Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Mercredi 7 juin 2006

Le principe du secret de l'instruction est reconnu en France par l'article 11 du code de procédure pénale. L'objectif est double : d'une part, protéger l'enquête judiciaire, d'autre part, protéger les personnes mises en cause dont certaines pourront, à l'issue des investigations, être écartées de tout soupçon.

Si le principe est légitime, sa mise en oeuvre est délicate :

- l'article 11, d'abord, pose le principe du secret de l'instruction "sans préjudice des droits de la défense", ce qui signifie que ni le mis en examen, ni la victime, ni l'avocat, dès lors que son client l'a délié du secret, ne sont tenus par ce principe ;

- ensuite, la presse, elle-même, n'est pas tenue par ce principe qui ne vise que les personnes qui "concourent à la procédure".

L'addition de ces deux réserves annule, au final, la portée du principe.

Que faut-il faire alors ?

Soit l'on considère que le secret s'applique à tous, y compris les journalistes, et pour tous, y compris les représentants des droits de la défense, mais ce faisant, ne lèse-t-on pas les citoyens, en limitant leur droit à l'information ?

Soit l'on considère que le secret permanent et absolu est effectivement irréaliste et l'on aménage des "fenêtres de publicité", comme le suggère l'excellent rapport de la commission parlementaire sur l'affaire d'Outreau : certains éléments, dans le cadre de rendez-vous précis dans l'instruction, pourront faire l'objet de publicité.

N'y aurait-il pas, cependant, une autre voie possible, celle qui consisterait à faire la part entre ce qui relève de la personne publique et ce qui relève de la personne privée ? Comment voter en 2007, sans avoir connaissance de l'affaire Clearstream ? Cela n'aurait pas de sens. C'est bien parce que les principaux protagonistes sont connus et que leur affaire touche à leur activité publique que le citoyen électeur a, en la circonstance, droit à l'information. On pourrait dire, en la circonstance, que le droit à l'information du citoyen dépasse le droit à la présomption d'innocence de la personnalité mise en cause.

Naturellement, la procédure devra être fortement encadrée : il faut s'assurer que les soupçons se fondent sur des éléments suffisamment sérieux.

Les "fenêtres de publicité" de la commission Outreau sont un aménagement intelligent du secret de l'instruction. Je crains cependant qu'à défendre une même procédure pour tous, sans discernement parmi les personnalités mises en cause, on finisse finalement par s'exposer aux mêmes dérives qu'aujourd'hui.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Jeudi 1 juin 2006

Vu hier sur Arte un reportage sur le championnat de football des favelas au Brésil.

Le reportage est terrible : il semble que les jeunes des favelas n'aient guère le choix. Soit ils réussissent dans le football, en se faisant remarquer dans ce championnat, soit ils rejoindront les gangs des favelas, avec la mort pour compagnie intime.

Devant ce terrible destin qu'il leur est proposé, on pourrait attendre de ces jeunes un grand désamour vis-à-vis du pays dans lequel ils ont grandi et qui ne leur apporte ni la sécurité, ni l'éducation, ni la santé.

Au lieu de cela, j'ai remarqué, ce qui m'a surpris, que ces jeunes portaient des boucles d'oreilles aux couleurs du Brésil.

Quelle différence avec ce qui se passe chez nous ! Là-bas on souffre et porte fièrement le jaune et le vert. Ici, où les conditions de vie sont malgré tout moins dramatiques, le patriotisme est un brin regard. La haine de la France se nourrit des inégalités sociales.

Dès lors, pourquoi aime-t-on réellement son pays ?

Petite tentative d'explication qui vaut ce qu'elle vaut :

- le Brésil a des valeurs identitaires - la fête, le métissage, l'importance de la famille - qui dépassent finalement les aléas de la politique : celle-ci peut être désolante, elle n'est pas finalement constitutive de l'âme brésilienne. Dès lors, déplorer cette politique n'est pas détester le drapeau. L'une ne se confond pas avec l'autre ;

- en France, en revanche, la passion du débat politique, et l'idée que celle-ci peut tout changer, sont ancrées dans l'identité française. La France moderne s'est construite sur des valeurs essentiellement politiques : la liberté, l'égalité, la fraternité. Dès lors, la politique n'est pas rien ; elle est, au contraire, l'instrument par lequel les valeurs qui fondent l'identité française seront ou non réellement mises en oeuvre. Si bien que la politique se confond, ici, avec le drapeau.

