Bonjour !

Au départ, j'ai créé ce blog pour diffuser un papier de ma composition qui m'était cher : ma réponse à Lionel Jospin sur la question du mariage gay (article du 25 novembre 2004).

Ce site me permet à présent de faire part de mes remarques sur des sujets variés, principalement sur l'actualité et la politique.

J'espère que cet outil me permettra d'avoir des contacts et des débats intéressants avec d'autres bloggers. Bonne lecture !

Pour m'écrire : sebo75@hotmail.com

 

Vendredi 9 juin 2006

Ségolène est populaire, cela ne fait pas de doute. Le phénomène est si bien ancré à présent que l'on se sent presque confus d'employer son nom !

Mais est-elle populaire ou est-elle populiste ?

Le populisme, c'est la croyance dans les droits, la sagesse ou les vertus des gens du peuple. La terre ne ment pas !

En écrivant un livre dans lequel elle commence les chapitres que terminent les internautes, en insistant, à la mode Raffarin finalement, sur les vertus de l'écoute et de la proximité, en employant les mots magiques que la majorité de l'opinion souhaite entendre, fait-elle dans le populaire ou dans le populisme ?

Pour ma part, j'ai l'impression que tout cela respire l'artifice, que l'on nous refait le coup de la "France d'en-bas". Le vrai courage politique ne consiste-t-il pas plutôt à dire au peuple la vérité plutôt que ce qu'il a envie d'entendre ?

René Girard nous l'a appris : les phénomènes de mimétisme conduisent à la désignation des boucs-émissaires qu'il faut sacrifier pour retrouver l'ordre social. Il nous apprend également, et c'est le second pilier de son oeuvre que l'on oublie bien souvent, que tout cela finalement repose sur le mensonge : les boucs-émissaires ne sont pas les responsables du désordre, mais leur élimination agit telle une soupape jusqu'à ce que l'on en trouve de nouveaux.

Ne pas se contenter de mimer les autres, ne pas s'efforcer de ressembler à l'opinion, mais, au contraire, veiller à rassembler en tenant un discours de vérité : voilà le véritable courage en politique. Mais est-ce bien raisonnable ?

par sébastien publié dans : Politique-France
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Jeudi 8 juin 2006

Bush n'a jamais été aussi bas dans les sondages et, cependant, il a une campagne à mener : celle des mid-terms à la fin de l'année.

Que croyez-vous qu'il fit ? Parler de politique étrangère ou d'économie, cela ne serait guère payant. Il doit en effet sa chute de popularité à l'enlisement en Irak et, surtout, à la hausse du prix de l'essence !

Que reste-t-il alors ? Les valeurs ! Ces mêmes valeurs qui l'ont fait gagner en 2002, convainquant ouvriers de l'Ohio et minorités du Sud de lui accorder leur suffrage, en dépit des délocalisations ou des coupes budgétaires.

Il refait le même coup aujourd'hui. En demandant l'adoption d'une modification de la Constitution interdisant le mariage homosexuel, il souhaite centrer à nouveau le débat sur ce thème des valeurs. Un sujet où la Gauche est gênée aux entournures, écartelée entre ses convictions et les attentes d'une majorité de l'opinion.

Et, pour moi, au-delà de la tristesse de voir l'Amérique ainsi arc-boutée, dans sa grande majorité, sur ces valeurs, persiste la difficulté à comprendre comment l'on peut, d'un côté, prôner les vertus du dynamisme en économie, du changement, fût-il inconsidéré, en politique étrangère, et de l'autre, militer pour la permanence de valeurs ancestrales, si peu en phase avec l'évolution des moeurs et de la science ?

par sébastien publié dans : politique-monde
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Mercredi 7 juin 2006

Le principe du secret de l'instruction est reconnu en France par l'article 11 du code de procédure pénale. L'objectif est double : d'une part, protéger l'enquête judiciaire, d'autre part, protéger les personnes mises en cause dont certaines pourront, à l'issue des investigations, être écartées de tout soupçon.

Si le principe est légitime, sa mise en oeuvre est délicate :

- l'article 11, d'abord, pose le principe du secret de l'instruction "sans préjudice des droits de la défense", ce qui signifie que ni le mis en examen, ni la victime, ni l'avocat, dès lors que son client l'a délié du secret, ne sont tenus par ce principe ;

- ensuite, la presse, elle-même, n'est pas tenue par ce principe qui ne vise que les personnes qui "concourent à la procédure".

L'addition de ces deux réserves annule, au final, la portée du principe.

Que faut-il faire alors ?

Soit l'on considère que le secret s'applique à tous, y compris les journalistes, et pour tous, y compris les représentants des droits de la défense, mais ce faisant, ne lèse-t-on pas les citoyens, en limitant leur droit à l'information ?

