Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Mardi 12 avril 2005

Lu également ce weekend "une certaine idée de l'Europe" de Laurent Fabius. C'est le petit bouquin qu'il avait sorti avant les élections internes au parti socialiste sur le projet de traité constitutionnel.

Ses arguments forts sont, à mon sens, les suivants :

1) Le texte interdit toute harmonisation en matière de fiscalité et de politique sociale puisque sur ces deux matières l'unanimité est requise au Conseil. Dès lors, va se développer une concurrence entre les Etats membres pour attirer les entreprises. L'harmonisation fiscale et sociale va alors se faire par le bas.

2) La conséquence de cela, c'est que les budgets nationaux auront moins de rentrées fiscales, ce qui aura des conséquences sur la qualité du service public. Cette déficience au niveau des Etats sera complétée par une incapacité au niveau européen, puisque l'Europe n'est pas autorisée à emprunter.

3) Aucune armée européenne ne sera possible. Seule une politique commune pourra être envisagée mais uniquement pour intervenir sur les théâtres extérieurs. L'obligation de compatibilité avec l'OTAN nuit à l'exercice d'une réelle autonomie.

4) Les coopérations renforcées ne pourront pas être mises en pratique compte tenu des diverses barrières prévues pour leur mise en oeuvre.

5) Le texte ne pourra pas être révisé. Les divers dispositifs pour la révision prévoient en effet tous l'unanimité au Conseil.

L'argumentaire de Fabius est très convaincant : l'Europe sera d'abord économique et très peu politique. Les nouveaux visages n'auront pas les moyens de leurs éventuelles ambitions.

Avant cette lecture, je penchais pour le oui, en me disant "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", ce qui ne me paraît pas le meilleur argument pour le oui. 

Fabius a déjà eu un rôle historique au sens où il a décomplexé le non. Désormais, le non peut aussi être européen.

par sebastien publié dans : lectures
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Mardi 12 avril 2005

Devant la nouvelle doctrine américaine qui vise à répandre la démocratie partout, on entend des critiques qui relativisent cette ambition en considérant que la démocratie est un concept occidental qu'il serait vain de vouloir exporter partout, sans tenir compte des histoires locales.

C'est un débat qui divise les "universalistes" d'un côté aux "relativistes" ou "culturalistes" de l'autre.

Sur ce sujet, je viens de terminer une lecture intéressante : un petit livre de Amartya Sen, Prix nobel indien d'économie, intitulé "la démocratie des autres".

Pour lui, il serait inopportun de croire que la démocratie n'est pas universelle, simplement parce que la situation demeure chaotique en Irak.

Au contraire, pour lui, la démocratie est un bien auquel tout être humain a légitimement droit et il n'existe pas à proprement parler de spécifités locales telles qu'elles interdiraient un tel mode d'organisation sur toute la surface du globe.

Il condamne ainsi toute forme de relativisme qui viserait à accepter des formes autoritaires de gouvernement au nom de tel ou tel particularisme.

Pour en arriver à cette conclusion, Sen considère d'abord que la démocratie ne serait se limiter à des procédures ou à des élections. C'est d'abord le débat public, l'échange libre, qui caractérisent cette forme de gouvernement.

A partir de cette définition, il montre qu'au cours de l"histoire, de tels échanges ont été possibles dans maints endroits du globe qui sont aujourd'hui sous la tutelle de gouvernements autoritaires. Pourquoi ce qui était possible hier ne le serait-il pas aujourd'hui ?

Autre analyse intéressante de Sen : il démontre, contrairement à une idée qui se répand, que le développement économique est mieux assuré sur le long terme dans les démocraties que dans les dictatures.

La lecture de ce petit livre (80 pages) est donc doublement pertinente.

par sebastien publié dans : lectures
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Mercredi 6 avril 2005

Viens de terminer "Fort Matignon" de Dominique Ambiel, l'ancien conseiller communication du Premier ministre.

Ce livre est l'occasion pour l'auteur de revenir sur ses deux ans à Matignon, sur "l'affaire" avec la jeune prostituée et sur son parcours professionnel qui mêle activités politiques et de production pour la télévision.

Sur son passage à Matignon, on mesure combien les rivalités internes à la droite ne sont pas de purs fantasmes de journalistes ! Ambiel arrondit les angles, soigne les plaies, met de l'huile dans les rouages. Il se décrit comme un "câlinothérapeute" !

La découverte des coulisses du pouvoir est assez passionnante. On suit par exemple avec curiosité les négociations entre Ambiel, le directeur de la rédaction de "L'express", et les actionnaires du groupe de communication, pour atténuer les effets d'une "une" désagréable qui annonce la "fin" proche du Premier ministre. On découvre aussi le quotidien du conseiller à Matignon et ses horaires de galérien.