Quelle autre explication, selon vous, à l'amour du pays là-bas, malgré l'inconséquence de la politique qu'on y mène, et le faible patriotisme, ici-même, pour des conditions de vie pourtant moins catastrophiques ?

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Lundi 2 janvier 2006

Un nouveau sondage ce matin dans Libération qui propose aux Français de classer les Présidents de la Vème République.

Mitterrand arrive en tête devançant De Gaulle, Chirac, Pompidou et Giscard.

Curieux résultat. Je me souviens que De Gaulle il y a peu, avait été classé " plus grand homme français de tous les temps " et Mitterrand arrivait loin derrière.

Sondage biaisé. Les jeunes, qui ont été interrogés, choisissent Mitterrand parce qu'ils ne connaissent que Mitterrand !

L'absurdité de la consultation devient évidente quand on va dans le détail : Chirac devance Mitterrand pour ce qui concerne la construction européenne et Mitterrand devance Chirac pour ce qui concerne la lutte contre le chômage ! Alors que l'Europe a connu un nouvel élan sous Mitterrand et que, à regarder les chiffres, Chirac a mieux fait contre le chômage - avec l'aide de Jospin ! - que Mitterrand.

Bref, le sondage reflète une perception et nous éloigne de la réalité. L’opinion s’attarde plus vraisemblablement sur l’écume de l’actualité que sur les enseignements de l'Histoire.

Si l'on doit à Mitterrand une saine libéralisation des moeurs, ce qui constitue une formidable avancée par rapport au règne gaulliste, on ne peut passer sous silence son absence d'intérêt pour les questions économiques et sociales - ce que montre Jacques Attali dans "C'était Mitterrand" - pas plus que l'on ne peut accepter son utilisation de l'appareil d'Etat à des fins strictement personnelles.

Mitterrand avait de l’ambition pour lui-même, préoccupé en toute chose par la marque qu’il allait laisser dans l'Histoire. Les grands travaux et l’ambition européenne participent ainsi d'une même volonté : laisser son empreinte.

On ne laisse pas de trace en s’attaquant au chômage, ou en s’attardant sur les questions sociales. On en laisse une, en revanche, quand on construit de nouveaux édifices ou que l’on crée une nouvelle monnaie.

Politique admirable, lorsque les avancées historiques sont au service de la société. Politique détestable quand cette seule ambition de la " trace " s’éloigne des préoccupations quotidiennes des Français.

En somme, De Gaulle pensait d'abord à la place de la France quand Mitterrand ne s'intéressait en premier lieu qu'à la sienne, pour le meilleur, souvent, et pour le pire, parfois.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mercredi 16 novembre 2005

A sa manière, la laïcité est aussi une religion :

- elle développe un message : diversité religieuse mais unité de la République ;

- elle a ses rites : l'absence de signes religieux à l'Ecole, par exemple ;

- elle cultive une certaine idée de la transcendance : "au-delà" des croyances religieuses, tout individu appartient à la "communauté des citoyens".

Comme pour toute religion, le message ne peut se suffire à lui-même. Il doit être rappelé. Par des rites et par des manifestations. La bonne Parole n'existe que parce qu'elle est portée. Un message que l'on écoute distraitement, et que l'on ne rappelle jamais, est un message qui s'évanouit.

Le refus des signes religieux à l'école n'est pas plus important que la prière du soir pour le chrétien. C'est juste un signe. Signe que le message est encore vivant. Parole laïque, d'un côté, parole religieuse de l'autre.

Le retour des signes religieux à l'école marquerait alors la prédominance d'un message sur un autre. Du message religieux sur le message laïc. En étendant l'espace du message religieux d'un côté, on réduirait, de l'autre, l'espace du message laïc.

Et partant, la religion laïque, qui est la religion de tous en République, perdrait du terrain face aux autres religions, qui n'appartiennent qu'à des fragments de la communauté nationale.

