les premiers symptômes ?

En France, une famille qui déciderait de décorer de la sorte l'extérieur de sa maison serait aussitôt cataloguée comme militante du front national, ou alors, seule explication crédible, la France aurait gagné la veille la coupe du monde ! Au Portugal et en Suisse, ce décorum paraît, en revanche, presque ordinaire. 

Pour ceux qui ont eu la chance de se déplacer cet été hors de nos frontières, avez-vous ressenti cette même impression ?

 
par sébastien publié dans : voyages
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Mardi 16 août 2005

Discuté ce weekend avec un ami gay de son projet d'enfant.

Il a beaucoup réfléchi, envisagé toutes les formules et, désormais, il se sent prêt.

Il a une amie lesbienne qui veut elle-aussi un enfant. Ils vont concevoir le bébé de "manière naturelle" parce que c'est le désir de la future maman, qui préfère cette méthode à celle de la seringue.

Je lui demande si, "techniquement", cela ne lui pose pas un problème. Il me répond par la négative : "tu sais, avant, j'ai eu une vie hétéro, j'ai même failli me marier !".

Ensuite, ils se sont mis d'accord pour partager la garde de l'enfant : la semaine chez maman, le weekend chez "papa".

Mon ami me rappelle que sa situation est fragile : la mère peut exiger quand elle le veut la garde pleine et entière de l'enfant et elle peut demander également une pension alimentaire.

Devant un tel risque, je demande ce qui le pousse à tenter l'aventure : "Le désir de transmettre. J'ai bien profité de la vie, à mon tour maintenant de faire profiter, de mon savoir, de mon expérience, de mon argent".

Une bonne définition du métier de père, finalement.

 
par sébastien publié dans : vie gay
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Mercredi 10 août 2005

La championne Colette Besson est morte hier. A cette triste occasion, j'observe que les médias ne parlent plus de "longue maladie", comme ce fut longtemps le cas, mais évoquent désormais, sans tabou, le terme de "cancer". Constat que j'avais fait, déjà, à deux ou trois reprises précédemment.

Or, la manière dont on nomme les choses n'est jamais neutre. Elle révèle la perception que l'on s'en fait.

Si, par exemple, le Pentagone, le Département d'Etat et la Maison Blanche s'affrontent aujourd'hui sur le point de savoir s'il faut parler ou non de "guerre contre le terrorisme", c'est bien parce que la perception des uns et des autres est différente. Elle préfigure, alors, des stratégies de défense diverses et variées.

Désormais, le mot "cancer" n'effraie plus. Les choses sont dites. C'est là le signe d'un changement d'état d'esprit, symbolique, dans la lutte contre la maladie.

Nommer les choses, c'est, en effet, accepter de les voir en face, de ne pas détourner le regard, c'est engager le combat. Quand le discours par allusion ne fait que révéler la crainte ou l'ignorance d'un fléau, le discours qui nomme est celui qui annonce l'affrontement.

A la manière des conquérants qui nommaient les terres qu'ils prenaient pour s'assurer de leur possession, nommer précisément les maladies, plutôt que les évoquer avec mystère, revient à fuir l'inconnu pour engager l'épreuve de vérité.

Signe, donc, que le combat avance.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mardi 9 août 2005

Vous souvenez-vous du tohu-bohu médiatique qu'avait suscité la diffusion de la première émission de télé-réalité en France, "Loft Story" sur M6 ?

Trois "unes" successives du Monde. Les avis des experts en tous genres : du sociologue Kaufman à l'ancien premier ministre Balladur. Un papier vengeur de Patrick Le Lay, PDG de TF1, qui jurait, le coeur sur la main, que jamais, oh non jamais, sa chaîne ne s'abaisserait à diffuser de telles monstruosités.