Sur "l'affaire", Ambiel défend la thèse du complot. Même si ses arguments ne semblent pas avoir convaincu jusqu'à présent les tribunaux, il reste que des zones d'ombre demeurent et ne permettent pas d'avoir finalement sur cette affaire une position toute faite.

Enfin, Ambiel rappelle les étapes de son parcours professionnel et essaie d'en restituer une logique. Qu'y a-t-il de commun au producteur qui monte "Fort Boyard" ou "l'affaire Dreyfus" et au conseiller politique, qui a soutenu Giscard en son temps et serait prêt à soutenir de nouveau Raffarin s'il le fallait ? Probablement la même passion de faire, de créer, d'inventer. De faire du neuf.

D'une lecture facile, ce livre est celui d'un homme passionné par la création populaire et la chose publique. 

par sébastien publié dans : lectures
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Jeudi 3 mars 2005

Lu, il y a un petit moment déjà, "Le Nouveau désordre mondial - Réflexions d'un Européen" de Tzvetan Todorov.

Publié en septembre 2003, ce petit livre (111 pages) remet en cause l'intervention américaine en Irak, discute les motifs avancés par l'administration Bush, sans faire sienne pour autant la position française, trop immobiliste. De sorte qu'est esquissée une troisième voie, intermédiaire, "les démocraties n'étant pas vraiment obligées de choisir entre Munich (lâche capitulation) et Dresde (bombardements meurtriers)".

Mieux qu'un long discours, quelques extraits qui témoignent de la clairvoyance de l'auteur, sur le fond, et de sa clarté, sur la forme :

- "les néoconservateurs ne méritent pas le terme de conservateurs - ni néo ni paléo-. Un mot plus juste pour les désigner serait néofondamentalistes : fondamentalistes car ils se réclament d'un Bien absolu qu'ils veulent imposer à tous ; néo parce que ce Bien est constitué, non plus par Dieu, mais par les valeurs de la démocratie libérale."

- "Ce n'est pas un hasard si l'on trouve parmi eux, que ce soit aux Etats-Unis ou en France, nombre de trotskistes ou maoïstes : le même esprit interventionniste qui refuse de se résigner aux imperfections de ce monde se manifeste ici et là, la même attirance pour la violence et l'action internationaliste."

- "Les médias américains semblaient, dans l'ensemble, toujours informer "à charge" ou "à décharge", se souciant plus d'emporter la conviction que de chercher la vérité. Un tel choix n'implique pas que l'on mente ni qu'on falsifie les faits, il suffit pour cela de sélectionner les informations de manière bien orientée : le réel est suffisamment complexe pour illuster n'importe quelle thèse."

- "Entre pays les rapports restent dans l'état de nature ; dans chaque pays règne en revanche l'état de société. Pourquoi est-ce ainsi ? Parce que les citoyens de chaque pays ont renoncé à l'usage de la violence, en la confiant à l'Etat qui les englobe, alors que les pays, ne faisant pas partie d'un Etat universel, ne reconnaissent pas d'instance à laquelle ils pourraient déléguer leur force ; ils la gardent donc pour eux.

- "Une politique se juge non à ses intentions, mais à ses résultats."

- "La "paix par la loi" et la "paix par l'empire" n'épuisent pas toutes les voies possibles."

- "Le pacifisme repose tantôt sur une idée fausse, à savoir que l'agressivité humaine est en train de dépérir et que la violence disparaît progressivement de ce monde ; et tantôt sur une idée lâche, à savoir qu'aucun bien, aucun idéal ne vaut la peine qu'on se sacrifie pour lui."

On sait lorsqu'on a fait une lecture utile : c'est lorsqu'on a l'impression d'être devenu un petit peu plus intelligent ! Et de ce point de vue, voilà une lecture utile et urgente.

par sébastien publié dans : lectures
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Lundi 14 février 2005

Au rayon lectures, j'ai avalé récemment :

- la fin de l'illusion jacobine d'Edouard Balladur : L'ancien Premier Ministre estime que l'idée des Lumières selon laquelle l'Homme est universel et que en tout lieu sur le globe il prétend aux mêmes droits, cette idée est dépassée et elle est injuste. Il prône une laïcité tolérante. Il était par exemple contre l'interdiction du voile à l'école.

Sous des dehors bourgeois, la pensée de balladur est en réalité plutôt anti-conformiste. Il est pour la discrimination positive par exemple. Ne pas se fier aux apparences !

A lire pour découvrir un livre clair aux idées finalement originales.

- - "ce monde qui vient" d'alain Minc : une description futuriste du monde de demain, avec selon Minc, la dérive des continents entre l'Europe et l'Amérique, la montée en puissance de la Chine et la nécessité pour la France de poursuivre le projet européen.

L'analyse sur la Chine est intéressante : la liberté du commerce ne débouchera pas sur la liberté pour les hommes. Au contraire. Le marché n'est pas une garantie de démocratie.

par sébastien publié dans : lectures
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