Dès lors, si l'on veut mettre en avant l'appartenance de tous à la République, il est des rites qu'il convient de sauvegarder. Le voile à l'école, ce n'est pas le droit à la liberté religieuse, c'est le refus de témoigner de son appartenance à la communauté nationale. C'est faire prévaloir des droits à l'endroit d'une communauté religieuse, plutôt que des devoirs à l'endroit de la communauté nationale.

C'est un choix auquel je ne me résous pas. Au moment où l'on affirme la nécessité d'une meilleure cohésion nationale, comment accepter l'idée d'en supprimer les attributs ? 

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mercredi 14 septembre 2005

Au début du mois, plusieurs équipes de scientifiques ont détecté une explosion gigantesque à 12,7 millairds d'années-lumière de la Terre.

Une année-lumière correspond à la distance parcourue par la lumière en une année, sachant qu'elle se déplace à 300 000 km par seconde. Vous multipliez cette distance hallucinante par 12,7 milliards et vous vous trouvez là où a eu lieu l'explosion.

L'énergie déployée par l'explosion correspond à 300 fois l'énergie émise par le soleil tout au long de sa carrière, laquelle durera environ 10 milliards d'années.

Que sommes-nous dans tout cela ? Rien me paraît déjà trop !

L'astrophysique est une formidable école d'humilité !

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Vendredi 2 septembre 2005

La note que j'ai écrite récemment sur la question de l'intégration de la Turquie en Europe a suscité beaucoup de commentaires sur le site d'Agoravox, qui a eu la gentillesse de le reprendre.

Des commentaires passionnés, jusqu'à l'agressivité parfois.

De la même manière, le débat sur le voile ou la question de la discrimination positive entraînent toujours une grande virulence dans les échanges.

Pourquoi cela ?

Parce que, dans chacun de ces dossiers, il est question d'identité :

- le voile pose la question de l'identité de la République : la laïcité, élément principal de l'identité républicaine, peut-elle être remise en cause ? En modifier le mode d'exercice, c'est bouleverser le visage de la République. On touche à l'intime. La réaction est forcément vive.

- la discrimination positive remet en cause, à son tour, un autre élément de l'identité de la République : l'égalité des chances. A nouveau, on touche à l'essentiel, c'est-à-dire à la marque de fabrique de la Nation. Le débat, ici aussi, ne peut qu'être vif.

- l'entrée de la Turquie dans l'Europe pose à nouveau une question d'identité : celle de l'Europe, bien sûr, mais aussi celle de la Turquie. Et, là encore, l'atteinte à l'intime, à ce qui définit par essence cet ensemble d'Etats ou l'ex empire ottoman, ne va pas sans susciter force réactions passionnées.

Il est légitime de répondre avec ardeur quand on se sent atteint au plus intime.

Mais, je crois qu'il est tout aussi légitime de soulever ces questions car elles sont fondamentales. Les nier serait écarter de l'analyse des réalités qui bâtissent le monde d'aujourd'hui.

Quelles sont ces réalités ? 

Les peuples ont un besoin presque vital de se retrouver autour de langues, de modes de vie, en somme, autour de cultures communes. Effet de balancier face à la mondialisation. La plupart des guerres, issues de la fin du communisme, sont ainsi des guerres identitaires (ex-Yougoslavie, Timor, ...).

Le renouveau des nationalismes s'explique de la même manière. A l'absence de frontières qui caractérise l'économie actuelle répond le "besoin de frontières" exprimé par les peuples un peu partout.

Dès lors, estimer que les identités s'évanouissent dans le métissage, produit de la mondialisation, me paraît une erreur.

On peut avoir une conception universaliste du monde, ce qui est mon cas, souhaiter les mêmes droits pour tous et partout, et avoir cependant conscience que le monde n'est pas qu'un, qu'il se caractérise aussi par une cohabitation de diverses altérités, que d'autres appellent "civilisations".

Vouloir fonder l'Europe sur la seule économie, sans prendre en compte ces questions identitaires, ce serait comme faire avancer une barque en ramant d'un seul côté, ou marcher sur une seule jambe. On progresserait, sûrement, mais à faible allure, au risque, si l'on n'y prend garde, de s'échouer ou de tomber.