Pas une conversation autour de la machine à café qui ne tourne autour de l'émission. Il y avait ceux qui déploraient la course à l'abîme ainsi programmée et ceux qui ne voyaient pas ce qu'il y avait de mal à filmer 24h/24 des personnes majeures et consentantes, étant entendu que chacun était libre de zapper si la chose lui déplaisait.

Bref, toute la France était "interpellée" par cette émission d'un nouveau genre.

Qu'en est-il aujourd'hui ?

Eh bien, il semble que l'on soit allé vers davantage de perversité encore mais que cela n'offusque plus personne.

On ne se contente plus de filmer des gens dans leur quotidien et de voir ce qui se passe. On invente les scénarios les plus pervers, la télé-réalité se met en scène : on tente de défaire des couples sur une île paradisiaque, on promet de l'argent à une jolie demoiselle si elle accepte de se marier avec le plus vulgaire des amants, on se gausse de "stars" sur le retour qui se vautrent dans la boue et sont prêts à s'humilier en prime time, puisque la fortune est à ce prix.

Et cela ne gêne plus grand monde. L'indifférence croît en même temps que la bêtise.

Qu'y a-t-il donc de différent dans la perception du public pour qu'il observe aujourd'hui avec dépit, indifférence ou humour, en tout cas avec détachement, ce qu'hier encore, le faisait monter sur ses grands chevaux au point d'écrire pour les plus armés des tribunes au vitriol ? De l'activisme d'hier à la passivité d'aujourd'hui, qu'y a-t-il donc de changé au royaume de la télécommande (le télespectateur) et des idées (l'intellectuel) ?

1) D'abord, ces émissions, pour la plupart, marchent. A condition de revisiter les concepts, dont la gamme paraît infinie, le télespectateur se prend au jeu. On tombe souvent "par hasard" dessus mais on regarde ! Et les chaînes encaissent la martingale des produits dérivés. Dès lors, critiquer ce qui est populaire et rentable n'est ni l'apanage des businessmen - Le Lay paraît bien loin de ses récriminations originelles - ni celui des leaders d'opinion - n'est-il pas devenu de bon ton de dire, lorsque l'on est homme politique de premier plan, que l'on apprécie la Star Ac' et qu'on en connaît tous les héros. La vulgarité d'hier devient la tendance d'aujourd'hui.

2) La presse elle-même paraît frileuse. En effet, elle se nourrit, elle-aussi, de ces succès d'audience. L'interview de tel ou tel héros de télé-réalité, la publication de tel ou tel reportage sur un nouveau concept, fera davantage vendre qu'une tribune au vitriol clouant au pilori ces sommets de bêtise. La presse populaire doit suivre le mouvement.

3) Quant à la presse "générale",  elle ne paraît plus considérer ce débat de manière aussi fondamentale qu'à ses débuts. La chose lui paraît entendue : le public est voyeuriste. La télé-réalité flatte ses penchants. C'est ainsi. Il n'y aurait pas grand chose à rajouter.

Ainsi, en à peine 5 ans, ce qui paraissait comme une vague alarmante s'est-elle muée en décor du quotidien, accepté dans l'indifférence. De la même manière que furent d'abord vilipendés puis acceptés les programmes de "reality-show" à la mode Pradel.

Dès lors, l'avenir nous réserve-t-il les mêmes scénarios : de nouveaux concepts, encore plus pervers, provoquant à nouveau le scandale, puis, en raison de leur succès, appelant davantage de considération ? Et jusqu'où notre frontière de l'acceptable sera-t-elle finalement repoussée ?

Observerons-nous demain dans notre pays ce qui se passe déjà à l'étranger, notamment aux Etats-Unis : programmes "destroy" de chirurgie esthétique, mise en scène du handicap (bachelor pour les nains), ... ?

Mes trop rares excursions à l'étranger me rendent pessimistes. Les programmes y sont encore plus vulgaires ou abêtissants que chez nous.

A l'aune de cette évolution, il ne reste plus alors qu'à espérer qu'un service public de télévision sera maintenu encore très longtemps pour garantir, sur certaines chaînes au moins, une certaine qualité de programmation, laquelle se marie aujourd'hui si difficilement avec le succès d'audience.