Soit l'on considère que le secret permanent et absolu est effectivement irréaliste et l'on aménage des "fenêtres de publicité", comme le suggère l'excellent rapport de la commission parlementaire sur l'affaire d'Outreau : certains éléments, dans le cadre de rendez-vous précis dans l'instruction, pourront faire l'objet de publicité.

N'y aurait-il pas, cependant, une autre voie possible, celle qui consisterait à faire la part entre ce qui relève de la personne publique et ce qui relève de la personne privée ? Comment voter en 2007, sans avoir connaissance de l'affaire Clearstream ? Cela n'aurait pas de sens. C'est bien parce que les principaux protagonistes sont connus et que leur affaire touche à leur activité publique que le citoyen électeur a, en la circonstance, droit à l'information. On pourrait dire, en la circonstance, que le droit à l'information du citoyen dépasse le droit à la présomption d'innocence de la personnalité mise en cause.

Naturellement, la procédure devra être fortement encadrée : il faut s'assurer que les soupçons se fondent sur des éléments suffisamment sérieux.

Les "fenêtres de publicité" de la commission Outreau sont un aménagement intelligent du secret de l'instruction. Je crains cependant qu'à défendre une même procédure pour tous, sans discernement parmi les personnalités mises en cause, on finisse finalement par s'exposer aux mêmes dérives qu'aujourd'hui.

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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Samedi 3 juin 2006

Ehoud Olmert, le Premier ministre israélien, a son plan pour sortir de la crise au Proche-Orient : le désengagement unilatéral. Il est venu le vendre à Washington et Bush l'a adoubé.

Or, ce désengagement, comme l'explique fort bien Jimmy Carter, loin d'être une solution, risque plus certainement de poser problème.

Car, loin de se retirer sur les frontières internationalement reconnues par des résolutions du Conseil de Sécurité, Israël se retirerait à sa façon, c'est-à-dire sur des frontières qu'elle aura fixées elle-même et qui n'auront la légitimité qu'elle seule voudra bien lui accorder. Un découpage qui partagera la Cisjordanie en trois parties, assurant à Israël le contrôle d'un large pan de la Cisjordanie et faisant de la Palestine un assemblage de territoires discontinus.

Ce retrait, de cette façon-là, ne peut que susciter la colère et voir redoubler les haines dans les territoires occupés.

Bush ne doit pas soutenir ce plan. A la guerre en Irak, au scandale d'abou Ghraïb, aux victimes innocentes d'Haditha, à la suspension de l'aide aux Palestiniens, surtout ne pas ajouter de nouvelles injustices, en adoubant un plan qui porte en lui les germes de la haine.

Doit-on vraiment choisir son interlocuteur lorsqu'il s'agit de faire la paix ?

par sébastien publié dans : politique-monde
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Jeudi 1 juin 2006

Vu hier sur Arte un reportage sur le championnat de football des favelas au Brésil.

Le reportage est terrible : il semble que les jeunes des favelas n'aient guère le choix. Soit ils réussissent dans le football, en se faisant remarquer dans ce championnat, soit ils rejoindront les gangs des favelas, avec la mort pour compagnie intime.

Devant ce terrible destin qu'il leur est proposé, on pourrait attendre de ces jeunes un grand désamour vis-à-vis du pays dans lequel ils ont grandi et qui ne leur apporte ni la sécurité, ni l'éducation, ni la santé.

Au lieu de cela, j'ai remarqué, ce qui m'a surpris, que ces jeunes portaient des boucles d'oreilles aux couleurs du Brésil.

Quelle différence avec ce qui se passe chez nous ! Là-bas on souffre et porte fièrement le jaune et le vert. Ici, où les conditions de vie sont malgré tout moins dramatiques, le patriotisme est un brin regard. La haine de la France se nourrit des inégalités sociales.

Dès lors, pourquoi aime-t-on réellement son pays ?

Petite tentative d'explication qui vaut ce qu'elle vaut :

- le Brésil a des valeurs identitaires - la fête, le métissage, l'importance de la famille - qui dépassent finalement les aléas de la politique : celle-ci peut être désolante, elle n'est pas finalement constitutive de l'âme brésilienne. Dès lors, déplorer cette politique n'est pas détester le drapeau. L'une ne se confond pas avec l'autre ;

- en France, en revanche, la passion du débat politique, et l'idée que celle-ci peut tout changer, sont ancrées dans l'identité française. La France moderne s'est construite sur des valeurs essentiellement politiques : la liberté, l'égalité, la fraternité. Dès lors, la politique n'est pas rien ; elle est, au contraire, l'instrument par lequel les valeurs qui fondent l'identité française seront ou non réellement mises en oeuvre. Si bien que la politique se confond, ici, avec le drapeau.

Quelle autre explication, selon vous, à l'amour du pays là-bas, malgré l'inconséquence de la politique qu'on y mène, et le faible patriotisme, ici-même, pour des conditions de vie pourtant moins catastrophiques ?

par sébastien publié dans : Réflexions-idées
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