Débattre sur les identités, sur l'altérité des peuples, cela passionne et cela dérange parce que cela touche au coeur et à des paramètres qu'il paraît difficile de modifier. Mais ce serait pire de méconnaître ce besoin des peuples, ce désir qui les pousse à vivre et à vouloir avancer avec ceux, d'abord, qui leur semblent proches.

Parler du projet européen sans parler d'identité européenne, cela n'aurait alors pas de sens, sauf à se méprendre sur l'état du monde d'aujourd'hui. On peut être universaliste sans cependant céder à la naïveté de penser que le monde n'est qu'un.

 
par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Vendredi 2 septembre 2005

1) 1000 morts en Irak : cela fait aujourd'hui deux minutes dans les JT et bien peu de pages dans les journaux. Plus le chaos s'étend et moins la presse ne s'investit. Paradoxe ?

a) la presse abhorre les scénarios qui se répètent. La mort, comme une mauvaise habitude, n'intéresse personne.

b) et puis, la presse est partie depuis longtemps. Là où elle est absente, il n'y a pas d'Histoire. Celle-ci se fait dans la brume, nous envoyant par intermittences des signaux d'alerte, mais qui peut dire vers où elle va ?

2) Villepin est habile. Des mesures, à la mode keynésienne, que la gauche ne renierait pas : grands travaux, primes en tout genre, revaloraisation de la prime pour l'emploi, ...

a) Chronique, à droite, d'un affrontement annoncé : Villepin veut isoler Sarkozy dans le "corner" ultralibéral ;

b) les socialistes, contraints à la surenchère, virent à gauche toute. Génie tactique ou comportement malhonnête ?

3) Chaos aux Etats-Unis. Des centaines, des milliers de morts ? Dans le plus grand pays du monde, la chose paraît inconcevable. Des snipers tirent même sur les secours et les hélicoptères.

Quand la réalité dépasse la fiction.

 
par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Vendredi 26 août 2005

Tombé il y a peu sur cette pensée de Blaise Pascal :

"La vanité est si ancrée dans le coeur de l'homme qu'un soldat, un goujat, un cuisinier, un crocheteur se vante et veut avoir ses admirateurs, et les philosophes mêmes en veulent, et ceux qui écrivent contre veulent avoir la gloire d'avoir bien écrit, et ceux qui les lisent veulent avoir la gloire de les avoir lus, et moi qui écris ceci ai peut-être cette envie, et peut-être que ceux qui le liront ...".

Les blogs : le marché inépuisable de la vanité ?

 

 
par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Jeudi 25 août 2005

En permettant le téléchargement et l'échange gratuits de fichiers musicaux ou vidéos, Internet va-t-il ébranler in fine la création culturelle ?

Certains le pensent et le craignent. Les majors et les grands studios ont ainsi pris à bras-le-corps la question du piratage.

Mais le phénomène est-il réellement nouveau ?

Hier, la radio devait tuer le spectacle vivant en permettant, déjà, la production privée de copies. En réalité, elle donna davantage envie d'aller au concert ou d'acheter des disques.

De même, la télé allait tuer le cinéma. Pourtant, il n'y a jamais eu autant de public dans les salles obscures qu'aujourd'hui.

Mieux, loin de se concurrencer, médias et création se complètent. La télé finance le cinéma. La radio produit le spectacle. Chacun gagne finalement au succès de l'autre.

Pourquoi ce qui fut vrai, hier, ne le serait-il pas demain avec Internet ?

Surtout qu'en accroissant l'offre et en réduisant les coûts de diffusion, Internet devrait au contraire multiplier les occasions d'achat et réintroduire de la diversité là où l'uniformisation guette.

Le financement de la création sera nécessairement différent, puisque les prix de vente vont baisser. Mais personne n'a intérêt à un appauvrissement de la création.

Dès lors, ce que craignent les majors, sous couvert d'une communication habile sur les risques pesant sur la création, n'est-il pas davantage la perte de contrôle sur les tuyaux et les contenus qu'elles vont inexorablement connaître dans les années qui viennent ?

Qu'est-ce que vous en pensez ?

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Mercredi 24 août 2005

JMJ

L'Eglise a pris l'habitude du Pardon.

Dans le même temps, elle prétend détenir la Vérité.

La Vérité d'aujourd'hui, le Pardon de demain ?

 
par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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