Il n'est pas suffisant de dire, ici comme ailleurs, que le client est roi. Qu'il est libre de regarder ou non. Un média qui occupe chaque jour, près de 4 heures, enfants, adolescents et adultes, n'est pas seulement un objet de loisir, c'est aussi un instrument de formation et c'est en cela qu'il appelle à la vigilance de la société tout entière.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Lundi 8 août 2005

A toute chose, malheur est bon, paraît-il.

La maladie de mon ami m'oblige à comprendre. Ce qu'elle est et comment la combattre. J'avais ainsi fait une première note il y a un petit moment sur le scandale relatif aux traitements antirétroviraux (ARV).

Aujourd'hui, une nouvelle observation. Si certains pays du Sud, comme le Brésil, ont mis en place une bonne organisation, même si elle est loin d'être parfaite, concernant les ARV, demeure, malgré tout, le problème du traitement des effets secondaires, qui, comme je l'ai déjà dit, n'ont, pour le malade, de "secondaires" que le nom.

Le patient devra prendre d'autres médicaments pour faire face aux effets indésirables provoqués par les différents "cocktails" d'ARV. Or, ces médicaments-là, pour la plupart, ne sont pas remboursés et ils peuvent, pour certains, être complètement inaccessibles. Dans ces conditions, le patient préfèrera mettre un terme au traitement dans son entier, plutôt que de souffrir en vain.

Dès lors, il faut veiller à ce que la gratuité, ou en tout cas l'accessibilité aux traitements, ne se limite pas aux seuls ARV, mais couvre l'ensemble des traitements.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Vendredi 5 août 2005

Zorro est arrivé. Pour sûr, nous sommes sauvés !

Par je ne sais quelle argumentation de poids, le numéro 10 préféré des Français a choisi de revenir en équipe de France. Il en avait besoin, nous dit-il. La presse, aussitôt, de s'enthousiasmer sur le retour du messie : Il revient ! Dans le sillage de la comète, deux autres astres vont éclairer les futures pelouses : Makélélé et Thuram.

Si ces retours peuvent nous aider à passer le cap des qualifications, c'est tant mieux. Il ne faut pas faire la fine bouche. Et si cela permet de voir de nouveau des gestes exceptionnels, qui s'en plaindra.

Il y a quand même des remarques que je trouve surprenantes et auxquelles, je crois, il faudrait tordre le cou.

1) D'abord, je trouve qu'il y a quelque chose de formidablement hypocrite à faire passer ces retours pour des postures patriotiques. Si l'on aime vraiment le maillot des Bleus, pourquoi accepte-t-on alors de le quitter, de manière "irrévocable", alors que l'on est au sommet de sa carrière ? Je crois, au contraire, qu'il n'y a pas de posture plus égoïste que celle qui consiste à affirmer, de son propre chef, que, un jour, on quitte le maillot de la sélection, et, un autre, on s'estime prêt à le remettre. La sélection nationale ne devrait pas être le jeu de caprices personnels. Ou alors, il faut cesser de dire que l'on fait cela dans l'intérêt supérieur de la Nation !

2) Ensuite, voilà qu'on entretient sur un mode bien français le culte de l'homme providentiel. Je trouve cela dommage au moment où l'équipe est en train de se reconstruire. Une équipe qui n'a pas perdu depuis un petit moment et dont les dernières sorties se sont avérées concluantes. Faut-il donc mettre à bas toute cette phase de reconstruction pour bâtir à nouveau l'équipe autour de l'astre Zidane. Est-on vraiment sûr de gagner du temps ? Et est-ce une bonne manière de coacher tous ceux qui demain feront l'équipe de France ?

Bref, là comme ailleurs, il me semble que l'on attend trop d'un seul. Que l'équipe était sur le bon chemin. J'espère me tromper !

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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